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D ARR AU DA δὴ κα εὶς ἀπ δ A Va SG à ἡ δ
hébergea. Le lendemain, s'étant levé, il partit avec eux, et quelques-uns des frères de Joppé l’accompagnèrent. 24. Le jour suivant il entra à Césa- Ὁ ς᾽ rée. Or, Cornelius les attendait et avait invité ses parents et ses amis intimes. 25. 11 arriva, alors que Pierre allait entrer, que Cornelius, étant allé audevant de lui, [entrant] et tombant à ses pieds, l’adora. 26. Mais Pierre le releva, disant : Lève-toi, moi-même aussi je suis un homme. 27. Et s'entretenant avec lui il entra, et trouva beaucoup de personnes réunies. 28. Et il leur dit : Vous savez combien il est illicite pour un Juif de se lier avec un
à Inusitée, pour ἐγένετο εἰσελθεῖν ou ὥστε εἰσελθεῖν. En effet, le génitif avec τοῦ peut ne Ἕ marquer qu'une idée très faible de finalité et équivaloir ἃ l’infinitif seul. Mais comme ᾿ τοῦ avec l’infinitif exprime le dessein, l'intention, elle ne peut donc pas signifier le ‘4 Ce
moment où Pierre entra dans la maison, mais ce qui se passa avant qu'il voulût entrer, WEnpT. συναντήσας, aor. part. de συναντάω, se rencontrer avec quelqu'un, aller à la ren- Ὁ contre. C’est probablement à la porte ou dans la cour de la maison que Cornélius rencontra Pierre. πεσὼν ἐπὶ τοὺς πόδας : πέσων ἐπί, ici seulement ; d'ordinaire Luc emploie, πεσὼν παρά, Le. vin, 41; xvur, 16; ou πρός, Act., v, 10. Les classiques écriraient προσπεσὼν αὐτῷ. προσεχύνησεν, employé ici intransitivement; aor. de προσχυνέω, saluer profondément en se baissant jusqu'à terre, adorer; saint Jérôme croit que Cornélius, comme les Lycaoniens à l'égard de Paul et de Barnabé, a cru que Pierre était un être surnaturel, maisleterme n’est pas toujours employé pour signifier l’adoration, Gen. xx, 7, 12 etc. Il exprime souvent la façon orientale de témoigner de la vénération envers quelqu'un. Cornélius jugeait d’après la révélation qu’il avait reçue que Pierre était un être envoyé de Dieu, ayant reçu des pouvoirs divins; il le vénérait donc, comme l'aurait fait un juif. La prosternation était étrangère à l'esprit romain. Die devotion des Centurio hat ihr Ὁ Vorbild an dem Hauptmann von Kapernaum, Mt. vin, 8, ist aber bei einem rümischen Soldaten, wenn er wirklich Italiker war, einem Juden ohne Rang gegenüber undenkbar. : PREUSCHEN. ;
Ÿ 26) 6 δὲ Πέτρος ἤγειρεν, Pierre le fit lever, ainsi que le fait l’ange s'adressant à Jean, Apoc. xIx, 10; xx, 8, Pierre proteste contre cet acte qu'il croit être un acte d’adoration. Il | est étonné d’une telle prosternation de la part d’un Romain et craint que le Centurion ne se soit trompé sur sa nature et ne lui ait adressé un hommage qui ne lui était pas dû, n'étant qu’un homme comme lui. καὶ ἐγὼ αὐτὸς ἄνθρωπός εἶμι : moi-même aussi je suis un homme; καί avant ἐγὼ αὐτὸς établit Pierre comme semblable aux autres hommes; αὐτός après ἐγώ est intensif, Notre-Seigneur n'avait pas refusé un hommage de ce genre,
LC IN, 2: 0Vin, ἀν ΧΧΙΥ 182,
Dans D Harkl. Par. Wernig. Pierre dit : Τί ποιεῖς, ἀνάστηθι, (D omet ἀνάστηθι). Par.? Wernig, ajoutent : τὸν Θεὸν προσχύγει. Après εἶμι, D Εἰ Gig. Par. Wernig. ajoutent ὡς καί συ. Ces diverses additions paraissent être des gloses explicatives.
Ÿ 27) καὶ συνομιλῶν : part. présent de συνομιλέω, ἄπυξ λεγόμενον. Luc l’emploie ici seulement. Ailleurs, Ze. xxiv, 14, 15; Act., xx, 11; χχιν, 26, il emploie ὁμιλέω, dont ἢ la signification est la même : être en relation avec quelqu'un, s'entretenir avec quelqu'un. Ce second sens n’est pas classique. Luc l’emploie dans ce sens et le grec moderne aussi. Pierre, s'entretenant avec Cornélius et non l’accompagnant, entra (n'hésita pas à entrer) dans l'appartement où étaient rassemblés les parents et les amis du Centurion. IL y trouve — evpioxer, présent historique — une assemblée nombreuse.
ÿ 28) Pierre excuse et explique son entrée dans une maison païenne, ὑμεῖς, empha-
tique, en opposition avec χἀμοί. ἐπίστασθε, ind. présent de ἐπίσταμαι, être informé de, ‘savoir avec certitude. D a ὀέλτιον ἐπίστασθε, ce qui forme pléonasme; cf. 1 Tém. 1, 18. δέλτιον, comparatif au lieu du superlatif, βέλτιστον ou ἄριστον, superlatifs de ἀγαθός. Vous savez combien; ὡς, est déclaratif; après les verbes : comprendre, savoir il signifie combien. ὡς ἀθέμιτόν ἐστιν, combien il est illicite, criminel; — ἀθέμιτον, contraire à la justice, à Thémis, — combien il est interdit à un Juif de se lier avec un étranger et d'entrer chez celui-ci. En fait, malgré la coutume des Juifs, aucun texte de la Loi mosaïque n’établissait que le Juif était contaminé par le contact avec un païen. Les rabbins seuls avaient élevé ces barrières jalouses, haïneuses entre Israël et les autres nations et multiplié les interdictions qui défendaient tout contact d’un Juif avec un païen. Maïs en réalité, bien que la Loi n’ait pas interdit tout rapport avec les païens, elle portait des défenses qui entraïînaient la contamination du Juif qui avait eu des rapports avec un païen. Du fait que celui-ci n’observait pas les lois de la pureté, il était impur, ainsi que sa maison et tout ce qu’il touchait; beaucoup de denrées alimentaires, abstraction faite de ce contact, étaient impures, parce que leur mode de préparation était condamné par la Loi. Le peuple croyait qu’un Juif ne devait pas frayer avec des étrangers, Jn.1v, 9. La veille de la Pâque les Juifs ne veulent pas entrer dans le prétoire de Pilate de peur de contracter une impureté rituelle, /n. xvinr, 28. Tacite, Hist. v, 5, relate cet état d'esprit des Juifs : Adversus omnes alios hostile odium, separati epulis, discreti cubilibus. En fait, cependant, les Juifs eñtraient en rapport avec les étrangers dans les relations extérieures, de commerce par exemple, mais ils n'avaient pas avec eux des rapports intimes : ils n’entraient pas dans leurs maisons, ils ne mangeaient pas avec eux. Zeller, Overbeck objectent que l’on a des exemples de Juifs entrant sans scrupule dans les maisons des gentils, Josèpne, Ant. Jud. XX, 2, 3. L'entrée, en passant, dans une maison païenne n’entraînait pas, en effet, de soi une impureté, mais ici il s’agit d'entrer dans une maison païenne pour un but religieux, d'y recevoir l'hospitalité, d'y manger; en un mot de frayer entièrement avec des étrangers. S'il n’est pas dit que Pierre et ses compagnons ont mangé dans la maison de Cornélius, cela va de soi après un long voyage.
ἀθέμιτον, forme hellénistique du classique ἀθέμιστον, ici seulement et dans le même
sens dans II Macc. vi, 5; vu, 1 et ce qui est caractéristique dans 1 Pr., 1v, 3. —
᾿ χολλᾶσθαι, inf. présent passif de κολλάω, coller, souder, unir fortement une personne à une autre; ce terme est plus expressif que προσέρχεσθαι, aller auprès, s'approcher de quelqu'un. Celui-ci précise le sens de κχολλᾶσθαι en le limitant, indiquant qu’il ne s’agit pas d’une union durable; c'est le premier pas vers l’union. ἀλλοφύλῳ, d’une autre tribut, c'est-à-dire étranger. Ici seulement dans le N. T. Dans les Septante, le terme désigne les Philistins, I Rois, xt, 3, 5 et les Grecs, I Macc.iv, 12. Par délicatesse Pierre évite de se servir du terme, gentil, ἐθνιχός; il le remplace par ἀλλόφυλος. κἀμοὶ 6 Θεός ἔδειξεν : xal a le sens de sed, Vig.; ἐμοί, à moi, emphatique pour marquer la séparation de Pierre d’avec les autres Juifs.
