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gs ; = ͵ > s s 91. rai ἦν χεὶρ Κυρίου μετ᾽ αὐτῶν, πολύς τε ἀριθμὸς ὁ πιστεύσας ἐπέστρεψεν ἐπὶ τὸν
περὶ αὐτῶν, χαὶ ἐξαπέστειλαν Bapvabay ἕως ᾿Αντιοχείας. 23. ὃς παραγενόμενος χαὶ
ἰδὼν τὴν χάριν [τὴν] τοῦ Θεοῦ ἐχάρη, rai παρεχάλει πάντας τῇ προθέσει τῆς χαρδίας - 2 4“ Φ, ΜΠ ΟΝ, » χ ͵
Seigneur et l’apothéose des rois orientaux devait disposer les Grecs gentils à accepter la bonne nouvelle du Seigneur Jésus. Cf. le commentaire sur 11, 36.
Le récit de Luc n'indique pas si la prédication aux Grecs eut lieu avant ou après la conversion de Cornélius. La place qu’elle occupe dans les Actes ferait croire qu'elle ut lieu après, ainsi que nous l'avons dit. D'ailleurs, Pierre dans son discours à la conférence de Jérusalem, xv, 7, affirme qu’il ἃ été choisi par Dieu pour enseigner aux gentils, c'est-à-dire à Cornélius et aux siens, la parole de l'Évangile. Son affirmation n'aurait de sens que si elle attestait qu’il ἃ été le premier à prêcher aux
gentils.
ο΄ ᾧ 21) καὶ ἦν χεὶρ Κυρίου : expression hébraïsante, iad Yahveh, II Rois, mr, 92; La main du Seigneur, la puissance du Seigneur, c’est-à-dire de Jésus qui LE d’être | nommé était avec les fidèles. μετ᾽ αὐτῶν, avec les païens convertis et aussi avec les évangélistes. Cf. v, 14; vi, 7; vin, 6, 12. Cette puissance du Seigneur se montrait par des miracles et des prodiges; elle bénissait les travaux des prédicateurs en augmen- | tant le nombre des croyants. — πολύς τε ἀριθμός : τε unit les deux membres de phrase et indique que par l'effet de cette puissance du Seigneur sur eux, un grand nombre e crurent et se convertirent au Seigneur [Jésus]. Ils reçurent le baptême qui était la consécration de leur conversion et le signe de leur admission dans la société chrétienne. Ils durent recevoir aussi l’Esprit-Saint. Mais quelle était leur position par rapport au judaïsme? Étaient-ils encore considérés par les Juifs comme impurs, n'ayant pas été circoncis ? Les Juifs chrétiens pouvaient-ils avoir avec eux des rap- ports de commensalité ou devaient-ils tout d’abord être circoncis ? En d’autres termes, les païens convertis devaient-ils être soumis aux observances mosaïques? Telles étaient les questions qui se posèrent bientôt et qui furent résolues à la conférence de Jérusalem, ch. xv.
ÿ 22) Dès que le récit de ce qui s'était passé à Antioche fut venu aux oreilles de
l'église de Jérusalem et principalement des apôtres dont deux, Pierre et Jacques, étaient certainement dans cette ville, ils ne viennent pas eux-mêmes, comme ils J'avaient fait à Samarie, parce qu'ils jugèrent que le temps n’était pas encore venu pour eux de sortir de la Judée, mais comme ils avaïent le soin de toute l'Église chrétienne, le devoir de rattacher à eux toutes les communautés pour former un tout, l'Église: du Christ, ils envoyèrent un délégué, Barnabé, possédant leur confiance, ut conversos plenius informaret, confortaret, consolaretur, regeret, Dion., Barnabé était un juif helléniste et avait dû quitter Jérusalem, lors de la persécution, χι, 4, mais il était rentré dans cette ville, ainsi que plusieurs autres fidèles, comme il ressort de l’ensemble des textes. Loisy n’est pas de cet avis : Barnabé est un des évangélistes chypriotes et cyréniens qui prêchèrent l'Évangile, en particulier aux gentils à Antioche. Il était l’un des chefs de l’église de cette ville, x, 1, et paraît y avoir joué un rôle important, ΤΙ n’a pas dû être envoyé à Antioche pour obtenir des informations au sujet de ce “ s'était passé et afin de les rapporter aux apôtres, puisqu'il n’est pas retourné à Jérus:lem. Le but de sa mission n’est pas nettement défini, mais celle-ci a dû être uñe sorte de prise ἂς possession, de reconnaissance de l’église d’Antioche par
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21. Etla main du Seigneur était avec eux et un grand nombre, ayant cru, se convertirent au Seigneur. 22. Le récit au sujet de ceux-ci en vint aux oreilles de l’église qui était à Jérusalem et ils envoyèrent Barnabé jusqu'à Antioche. 23. Celui-ci, étant arrivé et ayant vu la grâce de Dieu, se réjouit et il Les exhortait tous à demeurer par la disposition du cœur [attachés] au Seigneur, 24. parce que c'était un homme bon et plein d’Esprit-Saint et de foi. Et une
l’église mère de Jérusalem. — Barnabé devait se rendre compte des faits, s'assurer que la prédication de l'Évangile avait été exacte, corriger les abus s’il en existait et surtout prévenir les discordes ou les schismes entre chrétiens juifs et chrétiens gentils; enfin, empêcher l’église issue du judaïsme de se dresser en rivale de l’église de Jérusalem. Barnabé, chypriote, déjà peut-être en relation avec les chrétiens chypriotes qui avaient prêché à Antioche fut choisi pour aller jusqu’à Antioche, ἕως Ἀντιοχείας. À remarquer que si l'Évangile n'avait été prêché qu'aux Juifs hellénistes, il n’y avait aucune raison d'envoyer un délégué pour s'assurer de l’état des choses, puisque la prédication aux Hellénistes était d'usage courant dans l’Église. ἠχούσθη δὲ ὁ λόγος εἰς τὰ ὦτα, expression pléonastique et littéralement reproduite d’Isaïe, v, 9: cf. Mt. x, 27; Le. τ, #4. C’est probablement un sémitisme, quoique l’expression parallèle n’existe pas en hébreu. ὃ λόγος, le rapport, Le récit, περὶ αὐτῶν, sur
ceux-ci, les prédicateurs et les fidèles; ce n’est donc pas les frères d’Antioche qui
envoyèrent un rapport à ce sujet, à moins qu'on ne traduise περὶ αὐτῶν par : sur ces choses. περὶ αὐτῶν fait plutôt allusion à ceux dont il vient d’être parlé, ceux qui, ayant cru, s'étaient convertis au Seigneur et aussi ceux qui avaient prèché l'Évangile aux païens. τῆς ἐχχλησίας τῆς οὔσης ἐν Ἱερουσαλήμ. : Luc distingue nettement l'Église qui est à Jérusalem des églises établies en Palestine et aussi de celle qui est en formation à Antioche. οὔσης est omis par ADELP. À la leçon ἐξαπέστειλεν Βαρνάδαν ἕως Ἀντιοχείας, représentée par N AB 61 Vig. Pesch. Arm. Eth. — D Harkl. Chrys. ajoutent διελθεῖν après ἐξαπέστειλεν. La phrase serait mieux construite et indiquerait que Barnabé aurait été envoyé pour parcourir (visiter) toutes les communautés chrétiennes jusqu’ à Antioche. Avec ἐξαπέστειλεν seul il aurait fallu εἰς Ἀντιοχείαν.
