EXPRESSIONS ET TOURNURES DE PHRASES
τὸ πνεῦμα ÉYLOV......,... ἱ 12 28 NS) 1 16 5 | 4 3 8 ÉD Ce SE NS SIREN 41 1 EN 1 12 4 5 TE be ANS RAIN a 11 2 11 δ 1 1 6 ἐξέρχομαι AT. ............ 13 BE ΣΡ 1 2 LS PR Pme | ὁ avec des mots insérés
entre l’art. et le nom... 7 3 17-120 1 57 1 1 3 | 33 6, avec l'attraction... .... 11 11 11 ΞΞ 9 18 810.2 1 ἘΠ 30 τσ ΑΝ ΘΟ AL ΟΡ δ. LPC 7 2 D ris avec des noms....... 38 18 4168 13 28 1 2 7 À 40 ré, τὰ devant des prép... | 8 \2 13% M5 3 23 1 1 8 roùurdevant l’int....,...1; 24 7 15-19? 3 17 6 8 TES CARE EC PS PUS S 7 2 DR ΜῈ sit avec le datif......... 15 5 δ Ξε 10 1 3 3x PINS ἢ 1.8) εἰμί après une prép. et
HADUC OMR Κ Ἐ ΔΎ ΟΝ ΤΡ Ύν ὃ 7 SH Uo 1 9 1 1
D'après le calcul de Harnack (1), 1° il y ἃ 67 mots ou phrases communs aux sections en « nous » et au reste des Actes, mais manquant dans les quatre évangiles. 2° 43 mots sont dans les sections en « nous », dans le reste des Actes, dans l’évangile de Luc, mais non dans les évangiles de Matthieu, Marc et Jean. 3° 20 mots se trouvent dans les sections en « nous » et dans l’évangile de Luc et non dans les autres évangiles et les Actes. En résumé il y a 130 mots ou phrases communs aux sections en « nous » aux Actes, à l’évangile de Luc, mais inconnus aux autres évangiles.
Signalons encore les mots employés dans le II[° évangile et les Actes et rares dans le reste du Nouveau Testament : évabaive, ἀναλαμόάνω, ἀναπέμπω, βρέφος, ἀρχισυναγωγός, διανοίγω, ἐπιμέλεια, ἐπιμελῶς, ἐπιστάτης, εὐεργέτης, ἐχτενής, ἡγούμενος, ἦχος, κράrtoroc, ὀπτασία, συμπληρόω. Signalons aussi οὐρανός employé au singulier, 31 fois dans l'évangile et 24 fois dans les Actes, et au pluriel 2 fois seulement dans l’évangile et 4 fois dans les Actes. Excepté dans Jean, la proportion est inverse dans les autres écrits du Nouveau Testament.
Signalons enfin encore, comme se trouvant dans le III évangile et les Actes, les formules : τοῦτο ὅτ', μὴ φοδοῦ, τί dv, διὰ τό, μετὰ τό, πρὸ τοῦ, ἐν τῷ ; les périphrases composées d’une préposition et de πρόσωπον ou de χείρ, de ἡμέρα avec εὑρίσκω ou ἔχω : évangile, 45 fois; Actes, 35 fois; ποιεῖν τι μετά τινος, ἐγένετο δέ, ἐν τῷ avec l’infinitif, ὡς temporel, la prédilection pour le pluriel de certains mots : δεσμά, χαιροί μέρη, pour ἀνθ᾽ ᾧν, εἷς ἕχαστος, ἐπὶ πρόσωπον τῆς γῆς; τὰ περί τινος, οἵ περί τινα ; l’interrogatif τίς ἄν; ἐπί Où χατὰ τὸ αὐτό; αἴτιον au lieu de αἰτία ; ἐπιστρέφειν ἐπί; les nombreuses expressions construites avec χαρδία : θέσθαι ἐν ταῖς καρδίαις; les expressions αἴρειν φωνήν, po60c ἐγένετο, ἐπέπεσε ; ἐγένετο ἐν τῷ, πλησθῆναι Πνεύματος ἁγίου ; ἵκανός au sens de nombreux; l'emploi fréquent de μέγας : φόδος μέγας, χαρὰ μεγάλη, φωνὴ μεγάλη, χραυγὴ μεγάλη. On remarquera aussi dans toutes les parties des Actes et dans le
(1) Lukas der Art, Ὁ. δ. 8.