Pierre se justifie en affirmant qu'il est ici par l’ordre de Dieu. Il ne peut être souillé par le contact avec des étrangers, puisque Dieu lui a montré qu’il ne fallait tenir aucun homme pour impur. La vision n’avait montré à Pierre que des animaux, mais il avait compris que cette vision était un symbole par lequel Dieu lui enseignait qu’il n'avait plus lieu de distinguer entre pur et impur, que ce soit des animaux ou des hommes.
étranger ou d’entrer chez lui, mais Dieu m'a montré [qu'il ne faut] déclarer souillé ou impur aucun homme; 29. c’est pourquoi, sans contester, je suis venu, ayant été mandé. Je [vous] demande donc pour quel motif vous m'avez fait venir. 30. Et Cornelius dit : Il y a quatre jours, à cette heure-ci, j'étais à la neuvième [heure], priant dans ma maison; et voici, un homme se pré-
ÿ 29) διὸ xat unit ἦλθον à ἔδειξεν : c’est pourquoi, sans contester, je suis venu, ἀναντιρρήτως, sans contradiction, pour ἀναντιλέχτως, sans conteste, SrraBon. Pierre n’a fait aucune observation. Ici seulement dans le N. T, et dans Polybe, 23, 8, 11. υεταπεμφθείς, ayant été mandé ; ici seulement au passif. Bien que placé après le verbe, 16 participe exprime une action coïncidente avec celle du verbe; Mourrow, p. 131. πυνθάνομαι : questionner, interroger. τίνι λόγῳ, pour quelle raison, datif du motif. Des expressions analogues se retrouvent dans Platon et Euripide, τίνι λόγῳ πορθμεύετε, Iph. T. v. 1358. Pierre à entendu le récit du soldat de Cornélius; il sait donc pourquoi il a été mandé par le Centurion, maïs il voulait entendre les détails de la vision de la bouche de Cornélius et aussi s'appuyer sur ce récit pour justifier sa venue dans une maison païenne. « Voluit Petrus consulto a Cornelio coram omnibus explicari, ut omnes qui aderant et praesertim Judaei intelligerent et pietatem Cornelii et angeli apparitionem mandatumque, atque ita divino consilio vocationem gentium geri cognoscerent, SALMERON.
ÿ 30) Cornélius explique pourquoi il a mandé Pierre. Ce passage, ἀπὸ τετάρτης.... ἐν τῷ οἴχῳ μου, ἃ été présenté de façon différente par les MM. Nous donnons dans le texte la leçon de x ABC 61 Vlg. Boh. Arm. Ethiop., adoptée par les critiques récents, von Soden Nestle, Vogels. Le codex de Bèze, A'HLP 614 Pesch. Harkl. ajoutent νηστεύων après ἤμην. En ‘outre, D débute ainsi : ἀπὸ τῆς τρίτης ἡμέρας μέχρι τῆς ἄρτι ὥρας ἤμην νηστεύων τὴν ἐνάτην τε προσευχόμενος ἐν τῷ οἴχῳ μου. La traduction latine donne : a nustertiana die usque in hunc diem eram jejunans. Depuis le troisième jour jusqu’à cette heure, je fus à jeûner et à la neuvième ‘heure je priais dans ma maison. On n’y comprend plus rien si on veut mettre ce texte en accord avec le texte oriental. Le Laudianus porte : ἤμην νηστεύων χαὶ προσευχόμενος ἀπὸ ἕχτης ὥρας ἕως ἐνάτης ἐν τῷ οἴχῳ μον. De même, Gigas : ἃ nudius quartana die eram jejunans usque in hunc diem et[orans] hora nona in domo mea. Cette leçon : ἀπὸ τετάρτης fupéas… νηστεύων ἃ été diversement expliquée par les exégètes : Cornélius a voulu dire qu’il avait jeûné quatre jours avant d’avoir sa vision, ou qu’il avait jeûné quatre jours avant le jour présent ou qu'il jeûnait depuis quatre jours jusqu’à la même heure d'aujourd'hui, c’est-à-dire la neuvième.
ἀπὸ τετάρτης ἡμέρας, quarto abhinc die; a nudius quartana die VIlg.; depuis le quatrième jour; tournure grecque inusitée. ἀπό est employé dans le même sens, ὑπ. x1,18; χχι, 8; Apoc. χιν, 20. Blass fait remarquer que ἀπό... μέχρι (ἕως) a coutume d'indiquer un espace de temps. Il pourrait se faire que le texte soit corrompu et qu'il fût autrefois : πρὸ τετάρτῆς ἡμέρας avec suppression de μέχρι τῆς ὥρας, qui n’est pas dans tous les manuscrits, mais aucun manuscrit ne donne cette leçon.
D’après le texte que nous adoptons, Cornélius veut dire que Pierre est arrivé à. Césarée à la même heure qu'il y a quatre jours il eut une vision. Il compte à la manière juive : le jour où il eut la vision et où ses messagers sont partis; le jour où ils sont arrivés à Joppé; le jour de leur départ de cette ville; le jour de leur retour à Césarée : en tout, trois jours accomplis. Cf. pour une computation semblable, χι, 18; xx1, 8. Si l'attention se porte sur ἤμην προσευχόμενος il faudrait traduire : Il y ἃ quatre jours qu’à cette neuvième heure, étant en prières, il vit un ange, ou il y avait quatre jours qu'il était en prières, lorsqu'il vit un ange.
ἤμην προσευχόμενος : cet imparfait périphrastique indique que la prière commencée
4 “ ᾽ UE ACER ἐν τῷ οἴχῳ μου, χαὶ ἰδοὺ ἀνὴρ ἔστη ἐνώπιόν mou ἐν ἐσθῆτι λαμπρᾷ, 91. καὶ
noi ἱΚορνήλιε, εἰσηχούσθη σοὺ ἡ προσευχὴ χαὶ αἱ ἐλεημοσύναι σου ἐμνήσθησαν ἐγώπιον τοῦ Θεοῦ. 32. πέυ, ς ν οἰκίᾳ Σίμωνος βυῤσέὼωὼς παρὰ θάλασσαν. 33. ἐξαυτῆς | τε χαλῶὼς ἐποίησας παραγενόμενος. νῦν οὖν πάντες ἡμεῖς ᾿ ἐνώπιον τοῦ Θεοῦ πάρεσμεν ἀχοῦσαι πάντα τὰ προστεταγμένα σοι ὑπὸ τοῦ Kupiou. 34. ἀνοίξας δὲ Πέτρος τὸ στόμα εἶπεν᾽ ‘Er’ ἀληθείας χαταλαμάνομαι ὅτι οὐχ, ἔστιν
dans le passé durait encore lorsque l’ange apparut à Cornélius. ἤμην pour ἦν : imparfait : moyen, rejeté par les Atticistes, mais commun chez les auteurs récents; c'est la forme ordinaire dans le N. T. τὴν ἐνάτην, sous-entendu ὥραν, leçon de HP, ou mieux τὴν ὥραν ᾿ τὴν ἐνάτην. Pierre est donc arrivé à Césarée vers trois heures de l'après-midi. καὶ ἰδού fait ressortir cette chose étonnante qu'un homme qu'il n'avait pas vu entrer sé trouva subitement devant lui. Cornélius ne dit pas que c’est un ange qu'il a vu, mais
sa description, ἀνὴρ ἐν ἐσθῆτι λαμπρᾷ dit assez que dans sa pensée ce n’est pas un
homme ordinaire qui lui est apparu. Le vêtement brillant le lui fait reconnaitre comme un être céleste.
Ÿ 31) καὶ φησίν, au présent historique, ce qui donne de la vivacité au discours. εἰσηχού- Gûn σοι à προσευχή : l'ange parle à Cornélius de sa prière actuelle et de ses prières antérieures. Au κα &, l'ange mentionne les prières, προσευγχαί, de Cornélius. D'ailleurs ᾿ς προσευχή au singulier peut être entendu au sens général et embrasser toutes les prières ο΄ du Centurion. ai ἐλεημοσύναι σου ἐμνήσθησαν : aor. passif de utuvésxw, avertir, informer, remettre en mémoire; tes aumônes ont été remises en mémoire. « La prière, au sin-
gulier, προσευχή indique que l’ange pense à la prière que Cornélius a faite que la voie
droite lui soit montrée; le souvenir qu'a Dieu de ses aumônes motive seulement l’exaucement de la prière. » B. Waiss.
ÿŸ 32) πέυψον οὖν : envoie donc; par cet envoi Cornélius recevra la preuve que sa prière est exaucée. De l’ensemble du récit il ressort en effet que celui-ci priait Dieu de lui faire connaître ce qu’il devait faire pour lui être agréable. Par l'intermédiaire de l'ange Dieu lui ordonne d'envoyer chercher Pierre qui lui communiquera ce qu’il lui a comτς mandé de lui dire, ÿ 33 : ainsi sera exaucée sa prière. μεταχάλεσαι, impératif aor. moyen, appeler à soi, mander; même sens que μετάπεμψαι, Ÿ 5. — Après θάλασσαν CDEHLP Pesch. Harkl. Sah. Gig. Par. ajoutent : ὃς παραγενόμενος λαλήσει σοι, omis par NA B 3 15 18-61 Vlg. Boh. Eth. Pierre étant venu te parler, ce qui semble être une addition explicative, à moins que le texte oriental ne l’ait omise comme superflue.
