‹ Les Actes des ApôtresChapitre 225 sur 358 · ARR OT · texte numérisé non relu

ARR OT

PUR ἄλλον σον.

ο 206 ACTES DES APOTRES, IX, 23-25.

« τ a δ À À 23. ὡς δὲ ἐπληροῦντο ἡμέραι ἱχαναί, συνεδουλεύσαντο οἱ ᾿Ιουδαῖοι ἀνελεῖν αὐτόν. ᾽ r SRE SZ = τ N 24. ἐγνώσθη δὲ τῷ Σαύλῳ ἡ ἐπιόουλὴ αὐτῶν. παρετηροῦντο δὲ χαὶ τὰς πύλας ἡμέρας S 3 A - x ù τε χαὶ νυχτός, ὅπως αὐτὸν ἀνέλωσιν. 25. λαδόντες δὲ οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ νυχτὸς διὰ τοῦ τείχους χαθῆχαν αὐτὸν χαλάσαντες ἐν σπυρίδι.

avec les faits de la vie de Jésus comme avait fait Apollos à Corinthe, χνυπι, 28, que Jésus était le Messie, ὅτι οὗτός ἐστιν ὃ Χριστός. Théophylacte l'a compris ainsi car il explique συμδιδάζων par διδάσχων χαὶ ἑρμηνεύων, enseignant et interprétant les Écritures que les Juifs connaissaient. La prédication de Saul rejoignait ainsi celle de Pierre. — Après ὅτι οὗτός ἐστιν ὁ Χριστός, Flor. Par. 321, ajoutent in quem bene sensit Deus, et Gigas in quo Deus bene sensit, en souvenir de Mt. ur, 17, ἐν © εὐδόχησα; cf. Me.

1, 11; Ze. nt, 22. Luc ne nous dit pas quel ἃ été le succès de cette prédication aux Juifs,

Ÿ 28) ὡς δὲ ἐπληροῦντο ἡμέραι ἱχαναί : après que des jours assez nombreux furent remplis, accomplis, écoulés, les Juifs délibérèrent entre eux, se concertèrent pour mettre Saul à mort. Il échappa à leurs embûches grâce aux disciples, ÿ 24, et se rendit à Jérusalem. D’après les Actes Saul aurait donc passé un assez long espace de temps à Damas où il prêchait aux Juifs que Jésus était le Fils de Dieu et le Messie, puis il se serait rendu à Jérusalem. Dans l'épître aux Galates, 1, 17, Paul présente les faits d’une autre façon. Après sa conversion il était parti pour l'Arabie, puis il était revenu à Damas. Trois ans après ces divers événements, il'était monté à Jérusalem, Gal. 1, 17, 18. Constatons une fois de plus qu'il n’y a pas contradiction entre 16 récit des Actes et celui des Galates : le premier a seulement omis le voyage en Arabie, mais omission n’est pas contradiction. Luc n’a pas eu l'intention de raconter dans les Actes tous les événements qui se sont passés dans l’espace de temps couvert par son récit. Il laisse de côté ce qu’on peut appeler la partie psychologique, intérieure des événements — ce qu'était le séjour de Saul en Arabie — pour relater seulement ceux qui répondaïent à son but qui était de raconter la fondation de l’Église chrétienne et son établissement, son extension, à travers le monde. Or, il est probable que Saul ne fonda aucune communauté nouvelle en Arabie, car nous n’en trouvons nulle part une mention, il n'est même pas dit qu'il ait prêché. Dans son discours à Agrippa, Paul dit qu'il a prêché à Damas, xxvi, 20, il ne parle pas de l'Arabie. Luc n'avait donc pas à mentionner ce voyage en Arabie, bien qu'il l’ait peut-être connu. Il est possible qu’il ait employé une expression, marquant un temps indéterminé, pour indiquer qu'il n’a pas voulu raconter tous les événements qui se sont passés entre la conversion de Saul et son voyage à Jérusalem. Il a omis aussi plusieurs autres des événements de la vie de Paul que nous apprenons par l'apôtre lui-même, II Cor. x1, 24-29, Nous ne savons rien non plus du travail missionnaire de Saul entre 1x, 30 où il est raconté qu'il est conduit à Tarse et x1, 25 où il est dit que Barnabé l’amena à Antioche. à :