participes ἃ ὑπάρχειν : φιλάργυροι ὑπάρχειν, Le. xvr, 14; χωλόν, Act. 111, 2; ἐνδεῆ, M IV, 84; βεδαπτισμένοι, vint, 16; χατεσταλμένοι, ΧΙΧ, 836; ἀνευθέτου, xxvir, 12. ἔως est M
LXIV 7 , ; INTRODUCTION
HIe évangile l'emploi des verbes composés, surtout avec des prépositions, principalement ἀνά et διά, 4
Dans les Actes on compte 64 verbes composés, qui sont des ἅπαξ λεγόμενα et M 119 qui sont rarement dans les autres écrits du Nouveau Testament; il y en ἃ 24 avec ἀνά, 31 avec διά, 31 avec κατά, 14. avec πρός, 42 avec σύν, Remarquons encore w Pemploi des adverbes composés avec πᾶς : πάντη, πάντως, διαπαντός, TÉVTOTE, παν- ἣ ταχοῦ; de κἀκεῖ, κἀκεῖθεν; des adverbes qui expriment la soudaineté, ἄφνω, ἐξαυτῆς, ἐξαίφνης ; des prépositions σύν, ἐνώπιον, καθώς, τὰ νῦν, μὲν οὖν, μὲν γάρ, μέν non suivi de δέ; τε employé 140 fois contre 55 fois dans tout le Nouveau Testament; des expressions, ἐν τάχει, ἐν ὀλίγῳ, ἐπ᾽ ἀληθείας, ἐν μέσῳ, ὃν τρόπον ; 66 pour signifier le M christianisme. j
IT. Grammaire. Signalons comme employés par le III° évangile et les Actes M Varticle neutre avec un participe : τὸ εἰωθός, τὸ γεγονός, τὸ ὡρισμένον, τὰ κεχριμένα, τὰ λεγόμενα, τὰ ὑπάρχοντα ; les interrogations introduites par τό : τὸ τί ἂν εἴη; τὸ τί χατηγορεῖται ; le verbe au pluriel avec un sujet collectif au singulier, tel que πλῆθος; εἰπεῖν et λαλεῖν construits avec πρός; ἀξιοῦν, suivi de l’infinitif au lieu du génitif, la réunion d'un verbe et d’un nom de même racine, παραγγελίᾳ παραγγέλλειν, βάπτιτμα βαπτίζειν ; ἦν Ou ἦσαν avec le participe : ἦν διδάσκων pour ἐδίδασκεν, 55 fois dans l’évangile, 22 fois dans les Actes, 17 fois dans les ch. r-x11 et 5 fois dans les autres; l’optatif, rare dans le Nouveau Testament, se trouve 10 fois dans le {Π1 évangile et 13 fois dans les Actes. Seul des évangélistes, Luc joint des adjectifs ou des
employé dans le sens de : jusqu'à tel lieu; μένειν, de demeurer. Pour marquer le temps, Luc emploie μετὰ τό, πρὸ τοῦ, διὰ τό; le but d’une action, τοῦ avec l’infinitif : Π|5 évangile 16 fois, Actes 13 fois; il aime à marquer le commencement d’un discours ou d'une action par un participe suivi d’un verbe fini : ἀναστάς, évangile 16 fois, Actes 19 fois ; ἐπιστάς, évangile 3 fois, Actes 5 fois; σταθείς, évangile 3 fois, Actes 7 fois; ἐπιστρέψας, Actes 3 fois ; καθίσας, évangile 4 fois, Actes 5 fois ; λαθών, évangile 7 fois, Actes 6 fois. Signalons enfin des phrases ou des membres de phrases similaires dans les deux écrits.
EPST ΣΥΝ δ À
Le. τ, 66, καὶ γὰρ χεὶρ Κυρίου ἦν μετ᾽ αὐτοῦ. | Acé. xt, 21, καὶ ἦν χεὶρ Κυρίου μετ’ αὐτῶν.
vu, 27, τίς σε χατέστησεν ἄρχοντα χαὶ
1, 39, ἀναστᾶσα δὲ Μαρίαμ. ἐν ταῖς ἧμε- Ἰ 1, 15, καὶ ἐν ταῖς ἡμέραις ταύταις ἀνὰ- PUIS ταύταις. στὰς Πέτρος.
XV, 20, ἐπέπεσεν ἐπὶ τὸν τράχηλον αὐτοῦ XX, 97, καὶ ἐπιπεσόντες ἐπὶ τὸν τράχηλον καὶ χατέφιλησεν αὐτόν. | τοῦ Παύλου κατεφίλουν αὐτόν. 1, 1, ἐπειδήπερ πολλοὶ ἐπεχείρησαν...
XV, 24, 25, ἐπειδή ἠχούσαμεν ὅτι...
τὰ AUTEUR DES. CTES DES APOTRES.
