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CCLIT INTRODUCTION.
2° Objections contre la valeur historique des récits des Actes. — Voici, en quelques mots, comment nos adversaires présentent la question. Tous les arguments, disent-ils, accumulés pour établir que les Actes sont en accord avec les documents sacrés ou profanes, prouvent simplement que l’auteur de ce livre était bien au courant des choses de son temps, histoire et administration, qu'il connaissait à fond la géographie des pays apostoliques, qu’il avait peut-être visités comme missionnaire chrétien, qu’il ἃ su très habilement choisir et utiliser les sources orales et surtout écrites, où il a trouvé relatés en détails les événements du temps, mais tout cela ne prouve pas que les Actes soient, dans leur ensemble, une œuvre historique. Car, s’il y ἃ un grand nombre de détails qui peuvent être vérifiés, il n’en reste pas moins beaucoup d’autres dont l'exactitude historique est dotteuse, et, en outre, dans l’ensemble, les faits ne sont pas présentés sous leur vrai jour.
La thèse peut donc être formulée ainsi : Les Actes des apôtres ne sont pas un livre vraiment historique : 4, parce que, sur plus d’un point, ils ne sont en accord ni avec eux-mêmes, ni avec les autres documents sacrés ou profanes; 2, parce que tous les événements sont choisis, défigurés ou inventés pour démontrer une thèse, à savoir l'accord entre les premiers apôtres et 5. Paul, entre pétriniens et pauliniens; 3, parce qu'ils relatent des faits non historiques, par exemple des miracles. Nous ne discuterons pas cette troisième objection. Sur cette question des miracles, il est inutile d'espérer convaincre les rationalistes, puisqu'ils rejettent, sans discussion, tout fait miraculeux, comme non historique. Nous n'avons pas à répéter ici les arguments qui établissent qu'extérieurement un miracle est un fait, qui peut être aussi bien documenté qu'un fait naturelet, par conséquent, posséder une certitude historique tout aussi sûre que celle de tout autre fait. Harnack a étudié en détail (1) les prodiges qui sont racontés dans les Actes; il en compte quatorze dans le Journal de route, soixante-dix-sept dans la première partie des Actes, dix seulement dans le reste du livre. Il explique d’une façon naturelle quelques-uns de ces prodiges ‘et rapporte les autres à la mentalité de ceux qui les ont racontés. Il n’en conclut rien contre la valeur historique des sources qui les contiennent, sauf pour la source A. La valeur historique des miracles, rapportés par les Actes, est défendue par des arguments bien appropriés par Pirot, op. cit., p. 180-190.
Ceci posé, nous aurions à établir : 1. que les récits des Actes ne sont en désaccord ni avec eux-mêmes, ni avec les autres documents de l’époque, sacrés ou profanes, principalement avec les épîtres pauliniennes. Certains récits sont repétés dans les Actes et, dit-on, ces récits ne s'accordent pas : ainsi, par exemple, les récits sur la conversion de Paul. Nous examinerons cette dernière question dans un Excursus. Quelques passages des Actes paraissent en désaccord avec des documents sacrés ou profanes. Nous traiterons ces questions dans le commentaire, afin de mieux les examiner dans leur milieu. Les rapports entre les Actes et les épiîtres de Paul ont déjà été examinés dans le chapitre sur l’auteur des Actes, afin de savoir si celui-ci, compagnon de Paul, pouvait avoir écrit les Actes. Une dernière question se rapportant ἃ la valeur historique des Actes, Le décret apostolique, xv, 28 s., sera traitée dans un Excursus.
(1) Die Apostelgeschichte, p. 111-130.