Ainsi que nous l'avons déjà dit les expressions ἡμέρας τινάς, Ÿ 19, et ἡμέραι ἱχαναί, Ÿ 23, permettent de placer le voyage en Arabie entre les deux espaces de temps. Quelques critiques nient que fuépai ἱχαναί puisse indiquer trois ans; Loisy ne veut y voir que quelques semaines. Puisque, dit B. Weiss, la durée du séjour de Saul à Damas est calculée dans les Actes sur des jours, il y a opposition avec l’épître aux Galates qui parle de trois ans. Mais ce terme ixavat peut signifier un espace de temps plutôt long que court. La Vulgate et Floriacensis le traduisent par multi. Lightfoot, Ep. Gal. p. 84, fait remarquer que dans la langue de Luc, ixavés est plutôt employé dans le sens de long; cf. Ze. vu, 12; Act. xx, 37. Il répond à l'hébreu rabbim, qui

᾿ς 23. Après que des jours assez nombreux se furent écoulés, les Juifs délihérèrent entre eux pour le tuer, 2%. mais leur complot fut connu de Saul. Or, ils gardaient aussi les portes jour et nuit, afin de le tuer. 25. Mais des disciples l’ayant pris pendant une nuit le descendirent par la muraille le dévalant dans une corbeille.

désigne un certain espace de temps; I Rois, τι, 38, ce terme désigne un espace de trois ans. Harnack, Die Apostelgeschichte, p. 35 5, relève toutes les dates indéterminées que l’on trouve dans les Actes : il ressort que Luc fixe généralement le temps écoulé par des expressions indéterminées, ἡμέραι τιναί, ἱχαναί, ταύται, πολλαί, "πλείονες, οὐ πολλαί, ἱχανὸς χρόνος, ox ὀλίγος χρόνος, ἐχεῖνος χαιρός, etc.

Les Juifs, irrités de la défection de Saul et ne pouvant réfuter ses arguments formèrent le projet de le tuer : συνεδουλεύσαντο, consilium fecerunt in unum, BLass, de συμόουλεύω, conseiller; au moyen, délibérer avec ou ensemble; ce sens est classique; ἀνελεῖν, à l’infinitif, à cause du verbe marquant l'intention.

ÿ 24) Mais le complot des Juifs fut connu de Saul, ἐγνώσθη δὲ τῷ Σαύλῳ ; ἐγνώσθη, aor. passif de γινώσχω; τῷ Σαύλω, au datif après le passif, Ze. xxiv, 35; Philip. 1v, 5, au lieu de ὑπό avec le génitif, I Cor. vu, 3. ἐπιδουλή, embüche, trame, dessein prémédité, complot. δὲ καί indique que non seulement les Juifs tendaient des pièges à Saul, mais encore qu'ils gardaient jour et nuit les portes de la ville, afin d'assurer l’accomplissement de leur dessein. παρετηροῦντο, au moyen, de παρατηρέω, observer constamment et avec soin, surveiller; l’imparfait indique une surveillance continuelle, jour et nuit. D’après Blass il faudrait l’actif παρετηροῦν, leçon de HLP; custodiebant, Vlg., mais dans le N. T. le moyen est souvent employé pour l'actif. τε τὰς πύλας; les Juifs gardaient, surveillaient aussi les portes, jour et nuit, de peur que Saul ne leur échappât, et cela probablement avec l’aide des soldats de l’ethnarque du roi Arétas, dont Saul nous raconte le rôle, II Cor. xt, 32. Luc a tout rapporté aux Juifs parce qu'ils étaient les promoteurs et les agents principaux de l'affaire. ἡμέρας te χαὶ νύχτος, façon païenne de compter; un Juif aurait écrit νύχτα καὶ ἡμέραν, Act. xx, 31.

Saul, dans sa seconde épître aux Corinthiens, xt, 32, raconte que l’ethnarque du roi Arétas gardait la ville des Damascéniens pour s'emparer de lui; il ne parle pas des Juifs. Quelques critiques voient une contradiction entre ce récit et celui des Actes. En fait, les événements sont racontés par les deux auteurs en se plaçant à un point de vue différent. L’ethnarque a peut-être voulu se saisir de Saul, à cause de son séjour en Arabie, où celui-ci aurait agité le peuple, ou bien il a agi à l’instigation des Juifs, très nombreux et très influents à Damas. Quelle que soit la raison d’agir qu'a pu avoir l’ethnarque, Paul ἃ pu lui rapporter le fait d’avoir fait garder les portes de la ville et Luc a pu attribuer cette garde aux Juifs qui en étaient les instigateurs. Ils ont d’ailleurs pu faire garder les portes de fa ville par des agents à eux. Reste à savoir quelle était l'autorité d’Arétas à Damas, à cette époque, et par suite celle de son ethnarque. Plusieurs historiens pensent qu'il n'était pas maître de cette ville, toujours en possession de Rome, mais cette question est en dehors de notre sujet. Est-il possible de tirer de la comparaison du texte de l’épître aux Corinthiens avec celui des Actes une date à peu près exacte du séjour de Saul à Damas et par suite de sa conversion ? Pour la réponse cf. INrropucTIoN, Chronologie des Actes des Apôtres.