Cf. encore :
dc. av, 41 — Ace. xvux, 28; v, 42 τῶ, xxx 41 = ACT nn 17 | SOL ÈS 11, 49 € CU De IV, À 1190 vit, 42 AA, 10. — vi, 10 IDD VIT, 11: xx, 28 XVII, 2 — XXIV, 2, D KXIV, 4— 1, 0: x, 30 KSEV, ὅ 4 =— XVI, 31 M0 — ΧΙ, 7
Comme dans l’évangile on trouve dans les Actes des changements de construction, xv, 23; xvu, 2; l’anacoluthe, ναι, 40 ; x1x, 84; χχιν, 6; xxvir, 10. On y relève aussi de nombreux hébraïsmes : où μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας; εἰ interrogatif; ἐχ μμιισθοῦ τὴς ἀδικίας, πᾶσα σάρξ, λύσας τὰς ὠδῖνας τοῦ θανάτου, ἐκ καρποῦ τῆς ὀσφύος αὐτοῦ, ἔχοντες χάριν πρὸς ὅλον τὸν λαόν, ἐπ᾽ ἀληθείας, ἐγένετο εἰς οὐδέν, οὐδέποτε πᾶν χοινόν, τὰς ὁδοὺς τοῦ Κυρίου τὰς εὐθείας, εἰς τὸ μεταξύ, μετ᾽ εἰρήνης, ὁδὸς σωτηρίας; le futur pour l’impératif, des temps non concordants : οὐκ ἔστιν ἔθος... χαρίζεσθαι... πρὶν ἢ... ἔχοι, xxv, 16. Nous avons laissé de côté les hébraïsmes qui se trouvent dans les citations de l'Ancien Testament. En résumé, on relèvera 82 hébraïsmes dans les douze premiers chapitres, 53 dans les seize derniers et 5 dans le journal de route. Ils sont très nombreux dans le IIT° évangile (1).
Relevons aussi dans les Actes quelques latinismes : λαύόντες τὸ ἱκανόν, satis
accipere, xvir, 9; καθότι ἔστησεν ἡμέραν, diem statuere, xvur, 31; ὄψεσθε αὐτοί, tu videris, xviur, 45; τὸ νῦν ἔχον, ut nunc res se habent, xxrv, 25; ἔρρωσο, vale, xx111, 30; les latinismes sont plus fréquents, quand les orateurs ou les écrivains sont latins, xvart, 15 ; xxiv, 25; xxx, 80. On en trouve aussi quelques-uns dans l’évangile, xx, 58; x1v, 18; vir, 4, etc. La question des sémitismes et des latinismes sera traitée plus en détail au chapitre x, p. excr, et cxcvur.
De ces nombreuses ressemblances de mots, d'expressions et de tournures, de ces affinités grammaticales que l’on relève entre le IIT° évangile et les Actes des Apôtres nous devons conclure que ces deux livres ont été écrits par le même auteur. Harnack (2) aboutit à la même conclusion par un procédé un peu différent. I choisit le premier et le dernier passage du journal de route, xvr, 10-17 et xxvIn, 1-16, et les compare au {115 évangile. Voici un exemple de la façon dont .
il traite son texte : xvr, 10 : ὡς δὲ τὸ ὅραμα εἶδεν, εὐθέως ἐζητήσαμεν ἐξελθεῖν εἰς (TV?) ὁ
Μακεδονίαν, συμόιθάζοντες ὅτι προσχέκληται ἡμᾶς 6 Θεὸς (ὁ Κύριος 7) εὐαγγελίσασθαι αὐτούς. ὡς temporel «ne se trouve jamais dans Matthieu, Marc, mais se rencontre environ 48 fois dans Luc (évangile et Actes) et cela dans toutes les parties du travail. ἐζητήσαμεν ἐξελθεῖν : ζητεῖν n’est pas caractéristique de Luc puisqu'on le retrouve dans les quatre évangiles «et les Actes ; cependant, voyez Le. xir, 24 : ζητήσουσιν. εἰσελθεῖν. Matthieu a ici une autre leçon. Pour ζητεῖν avec l’infinitif, cf. Α οἱ, χατι, 8; xvu, 5; Χχι; 31. ἐξελθεῖν εἰς, Act. xx, 25; κιν, 20. συμόιδάζοντες n’est pas dans les. évangiles mais se trouve dans Act. 1x, 22 et x1x, 33. Se trouvent seulement dans Luc : ἐμόιδάζειν, xxvir, 6, et ἐπιδιδάζειν, Le. x, 34; χιχ, 35; Act. χχπι, 24. προσχέχληται (6 Θεός) : Ce mot n'est employé uni à ὃ Θεός ou Κύριος que dans les
(1) Cf. Histoire des livres du N. T., t. 11. p. 456, Paris, 1906. (2) Lukas der Arzt, p. 29-46.
LXVI INTRODUCTION
Actes χα, 2; τι, 39. Ce parfait moyen n'est aussi que dans les Actes, xvr, 10. εὐαγγελίσασθαι αὐτούς : cette expression ne se rencontre ni dans Matthieu, ni dans Marc, ni dans Jean et se trouve 8 fois dans le III° évangile et 15 fois dans les Actes. Il y a de nombreux exemples dans les Âctes de cette construction : ὡς εἶδεν... ἐζητήσαμεν ἐξελθεῖν... συμόιδαζοντες.