ÿ 23) ὃς παραγενόμενος, formule familière à Luc. χαὶ ἰδὼν τὴν χάριν τὴν τοῦ Θεοῦ : 1] est insisté sur le fait que la grâce est celle qui vient de Dieu, grâce que Barnabé ἃ constatée par les effets produits dans la manière de vivre des nouveaux convertis. τὴν χάριν... ἐχάρη, paronomase, rare chez Luc, mais fréquente chez Paul et surtout Jacques. χαὶ παρεχάλει : Barnabé encourageait, exhortait les nouveaux fidèles à persister au Seigneur, à rester attachés au Seigneur. Ce rôle répond à son nom de Barnabé, υἱὸς παραχλήσεως, IV, 36. παρεχάλει, à l’imparfait, exprime la continuation de l’action de Barnabé, qui était demeuré à Antioche. τῇ προθέσει τῆς καρδίας par la disposition du cœur : πρόθεσις signifie exposition, Mc. 11, 26, puis ce qu'on se propose, projet, dessein,
intention, disposition, d’où l’on peut traduire par l'intention ou la disposition du cœur; τῆς καρδίας, le cœur, employé ici comme souvent pour l'esprit. αἵ, τὴν πρόθεσιν τῆς καρδίας.
αὐτῶν, Ps. 1x, 38, Aquila. προσμένειν, rester auprès de, persévérer dans, rester attaché à. Cet attachement de cœur et d'esprit au Seigneur est mis en opposition avec l'attachement aux observances légales. Telle a été la prédication de Barnabé et “8 sés coadjuteurs à Antioche et dans le monde païen.
Ÿ 24) ὅτι ἦν ἀνὴρ ἀγαθός : 16 fait d’avoir reconnu sans arrière pensée la conversion des gentils prouvait que Barnabé, bien différent de ceux qui mettent un obstacle à cette conversion, était un homme bon, plein d’Esprit-Saint et dé foi. ἀγαθός, bon, vertueux,
D af
nai προσετέθη ὄχλος ἱκανὸς τῷ Kupiw. 25. ἐξῆλθεν δὲ εἰς Ταρσὸν ἀναζητῆσαι Σιαῦλον,
habile, capable de; la bonté de son cœur le rendait capable de juger la situation et cela d'autant mieux qu'il était πλήρης Πνεύματος ἁγίου καὶ πίστεως et pouvait sous l’inspiration de l’Esprit-Saint distinguer, juger le caractère surnaturel de la conversion des nouveaux fidèles. Il pouvait peut-être aussi leur communiquer les dons de l’'Esprit- Saint, ainsi qu'il ressortirait du don qui lui était accordé, πλήρης Πνεύματος ἀγίου. Barnabé approuva donc tout ce qui avait été fait et continua l’œuvre entreprise. Aussi une foule nombreuse, ἱκανός, est ajoutée, se joignit au Seigneur; προσετέθη τῷ Κυρίῳ c’està-dire à Jésus; cf. v,14. Avant de passer à un nouveau récit Luc expose la situation.
ὄχλος ἱκανός, multa turba, Vlg. ἵχκανός signifie suffisant en nombre, assez nombreux, puis quelquefois nombreux; ce dernier sens peut être adopté ici. À remarquer l’expression : est ajoutée au Seigneur. Luc ne dit pas : à l’Église, ce qui est sous-entendu, puisque la foule est ajoutée au Seigneur qui est le chef de l’Église.
ÿ 25) Devant cet accroissement des fidèles, Barnabé comprit qu’il ne pouvait suffire seul à la tâche de les instruire, de les fortifier dans la foi et d'en appeler encore d’autres au Seigneur Jésus. Il se souvint de Saul à qui Dieu avait promis par la bouche d’Ananie qu'il serait son témoin devant les hommes, xxn, 15. Il alla donc chercher Saul à Tarse, sa ville natale où celui-ci s'était rendu après sa visite à Jérusalem, 1x, 30. Mais y était-il encore? Quelle avait été son action depuis ce temps-là ? Dans son épiître aux Galates, 1, 22, Paul leur dit seulement qu'après sa visite à Jérusalem, il vint dans les contrées de Syrie et de Cilicie. Y a-t-il prêché la foi en Jésus Messie? C’est probable, car il est difficile de croire qu'après sa conversion il soit
resté inactif. Déjà à Damas il avait prêché aux Juifs que Jésus est le Messie, 1x, 22, Mais nous ne savons rien de son travail à Tarse. Quel temps s’est écoulé depuis son départ de Jérusalem jusqu’à son arrivée à Antioche? Il est difficile de l’évaluer. Les opinions sont très diverses à ce sujet. Et cela ne peut nous étonner, vu que nous n'avons aucun renseignement à ce sujet. Il est probable que le voyage de Barnabé à Tarse eut lieu vers l’an 43, Ramsay.