ÿ 25) Luc raconte comment Saul échäppa aux embüûches des Juifs. Au lieu de la leçon : λαθόντες δὲ οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ, soutenue par N À B C Fa 61 Vilg (Am. Fuld. Demid.

Le a tt " md

S € ΩΝ 7 72 - à 2 ALIAS 26. Παραγενόμενος δὲ εἰς ᾿ἱερουσαλὴυ. ἐπείραζεν χολλᾶσθαι τοῖς μαθηταῖς" nat

ge

Tol.) Origène, on ἃ λαθόντες δὲ αὐτὸν οἱ μαθηταί, soutenue par E H L P 614 Vig. Clém., ou 31 : οἱ μαθηταὶ αὐτόν, ou Par.?, qui unit les deux leçons : eum discipuli ejus. La première leçon est la plus difficile, mais elle repose sur de meilleures autorités. οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ signifierait les disciples convertis par Saul, ses disciples, mais le récit ne parle pas de ces conversions, quoiqu'il soit difficile de penser que la prédication n'eut aucun résultat; d'autre part, dans les Actes Le terme oi μαθηταί est employé sans addition, sauf 1x, 1, τοὺς μαθητὰς τοῦ Kupiou, et désigne les fidèles du Christ; les chrétiens ne sont jamais désignés comme disciples de tel ou tel, Il est donc possible que la leçon des manuscrits récents soit préférable à celle des manuscrits anciens où αὐτόν aurait été remplacé par αὐτοῦ. On peut cependant rapporter αὐτοῦ à λαδόντες ; on a dans Homère des exemples de Aau6évw avec le génitif. Nous maintenons la leçon de

NAB CF mieux soutenue.

Les disciples descendirent Saul le long du mur. Plus précis, Paul dit qu'on le descendit par une fenêtre, διὰ θυρίδος, II Cor. x1, 88. Il est probable que cette fenêtre était ouverte dans la muraille pour lancer des traits sur les assaillants, ad tormenta mittenda. Il est possible aussi qu’il s'agisse de la fenêtre d’une maison, encastrée dans le mur ou adossée contre le mur, On trouve encore en Orient, à Damas en particulier, des maisons bâties de cette façon — χαλάσαντες, part. aor. de χολάω; lâcher, laisser couler, faire descendre, dévaler. Au lieu de la périphrase καθῆκαν αὐτὸν χαλάσαντες, Paul

- emploie la forme simple ἐχαλάσθην. σπυρίδι ou σφυρίδι, αὶ C, panier, corbeille ou oapyéyn,

II Cor. x1, 33, même signification. Il s’agit d’un panier de grande dimension. C’est le véhicule qu’on emploie encore aujourd’hui lorsqu'on veut descendre quelqu'un le long d’un mur ou l’élever à un étage supérieur de la maïson, C’est ainsi qu’on introduit le

voyageur dans les monastères grecs privés de portes. Rahab fit aussi descendre les

espions hébreux par la fenêtre, car sa maison était attenante à la muraille, Josué, τῆι, 15. Michol fit évader David de la même manière, I Sam. xx, 12. On montre encore à Damas la fenêtre par où Saul s’échappa, mais cette identification est tout ce qu'il y ἃ de plus incertain. Remarquons que les rapports entre le récit des Actes et celui de la seconde épître aux Corinthiens ne prouvent pas que Luc a connu cette épître, car il a pu apprendre de Paul lui-même comment il s'était évadé de Damas.

Les deux récits, Actes et IICorinthiens, se recouvrent si parfaitement, dit Preuschen, qu'il n’y ἃ aucune raison de mettre en doute leur valeur historique. « L’incident de 18 fuite de Saul, dit Loisy, doit avoir été situé par le rédacteur à sa vraie place, en ce

sens qu’il ne paraît pas pouvoir se mettre ailleurs qu’à la fin des trois ans passés en

Arabie et à Damas après la conversion, et comme préliminaire au voyage de Jérusalem. »

Cette fuite le long d’un mur, dans une corbeille, paraît avoir laissé dans l'esprit de

Paul un souvenir, pénible, même une souffrance. Plus de vingt ans après il en parle comme d’un sujet d'humiliation qui lui ἃ été infligée, II Cor. χι, 31-33.

Page 1