Citons encore quelques-unes des observations de Harnack les plus dore prouvant que les expressions du journal de route se retrouvent dans le II° évangile et toutes les parties des Actes, ce qui démontre l'identité d'auteur du IIIe évangile et des Actes — xvr, 11, ἀναχθέντες : dvéyecharest exclusivement de Luc : 9 fois dans le journal, Le. vur, 22, Act. χπὶ, 18; χνπι, 21 — τῇ ἐπιόυση, seulement dans les Actes, 5 fois — xvr, 12, xäxeïlev seulement dans les Actes, 7 fois —
διατρίδοντες, caractéristique de Luc, 8 fois dans les Actes — ἡμέρας τινάς : expres-
sion caractéristique de Luc, 5 fois dans les Actes, ainsi que ἡμέραϊ πλείονες, 4 fois dans les Actes et ἡμέραι ἱκαναί, 3 fois dans les Actes — xvr, 14, τις γυνή : cette expression ainsi que τις ἀνήρ est spéciale à Luc, 8 fois — xvr, 15, ὃ οἶχος dans le sens de famille est particulier à Luc, 4 fois — παρεχάλεσεν sans complément est
particulier à Luc, 8 fois dans les Actes — xvi, 16, ἔχουσαν πνεῦμα, souvent dans
Luc, 5 fois — xvr, 17, καταγγέλλουσιν, 9 fois dans les Actes — δδὸν σωτηρίας, εἰρήνης, τοῦ Θεοῦ, ζωῆς, τοῦ Κυρίου ; ὃ λόγος τῆς σωτηρίας, κέρας σωτηρίας, γνῶτις σωτηρίας, EXpressions particulières à Luc, toutes ensemble 11 fois. — xxvirr, 2, οὗ τὴν τυχοῦσαν :
ο΄ cf. xvr, 16; τυγχάνειν, seulement dans Luc, 6 fois. Cette expression négative est
familière à Luc, 8 fois, ainsi que la négation formant litote : οὐκ ἀσήμου πόλεως. 5, μὲν οὖν et μὲν οὖν δέ, 2 fois dans les Actes, 1 fois dans l'évangile.
eo xxvint, 6 : la construction avec μέλλειν est fréquente dans toutes les parties des . Actes, 35 fois — ἐπὶ πολύ : ἐπί au sens temporel, 11 fois dans les Actes; Luc seul
dans le N. T. emploie ἐπί au sens temporel — xxvurr, 7, ὑπῆρχεν, spécial à Luc, 33 fois — χχνιι, 10, τιμαῖς ἐτίμησαι : Luc aime cette forme hébraïsante, 12 fois — οἵ καί : le récit est continué au moyen d’un relatif, forme familière à Luc — xxvin, 15, τὰ περὶ ἡμῶν : forme spéciale à Luc, 13 fois.
Harnack (1) a repris son argumentation sous une autre forme. Il a transcrit
tout le journal de voyage et a souligné toutes les expressions ainsi que les pas-
sages, que l’on retrouve dans le reste des Actes et dans le {Π{5 évangile. (Nous reproduisons les uns et les autres en italique). Nous nous bornons à reproduire le chapitre xxr, 1-18, afin de donner un exemple du procédé; nous aurions trouvé encoré d’autres ressemblances dans xvr, 10-17; xx, 4-16; xxvir, 1-xxvinr, 16; nous avons déjà relevé les plus remarquables des ch. xvr et xxvurr. 15 ai 7} ! 2 ἬΝ, ε Kad 2 lé JL 1 > ὦ 2 1 JS Nc δὲ ἐγένετο ἀναχθῆναι ἡμᾶς ἀποσπασθέντας dm” αὐτῶν, εὐθυδρομήσαντες ἤλθομεν
εἰς τὴν Κῶ, τῇ δὲ ξδξῆς εἰς τὴν ‘Podov, »μὠκεῖθεν εἰς Πάταρα. ? Καὶ εὑρόντες πλοῖον διαπερῶν
εἰς Φοινίχην, ἐπιβάντες ἀνήχθημεν. 3 ᾿ΑἸἰναφανέντες δὲ τὴν Κύπρον χαὶ καταλιπόντες αὐτὴν 7. ἐπλέ > τ , \ 110 ie TU RDS \ \ dot Cf 2
Le \ \ 2 œ
τιζόμενον τὸν youov. À ᾿αἰνευρόντες δὲ τοὺς μαθητοὸςς ἐπεμείναμεν αὐτοῦ ἡμέρας ἑπτά" οἵτινες τῷ ἸΙαύλῳ ἔλεγον διὰ τοῦ πνεύματος μὴ ἐπιβαίνειν εἰς Ιεροσόλυμα. ὃ Ὅτε δὲ ἐγένετο ἐξαρτίσαι ἡμᾶς τὰς ἡμέρας, ἐξελθόντες ἐπορευόμεθα προπεμιπόντων ἡμᾶς πάντων cbv γυναιξὶ καὶ τέχνοις ἔως ἔξω τῆς πόλεως, χαὶ θέντες τὸ γόνατα ἐπὶ τὸν αἰγιαλὸν one 6 Καὶ ἀπησπασάμεθα ἀλλήλους χαὶ ἐπέβημεν εἷς τὸ πλοῖον, ἐχεῖνοι δὲ ὑπέστρεψαν εἰς τὰ ἴδια.