) ἀναζητῆσαι, de ἀναζητέω, rechercher; particulier à Luc. ἀνά exprime l’idée d’une action ‘poussée à outrance, ce qui fait supposer que Barnabé ne sachant pas d’une manière certaine où était Saul, eut à le rechercher, ce qu’indiquent les deux verbes, ἀναζητῆσαι et εὑρών. Le codex de Bèze affirme que Barnabé savait que Saul était à Tarse. Il le trouva donc et l’'amena à Antioche, après, semble-t-il, quelque résistance de sa part, si l’on admet la leçon de D : καὶ ὡς συντυχὼν παρεχάλεσεν ἐλθεὶν εἰς ᾿Αντιόχειαν.
Le texte occidental, représenté par Dd Gig. Par.? Harkl. (mg.), est reconstruit de la façon suivante par Blass, Hilgenfeld, Zahn : Ἀκούσας δὲ ὅτι Σ:αῦλός ἐστιν εἰς Ταρσόν, ἐξῆλθεν (ἐξελθών, Par.2) ἀναζητῶν (ἀναζητεῖν, BLass) αὐτόν χαὶ (Β1.Α58), καὶ ὡς (D) ὡς (Ηπι.4.) ᾧ (ZAHN) συντυχὼν παρεχάλεσεν ἐλθεῖν εἰς Ἀντιόχειαν. Le texte latin est restitué de la façon suivante par Zahn : audiens autem quod Paulus esset Tharso, exivit requirere eum, quem cum invenisset, rogabat ut Antiochiam veniret. Barnabé sait que Saul est à Tarse et il va
le prier de venir à Antioche. Cette attitude humiliée de Barnabé nous paraît peu en Situation. Le texte latin, deprecabatur, d, rogabat, P2, la fait ressortir encore davantage.
Ÿ 26) ἐγένετο δὲ αὐτοῖς : cf. vit, 40; xx, 16 : αὐτοῖς, leçon de NABE 13 61, doit être retenu au lieu de αὐτούς, leçon de ALP, qui cependant est plus régulière. ἐγένετο avec l'infinitif est fréquent dans Luc et les Septante. καὶ ἐνιαυτὸν ὅλον même pendant touté une année; χαί porte l'atiantion sur ἐνιαυτόν; Luc paraît avoir voulu indiquer que le
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foule nombreuse se joignit au Seigneur. 25. Or, il alla à Tarse pour cher-
cher Paul, et, l’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. 26. Et il leur arriva pendant une année entière, d’être réunis dans l’église et d’instruire une
séjour des deux prédicateurs a été plus long qu'ils ne l'avaient eu en vue. Ils pensaient aller évangéliser les gentils après un court séjour à Antioche.
Le texte occidental, représenté par Dd Gig. Par.?, est d’une construction plus grammaticale : Οἵτινες παραγενόμενοι ἐνιαυτὸν ὅλον συνήχθησαν ἐν τῇ ἐχχλησίᾳ χαὶ ἐδίδαξαν ὄχλον ἱκανόν (ἐνιαυτὸν ὅλον συνεχύθησαν ὄχλον ἱκανόν D) χαὶ τότε πρῶτον ἐχρημάτισαν ἐν ᾿Αντιοχείᾳ οἱ μαθηταὶ χριστιανοί. Zahn restitue ainsi le texte latin : cum autem venissent, per annum totum commiscuerunt se ecclesiae et docebant turbam multam, et tunc primum nuncupati sunt Antiochiae discentes Christiani. — συναχθῆναι ἐν τῇ ἐχχλησίᾳ : aor. passif de συνάγω, réunir, joindre. Barnabé et Saul furent réunis dans la communauté, avec les autres fidèles, en firent partie ; ils y tinrent des assemblées où ils exercèrent le culte. συναχθῆναι est à l’aoriste parce qu’il s’agit d’un espace de temps limité. Ce serait trop étendre le sens de cette expression, συναχθῆναι ἐν τῇ ἐχχλησίᾳ de supposer que Luc fait allusion à une réunion dans la communauté des Juifs et des gentils, dont il est parlé ÿ 20 et 23. — συνάγεσθαι signifie aussi dans la Bible accueillir, recevoir comme un hôte. Deut. xx, 2; Mt, xxv, 35, 38, 43, etc. B. Weiss, Wendt pensent que Barnabé et Saul auraient été reçus comme hôtes dans la communauté chrétienne : χαὶ ἐνιαυτὸν ὅλον... καὶ ἐδίδαξαν, et ils se mirent à enseigner. D’après Overbeck, Holtzmann, χαί... καί marqueraient une séparation dans l’action des deux prédicateurs : d’un côté, ils avaient pris part aux assemblées de la communauté; de l’autre ils avaient prêché en dehors de celle-ci. Wendit croit que dans ce cas le premier χαί aurait dù être placé après ἐνιαυτὸν ὅλον. Il est plus simple de conjecturer que Luc par ces deux χαί a voulu faire ressortir la durée et la valeur de l’action des deux prédicateurs. — ὄχλον ixavév, une foule nombreuse, composée probablement surtout de Grecs et peut-être aussi de Syriens : les deux prédicateurs pouvaient enseigner en grec et en araméen.
Les convertis au Seigneur Jésus, Juifs et surtout gentils, devinrent si nombreux à Antioche, que l’on futamené à leur donner un nom pour les distinguer des Juifs. ypquaτίσαι τε : la particule τε relie χρηματίσαι à ἐγένετο. χρηματίζων ἃ des sens divers : s'occuper d’affaires, sens dérivé de la racine χρῆμα, affaires, négocier, converser, délibérer; au passif, recevoir une réponse; puis, dans la Koïnè, prendre un titre, une qualification, se faire appeler, être appelé, recevoir un nom d’après l'emploi public qu’on exerçait. πρώτως, ici seulement dans le N. T.; premièrement, d’abord, et plus exactement, pour la première fois. χριστιανούς : ce terme apparaît ici pour la première fois dans le N. T. Jusqu'à ce moment et plus tard encore, les fidèles s’appelaient entre eux οἱ ἅγιοι, oi μαθηταί οἱ ἀδελφοί, οἱ πιστοί, οἱ τῆς ὁδοῦ, οἱ ἐχλεχτοί. Paul n’emploie pas ce nom dans ses épîtres. Il n’est encore dans le N. T. que dans la première épître de Pierre, ιν, 16, où celui-ci exhorte ses lecteurs à ne pas avoir honte de souffrir comme chrétiens, ὡς χριστιανός μὴ αἰσχυνέσθω, et dans la bouche du roi Agrippa qui s'adressant à Paul lui dit ironiquement : ἐν ὀλίγῳ με πείθεις χριστιαγόν ποιῆσαι, XXVI, 28.