ÿ Ÿ 33) ἐξαυτῆς, sous-entendu ὥρας; 4 fois dans les Actes; hellénistique, cf. Pap. Tebt. | 2895. χαλῶς ἐποίησας, formule de remerciement et de reconnaissance : c'est très aimable de ta part; c'est la phrase employée d'ordinaire pour exprimer le plaisir qu’on a reçu de l’acte de quelqu'un; cf. Wesrsren. On pourrait penser aussi que Cornélius veut dire que l'ayant envoyé chercher par l’ordre de Dieu, Pierre a bien agi en obéissant à cet ordre qu'il lui transmettait. Lioïisy ne croit pas que ces paroles soient une approbation destinée à tranquilliser Pierre s’il lui restait quelque scrupule. — ἐποίησας παραγενόμενος : Classiquement, les verbes signifiant bien ou mal faire se construisent avec le participe qui indique en quoi l’on fait bien ou mal. Le participe aoriste employé dans cette construction n’a point le sens du passé, maïs exprime l’idée verbale pure et simple, Kocn. Cette tournure se trouve aussi dans les papyrus, Mouz-
senta devant moi en vêtement resplendissant, 31. et dit : Cornelius. Ta prière a été exaucée et tes aumônes ont été remémorées devant Dieu. 32. Envoie
donc à Joppé et fais appeler Simon, qui est surnommé Pierre; il est logé dans
la maison de Simon, corroyeur, près de la mer. 33. Aussitôt j'ai envoyé vers toi et tu as bien fait en venant. Maintenant donc nous nous tenons tous devant Dieu pour entendre tout ce qui t'a été prescrit par le Seigneur. 34. Alors Pierre, ouvrant la bouche dit : En vérité, je comprends que
Ton. Cf. xv, 29; Philip. 1v 14, etc. Après ἐποΐησας D ajoute ἐν τάχει. ἀκοῦσαι, infinitif de but.
Au lieu de ἐνώπιον τοῦ Θεοῦ, Dd Vig. Pesch. Sah. Ethiop. ont ἐνάπιον σου. Cette leçon occidentale est peut-être la leçon originale qui a été corrigée en ἐνώπιον τοῦ Θεοῦ, formule fréquente dans le N. T. Elle paraît répondre mieux à la situation : nous sommes en ta présence pour entendre tout ce que Dieu a prescrit à Pierre. Cependant, la formule : nous sommes en la présence de Dieu, répond bien à l'attitude de ces hommes pieux qui avaient conscience d’être en présence de Dieu dont ils attendaient une communication et auquel ils étaient tout disposés à obéir. — τὰ προστεταγμένα, part. parfait passif de προστάσσω, ranger avec, enjoindre, ordonner; au passif, les choses qui ont été prescrites. De même que lui, Cornélius, a reçu l’ordre d’envoyer chercher Pierre, de même celui-ci a reçu de Dieu l’ordre de lui enseigner ce qu’il doit croire et pratiquer. ὃπὸ τοῦ Κυρίου, leçon de x ABCE Vlg. Boh. Harkl. Arm. — ὑπὸ τοῦ Θεοῦ, lecon de DHLP Par. Pesch. Sah. Chrysost.
Voici comment Blass et Hilgenfeld présentent ce ὃ d’après le codex de Bèze : ᾿ἙἘξαυτῆς οὖν ἔπεμψα πρὸς oërapaxalüv ἐλθεῖν (Hilgenfeld ajoute σε) πρὸς ἡμᾶς. σὺ δὲ χαλῶς ἐποίησας ἐν τάχει παραγενόμενος. νῦν σὺν ἰδοὺ πάντες ἡμεῖς ἐνώπιον σου, ἀχοῦσαι βουλόμενοι παρὰ σοῦ τὰ προστεταγμένα σοι ἀπὸ τοῦ Θεοῦ. Traduction latine de D : Εἰ vestigio ergo misi ad te rogando venire te ad nos. Tu autem bene fecisti in brevi advenire. Nunc ergo nos omnes in conspectu tuo audire volumus a te quae praecepta sunt tibi a Deo. Loisy juge que les variantes : ἐνώπιον σου et ἀπὸ τοῦ Θεοῦ, seraient préférables au texte ordinaire si elles étaient mieux appuyées.
Ÿ 34) Pierre répond à Cornélius. Sa langue était l'araméen de Galilée que ses
auditeurs, quelques-uns latins, sachant peut-être seulement le grec, ne devaient pas
comprendre; il est donc probable que toute la conversation précédente et le discours de Pierre ont été traduits par un interprète. Il est possible cependant que l’Apôtre connût suffisamment le grec pour se faire comprendre; les tournures embarrassées que l’on relève dans ce discours trahissent peut-être l’inhabileté de Pierre dans le maniement de la langue. N'oublions pas qu'il devait connaître le grec d’une façon fort insuffisante puisque la tradition nous rapporte le nom de deux de ses interprètes, Epunveutis, Marc (d’après Papias) et Glaucias (d’après Clément d'Alexandrie).
Le discours de Pierre développe une idée très nouvelle, même pour celui-ci, l’absolue universalité de l'Église et l’impartialité de Dieu à l'égard de toutes les nations, Juifs ou gentils. Le discours présente quatre idées principales après l’exposé de principes, Ÿ 34-36; 1° il fait un récit sommaire de la vie publique, de Jésus en insistant sur son baptême, ses miracles et son activité en Galilée, dans le pays des Juifs et à Jérusalem; sa mort; ὃ 37-39; 20 il fait ressortir l'importance de Sa résurrection; ÿ 40, 41; 3° il annonce le jugement à venir dont Jésus sera τὸ juge, Υ 42; 4° les prophètes lui rendent témoignage, ÿ 43.
ἀνοίξας τὸ στόμα, formule solennelle, employée aussi var, 35; xvir, 14. ἐπ᾽ ἀληθείας, 3 fois dans Luc, 2 fois dans Actes, 2 fois dans Marc. La formule ordinaire est ἐν ἀληθείᾳ.
\ προσωπολήμπτης ὁ Θεός, 35. ἀλλ᾽ ἐν παντὶ ἔθνει ὁ φοθούμενος αὐτὸν χαὶ Épyalomevoc “ἢ Ν ,» = 2 7 A ! "A Jam à » ,ν Le 4 δικαιοσύνην δεχτὸς αὐτῷ ἐστίν. 36. τὸν λόγον ὃν ἀπέστειλεν τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραὴλ
χαταλαμδάνομαι, non dans Luc, mais 3 fois dans les Actes. Indicatif présent moyen de xatahau6dvw, saisir, s'emparer de; au moyen, saisir par l'intelligence, comprendre. Le verbe est au présent pour marquer que c’est une conviction qui se fait actuellement dans l'esprit de l’Apôtre, d’abord par la vision qu’il a eue, puis par le récit de Cornélius qui la lui rend claire. La Vulgate en traduisant xatahau6évouar par le parfait comperi semble indiquer que c'est par une expérience de choses antérieures que Pierre a compris le dessein de Dieu. προσωπολήμπτης, ici seulement dans le N. T., ap. legomenon, formé de πρόσωπον et AauGdvetv, Le. xx, 21. On trouve les termes analogues, προσωπολημψία, Rom. τι, 11; Jcq., 11, 1; πρόσωπον λαμδάνειν, traduction exacte de l’hébreu, nasà panim; οἵ, Deut. x, 17; Chron. χιχ, 7; Sagesse, vi, 8; Eccli., xxxv, 11. « L’expression fait allusion à l’acte d’un juge qui relève et tourne vers lui la face d’un prévenu, non pour le traiter selon le droit, mais selon la faveur du moment. » Barbe. Comperi, experientia didici per ea quae hucusque evenerunt, Deum sine acceptione personarum (utrum Judaei sint vel Gentiles circumcisi vel incircumcisi) favores suos et, in specie, salutem Messianam tribuere, ergo etiam Gentilibus absque eo quod per Judaismum transirent et circumcisionem Legemque observarent. Certe hactenus Petrus non putabat Deum esse personarum acceptorem, sed autumat Deum gratuitam suam electionem et vocationem ad fidem, quam nemini debet, solis Judaeiïs reservare : nunc vero per visionem Spiritus sancti, comperit gratiam fidei indiscrinatim omnibus et monitionem etiam gentilibus, ex gratuita Dei benignitate deinceps offerri, CAMERLYNGK.