(1) Neue Untersuchungen zur Aposlelgeschichle, p. 3.
1 Ἡμεῖς δὲ τὸν πλοῦν διανύσαντες ἀπὸ Τύρου χατηντήσαμεν εἰς Πτολεμαΐδα, καὶ ἀσπασάμιδνοι τοὺς ἀδελφοὺς ἐμιείναμιδν ἡμέραν μίαν παρ᾽ αὐτοῖς, 8 Ty δὲ ἐπαύριον ἐξελθόντες ἤλθομεν εἰς ΚΚαισαρίαν, καὶ εἰσελθόντες εἰς τὸν οἶχον Φιλίππου τοῦ εὐαγγελιστοῦ, ὄντος ἐκ τῶν ἐπτά, δμδίναμεν παρ᾽ αὐτῷ, 3. ᾿Γούτῳ δὲ ἦσαν θυγατέρες τέσσαρες παρθένοι προφητεύουσαι. 10 ᾿Επιμενόντων δὲ ἡμέρας πλείους, κατῆλθέν τις ἀπὸ τῆς Ἰουδαίας προφήτης ὀνόματι Ἄγαβος" 11 Καὶ ἐλθὼν πρὸς ἡμᾶς καὶ ἄρας τὴν ζώνην τοῦ Παύλου, δήσας ἑαυτοῦ τοὺς πόδας χαὶ τὰς χεῖρας εἶπεν" Τάδε λέγει τὸ Πνδῦμα τὸ ἅγιον Τὸν ἄνδρα οὗ ἐστὶν à ζώνη αὕτη, οὕτως δήσουσιν ἐν Ἱερουσαλὴμ οἱ ᾿Ιουδαῖον καὶ παραδώσουσιν: εἰς χεῖρας ἐθνῶν. 13 “Ὡς δὲ ἠκούσαμεν ταῦτα, παρεχαλοῦμεν ἡυεῖς τὸ χαὶ οἱ ἐντόπιοι τοῦ μὴ ἀναβαίνειν αὐτὸν εἰς “Ιερουσαλήμι. 15 Tôre ἀπεχρίθη ὃ Παῦλος χαὶ εἶπεν: Τί ποιεῖτε κλαίοντες χαὶ συνθρύπτοντές μου τὴν καρδίαν ; ἐγὼ γὰρ où μόνον δεθῆναι ἀλλὰ καὶ ἀποθανεῖν εἰς “Ιδρουσαλὴμι ἑτοίμως ἔχω ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Κυρίου Ἰησοῦ. 11 My πειθομένου δὲ αὐτοῦ ἡσυχώσαμιεν εἰπόντες" Τοῦ Κυρίου τὸ θέλημα γινέσθω. 15 Mera δὲ τὰς ἡμέρας ταύτας ἐπισχευχσάμενοι ἀνεβαίνομεν εἰς Ἱἱεροσόλυμια. !$ Συνῆλθον δὲ χαὶ τῶν μαθητῶν ἀπὸ Καισαρίας σὺν ἡμῖν, ἄγοντες παρ᾽ ᾧ ξενισθῶμεν Mvicuvi τινι Κυπρίῳ, ἀρχαίῳ μαθητῇ. 7 Γενομένων δὲ ἡμῶν εἰς Ιεροσόλυμα, ἀσμένως ἀπεδέξαντο Aus of ἀδελφοί. ane ἐπιούση εἰσήει ὃ Παῦλος σὺν δυἵν πρὸς Ἰάκωβον, πάντες τε παρεγένοντο οἱ πρεσβύτεροι.