Cette appellation paraît avoir eu d’abord un sens péjoratif. Cependant, Jacques Ἦ Ὁ, qui semble y faire allusion qualifie ce nom de καλὸν ὄνομα. Οὐχ αὐτοὶ βλασφημοῦσιν τὸ καλὸν ὄνομα τὸ ἐπιχληθεν ὑφ᾽ ὑμᾶς. Da
Bien qu'Eusèbe l'ait cru, ainsi que Joannès Malalas, Chron. X, p. 318, αἴ; que ce nom fût bien approprié aux disciples du Christ, ce ne sont donc pas les-idèles qui se sont donné ce nom. Ce ne peut être les Juifs non plus pour qui "nom de Messie (Ketatés) était sacré et qui ne l’auraient pas donné à une secte }ᾶϊθ, et cela d'autant plus qu'ils auraient par cette épithète reconnu que Jésus était Je Messie. Ils appelaient
352 | ACTES DES APOTRES, xI, 26-27.
᾿ ᾽ x Se an DES US ᾿ Ἐς ἜΉΚῚ L 97. Ἔν τούταις δὲ ταῖς ἡμέραις κατῆλθον ἀπὸ ᾿Ἱεροσολύμων προφῆται εἰς ᾿Αντιό-
les disciples de Jésus, Ναζωραῖοι, de l’épithète Ναζωραῖος qu'ils appliquaient à Jésus, Mi. xxvi, 71; Jn. χυπι, 7, ou les désignaient par cette qualification : ἣ αἵρεσις αὐτή, xxvin, 22. Agrippa cependant connaissait cette appellation; mais cela ne prouvait pas que celle-ci fût en usage chez les Juifs. Agrippa était un cosmopolite et il a pu l'apprendre soit à Rome, soit à Antioche ou à Césarée. C’est donc très probablement les païens d’Antioche, très portés à donner des surnoms qui appelèrent Χριστιανοί, les fidèles du Christ, voulant les désigner comme les partisans, les disciples, les adorateurs de Χριστός, qu'ils tenaient pour le dieu ou le chef des disciples. Le peuple d’Antioche entendait constamment les fidèles parler de Χριστός, prêcher son nom, baptiser en son nom; il est donc tout naturel qu'ils aient appelé ceux-ci Χριστιανοί, disciples de Christos. C’est l'opinion de Tacite, Ann. xv, 44 : Quos per flagitia invisos vulgus christianos (chrestianos, mn.) appellabat. Auctor nominis ejus Christus, Tiberio imperitante, per procuratorem Pontium Pilatum supplicio affectus erat. Nous ne voyons donc aucune possibilité de supposer, comme Preuschen, que la plèbe d'Antioche, très encline à la moquerie et aux jeux de mots, ait appelé les fidèles χριστιανοί, du terme χριστός, celui qui est oint d'huile, qui est pommadé, Il ne nous semble pas absolument certain que ce soit par ironie qu'on ait appelé χριστιανοί les disciples, les partisans du Christ. yptottavor suppose la même formation que Ἡρῳδιανί ou Antoniani, Caesariani, Mariani qui désignent les partisans d'Hérode, d'Antoine, de César ou les adhérents d'une secte : Σιμωνιανοί, Καρποχρατιανοί, Οὐαλεντινιανοί : formation de noms, usitée à cette époque chez les Latins et chez les Grecs. Par χριαστιανοί le peuple d’Antioche a voulu désigner les partisans de Christos; il est possible que les fidèles grecs aient dit à leurs compatriotes qu'ils étaient les partisans de Christos. La désinence avis est latine, mais elle se rencontre aussi chez les Grecs, Lipsius, Ueber den Ursprung und ältesiten Gebrauch des Christennamens, lena, 1873, dit qu'il est possible que ce soit un nom de formation latine mais il croit que χριστιανός est probablement de formation grecque, comme les noms souvent rencontrés en nvds ou avés, ou dans les noms des partisans de sectes en tavis. IL est donc peu probable que le nom soit de formation latine et qu'il ait été donné aux fidèles par un Latin de la suite du légat romain à Antioche. « Il serait d’ailleurs un peu subtil et plutôt risqué de supposer que le mot aurait été créé par les magistrats romains d’Antioche, la nouvelle secte n'ayant probablement pas eu sitôt maille à partir avec les autorités du lieu. » Lorsy.
Les fidèles du Christ étaient donc connus vers le milieu du re" siècle comme formant une société particulière distincte du judaïsme. Mais ce titre a-t-il été donné tout d’abord seulement aux fidèles d’origine païenne ? il le semblerait, ainsi que l’indique une inscription inédite que publie Harnack : Χριστιανοί te καὶ Ἰουδαῖοι Χριστὸν ὁμολογοῦν τες; Die Mission und Ausbr. des Christ. IT, p. 346 n. 3. Mais de quelle date est cette inscription et quelle est sa signification exacte ?
La forme primitive du nom semblerait avoir été χρηστιανοί, forme qu'on trouve dans le Sinaiticus et le min. 61 ou χρειστιανοί du Vaticanus et du codex de Bèze et dans les écrivains latins, Judaeos impulsore Christo (Suérone), Chrestianos (TaciTe, mn.). La populace d’Antioche aurait changé le nom de χριστός qui lui était inconnu et n'avait pour lui aucune signification en celui de χρηστός, nom usité puisqu'on le trouve treize fois dans le C.I.G: 11 est possible aussi que nous ayons là un cas de, iotacisme, à moins qu’ainsi que l’inäiquent Tertullien et Lactance on ait entendu former ce nom de
UE “ἢ É
ACTES DES APOTRES, he AU 353
foule nombreuse. À Antioche, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens.
