IX, 86-43. — RÉSURRECTION DE TABITHA
Ÿ 36) Ἐν Ἰόππη. Joppé, en hébreu Jâfô, actuellement Jaffa, port de la Méditerranée, a été souvent mentionnée dans l'A. T. Philistine d’abord, cette ville fut juive depuis le temps des Macchabées; prise par les Romains en 63 av. J.-C., elle fut rattachée à la province de Syrie, puis donnée à Hérode et enfin attachée de nouveau à la Syrie. Au temps des apôtres, c'était une ville florissante, mais de population fort mélangée. Il en a été souvent parlé pendant les Croïsades et aux temps modernes. C’est actuellement le port principal de la Judée, quoique la rade soit d'accès difficile. C’est un des centres les plus importants du commerce entre l'Orient et l'Occident. Cette ville compte actuellement environ 40.000 âmes.
τις μαθήτρια, féminin de υαθητής, ici seulement dans le N. T.; on le trouve dans Diodore de Sicile et Diogène Laerce et dans l'Évangile de Pierre. Philippe avait peutêtre évangélisé Joppé. Ταδιθά : en araméen Tebita, équivalent de l’hébreu zebi; en grec Δορχάς, chevreuil, gazelle, animal dont les poëtes orientaux gt souvent chanté l’élégance; cf. Cant. 11, 9. On le trouve comme nom de femme chez les Juifs et chez les Grecs, Lucren, Dial. meretr. 9, etc. et souvent dans les inscriptions grecques; cf, PREUSCHEN. à διερμηνευομένη : Ce terme est improprement rattaché à Ταδιθά ; régulièrement il faudrait : διερριηνευομένου τοῦ ὀνόματος. Ge nom, Dorcas, n’était peut-être pas porté par Tabitha, car Luc le donne seulement comme étant la traduction de son nom araméen ; mais il est posSible qu’elle ait, suivant l'usage chez les Juifs, porté les deux noms. On trouve chez les Hébreux d’autres noms de femmes d'après des noms d'animaux : Rachel (brebis); Sephora (petit oiseau); lemima (colombe). Le nom araméen indique qu'elle était juive. Était-elle fille, mariée ou veuve, nous l’ignorons. Dans le Sessorianus, 82, elle est qualifiée de veuve. — πλήρης ἔργων ἀγαθῶν καὶ ἐλεημοσυνῶν ; grand éloge de cette femme, dit saint Chrysostome. χαί est épexégétique. Luc aime cette expression πλήρης, 8 fois dans les Actes, 2 fois dans l’évangile. Hilgenfeld trouve que cette louange décernée à Tabitha par Luc est peu conforme à la doctrine de Paul sur les bonnes œuvres. Et pourtant l’Apôtre ἃ souvent loué et recommandé les bonnes œuvres et les aumônes : IT Cor. vin, 4; Gal. vi, 9, 10; I Thess. 1, 3; I Tim. v, 10: Tite, ir, 8. Dans le N. T. l’aumône est souvent recommandée, Ze. x1, 41.
Ÿ 37) ἐγένετο avec l’accusatif et l’infinitif comme au ÿ 32; forme usuelle dans le N.T. ἐν ταῖς ἡμέραις éneivars, c'est-à-dire au temps où Pierre était à Lydda, Tabitha étant tombée malade, ἀσθενήσασαν (l'aoriste pour marquer le temps quand elle tomba malade) mourut. λούσαντες, l'ayant lavée, suivant l’usage juif, non mentionné cependant dans l'A. T., et l'usage grec, cf. WersteIx; elle fut déposée dans une chambre haute. λούσαντες, au masculin est mis pour λούσασαι, car chez les Juifs ce rite était accompli par les femmes. Luc, par ce terme impersonnel, ἃ voulu marquer ici l’action plutôt que l'agent de ce rite. À Jérusalem l’inhumation devait avoir lieu immédiatement après la mort. En dehors de cette ville, il pouvait y avoir un délai de trois jours entre le décès