ÿ 35) Dieu ne faisant pas acception des personnes, il n’y a exclusion de quiconque; en toute nation celui qui le craint et pratique la justice est reçu par lui, ou lui est agréable, — δεχτός parce que cet homme est dans le meilleur état de préparation pour recevoir les dons de Dieu, pour entrer dans le royaume messianique sans considération de nationalité. ὁ φοδούμενος αὐτόν fait allusion à la piété accessible à un païen; elle est donc unie à ἐργαζόμενος dixatoobvnv. φοδούμενος est employé dans son sens général et non dans celui qui lui est donné, ÿ 2, et χιιι, 16, 26. δεχτός, adjectif verbal de δέχομαι a les deux sens : accepté, admis, agréable; le premier répond mieux à l’ensemble de la phrase. ἐν παντὶ ἔθνει: Pierre parle de toute nation et non de toute religion. Il ne faut donc pas conclure que dans toutes les religions l’homme peut être sauvé. Non indifferentissimus religionum sed indifferentia nationum hic asseritur, BENGEL. « Pierre n’a pas eu l'intention d'enseigner les conditions à remplir en général pour être reçu de Dieu ou lui être agréable; il a établi les conditions au moyen desquels un païen pouvait entrer dans la communauté chrétienne, » Wenpr. Il ne suffit pas de craindre Dieu et de pratiquer la justice pour être justifié — δεκτός n’a pas le sens de justifié ou de sauvé — il faut encore croire en Jésus pour obtenir la rémission des péchés; cf. ÿ 43. « Pierre conclura, ÿ 43, en disant que le salut est pour tous dans 18 foi, il ne veut donc pas signifier ici que le païen est sauvé par le mérite de sa piété et de sa vertu naturelles, mais que Dieu recrute indifféremment ses élus chez les Juifs et chez 165 païens, ayant partout égard à la piété et à La droïiture », Loisy.
Ÿ 36) Le commencement du ÿ se présente sous deux formes : 19 τὸν λόγον dv ἀπέστειλεν, leçon de K°C D EH L P des minuscules, Pesch. Harkl. Chrysostome, laquelle, d’après Preuschen, défie toute construction raisonnable. 2° τὸν λόγον ἀπέστειλεν, NS A B 61, Gig. Vlg. Sah Boh. Arm. adoptée par presque tous les critiques. Elle ne serait, d'après Preuschen, qu’une mauvaise graphie, un essai pour mettre la phrase sur pied. 1]
/ rétablit donc tout le passage de la façon suivante : Ὑμεῖς οἴδατε τὸν λόγον, dv ἀπέστειλεν
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Dieu ne fait point acception de personnes, 35. mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice est reçu par lui, (lui est agréable). 36. 11 ἃ envoyé la parole aux fils d Israël en annonçant la paix par Jésus-
τοῖς υἱοῖς Ἰσραὴλ εὐαγγελιζόμενος εἰρήνην διὰ 1. X. τοῦ ἀπὸ Ναζαρέθ, ὡς ἔχρισεν αὐτὸν, etc. Ainsi seulement ressortirait nettement l'opposition entre ὑμεῖς οἴδατε et ἡμεῖς μάρτυρες. Cette restitution du texte est trop éloignée du texte des manuscrits pour être acceptable.
Torrey, The composition and date of Acts, p. 35 croit que, ramenée à l’araméen, cette formule, τὸν λόγον ὃν ἀπέστειλεν, s'explique par ce fait que dans cette langue on emploie la construction en suspens. Le texte araméen serait : Comme la parole que le Seigneur de tous ἃ envoyée aux enfants d'Israël, proclamant de bonnes nouvelles de paix par Jésus-Christ : vous savez ce qui a eu lieu dans.toute la Judée. D'après Torrey le Seigneur de tous, c'est Yahveh, ainsi nommé dans les documents araméens; il est improbable que ce titre : Seigneur de tous, ait été donné à Jésus dans un document araméen du τοῦ siècle. τὸν λόγον doit être regardé comme le complément direct de οἴδατε.
Puisque la leçon τὸν λόγον ὃν ἀπέστειλεν est peut-être originale on a essayé d’en expliquer le sens. On peut ranger les explications sous deux chefs. 1° Celles qui unissent le Υ 36 aux ÿ précédents 34 et 35. À, En vérité je comprends que Dieu ne fait point acception de personnes et que tout homme qui le craint et pratique la justice, lui est agréable. [Ceci est] la parole qu’il a envoyée aux enfants d'Israël. B, τὸν λόγον est mis pour ὃν λόγον, laquelle parole il envoya aux enfants d'Israël. C, IL faut ajouter κατά devant τὸν λόγον : d’après la parole qu'il a envoyée. D, τὸν λόγον est un accusatif absolu qui se rattache à δεχτὸς αὐτῷ ἐστι : parole qu'il a envoyée, Εἰ, τὸν λόγσν est un développement de δικαιοσύνην : tout homme qui pratique la justice, parole qu'il a envoyée.
20 Les explications qui unissent le ÿ 36 à ce qui suit et supposent que τὸν λόγον est le complément de ὑμεῖς οἴδατε, Υ 37. L'inconvénient de cette hypothèse, c’est qu’elle suppose deux régimes directs à οἴδατε, τὸν λόγον et ῥῆμα, lesquels ont presque le même sens. Barde traduit de la façon suivante, en donnant au verbe οἴδατε un régime antécédent, ÿ 36 et un régime subséquent, ÿ 37, 38. « Quant à la parole qu'il a envoyée aux fils d'Israël en annonçant la paix par Jésus-Christ [pour lui, il est le Seigneur de tous] vous la connaissez, [c’est] cette parole qui a passé à travers toute la Judée, [savoir] Jésus de Nazareth, [vous savez] comment Dieu l’a oïnt. » Barde avoue que cette construction est embarrassée, pas très correcte et pas très claire. Nous sommes de son avis.
On a encore traduit : Vous connaissez la parole qu'il a envoyée aux fils d'Israël, annonçant paix par Jésus-Christ. Il est le Seigneur de tous; vous connaissez aussi ce qui est arrivé en Judée. Pierre aurait donc fait allusion à trois faits connus de ses auditeurs : 1 La parole qui a été envoyée aux enfants d'Israël; 2 l'événement qui est arrivé, τὸ γενόμενον ῥῆμα; 3 ce qui concerne Jésus.
Blass observe que « les très graves embarras du ÿ 36 seraient enlevés si l’on retranchait du texte le mot Κύριος ». On'rapporterait alors οὗτος τος à τὸν λόγον ὅν, écrit à l’accusatif par attraction du relatif ὃν que Blass retient. Construction analogue à celles de Matthieu, xx1, 42; Luc, xx, 17; I Cor. x, 16 τὸν ἄρτον ὃν χλῶμεν... ὃ ἐστίν. Au ÿ 37, le même auteur propose de retrancher ἀρξάμενος ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας.
Loisy rejette toutes ces explications et présente la suivante : « On pourrait, ce
semble, considérer les deux propositions principales : « Il a envoyé la parole. c’est le maître de tous », comme présentant la thèse du discours en forme générale et abstraite, avant de montrer dans l’histoire de Jésus les préliminaires de ce programme de salut. Pierre dirait d’abord, et avec une certaine emphase, en s'inspirant d'Isaïe : Dieu a envoyé la parole, la parole du salut universel, en annonçant ce salut aux Juifs par
“880 ACTES DES APOTRES, x, 36-38.
εὐαγγελιζόμενος εἰρήνην διὰ ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ" οὗτός ἔστιν πάντων Κύριος. 37. ὑμεῖς f LA Ο
Jésus, que nous avons annoncée à Israël et qui doit être annoncée aussi aux paiïens, parce que Jésus-Christ est le Seigneur de tous les hommes (cf. xxvi, 28)... Viendrait ensuite l'explication : Le Seigneur Christ est Jésus de Nazareth, dont tout le monde ἃ entendu parler. »
ἀπέστειλεν, sous-entendu Θεός du ÿ 34; la Vulgate, ainsi que Dem., Corr. vat. l'ont:
rétabli : verbum misit Deus filiis Israel. λόγον, cf. 1v, 31; vu, 14, 25; χπι, 26; c’est le message divin qui a été envoyé aux Juifs d’abord, puisque le salut vient des Juifs, Jn. 1v, 22; Act. 11, 26; x, 26. Ce message annonçait la paix réconciliatrice avec Dieu par l'entremise de Jésus-Christ. εὐαγγελιζόμενος, au moyen, annonçant une bonne nouvelle, la paix, εἰρήνην, la réconciliation avec Dieu par Jésus-Christ, Rom., v, 1, 10. La paix ou le salut, Ze, x, 73; n, 18; x, 5; Π Cor. v, 18-20, est le message évangélique. Cette paix, annoncée ici, n’est pas l’union entre les Juifs et les gentils. οὗτος, emphatique, ἐστιν πάντων Κύριος. πάντων est au masculin et non au neutre : Jésus-Christ est le Seigneur de tous les hommes et non de toutes choses. La paix a été annoncée à tous, Juifs et gentils, sans distinction puisqu'il est le Seigneur de tous. Le royaume du Christ englobe toutes les nations; c’est donc à toutes qu’il apporte 16 salut : « Vous - tous, disait donc Pierre, vous ne devez pas penser que cette évangélisation de la paix, accordée d’abord aux Juifs, leur était réservée, puisque Jésus-Christ est le Seigneur de tous. » Gette affirmation enseigne nettement la divinité de Jésus-Christ. Cf. ATHANASE, contra Arianos, τν, 30.