27. Or, en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à An-
l'adjectif χρηστός, utile, bon, vertueux. Sed et tum cum perperam Chrestianus pronuntiatur a vobis (nam nec nominis certa est notitia apud vos) de suavitate et bonitate compositum est, TErTuLLIEN, Apol., 8; cf, Lacrance, 1 Did. 1, 4. Justin, 1 Apol. &; Tusops. ad Autolycum, 1, 1. Cependant, dès les commencements nous trouvons la forme χριστιανός, Did. xu1, 4; Iexace, ad Eph. x1, 2; ad Magn. 1v, 1; ad Rom. mn, 2, etc. Οἱ χριστιανοὶ γενεαλογοῦνται ἀπὸ Ἰησοῦ Χριστοῦ. Arisrine, Apol. 2, Χριστιανοὶ γὰρ πάντες καλούμεθα, JUSTIN, ado. Tryph. ., 63; ib. 64; OriGÈNE, in Luc. 16 : Opto ἃ Christi vocabulo nuneupari.. et cupio tam opere quam sensu et esse et dici Christianus, Le nom de "χριστιανοί était donc très connu chez les païens, ainsi qu'il ressort des textes cités de Suétone, Tacite, et des Actes des martyrs : Mart. Polyc. in, 10, 4, etc.; Acta Carpi 8. 5, Acta Justint, 1, 1, etc.; Lettre des Eglises de Vienne et de Lyon, Eusèse, Hist. eccl, V, 4, 10, 19, etc. et des autres textes cités de Justin, Aristide, etc. — Lipsius, op. cit., rejette le témoignage de Luc sur cette appellation des fidèles du Christ, sous prétexte que celle-ci n’a été donnée aux chrétiens que beaucoup plus tard. Sur quoi Blass observe : Vanissima ipsaque specie argumenti destituta sunt quae contra fidem hujus testimonii Lucani a quibusdam sunt prolata; etenim ne poterat quidem Antiochiae secta novicia ex Graecis maximam partem composita communem notitiam effugere, neque, cum esset in vulgus nota, nomine apud vulgus carere.
χι, 27-30 : PRÉDICTION D'UNE FAMINE; ENVOI DE BARNABÉ ET DE SAUL A JÉRUSALEM,
ὃ 27) Ἔν ταύταις ταῖς ἡμέραις : CF. τ, 15; à l'époque où Barnabé et Saul étaient à Antio- <he, où se développait l’église d’Antioche : ταύταις est emphatique par sa signification et par sa position dans la phrase. χατῆλθαν ἀπὸ Ἱεροσολύμων προφῆται : des prophètes descendirent pour aller de Jérusalem à Antioche, dont l'altitude était moins élevée. «εἷς Ἀντιόχειαν : ces prophètes ont-ils été envoyés de Jérusalem pour venir en aide à Barnabé et à Saul dans leur œuvre d’évangélisation? C’est possible, étant donnée la nature du don de prédication inspirée qu'ils possédaient. Il est possible aussi qu'ils soient venus d'eux-mêmes : les Juifs ne craignaient pas de se déplacer. Ces prophètes ne furent d’ailleurs que temporairement à Antioche, puisque nous retrouverons plus tard l’un d'eux, Agabus, à Césarée, xxt, 10. — προφῆται : il est plusieurs fois parlé des prophètes dans les Actes, x1, 27; xur, 1; xv, 82; xx1, 10 et très souvent dans les épiîtres pauliniennes, 8 fois, où sont caractérisés leur rôle et leur fonction; cf. I Cor. xn et xIV; Æph. un, 20; πὶ, 5; 1v, 11, La Didachè, ΧΙ, ΧΠῚ, xv, en parle pour ainsi dire ex professo. De ces textes il ressort que le prophète sous l’action de l'Esprit- Saint qui l'inspirait parlait pour édifier, consoler et exhorter les fidèles, I Cor.'xiv, 3. Leur prédication avait un but pratique; c’est eux qui interprétaient les paroles énigmatiques des glossolales. Il se mêlait cependant à leur prédication un élément mystique en ce sens qu'elle dépendait de l’Esprit-Saint, qui inspirait le prophète. Les prophètes révélaient quelquefois les secrets des cœurs ou annonçaient l’avenir, ainsi que fit Agabus, x1, 27 et xx1, 11. Il y avait aussi des femmes qui prophétisaient; témoin les quatre filles de Philippe l’évangéliste, χχι, 9. Les dons et les fonctions spirituels ne s’excluaient pas : l'apôtre et le docteur pouvaient être prophètes.
A la fin de ce ÿ D Par.? Wernig. Aug. et le Fragment d'une vieille version latine des Actes publié dans les Misc. Cass., 1897, ajoutent ἣν δὲ πολλὴ ἀγαλλίασις. συγεστραμ.-
fi
l’auteur. Ce passage ferait donc partie du journal de voyage. Salmon, Zückler, Belser, . Harnack, Zahn, P. Allo, seraient de cet avis. Loisy y contredirait : « Tout le passage ne serait qu’un développement de la mise en scène, laquelle est de pure fiction. L'’en-
gratuite. — ἐσήμαινεν, imparfait de σημαίνω, marquer d’un signe, expliquer, d’où annoncer M
» x 2 , = , 2) Al 2
pévov δὲ ἡμῶν ἔφη εἷς ἐξ αὐτῶν ὀνόματι Ἄγαδος σημαίνων : eratque magna exsultatio. Revertentibus (Congregatis, AuG.) autem nobis ait (surgens, Auc.) unus ex ipis nomine Agabus, ἃ. Il est possible que cette leçon soit authentique. Wendt déclare qu’il est difficile de trouver un motif qui permette de regarder cette addition comme secondaire, ἀγαλλίασις est un mot familier à Luc; il exprime l'impression qu’a produite l’arrivée des prophètes de Jérusalem; celle-ci est bien dans la situation et l’on n’en comprend pas la mention si l'on se rapporte au ὃ suivant qui annonce une grande famine. Les mots suivants : συνεστραμμένων δὲ ἡμῶν, congregatis autem nobis, prouve que Luc était à ce moment ἃ Antioche : En, dit Blass, testimonium luculentissimum, quo auctor sese Antiochenum fuisse monstrat. C'est le premier passage où nous trouvons la note personnelle de …
he dd à nm ‘ser
semble de la leçon a bien le caractère d’une glose surajoutée, et même l’interpolateur a été assez maladroit pour annoncer un discours qui ne vient pas.» La ἀπορηθὺ Re donc indécise : On s’étonnera cependant qu’au ÿ 28 on ait la 1"e personne et qu’au ÿ 29 il soit parlé des disciples à la 3° personne. Wendit fait observer que ce ÿ 29 ἢ "est pas la suite primitive du Υ 27, mais aurait été ajouté par le reviseur.
