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au nom de Barnabé et de Saul, de sorte qu'on peut croire que ces deux personnagessont simplement mentionnés par leur nom parce qu’ils étaient déjà connus. Quelques critiques, Hilgenfeld, Loisy, Wendt, Spitta, Jüngst, tiennent ces chapitres comme provenant de la même source que les chapitres précédents. D’autres voient dans ces chapitres un document qui n'aurait pas encore été utilisé par l’auteur des Actes et n'aurait pas été écrit par l’auteur du journal de voyage. D’autres encore voient dans ces chapitres le commencement d'un journal de voyage, contenant non seulement ces deux chapitres, mais aussi les voyages subséquents de Paul. Ce journal de voyage - aurait été écrit par l’auteur des passages en « nous » et du reste du livre. Zahn fait observer qu'un écrivain comme Luc n'avait pas besoin pour la composition des chapitres, xin1-xxvin, d'autres sources que ses souvenirs des récits que Paul lui-même lui avait faits, ou le souvenir des événements auxquels il avait, comme compagnon de Paul, participé; cf. Æinleitung in das N. Τ᾽. IT, p. 412.
Que ce soit de la même main que le reste des Actes que proviennent ces chapitres, cela ressort du fait que la langue et le style de ces chapitres sont les mêmes que dans le reste des Actes. Ex. χατασείω, ici seulement et dans Acr. x, 17; χιχ, 33: Χχι, 40; ἐπαίρειν τὴν φωνήν, ici et seulement dans 11, 14; xx, 22; Le. x1, 27; παραχρῆμα, 10 fois dans Luce, 5 fois dans les Actes et 2 fois seulement dans Matthieu, ἤν avec le participe, χπὶ, 48; x1v, 7, 12, 26; δή, χπι, 2; ἄχρι, χπι, 6, 11, fréquents dans les Actes : * xavds avec χρόνος, x1v, 8, seulement dans Luc et 8 fois dans les Actes ; ἀτενίζω, xt, 9; xIV, 9; 10 fois dans les Actes; 2 fois dans Luc et 2 fois dans Paul: le fréquent retour de τε dans ces chapitres, ainsi que dans le reste des Actes. Enfin, sur 21 mots ou expressions relevés dans le journal de voyage et dans le reste des Actes, 6 se trouvent dans ces chapitres ainsi que deux, ἀποπλέω, x, 4; χιν, 28; διατρίδω, xIv, 3, 28. ἔξειμι est particulier aux Actes, 4 fois, dont 1 fois, x111, 42; προσχαλέομαι, 9 fois dans Actes et 2 fois, x, 2, 7; ὑπονοέω, particulier aux Actes, 1 fois, χπὶ, 25 et 2 fois,
xxv, 18; xxvi, 27. De ces faits nous devons conclure que les ch. xi-xiv sont du
même écrivain que le reste des Actes.
xv, 1-29 : DISCUSSION SUR LES OBSERVANCES LÉGALES : CONFÉRENCE DE JÉRUSALEM
La question est exposée de la façon suivante : cause de la diseusion, ÿ 1-3; Conférence de Jérusalem: réunion publique, ὃ 4, 5; réunion particulière des apôtres et des presbytres, ÿ 6; nouvelle réunion publique, ὃ 7-22; rédaction et envoi d'un décret aux églises, ÿ 23-29.
De retour de leur voyage missionnaire en Chypre et en Asie mineure, Paul et Barnabé exposèrent à la communauté d’Antioche qui, sur l’ordre de l’Esprit-Saint, les avait envoyés prêcher l'Évangile aux gentils, quel avait été le succès de leur mission, et comment Dieu avait ouvert aux païens la porte de Ia foi, χιν, 27. Paul et Barnabé avaient baptisé les gentils et les avaient reçus dans la communauté chrétienne sans les astreindre à la circoncision. A Antioche on ne faisait aucune difficulté de baptiser des incirconcis et de les tenir pour des membres légitimes de l'Église et des héritiers des promesses messianiques au même titre que les Juifs. À Jérusalem, tous les frères n'étaient pas de cet avis; certaïns, τινες, xv, 4, croyaient qu’on ne pouvait être sauvé si l’on n’était pas circoncis.