La construction des ÿ 37, 38 est très particulière; les diverses parties tendent à devenir indépendantes, L'accord des divers termes se fait avec des termes dont ils sont séparés par d’autres. Ainsi, ἀρξάμενος, Ÿ 37, s'accorde avec οὗτος Κύριος, ὃ 36; Ἰησοῦν, Ÿ 38, s'accorde probablement avec ῥῆμα, Ÿ 37, dont il est une apposition. Nous avons ici un exemple d’appositions où le développement ne suit pas d’autres lois que la liaison logique des idées. Il semble aussi que ces divers membres de phrases, ὃ 36- 38, sont des notes accolées les unes aux autres sans aucune attention à la construction de la phrase. Cela répond assez bien à ce qu'a pu être la source où Luc a puisé les éléments du discours de Pierre.
Ÿ 37) Pierre a annoncé tout d'abord à Cornélius une doctrine nouvelle pour lui; il lui parle maintenant de ce qu'il a pu apprendre de ceux qui l’entouraient, puisque ces événements étaient publics. Il lui apprend aussi cependant ce qu'il ignorait encore, que Jésus avait été oint d’'Esprit-Saint, donc qu'il était le Messie, que Dieu était avec lui, qu’il était apparu seulement à ses apôtres, qu'il a été établi juge des vivants et des morts et que par son nom on reçoit la mission des: péchés. ὑμεῖς οἴδατε : ὑμεῖς est emphatique. Cette chose, ῥῆμα, c'est le ministère public de Jésus, faisant des miracles, et sa conclusion logique. Il avait aussi pu entendre la prédication de Philippe à Césarée, vin, 40. τὸ γενόμενον ῥῆμα καθ᾽ ὅλης τῆς Ἰουδαίας : ῥῆμα, pris au sens de l’hébreu dabar signifie chose, événement. ῥῆμα ne signifie pas simplement une chose, mais la chose dont il est parlé; il diffère de λόγος, lequel signifie le mot où la parole, tandis que ῥῆμα est la chose exprimée par le mot. Quelques exégètes ont suggéré que Cornélius était le centurion, qui a assisté au crucifiement de Jésus et a attesté que celui-ci était vraiment le fils de Dieu, Mt. xxvu, 54; Me. xv, 39; Le. xx, 47. Rien ne prouve ou n'infirme cette supposition. — χαθ᾽ ὅλης τῆς ᾿Ιουδαίας :
Christ, Celui-ci est Seigneur de tous. 37. Vous savez le fait advenu dans toute la Judée, commençant par la Galilée, après le baptème que Jean ἃ prêché, 38. comment Dieu ἃ oint d'Esprit-Saint et de puissance Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant le bien et guérissant tous ceux
dans toute la Judée, c’est-à-dire la Palestine. Le terme ‘Toudaix englobe aussi la Galilée pour Luc, 1, 5; vi, 17; xxmi, 5; Act. 1, 8; x1, 1, 29. — ἀρξάμενος, lecon de KABCDEH 40 est une anacoluthe et s’accorderait avec οὗτος. Ce nominatif tout à fait abrupte rappelle certaines constructions des autres discours de Pierre, 11, 22, 24; 1, 14 et aussi un passage du mie évangile, χχιν, 47. Cf. Act. 1, 22. ἀρξάμενος équivaut à ἐπεὶ ἤρξατο,
Pour remédier à ce qui paraissait un solécisme L P 31 61 ont donné la leçon ἀρξάμενον qui s’accorderait avec ῥῆμα. Pierre voudrait dire que ce qui est advenu dans toute la Judée ἃ commencé en Galilée. Maïs cela ne correspond pas exactement aux faits : | ἀρξάμενον ne peut qualifier ῥῆμα, puisque c’est Jésus et non la chose qui a commencé à
prêcher. Blass croit que ἀρξάμενος ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας est interpolé d’après Luc, xxin1, 5. :
Pour Robertson, p. 458, ce nominatif absolu est une ancienne forme grecque. D’après Bultmann, $ 123, n. 7, cette formule était devenue dans l'esprit de l’écrivain comme un adjectif adverbial.
μετὰ τὸ βάπτισμα ὃ ἐχήρυξεν Ἰωάνης : après que le ministère de Jean, prêchant le baptème, ait été terminé, 1, 22, ou après le baptème que Jean a donné à Jésus, baptême dans lequel celui-ci a reçu l’Esprit-Saint, mentionné au ÿ suivant. Adumbratur quam brevissime tota narratio evangelica, qualem ex Petri sermonibus litteris mandavit Marcus, BLass.
Ÿ 38) Ἰησοῦν τὸν ἀπὸ Ναζαρέθ : Ἰησοῦν est probablement une apposition à τὸ ῥῆμα; il pourrait aussi dépendre de οἴδατε ou être complément direct de ἔχρισεν, quoiqu'il soit placé en dehors de la proposition et que dans ce cas αὐτόν formeraii pléonasme : cette forme n’est pas inconnue au N.T. Pierre rappelle à Cornélius que Jésus était de Nazareth, parce que celui-ci était connu du peuple sous cette appellation, Mi. χχι, 11; Me. x, 47; Nazareth est mentionnée ici seulement dans les Actes mais 7 fois Jésus y est qualifié de Nazaréen, c’est-à-dire habitant de Nazareth. Cette ville, bien connue par les récits évangéliques, n’est jamais nommée dans l'A. T., dans Josèphe ni dans le Talmud,
ὡς ἔχρισεν αὐτὸν ὃ Θεὸς Πνεύματι ἁγίῳ καὶ δυνάμει; ὡς est commandé par οἴδατε : vous savez comment Dieu a oïnt Jésus-Christ d'Esprit-Saint et de puissance. Les rois et les . prophètes d'Israël étaient oïnts avec de l'huile; Jésus est oïnt de l’Esprit-Saïnt, d’où
dérive pour lui une puissance. Il était donc le Messie. Cf. Zsaïe, xt, 1 : ἔχρισέ σε μὲν
εὐαγγελίζεσθαι πτωχοῖς. Ambroise, Cyrille de Jérusalem voient dans ces paroles de Pierre une allusion à l’Incarnation, Athanase au baptême de Jésus. On'peut aussi y voir l'entrée de Jésus dans son ministère public, ainsi qu’il paraît ressortir de la suite du texte. L’Esprit-Saint a habité l’âme du Christ et est demeuré en lui; cette habitation du Saint-Esprit est devenue le principe de son action surnaturelle; Dieu ἃ répandu toutes les grâces de l’Esprit-Saint sur Jésus homme considéré comme Messie. ds διῆλθεν: ὃς se rapporte à Ἰησοῦν : la tournure est assez embarrassée. Deus, seu tota ss. Trinitas, unxit Jesum secundum humanam naturam : nam operatio älla, qua Filius incarnatus est, tribus Personis communis est, in quantum est opus Dei ad extra. Deus autem Jesum unxit Spiritu sancto, quia plenitudo omaium gratiarum (Spiritus Sancti) in naturam ejus humanam effusa est, eo memento quo Jesus de Spiritu Sancto conceptus et natus est, GamerLyNox. διῆλθεν, aoriste exprimant des actes dont l’époque n’est pas fixée; ils sont passés par rapport à l’orateur, mais étaient présents
En be. Les
τοὺς xatadvyaoteuomévous ὑπὸ τοῦ διαδόλου ὅτι ὁ Θεὸς ἦν mer’ αὐτοῦ. 39. χαὶ e 2 - ε
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ὃν χαὶ ἀνεῖλαν χρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου. HO. τοῦτον ὁ Θεὸς ἤγειρεν ἐν τῇ τρίτη
ἡμέρᾳ χαὶ ἔδωχεν αὐτὸν ἐμφανὴ γενέσθαι, hÂ. οὐ παντὶ τῷ λαῷ, ἀλλὰ μάρτυσιν
F τὰ »"Ξ-2 ᾽ 4 9 D, 1 + as Y 1 πίομεν αὐτῷ μετὰ τὸ ἀναστῆναι αὐτὸν ἐχ νεχρῶν. 2. χαὶ παρήγγειλεν ui
quand Jésus 811 de lieu en lieu, εὐεργετῶν, faisant le bien, participe de durée,
ainsi que ἰώμενος; καί est épexégétique. — καταδυναστευομένους : participe présent passif
de χαταδυναστεύω, opprimer, tyranniser. Ici seulement cf. Jcq. 11, 6. Pierre fait allusion ici principalement à la possession démoniaque, mais aussi à toutes les autres maladies. Il rapporte ce qui devait faire le plus d'impression à un païen; le fait de dominer les démons prouve l'étendue de la puissance, Carysosrome, Aom. xxur, 8. Ces guérisons prouvent que Dieu était avec lui, Jn. 11, 2; v, 36; x, 37 ss. Jésus accomplissait ses miracles par la toute-puissance de Dieu, dont il était l’envoyé autorisé. « La vertu extraordinaire de ses exorcismes ne tenait pas à des recettes particulières qu'il aurait possédées. Il chassait les démons parce que Dieu était avec lui. » Lorsy.