L'étude de ces passages nous convainc que l’auteur des Actes n’a pas incorporé dans son travail un document original, le journal de voyage, qui lui serait venu entre les mains. Le grand nombre de coïncidences entre ce journal et les autres parties de l’œuvre de Luc s’y oppose. En outre, en aucune autre partie des Actes les particularités de vocabulaire et de style de l'auteur de l’évangile et des Actes ne sont aussi accumulées et concentrées qu'elles le sont dans les sections en
« nous ». Nulle part Luc ne se montre plus lucanien que dans ces parties. Et cela s'explique, car dans ce journal il écrivait indépendamment de toute source orale ou écrite, il pouvait donc être lui-même, se montrer tout entier tel qu'il était. Il n’en était plus de même dans l’évangile et dans les douze premiers chapitres des Actes où il dépendait de sources écrites, sûrement pour l’évangile et très probablement pour les premiers chapitres des Actes. Dans les chapitres de la seconde partie il est, au point de vue de la langue et surtout du style, plus près des sections en « nous », car là il n’avait pas des sources écrites et il ne disposait pas d’une source orale tellement fixée, stéréotypée qu’il en résultât un récit très différent des sections en « nous ». Il y a certainement une différence de présentation entre les douze premiers chapitres et les seize derniers y compris les chapitres du journal de voyage. Et cependant, dans l’ensemble, on se rend compte que c'est le même auteur qui a écrit ces trois parties : la première d’après des documents écrits, la deuxième d’après des relations orales non fixées, le journal de voyage d’une façon indépendante, et dans les deux premières parties se retrouvent toutes les caractéristiques de vocabulaire et de style des sections en « nous ». C'est donc que l’auteur de ces sections est aussi l’auteur des deux premières parties.
Remarquons enfin que si le journal de route était un document indépendant incorporé dans l'ouvrage, il n’y aurait, dans le récit du voyage et surtout du naufrage de Paul, aucune ressemblance de vocabulaire et de style avec les œuvres de Luc, car aucune d'elles ne raconte de voyage sur mer ou de naufrage. Or, il n’en est rien et l’on relève entre ce récit du naufrage de Paul et les œuvres de Luc autant de coïncidences qu’on en relève dans les autres parties des sections en
LXVIIT INTRODUCTION. -
. « nous ». Harnack en donne ἴα preuve en Saut les trois premiers ÿ du | ch. où est raconté le voyage de Paul (1).
1 Qc δὲ ἐκρίθη τοῦ ἀποπλεῖν ἢ ἡμᾶς εἰς τὴν ᾿Ιταλίαν, παρεδίδουν τόν τε [Παῦλον χαί τινας | ἑτέρους δεσμώτας ἑχατοντάρχῃ ὀνόματι ᾿Ιουλίῳ σπείρης Σεβαστῆς. 2 ᾿Επιβάντες δὲ πλοίῳ “Αδραμυττηνῷ μέλλοντι πλεῖν εἰς τοὺς κατὰ τὴν ᾿Ασίαν τόπους ἀνήχθημεν, ὄντος σὺν ἡμῖν ' “Ἀριστάρχου Mouxedovog Θεσσαλονιχέως. ὃ Τῇ τὸ ἑτέρᾳ κατήχθημεν εἰς Σιδῶνα" φιλανθρώπως ὁ ze ὃ Loos τῷ Παύλῳ χρησάμενος ἐπέτρε Ὅν πρὸς τοὺς φίλους πορευθέντι ἐπιμελείας τυχεῖν.
ὦ Ὥς δέ est spécifiquement lucanien; il est excessivemient joie dans Luce et <ela dans toutes les parties de l’évangile et des Actes — éxptôn : dan n'est pas employé dans ce sens affaibli dans Matthieu, Marc et Jean : Luc l'emploie * 49 fois dans ce sens. — τοῦ ἀποπλεῖν ἡμᾶς εἰς τὴν Ἰταλίαν. Cette ne Ὁ ἢ assez rare est à comparer avec xx, 15; Le. 1v, 10. τοῦ, avec l'infinitif, est fréquent dans Luc, dans son évangile et dans les diverses parties des Actes ; ἀποπλεῖν εἰς : Cf. x, 43 x1v, 26; ᾿Ιταλίαν pour Ῥώμην comme ΧΥ͂ΠΙ, 2 — παρεδίδουν : l'imparfait M employé ici marque peut-être que le vaisseau venait d’ailleurs; Paul et ses compagnons s’y embarquèrent dans le cours de sa route. Cet emploi délicat de J'imparfait n’est pas rare dans Luc — τόν τε Παῦλον xat τινας ἑτέρους δεσμώτας : ἕτερος ᾿ est un mot qu’'affectionne Luc; il est 51 fois dans ses écrits. La combinaison M | avec τις se trouve aussi vit, 34 — ἐχατοντάρχη ὀνόματι ᾿Ιουλίῳ σπείρης Σεδαστῆς, cf. x, 12 une phase analogue. Luc aime à introduire de cette façon des person- « nages secondaires, 26 fois. À ο΄ α 2 ἐπιθάντες δὲ πλοίῳ ᾿Αδραμυττηνῷ : ἐπιδαίνω, à l'exception d’une citation des Septante däns Matthieu, est absolument particulier à Luc — μέλλοντι πλεῖν εἰς τοὺς ᾿ κατὰ τὴν ᾿Ασίαν τόπους : L'emploi de μέλλειν est spécialement fréquent dans Luc, 47 fois ; μέλλειν ἔσεσθαι qui se trouve aussi xxvit, 10 est seulement xr, 28; xx1v, 15; Pexpression εἰς τοῦς κατὰ τὴν ᾿Ασίαν τόπους est spécifiquement lucanienne; iei comme dans le reste du livre, ᾿Ασιά désigne la province romaine — ἀνήχθημεν, 21 fois dans Luc; en parlant d’un navire il est dans les sections en « nous » et 2 fois dans les Actes — ὄντος σὺν ἧμιν ᾿Αριστάρχου Μακεδόνος Θεσσαλονιχέως : où σὺν ἡμῖν ὄντες est familier à Luc; σύν οϑὺ seulement 10 fois dans les trois autres évangiles, il est 77 fois dans Luc. 1] aime à réunir le nom de la province avec celui de la cité.