ὺ 28) Le codex de Bèze, si nous en acceptons l'authenticité, indiquerait donc le -moment où eut lieu la prophétie d’Agabus. Ce fut pendant une réunion des fidèles, peut-être pendant la célébration de la Pâque. ἀναστάς, le prophète s'étant levé du milieu de l'assemblée. Paul, I Cor. χιν, 26-30, décrit en détail comment les choses se passaient dans les assemblées DR Een ᾿ Chacun parlait à son tour, 50. 20. IL était d'usage que celui qui parlait se tint debout, Le. 1v, 1; Act. x, 16. On pourrait voir de ce terme ἀναστάς la forme fami- lière à Luc pour introduire un récit ou pour indiquer l’inattendu de la prédiction. —
Ἄγαθος, mot hébreu de 3371, sauterelle ou de 2:y, brûler d’ardeur. D’après Kloster-
mann, Probl. p. 10, Agabus est un nom primitivement grec : Ἄγανος, c’est-à-dire admibte excellent. Wendt suppose que ὀνόματι ᾿Αγαύος sont une addition rédactionnelle de l’auteur qui, se souvenant du rôle d'Agabus, xx1, 10, aurait cru que celui-ci était le même que le prophète mentionné ici et qu'il était leur porte-parole; la supposition est
présager ; διὰ τοῦ Πνεύματος, par une inspiration intérieure de l'Esprit. σημαίνω indiquerait 1 qu'Agabus a annoncé par un signe, σῆμα. Prophète de nationalité juive, il a dû imiter la Ὁ façon de prophétiser des anciens prophètes d'Israël, I Rois, χι, 30; Jér, χιχ, 10 5. Et . nous verrons plus loin le même Agabus lier ses mains et ses pieds avec la ceinture de Paul, xx, 11, pour signifier la captivité de celui-ci. — λιμὸν μεγάλην NABD° où μέγαν, DEHLP'614 : λιμός est du masculin, maïs il était du ne dans le dialecte dorien et de là dans le langage populaire. μέλλειν ἔσεσθαι : le premier infinitif marque l’action. comme fixée ; le second indique qu'elle est future. ἔσεσθαι : cet infinitif futur est employé seulement par Luc et dans les Actes, χι, 28; χχπὶ, 80; χχιν, 15; xxvur, 40. μέλλω, dans l'usage classique est suivi de l’infinitif présent ou futur; dans les Actes il est ici seulement suivi de l'infinitif futur.
ἐφ᾽ ὅλην τὴν οἰχουμένην sous-entendu, γῆν. Gette expression ἃ dans Le N. T. diverses … significations. Elle désigne tous les habitants de La terre, xvn, 31; Ze. χχι, 26; Mi, xxiv, 14; le monde futur, tel qu'il sera sous le règne du Messie, Hébr. τι, 5.
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tioche. 28. Et l’un d’eux, nommé Agabus, s'étant levé, signifia (révéla) par Esprit qu'il y aurait une grande famine par toute la terre, laquelle
D'ordinaire, il signifie le monde habité, tel qu'il était connu des lecteurs de Luc,
c'est-à-dire le monde romain. C’est le sens qu'il a, xxiv, 5, où Paul est accusé d’avoir suscité des troubles chez tous les Juifs qui sont dans l'univers, κινοῦντα στάσεις πᾶσιν. τοῖς Ἰουδαίοις τοῖς χατὰ τὴν οἰχουμένην. ἐπὶ KAavdtou : Claude, quatrième empereur romain,
régna de l’an 41 à l'an 54; son nom impérial était Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus. Il était né à Lugdunum, en l'an 10 avant J.-C. De ce qu'il y ait eu une famine dans tout l'empire romain au temps de Claude, cela ne veut pas dire qu’elle s'étendit la même année à toutes les parties de l'empire. Agabus, suivant la façon vague de s'exprimer des prophètes, annonce seulement la famine dans l'Empire romain, au temps de Claude, sans spécifier si elle s’étendra en même temps à tout l’Empire ou sévira tantôt dans une partie, tantôt dans une autre. Si d’ailleurs la famine s'était étendue à la même époque à toutes Les régions, les fidèles d’Antioche n'auraient pu envoyer du blé aux fidèles de Jérusalem. Et, de fait, il y eut sous le règne de Claude des famines dans presque toutes les provinces : Suétone, Claude, 18, mentionne des assiduae sterilitates qui occasionnèrent des prix de famine pour le blé. Tacite, Ann. xn1, 48 : frugum quoque egestas et orta ex eo fames in prodigium accipiebatur et Dion Cassius, Lx, 11, parlent de deux famines à Rome, ce qui fait supposer une disette de blé dans tout le bassin de la Méditerranée. Eusèbe,
Chron., 1, 39, relate une grande famine en Grèce, et une inscription, rapportée par Le Bas- Winston, 11, 4092, se rapporte peut-être à une famine qui eut lieu en Asie mineure.
Cette expression, à οἰχουμένη, signifie aussi quelquefois la Judée et, en effet, Josèphe nous apprend que, entre les années 44-48 du règne de Claude, il y eut une famine en Syrie et en Palestine, Ant. jud. XX, 2, 6; xx, 5, 2; ÉusèBe, Hist. eccl. II, 11.