Bien que le baptême et l'admission du gentil Cornélius eût tranché la question et prouvé qu’un païen pouvait être baptisé sans être tout d’abord circoncis, il semblait à quelques-uns qu’il n’y avait là qu'an cas particulier, une exception. En fait, devant le nombre croissant des gentils non circoncis admis dans la communauté chrétienne, des Juifs de Jérusalem, peut-être les prêtres convertis, vi, 7, les pharisiens qui avaient
cru, xv, 5, tous zélateurs de la Loi, ne pouvaient admettre que les gentils fussent admis dans la communauté chrétienne sans être circoncis et être astreints aux observances légales. S'il en eût été autrement, Israël aurait été submergé par la masse des païens ; la nation juive eût disparu. Les promesses de l'Éternel aux fils d'Abraham auraient été périmées. Or, la religion juive était d’origine divine; la circoncision était le signe physique de l'alliance de Dieu avec le peuple juif. Un Juif attaché à sa religion nationale ne pouvait comprendre que la Loi qui en était le statut fût abolie. Il voulait la conserver tout en étant chrétien. En un mot, ces Juifs chrétiens se plaçaient tout simplement au point de vue des anciens prophètes, qui avaient souvent prédit la conversion des païens, mais qui n'avaient jamais prédit l’abrogation préalable de la Loi, dont l’origine mosaïque, par or bien antérieure, n'était révoquée en doute par personne.
Si le gentil était devenu chrétien sans être soumis à la circoncision, la Loi aurait été abolie. Et pourtant, Jésus avait déclaré qu’il n’était pas venu abroger la Loi mais l’accomplir; que pas un iota, ni un trait de la Loi ne passerait, Mr. v, 17, 18, Il n'avait donc pas abrogé la Loi, il en avait au contraire observé avec ses disciples toutes les prescriptions. De plus, Jésus avait déclaré implicitement que les gentils seraient admis dans le royaume messianique, cf. Mt. xxvur, 19, mais n'avait pas précisé les modalités de leur admission; la question restait donc entière : la Loi mosaïque devait-elle subsister même dans l’Église chrétienne ? Il y avait donc lieu de soumettre cette question à l'autorité des apôtres et de l’église de Jérusalem; c’est là ce qui nous est raconté par Luc au chapitre xv des Actes et par Paul dans l’épître aux Galates, τι, 1-10.
De la comparaison des textes il ressort en effet que le troisième voyage de Paul à Jérusalem, raconté au ch. xv° des Actes est identique à celui que l’Apôtre raconte dans l’épître aux Galates. Saint Irénée, adv. Haer. in, 13, 3 et Tertullien, ado. Marc. v, 2, sont de cet avis. C’est aussi l'opinion de la majorité des critiques, Belser, Knabenbauer, Godet, Zahn, Reuss, B. Weiss, Lipsius, H. Holtzmann, Wendt, Felten, Lightfoot, Hort, Sanday, Turner, Batiffol, Prat, Lagrange, Six, Meinertz, Wikenhauser; d'autre part, Mc. Giffert, Goguel identifient Actes, x1, 10 et xv, 1-29 d’une part et Galates, 1, 4-10 de l’autre; V. Weber, Emmet identifient Gal. 11 avec Act. κι, 10. Cf. INTRODUCTION, p. LXXX 58.
Entre les deux récits il y ἃ accord fondamental avec quelques divergences de détail que nous expliquerons dans le Commentaire. Le P. Lagrange, Epitre aux Galates, p. 23, ἃ fait ressortir cet accord, « 4. Les personnes en scène sont les mêmes :
a) Paul vient avec Barnabé, et à ce qu’il semble d’Antioche, — où il se retrouvera plus tard (n, 18), — d’après l’épître aux Galates (11, 1) comme d’après Les Actes (χν, 2); b) les judaïsants poussent à la circoncision de la même façon (Gal. 1, 4 et Act. xv, 5); c) à Jérusalem. Pierre et Jacques sont les représentants principaux de l’apostolat chez les Juifs (Gal. 1, 9 et Act. xv, 7 ss.,-13 ss.). 2. La question ne est la même : nécessité de la circoncision pour les gentils ou liberté (Gal. n, 4; Act. xv, 5). Elle est résolue de la même façon, avec plus d’ampleur dans les Me (Gal. 11,5; Aet. xv, 6 55.). Ce ne fut pas cependant sans des difficultés indiquées dans les Galates (nr, 5) et sur lesquelles les Actes insistent davantage (xv, 2. 5. 7). De la solution du principe dépendait le jugement sur la mission de Paul chez les gentils : même récit de cette mission, même approbation dans les deux sources (Gal. τι, 2, 9; Act. xw, 12, 98).
« Après ces points décisifs, on peut noter que l’époque concorde, autant que les dates peuvent être précisées. La dix-septième année après la conversion de Paul peut être tout près de l'an 49, date qui convient pour le concile de Jérusalem. C’est ce qu'a noté saint [rénée, πι, 13, 3 : Si quis igitur diligenter ex Actibus Apostolorum scrutetur tempus de quo scriptum est, Ascendi Hierosolymam, propter praedictam quaestionem, inveniet eos, qui praedicti sunt ἃ Paulo, annos concurrentes. »
(ee ΠΣ ἘΝ