Il ne faudrait pas conclure de ces paroles de Pierre que celui-ci croyait et enseignait que Jésus était seulement un homme. Il a déclaré déjà, ÿ 36, que Jésus était le Seigneur de tous; plus tard il déclarera qu'il est le juge des vivants et des morts, ÿ 42, que c’est par lui qu'on reçoit la rémission des péchés, ÿ 43. Ici, il parle à Cornélius de l’action de Jésus sur la terre en tant qu'homme; il adapte ses enseignements à la mentalité de ses auditeurs. Il ne pouvait exposer didactiquement et dans son entier la nature divine et humaine de Jésus. Deus erat cum illo sensu speciali et unico. Equidem de quovis homine qui miracula patrat dici utique potest Deum esse cum eo, sed hoc speciale est in Jesu, quod miracula sua fecerit cum talibus circumstantiis quae demonstrarent eum esse Messiam; imo haud semel indicavit se ea propria facere virtute, e. g. quando aliis potestatem ea patrandi concessit, CAMERLYNCK.
Ÿ 39) χαὶ ἡμεῖς μάρτυρες πάντων ὧν ἐποίησεν : ἡμεῖς, emphatique; ὧν, au gén. plur. par attraction pour &; μάρτυρες : les apôtres sont les témoins de tout ce qu’a fait et enseigné Jésus, de sa résurrection; toute la christologie apostolique est résumée en ces mots. Après ἡμεῖς il y ἃ ἐσμέν sous-entendu, qu’insèrent HLP 614, Vlg. Gig. après μάρτυρες, τῇ χώρᾳ τῶν Ἰουδαίων, le pays habité par les Juifs, la Judée, la Galilée et la région au delà du Jourdain, — ὃν καὶ ἀνεῖλαν χρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου ; cf. 11, 33; v, 30. χαί peut signifier aussi ou même : lequel 115 ont tué aussi : allusion aux persécutions que Jésus eut à endurer de la part des Juifs; lequel même ils ont tué, allusion à la violence de la haïne des Juifs contre Jésus. Cette phrase se rapporterait à μῴτυρες d'après Winer : Nous sommes témoins de tout ce que Jésus ἃ fait, aussi du fait qu'ils l'ont mis à mort. D'après Wendt, elle est la suite de l’histoire de Jésus, du ÿ 38. Ce n’est pas une parenthèse, BLass, ou une addition du reviseur, B. Weiss, puisque ὅν se rapporte au sujet de ἐποίησεν. χρεμάσαντες, participe d'action, coïncidant avec le verbe placé avant. — Pierre, parlant à un Romain, ne fait pas allusion à la part qu'ont prise les Romains à la mort de Jésus; il l’attribue aux ti qui en ont été la cause première. Il les a déjà accusés de ce crime, n, 23; m1, 17; v, 30; Étienne aussi, VII, 53. Avant ἀνεῖλαν, la Peschitto a rejecerunt Judaei.
Υ 40) τοῦτον ὁ Θεὸς ἤγειρεν : τοῦτον, emphatique. Celui que les Juifs ont tué, celui-là, Dieu l’a ressuscité, τῇ τρίτη ἡμέρᾳ : six fois dans son évangile Luc fait allusion à la
qui étaient sous la puissance du diable, parce que Dieu était avec lui. 39. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem, lui qu'ils ont tué en le pendant au bois. 40. Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu'il devint visible, κί. non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu’il fut ressuscité des morts. 42. Et il
résurrection de Jésus le troisième jour; Paul l’atteste nettement, I Cor. xv, 4. Le codex de Bèze ἃ μετὰ τὴν τρίτην ἡμέραν, pleinement original, PReuscHEN; ce qui ne donne aucun sens bien satisfaisant, Loisy. — xai ἔδωχεν αὐτὸν ἐμφανῆ γενέσθαι : littéralement, il l’a donné pour devenir manifeste. διδώμι, donner, par extension, accorder, permettre; l’hébreu nathan est employé dans ce sens. ἐμφανῆ, accusatif de ἐυφανής, qui apparaît, qui se montre aux regards, qui se rend visible. #dwxev, avec l'infinitif, comme 1v, 29; χιν, 3; bien connu pour un sémitisme, Torre.
Ÿ 41) οὐ παντὶ τῷ λαῷ : Dieu ἃ permis que Jésus devint visible, qu'il apparût, mais non à tout le peuple, à chacun du peuple d'Israël. Cornélius a donc pu ignorer ce qui s'était passé lors de la résurrection de Jésus, ignorer même sa résurrection. La négation où marque vivement le contraste indiqué par ἀλλὰ. — ἀλλὰ μάρτυσιν τοῖς προχεχειροτονημένοις ὑπὸ τοῦ Θεοῦ : les témoins sont les apôtres, Le choix des apôtres est attribué tantôt à Dieu, comme ici, et tantôt à Jésus, 1, 2. προχεχειροτονημένοις part. prés. passif de προχειροτονέω, élire auparavant à mains levées, Eschine, Platon; ici seulement dans le N. T. Cf. χειροτονήσαντες, x1v, 23. πρό avant le verbe indique que le choix des apôtres a été fait avant la résurrection de Jésus et χείρ qu'il l’a fait de sa propre main, c'est-à-dire de sa propre volonté. Les apôtres devaient donc être les témoins de la résurrection de Jésus, que Dieu avait choisis d'avance et qui furent des témoins irrécusables, eux qui ne l’avaient pas seulement vu mais qui avaient vécu avec lui dans l'intimité la plus étroite, puisqu'ils avaient mangé et bu avec lui après qu'il eut été ressuscité des morts. Cf. τ, 4; Le. xx1v, 41, 48; Jn. xx1, 12. οἵτινες, terme plus affirmat if que οἱ.
Après συνεπίομεν αὐτῷ, D Par. Harkl. djoutent καὶ συνανεστράφημεν, et conversati sumus. Après ἐκ νεκρῶν, D Sah. ajoutent ἡμέρας τεσσαράχοντα; Par. ajoute et ascendit in coelum. Ces diverses additions semblent destinées à compléter le texte d’après d’autres textes des évangiles ou des Actes.
μετὰ τό, suivi de l’infinitif aoriste, pour le participe, est fréquent dans Luc, 8 fois sur 45 dans le N. T. Cf. Jannaris, Historical Greek Grammar, London, 1897, p. 386, 1601. Pierre parle donc des repas que les apôtres ont partagés avec Jésus après sa résurrection et non des repas pendant le cours de la vie publique du Seigneur. Les
Actes sont ici en accord avec les évangiles, qui ne racontent pas d’autres apparitions qu'aux apôtres et aux femmes de la suite de Jésus. Pierre n’a pas faussé l’histoire afin de donner plus de vraisemblance à la résurrection de Jésus; il reconnaît qu’il n’a apparu qu'aux apôtres seuls. S'il ne parle pas des apparitions de Jésus aux femmes, c'est que celles-ci étaient de 18 société de Jésus avec les apôtres et d’ailleurs elles ne devaient pas être témoins à travers le monde de la résurrection de Jésus. Paul, 1 Cor. xv, 5ss., ne parle pas non plus des apparitions de Jésus aux femmes.