ἥτις, qui réellement, ἐγένετο ἐπὶ KAavdtou, eut lieu sous Claude. Cette prédiction ἃ donc dù être faite avant le règne de Claude, 25 janvier 41. D'ordinaire, les exégètes fixent la date de la famine, dont parle Luc, en l’an 44, parce qu’elle est mentionnée avant la mort d'Hérode, x, 23, qui arriva en 44. Or, la famine, dont parle Josèphe, a eu lieu sous le procurateur Tiberius Alexander, environ 45-48, la quatrième année du règne de Claude, d’après Eusèbe, donc en l’an 46. Mais il est possible de mettre en accord la chronologie indéterminée de Luc avec celle de Josèphe. Luc rapporte la prophétie d'Agabus et la résolution des fidèles d’Antioche de venir en aide à leurs frères de Judée, ce qu'ils firent par une souscription dont le produit fut envoyé aux presbytres de Jérusalem. Suivant sa méthode, Luc raconte un événement dans tout son développement, sans se préoccuper de ce qu’une partie a eu lieu plus tard que l’époque où il la rapporte. Il est donc possible que la collecte ne se fit que lorsqu'on put prévoir qu'il y aurait famine l’année suivante. Or, la collecte, faite dans la communauté d'Antioche, a dû être faite à chaque réunion des fidèles, comme nous la voyons pratiquée, lors de la collecte organisée par Paul, I Cor, xvi, 1 5. Il n’y avait pas lieu d'envoyer des secours immédiatement pour un besoin qui se produirait dans l'avenir. La collecte faite, on acheta du blé, et lorsque la famine fit rage on l’envoya à Jérusalem. Nous avons un eRemple de cette manière de procéder dans l’histoire de la reine Hélène, mère d'Uzates, roi d'Adiabène qui, pour cette même famine, acheta du blé en Ésypte et des figues dans l’île de Chypre, qu’elle distribua au peuple de Jérusalem, ᾿ Josèpue, Ant. XX, 5, 2. Ceci posé, voici comment les choses ont dû se passer. La prédiction d’Agabus eut lieu au plus tard en 41. Dès que la famine menaça, la collecte fut organisée et dès l'an 45 on acheta du blé qui fut envoyé à Jérusalem en 46, lorsque la famine se déclara, Cf. Ramsay, δέ. Paul, the Traveller, p. 49.
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1 ; - S = \ + €/ F = ; 29. Toy δὲ μαθητῶν χαθὼς εὐπορεῖτό ris, ὥρισαν ἕχαστος αὐτῶν εἰς διαχονίαν πέμψαι
- - 2 “Ὁ NE? 29 - A SRE) ΄ ᾽ 1 :
τοις χατοιχοῦυσῷῶν ἐν τὴ Ἰουδαίᾳ ἀδελφοῖς. 90. © LA EROUTO AV ἀποστείλαντες προς τους
(ειρὸς Βαρνάδα nat Σιαύλου.
ÿ 29) τῶν δὲ μαθητῶν χαθὼς εὑπορεῖτό τις : littéralement; d’entre les disciples, selon que quelqu'un possédait des ressources, chacun d'eux détermina d'envoyer pour un service aux frères qui habitaient dans la Judée. La construction régulière pourraït être : χαθὼς εὐπορεῖτό τις τῶν μαθητῶν où mieux : οἱ δὲ μαθηταὶ καθὼς εὐπορεῖτό τις αὐτῶν ἕχαστος ὥρισαν; or, les disciples, suivant ce que chacun d’eux possédait se déterminèrent chacun d'eux à envoyer. Simplifiant la tournure, D Par.? Vg, (Gig.) lisent : οἱ δὲ μαθηταὶ καθὼς εὐποροῦντο : discipuli autem prout quis habebat proposuerunt, Vig. A discipuli Gigas ajoute in Antiochia. εὐπορεῖτο, imp. moyen de εὐπορέω, posséder des ressources, être riche, avoir le moyen de; dans la langue hellénistique le moyen εὐπορεῖσθαι ἃ le même sens que l'actif εὐπορεῖν. Ce verbe est employé ici seulement dans le N. T. La communauté des biens, du moins dans toute sa rigueur, n'était donc pas établie à Antioche puisque chacun des disciples avait des biens en propre.
Nous voyons cependant poindre ici cette idée que les frères dans la foi se devaient un secours mutuel. Paul prêchera à ses communautés cette entr'aide mutuelle. II Cor. vint, ΙΧ. ὥρισαν, aoriste de ὁρίζω, borner; au figuré, déterminer, statuer; latin, proponere, Le verbe est au pluriel : construction ad sensum ou parce que le sujet est un pronom indéterminé, ἕκαστος αὐτῶν, Ces mots peuvent être regardés comme une détermination appositionnelle de τις sujet de εὐπορεῖτο. εἰς διαχονίαν, in ministerium; c'était un subside, un secours pour venir en aide aux frères de Jérusalem. διαχονία désigne aussi la collecte qu'a fait faire Paul : Rom. xv, 30; I Cor. xvi, 15; II Cor., vin, &3; 1x, 1, 12. Cf. Acta Theclae, 59 : ἐχόμίζον δὲ χρήματα πολλὰ εἰς διακονίαν τῶν χηρῶν. — ἐν τῇ Ἰουδαίᾳ : les frères dans la Judée : ce qui ferait supposer qu’on en a envoyé aussi en d’autres lieux de la Judée qu’à Jérusalem, puisque Ia famine était générale. Le ÿ suivant infirmerait plutôt cette supposition. xarotxodatv, pléonastique comme οὔσης;
Ÿ 30) ὃ καὶ ἐποίησαν : ce qu'ils firent aussi; cette formule indique qu'il faut séparer, dans le temps, l'acte qui suit : l'envoi aux presbytres de Jérusalem, de l'acte précédent : la collecte qui eut lieu beaucoup plus tôt. ἐποίησαν ἀποστείλαντες : ces deux aoristes