ὃ 3 τῇ τε ἑτέρᾳ κατήχθημεν εἰς Σιδῶνα : Cet emploi de τε pour continuer le récit est particulier à Luc et se trouve dans toutes les parties des Actes — χατάγειν est 8 fois dans Luc, 1 fois seulement dans Paul — φιλανθρώπως τε Ἰούλιος τῷ Παύλῳ χρησάμενος ἐπέτρεψεν : phrase qui sans l'emploi de τε n'a aucun rapport avec le reste du texte de Luc. Signalons cependant φιλανθρωπίαν, xxvII1, 2 — πρὸς τοῦς φίλους | πορευθέντι ἐπιμελείας τυχεῖν : πορεύεσθαι, mot favori de Luc, 88 fois; à noter le participe lucanien; ἐπιμέλεια, est un ἅπαξ λεγόμενον, mais on trouve dans Luc ἐπιμελῶς et ἐπιμελεῖσθαι ; τυγχάνειν fréquent dans Luc.
Toutes ces coïncidences se trouvent seulement dans l’espace de trois versets; M dans le reste du chapitre, 41 versets, on relève 111 phrases ou expressions fami- M lières à Luc et qui se retrouvent dans toutes les parties des Actes; dans le <hap. xxvur, 1-16, on en relève 48. On est obligé de conclure que l’auteur de
(1) Opricit. p.11.
| ces chapitres a écrit aussi les autres chapitres des Actes, avec les différences de | présentation que nous avons constatées.
Goguel (1) présente diverses observations qui tendraient à diminuer la valeur | de cette argumentation philologique. « Les faits relevés par Hawkins, Jacquier et Harnack sont incontestables, mais ont-ils bien la portée que ces auteurs, Harnack en particulier, leur ont prêtée? Il y a lieu, nous semble-t-il, d'être assez réservé sur les conclusions tirées de comparaisons de langue et de vocabulaire pour la détermination de l’auteur d'un livre du Nouveau Testament. L'histoire
de la critique des épiîtres pauliniennes est là pour montrer combien fragiles
sont en réalité des arguments qui, au premier abord, semblent très rigoureux. En ce qui concerne les œuvres de Luc il faut, en outre, tenir compte d’une circonstance qui n'intervient pas pour les épîtres pauliniennes : c'est que nous n'avons pas affaire à des écriis librement composés, mais à des récits qui, dans une mesure qu'il n’est pas possible de préciser, ont subi l'influence des traditions ou des sources dont ils dérivent. D'un autre côté ces sources ne sont pas entrées telles quelles dans l'œuvre de Luc. Wendland (2) a fait remarquer que les auteurs antiques n'avaient pas l'habitude d'utiliser des documents sans les refondre et sans les soumettre à une véritable révision stylistique. Les vérifi= cations qn'il est possible de faire en ce qui concerne la manière dont Luc 8 reproduit dans son évangile celles de ses sources qui sont conservées par ailleurs, montrent que ce travail de remaniement a été poussé très loin. L'observation semble au premier abord favorable à la thèse de Harnack puisqu'elle paraît tendre à établir qu'il y ἃ eu, au moins, unité de travail rédactionnel. Mais si on examine les choses de près, on voit que la démonstration est bien loin d’être décisive. Elle n’établit pas, en effet, et ne peut pas établir qu'il n’y ait pas eu un travail de remaniement et de rédaction postérieur à la composition originale de l’œuvre primitive, mais, seulement, que si ce remaniement a eu lieu, il ἃ été fait par un homme qui était un habile écrivain, s’attachant avec soin et avec bonheur à imiter le style et la langue de l’œuvre primitive qu'il remaniait. Le fait que les expressions les plus caractéristiques de la langue de Luc se trouvent, comme nous l'avons vu, avec une fréquence toute particulière dans. les passages à la première personne, c'est-à-dire dans les morceaux qui, en toute hypothèse, appartiendraient à la partie la plus primitive de l’œuvre de: Luc est éminemment favorable à cette manière de voir. La simple considération de la langue et du vocabulaire ne permet pas, à elle seule, de déterminer si l'unité que présente, à ce point de vue, l’œuvre de Luc tient à l'unité de sa composition ou bien au soin et à l’habileté du rédacteur qui lui a donné la forme sous laquelle nous la connaissons. C’est par des considérations autres que des considérations de langue et de vocabulaire qu’il convient de se décider entre ces deux hypothèses. » ἕ Ces observations de Goguet ne diminuent en rien la valeur de l’argument philologique que nous avons présenté pour établir que Luc était l’auteur des deux parties des Actes. Il est inadmissible de supposer que, de parti pris, Luc ἃ
(1) Le Livre des Actes, p.140 ss.