ÿ 42) Pierre n’enseigne pas à des gentils que Jésus était le Messie; ils ne l’auraient pas compris : son témoignage porte sur la résurrection de Jésus et<ur la fonction de Jésus, comme juge des vivants et des morts, ce qui, d’ailleurs, était une fonction messianique. — παρήγγειλεν : régulièrement le sujet est Jésus, bien que le sujet de la
ἘΜ ΘΑ ΠΡ EEE
904 ACTES DES APOTRES, X, 42h45, ΠΡ Ἵ
χριτὴς ζώντων χαὶ νεχρῶν. #8. τούτῳ πάντες οἱ προφῆται μαρτυροῦσιν, ἄφεσιν ἁνιαρτιῶν λαόεῖν διὰ τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ mévra τὸν πιστεύοντα εἰς αὐτόν. ἱμῖι. ἔτι
λαλοῦντος τοῦ Πέτρου τὰ ῥήματα ταῦτα ἐπέπεσεν. τὸ [Πνεῦμα τὸ ἅγιον ἐπὶ πάν- | tac τοὺς ἀχούοντας τὸν λόγον. ἐῦ. καὶ ἐξέστησαν οἱ Ex περιτομῆς, πιστοὶ ὅσοι
ES
phrase, dont celle-ci est une coordonnée, soit Dieu. Maïs c’est Jésus qui est nommé en dernier lieu, ÿ 41. C'est lui d’ailleurs, 1, 8, qui a ordonné aux apôtres de prêcher son nom dans toute la terre. χηρύξαι : les apôtres ont reçu l’ordre de proclamer à haute | voix cette résurrection, Mt. xxvir, 18; Me, xvi, 15; Le, xxiv, 47; Jn, xv, 37. τῷ λαῷ, au ù peuple d'Israël. Pourquoi Pierre n’a-t-il pas ajouté χαὶ τοῖς ἔθνεσιν. Est autem in χηρύξαι χαὶ διαμαρτύρασθαι omne momentum, neque erat modestiae Petri gentium se apostolum dicere; id dicit quod principale summumque sibi certe erat, BLass. L'ordre d’ailleurs qu'ont reçu les apôtres, 1, 8, n’excluait pas les gentils; leur prédication de Jésus devait s'étendre à toute la terre. La suite du ÿ prouve cette universalité de la prédication apostolique, Il n’y a pas lieu de croire, comme B. Weiss, .que Luc a emprunté son récit à une source qui ne connaissait pas l’ordre du Seigneur d’enseigner à toutes | les nations, Mr. χχυπι, 19. — διαμαρτύραρασθαι : Les apôtres ont aussi reçu l’ordre de à rendre témoignage, d’attester que celui-ci, οὗτος, [Jésus] est le juge déterminé, ὡρισμένος, … par Dieu pour être le juge des vivants et des morts, Jn. v, 22, 27; Mr. xxv, 3, 11; I Thess. 1v, 14; I Cor. xv, 51. οὗτος répété plusieurs fois : τοῦτόν, ÿ 40; οὗτος, ÿ 42; τούτῳ, Ÿ 43, forme emphase. χριτὴν ζώντων καὶ νεχρῶν : οὗ, 1 Pr, 1v, 5. Pierre affirme que Jésus ressuscité sera le juge de tous les hommes, Juifs et Gentils vivants et morts, c'est-à-dire de tous ceux qui seront vivants lors de sa parousie et de ceux qui sont morts antérieurement à celle-ci, 1 Thess. τν, 17. Pierre avait appris cette doctrine de Jésus lui-même, Jn. v, 22, Πατήρ... τὴν χρίσιν πᾶσαν δέδωχεν τῷ υἱῷ; Υ 27 : καὶ ἐξουσίαν ἔδωχεν αὐτῷ [υἱῷ] χρίσιν ποιεῖν. Les apôtres ont reçu l’ordre de prêcher cet enseignement οὗ d'annoncer que Jésus est juge des vivants et des morts. Dans son discours à Athènes, Paul a prêché aussi que Jésus ressuscité jugerait le monde en toute équité, xvir, 31. Cf. Rom. χιν, 3 ss. De cette fonction de Jésus, jugeant les vivants et morts, nous devons conclure que dans la pensée de Pierre Jésus est Dieu. Cette prédication de Pierre se retrouve dans I Pr., 1v, 5; IE Tém.1iv, 1; cf. II Clem. 1, 1; Barn. vu, 1; Polyc. u, 1; Jusrin, ado. Tryph.118 et le Symbole des apôtres.
Ÿ 43) τούτῳ πάντες οἱ προφῆται μαρτυροῦσιν :'tous les prophètes apportent aussi leur témoignage à celui-ci. Pour les références, voir KNABENBAUER, p. 194. Les prophètes attestent que quiconque croit en lui [Jésus] reçoit rémission des péchés par son nom, διὰ τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ, par la personne, par la puissance de Jésus, πάντα τὸν πιστεύοντα : tous ceux qui croient en lui, donc Juifs et Gentils. Pierre insiste et veut faire ressortir que le pardon des péchés, le salut ἃ été accordé par Jésus à tous les hommes, à tous ceux qui croient en lui, ir, 21; cf. Rom. 11, 22, 25. La condition du salut est donc la croyance en Jésus; nouvelle preuve de la divinité de Jésus-Christ. — Les auditeurs de Pierre, hommes pieux et craignant Dieu, ont dû être remplis de joie en apprenant qu’ils pouvaient désormais être sauvés par la foi en Jésus, sans être astreïints à la circoncision et aux observances légales. Sous l’action de l’Esprit-Saint s'exprime leur joie, Ÿ 46.
ÿ &h) ἔτι λαλοῦντος, formule d'introduction, de passage à un autre récit, Ze. vu, 49;
EL AA ANA Dr A ἐνκμεν ἀλυδς
ACTES DES APOTRES, X, 42-45. à 335
nous ἃ ordonné de prêcher au peuple et d’attester qu’il est le juge, déterminé par Dieu, des vivants et des morts. 43. À celui-ci tous les prophètes rendent témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom rémission de [ses] péchés. kk. Pierre prononçait encore ces mots que l’Esprit-Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole. L5. Et tous les croyants de la circoncision qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit se fût aussi répandu sur
xx, 47, 60. λαλοῦντος au participe présent indique une action simultanée avec celle du verbe principal, ἐπέπεσεν. Pierre parlait encore, ce qui suppose, mais non nécessairement qu'il n’a pas achevé son discours. IL semblerait cependant que les dernières paroles de l’Apôtre sont une conclusion et répondent au début du discours. Cette expression, ἔτι λαλοῦντος, comme dans les passages cités de Luc et dans Matthieu, ΧΙ, 46, ΧΥΠ, 5, n'indique pas une interprétation du discours mais .le passage à un autre ordre de faits. Ceci ressort d’ailleurs de ce que, χι, 14, il est dit que l'Esprit- Saint est tombé sur Les assistants dès que Pierre eut commencé à parler, donc avant la fin de son discours. Ces deux expressions signifient seulement que rien ne s’est passé entre Le discours de Pierre et la descente de l’'Esprit-Saint.
ἐπέπεσεν τὸ Πνεῦμὰ τὸ ἅγιον ἐπὶ πάντας τοὺς ἀκούοντας τὸν λόγον. Manifesto signo declarat Deus, sublatum esse inter Judaeos gentilesque omne discrimen, Brass. L'Esprit-Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole, c’est-à-dire sur Cornelius, sa famille, sa domesticité, ses amis intimes qu’il avait rassemblés, tous gentils. Il n'était donc pas nécessaire d’être circoncis et d'observer la Loi mosaïque pour recevoir les dons de Dieu. C’est ce que celui-ci a voulu apprendre à Pierre et en particulier à ceux de la circoncision par cette effusion de l’Esprit-Saint avant le baptême. πάντας n’est pas à prendre à la lettre; il désigne seulement Cornélius et sa famille et ses amis et nôn les Juifs qui accompagnaient Pierre, ainsi que le prouve le ÿ suivant, qui rappelle l'impression produite sur eux par cette effusion de l’Esprit-Saint sur des gentils et suppose qu'ils n’ont pas participé au transport extatique qui s’est traduit par le parler en langues. Pour Luc ce don de l’Esprit-Saïint avant le baptème était une attestation de Dieu que Cornélius et sa famille étaient dignes du baptême. Cette exception à la règle ordinaire devait convaincre les Juifs assistants que les gentils pouvaient recevoir l’Esprit-Saint sans être circoncis et même sans être baptisés.
Ÿ 45. χαὶ, même, ἐξέστησαν, cf. 11, 7, 12; 1x, 21; x11, 16, οἱ ἐκ περιτομῆς : ceux de la circoncision furent hors d'eux-mêmes, plongés dans l’étonnement de cette effusion de l’'Esprit-Saint sur des gentils. Ils pouvaient se rappeler le proverbe juif : le Saint-. Esprit ne reposa jamais sur un gentil. Ils croyaient même que l’Esprit-Saïnt tombait seulement sur les croyants après le baptême. Pierre cependant ne fut pas étonné, car la révélation qu'il avait eue précédemment lui avait fait comprendre que Dieu ne faisait pas acception de personne, et que donc les gentils pouvaient aussi recevoir ses dons. — οἱ ἐχ περιτομῆς : cf. x1, 2; Rom. 1v, 12; Gal. u, 12; Col. 1v, 18. πιστοί équivalant de πιστεύσαντες et ὅσοι de πάντες of, tous les croyants qui-avaient accompagné Pierre. L'adjectif verbal en τος, qui a ordinairement une signification passive a en poésie et quelquefois en prose, comme ici la signification active. ἐχχέχυται, de ἐχχέιω verser, répandre; au passif, se répandre, s’épancher. ILest au parfait après un verbe d'émotion, ἐξέστησαν; il marque l'état d'esprit de ceux qui étaient témoins de cette effusion de l’'Esprit-Saint. " 2
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RG. ἤχουον γὰρ αὐτῶν λαλούντων γλώσσαις nai μεγαλυνόντων τὸν Θεόν. τότε ἀπεχρίθη ΠΠέτρος᾽ 47. Μήτι τὸ ὕδωρ δύναται χωλῦσαί τις τοῦ μὴ βαπτισθῆναι τούτους; οἵτινες τὸ [Πνεῦμα τὸ ἅγιον ἔλαόον ὡς χαὶ ἡμεῖς ; 8. προσέταξέν τε αὐτοὺς ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ βαπτισθῆναι. τότε ἠρώτησαν αὐτὸν ἐπιμεῖναι ἡμέρας τινάς.