Ὁ exprimeraient cependant deux actions simultanées; ce serait des aoristes de coïnci- 1 dence, comme on en rencontre dans toutes les parties des Actes : x, 39; xr, 30; ΧΗΣ, 33; χιχ, 2; xx, 22, etc. Cf. RoBerrson, p. 1113. Belser croit que ἀποστείλαντες repré-… sente une anticipation chronologique, comme l'indique x1r, 25. — πρὸς τοὺς πρεσόδυτέρους : il n'a pas été encore parlé de ces πρεσδύτεροι dans les Actes. Formaient-ils déjà cette classe de ministres du culte que nous trouvons plus tard à côté des ἐπισχόποιῦ Wendt ne le pense pas, mais croit qu'il s'agit plutôt ici des membres les plus âgés de la communauté, des plus honorables, honoratiores. Belser est d'un avis contraire. Il n’est pas question de personnes âgées, mais de personnages chargés d’une fonction ecclésiastique. Ils ‘auraient été établis en imitation des fonctionnaires de la synagogue. Lorsque plus tard Barnabé et Saul établirent des πρεσδύτεροι dans les communautés qu'ils avaient fondées, xiv, 23, ils imitèrent la constitution de l'Église mère où à côté des ἀπόστολοι paraissent les xpec6drepor, x1, 80; xv, 2, 4, 6, 22, 23; xvi, 4, etc. Wellhausen identifie les xesséirepor dont il est question ici avec les ἀπόστολοι. Rappelons ce que nous avons établi dans l’Introduction, p. cexv : les ἐπίσχοποι et Les πρεσδύτεροι, dans le N. T. diffèrent de noms mais sont à identifier pour leurs fonctions. ἁποστείλαντες πρὸς τοὺς πρεαθυτέρους : les délégués antiochiens furent envoyés aux rpsoθύτεροι seuls. Pourquoi les apôtres ne sont-ils pas mentionnés ici avant les πρεσδύτεροι,
arriva sous Claude. 29. Et les disciples, résolurent d'envoyer chacun selon ses moyens, [un secours] pour l'entretien des frères qui habitaient en Judée; 30 ce qu'ils firent aussi en envoyant [leur offrande] aux presbytres par les mains de Barnabé et de Saul.
comme ailleurs, xv, 2, 4, 6; xvi, 4, etc. ? Leur omission est certainement intentionnelle. Lewin, Lightfoot, et avec eux Sanday, Hort, Knabenbauer pensent que Barnabé et Saul vinrent à Jérusalem pendant la persécution d'Hérode. À ce moment, un apôtre, Jacques, fils de Zébédée, avait été mis à mort; Pierre arrêté, puis délivré miraculeusement s'était retiré hors de Jérusalem, il était allé dans un autre lieu, χα, 17. Les autres apôtres avaient disparu; il n’est fait d'eux aucune mention pendant la persécution d'Hérode. Bref, on suppose que tous les apôtres avaient fui. On ne doit pas sans preuve attribuer un tel acte de faiblesse aux apôtres qui, lors de la persécution qui suivit la
mort d'Étienne, restèrent à Jérusalem, vin, 4. En tout cas, Jacques, le frère du Seigneur était, à Jérusalem, xn1, 17. Les πρεσθύτεροι formaient sous son autorité le collège qui àdministrait les affaires de la communauté, ainsi que cela paraît ressortir de xxt, 18 ss., à moins qu’on ne pense que les rpssérepot de ce ÿ ne soient que les fidèles les plus âgés. Si donc Jacques n’est pas mentionné, c'est à cause des raisons que nous allons exposer.
L'omission des ἀπόστολοι ne prouve pas qu'ils sont absents de Jérusalem. 11 est vrai que les πρεσδύτεροι seuls sont mentionnés ici, tandis que plus loin il est parlé des ἀπόστολοι et des πρεσδύτεροι. Maïs ici il s’agit d’une distribution de nourriture et les apôtres n'avaient pas à être mentionnés, puisque leur office ne consistait pas à servir aux tables. Plus tard, il s'agira de questions doctrinales, l'admission des gentils dans la communauté chrétienne, et alors la question sera portée devant tout le conseil de la communauté, les apôtres et les presbytres, xv, 2, etc. Les πρεσδύτεροι ont donc été seuls mentionnés parce que c'était à eux que Barnabé et Saul devaient remettre les subsides envoyés par les frères d'Antioche. L'affaire était toute d'ordre matériel. C’est même probablement pour cette raison que Paul n’a pas parlé dans l’épître aux Galates de ce voyage à Jérusalem qui, pour lui, n'avait aucune portée doctrinale.
Wendt a supposé que Saul m'avait pas accompagné Barnabé à Jérusalem. Knabenbauer, p. 207, a réfuté Les objections de Wendt, Jülicher et Weizsäcker contre la réalité historique de ce voyage à Jérusalem. Hackett, Cornely, Blass, Felten ont aussi répondu à ces objections.
Belser, Die Apostelgeschichte, p.150, étudie la fondation de l’église d’Antioche. D’après lui, le récit de Luc sur la fondation de la communauté chrétienne à Antioche a été mal compris ou critiqué. Bien qu'il expose brièvement les faits, l’auteur laisse clairement entendre qu'il distingue deux phases dans l’activité des missionnaires concernant la ville d'Antioche. D'abord, xr, 19, les missionnaires envoyés de Jérusalem en l’an 88 gagnèrent au christianisme seulement des Hébreux et des Hellénistes, ne parlant qu'aux seuls Juifs. Ensuite, au ÿ 20, les οἱ Ἕλληνες sont à opposer aux οἱ Ἰουδαῖοι du ÿ 19 et indiquent que les missionnaires convertirent des païens proprement dits. La première phase ἃ dû commencer vers 34 ou 35, et à partir de ce moment se forma une communauté judéo-chrétienne jusqu’en 39. A cette époque, Pierre devait avoir la direction générale de cette église et cela doit correspondre à l’épiscopat de Pierre à Antioche, tel qu'il est mentionné dans la Chronique Paschale et dans les Recognitions Clémentines. Même Gal. n, 11 ss., peut être cité à l'appui de cette tradition, car le passage montre que Pierre participa au développement de la communauté d’Antioche, ce qui laïsse supposer une action plus précise depuis la fondation. Cette fondation peut donc lui être attribuée à bon droit, car il a dû y pénétrer peu de temps après l’arrivée des pre-