ÿ 46. L’effusion de l’Esprit-Saint et de ses dons se manifesta aux oreilles de tous ceux qui les entendirent parler en langues et glorifier Dieu. λαλούντων γλώσσαις, cf. xx, 6 : ce parler en langues est-il exactement le même don qui a été accordé aux apôtres le jour de la Pentecôte, en ce sens qu'il s’est produit de la même façon?
En disant, ὡς καὶ ἡμεῖς, Pierre affirme seulement que Cornélius et sa famille ont reçu
l'Esprit-Saint, tout comme eux, les apôtres et les fidèles, n1, 11; il ne dit pas que la manifestation de l'Esprit a été de tout point identique, qu’ils ont comme eux parlé en d’autres langues. ἑτέραις γλώσσαις, 11, 4, dans les langues de ceux qui étaient rassemblés autour de Pierre, 11, 7, 9. Il est donc possible qu'ici, comme x1x, 6, il s'agisse d'un phénomène de glossolalie, analogue à ceux qui se produisaient à Corinthe, Ι Cor. xiv, puisque les Actes disent seulement que Cornélius et les siens parlaient en langues. Il n’y avait pas lieu d’ailleurs ici de parler d’autres langues, puisque ces gentils parlaient tous la même langue. Cependant D’ ajoute xatvaïç à γλώσσαις et ἃ a praevaricatis linguis, la Sahidique, aliis linguis et Cyprien linguis suis. Ces manifestations extérieures de l'Esprit-Saint permirent à Pierre de se justifier auprès de ses compagnons de voyage et de ceux qui lui reprochèrent ses rapports avec des gentils, xt, 3.
ΕΥ̓ 47. μήτι, cf. Le, vi, 39, τὸ ὕδωρ δύναται κωλῦσαί τις τοῦ υὴ βαπισθῆναι τούτους : μήτι,
- numquid, num fortasse. La traduction littérale serait : Quelqu'un peut-il empêcher l’eau pour ne point être baptisés ceux-ci ou est-ce que pourtant quelqu'un peut inter-
dire l’eau de façon à ce que ne soient pas baptisés ceux-ci? Sur cette tournure cf. χιν, 18; xx, 20, 27; Le. vi, 29; Gen. xx, 4. Dans le grec classique les verbes qui signifient empêcher de se contruisent avec l’infinitif seul ou avec le génitif de l'infinitif. Ces verbes doivent signifier pour 486... ne... pas, de manière 486... ne. pas et le sens de la phrase serait : peut-on prétexter l’eau pour qu’ils ne soient pas baptisés? Vireau, 1, p. 171. χωλῦσαι de χωλύω, empêcher; μή aurait pu être placé ou omis devant βαπτισθῆναι sans que le sens soit changé. Le sens de la question de Pierre
est donc le suivant : Puisque sans être circoncis ceux-ci ont cru et ont reçu une
marque visible qu’ils sont acceptés par Dieu qui pourrait s'opposer à leur admission dans la communauté chrétienne par le baptême. Dieu a parlé. — D’après Preuschen la pensée est rendue par une forme oblique pas que ce n’est pas l’eau mais l’apôtre qui est empêché de baptiser.
τὸ ὕδωρ; l'article indique qu'il s’agit d’une eau déterminée : elle est en quelque façon personnifiée. οἵτινες : même sens que ci-dessus. ὡς καὶ ἡμεῖς: suppléez ἐν ἀρχῇ comme ΧΙ, 19:
Ÿ 48. L'initiation à la vie chrétienne était consommée par le baptême et la collation de l’Esprit-Saint. Pierre ordonne donc de baptiser Cornélius et les siens qui ont déjà reçu l’Esprit-Saint et par là il les agrège à la communauté chrétienne.
ἕν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ, leçon de RABE sans τοῦ Κυρίου, leçon de HLP. Ce ne fut donc pas Pierre qui baptisa les nouveaux convertis, mais probablement ses compagnons, les seuls chrétiens présents ici, ou peut-être Philippe. Les apôtres baptisaient rarement eux-mêmes mais confiaient ce ministère à d’autres. Leur office était la collation de l’Esprit-Saint par l'imposition des mains, vin, 15, 17. ἠρώτησαν, à l’aoriste parce que la réalisation de la prière doit être marquée par l’aoriste, Brass,
les gentils. #6. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre répondit : #7. Est-ce que quelqu'un peut refuser l’eau pour baptiser ceux-ci qui ont reçu l’Esprit-Saint aussi bien que nous? 48. Et il commanda qu'ils fussent baptisés au nom de Jésus-Christ. Alors ils le prièrent de rester quelques jours [avec eux].
DEBRUNNER, 328, note. ἐπιμεῖναι ἡμέρας τινας, de rester quelques jours auprès d'eux afin de compléter leur instruction dans la foi; ἐπιμεῖναι à l'aor. par opposition à un présumé μὴ ἀπελθεῖν εὐθέως. Ce séjour de Pierre à Césarée ἃ pu être assez long, ainsi que l'indique le texte occidental, x1, 2, que nous allons citer. IL est possible que Pierre ait prêché aux Juifs de Césarée, assez nombreux dans cette ville, mais il n’a pas dû évangéliser les Grecs, car il savait très imparfaitement le grec, si tant est même qu'il le sût.
Knabenbauer, p. 196, discute et réfute les objections de Hilgenfeld et de B. Weiss sur l'historicité de ce récit. Ce récit a dû provenir d’une source particulière et Luc l’a inséré à peu près littéralement dans son travail. Cela ressort des tournures difficiles et embarrassées qui s’y rencontrent, principalement dans les discours de Pierre.
VI. — x1, 1-18, JUSTIFICATION DE PIERRE DEVANT LA COMMUNAUTÉ DE JÉRUSALEM.
Le texte occidental, représenté par D ἃ Harkl. Par.? Wernig. Colbertinus, €, présente au ÿ 1, 2 un texte différent que celui du texte oriental. Voici celui que donne le codex de Bèze avec addition entre parenthèses des autres leçons. Ἀχουστὸν δὲ ἐγένετο τοῖς ἀποστόλοις χαὶ τοῖς ἀδελφοῖς (οἵ) ἐν τῇ ᾿Ιουδαίᾳ ὅτι χαὶ ἔθνη ἐδέξαντο τὸν λόγον τοῦ Θιοῦ (et benedicebant deo, glorificabant Deum, Harkl, c. Gig. Demidov.). ὁ μὲν οὖν Πέτρος διὰ ἱκανοῦ χρόνου ἠθέλησεν πορευθῆναι εἰς “Ἱεροσόλυμα: καὶ προσφωνήσας τοὺς ἀδελφοῦς χαὶ ἐπιστηρίξας αὐτοὺς πολὺν λόγον ποιούμενος [ἀνέδαινεν] διὰ τῶν χωρῶν διδάσκων αὐτούς. (et loqui fratribus, et cum confirmasset, profectus est, Harkl.) D continue seul : ὃς, pour ἕως, χατήντησεν
αὐτοῖς εἰς Ἱεροσύλυμα, χαὶ ἀπήγγειλεν αὐτοῖς τὴν χάριν τοῦ Θεοῦ. OÙ δὲ Ex περιτομῆς ἁδελφοὶ.
διεχρίνοντο πρὸς αὐτόν. Voici la traduction latine du codex de Bèze : Audito vero apostoli et fratres qui erant in Judaeam, quia et gentes acceperunt verbum Dei, quidem ergo Petrus per multo tempore voluit proficisci in Hierosolyma et convocavit fratres et confirmavit eos multum verbum faciens per civitates docens eos quia et obviavit eis, et enunciavit eis gratiam Dei, quia erant de circumcisione fratres judicantes ad eum dicentes.
Belser, Beitr. p.8. Apost., p. 63 et Blass, Philology of the Gosp., p. 129, croient que nous avons ici le texte original des Actes; les mots et la construction des phrases sont de Luc, ce que démontrent Blass et Preuschen. B. Weiss pense que ces additions ont été ajoutées au texte pour compléter les versets précédents qui terminent le récit d’une facon abrupte. D’après Loisy, « les détails surajoutés ont l'intention d’être précis et ne réussissent qu’à créer une confusion dont le texte ordinaire a du moins le mérite d'être exempt. L’interpolateur paraît avoir voulu que Pierre n’eût pas l’air de revenir à Jérusalem tout de suite et tout exprès pour se justifier; il lui fait prendre son temps, confirmant par ses exhortations les fidèles de Césarée avant de les quitter, prêchant en tous lieux sur son chemin en revenant (cf. vi, 25) et provoquant ainsi l'objection des circoncis. » ΠῚ semble bien cependant que les événements se sont passés ainsi et que Pierre s’est rendu à la demande de Cornélius et des siens de rester quelques jours auprès d'eux afin de perfectionner son œuvre: Il n’a pas dû se borner à instruire Cornélius et sa famille, mais il ἃ dù prêcher aussi Jésus Messie aux Juifs et même aux gentils comme cela paraît ressortir de laSuite du récit, ÿ 7, et ss.