(2) WenpLranp, Urchr, Eileraturformen, p. 335. Cf. Bousset, Theol, Rund., 1908, p. 188 Scnürer, Theol. Litzg., 1906, col. 405.
11 fois; avec le verbe fini, 22 fois; θεραπεύω ἀπό, 4 fois; καὶ οὗτος, 8 fois; 1 fois dans
LXX INTRODUCTION
revisé ses documents pour leur imposer ,sa langue et son style, ou bien de sup-
poser qu'un rédacteur aurait revisé un premier travail en lui imposant dans son entier la langue de l'œuvre originale. Dans les deux cas, pourquoi aurait-il laissé subsister les passages en « nous » et les différences de style qu'on remarque entre la première ct la seconde partie des Actes. Le plus simple est de croire, avec Harnack, que Luc ἃ composé la première partie des Actes dans son style, mais en tenant compte largement de ses. sources orales ou écrites, en s’en inspirant; puis qu'il a composé la deuxième partie tout à fait dans son style, puisqu'il n'avait plus de sources sous la main. Les ressemblances que nous avons relevées prouvent l'unité d'auteur et les dissemblances sont simplement des cas où l’auteur n’a pas agi mécaniquement : la différence n’aurait d'importance que si l’expression était différente dans un cas tout à fait semblable. Si des écrivains anciens ont imité de parti pris la langue et le style d’autres écrivains, ce sont là des exercices de rhétoriciens. Il est impossible de croire que Luc écrivant un ouvrage religieux, où il raconte la naissance et le développement de l'Église chrétienne, ce soit adonné à de semblables exercices ; Luc n’était pas un rhétoricien. B. Drirrérences. Après avoir signalé les ressemblances entre le ITI° évangile
et les diverses sections des Actes, il y a lieu de relever les différences de mots et d’expressions que l’on constate pour les mêmes parties. Certains mots très
… fréquemment employés dans le {ΠΠ évangile ne sont pas dans les Actes : ἀπολαμ-
Gdve, 4 fois; ἀφχιρέω, 4 fois; ἀγαπάω, 12 fois; ἁμαρτωλός, 17 fois; ἐγένετο avec καί, les Actes; ὁμοίως, 11 fois; 5 fois; πλούσιος, 11 fois; στραφείς, 7 fois; τίς ἐξ ὑμῶν» 7 fois.
D'autres mots très fréquemment employés dans les Actes et cela dans les douze premiers chapitres et dans les seize derniers, ne sont pas dans le III° évangile. (Le premier chiffre indique l’usage dans les premiers chapitres et le second
l'usage dans les derniers) : αἵρεσις, 1, 5; dvahau6ave, 5, 8; γένος, 4, 5; διαλέγομαι, 0, 10; ἐπαυρίον, 3, 7; ἐπιχαλέομαι, être nommé, 8, 1; invoquer, en appeler, 4, 7; ἐπίσταμαι, 1, 8; μεταπέμπομαι, 5, A; éuoluuadov, 7, 3, presque spécial aux Actes, puisqu'il n’est ensuite qu'une fois dans Rom. xv, 6; ὅραμα, 8, 3; παρρησιάζομαι, 2, 5; τέρας, 7, 2; τηρέω, 2, 6; χωρίον, 6, 1, etc. Signalons encore ἀχούειν, φείδεσθαι avec le génitif, l'emploi fréquent de διό, μὲν οὖν, σύν, re; seulement dans les Actes on trouve ἀγαλλιᾶσθαι avec le participe, ἄλλοι ἄλλο, εὐξαίμην ἄν, ἥγημαι pour ἡγοῦμαι, μέλλειν avec l’infinitif futur, οὐκ 6 τυχών, χρῆσθαι, Remarquons cependant que ces particularités de vocabulaire dans les Actes s'expliquent en partie par l'emploi fréquent de termes administratifs, militaires ou maritimes; ces derniers surtout sont nombreux.
Des mots ont été fréquemment employés par le {11 évangile et rarement par
les Actes. (Le premier chiffre indique l'usage par le III* évangile et le second
par les Actes) : ἑαυτοῦ, 57, 22; εἶπεν dé, 59, 15; ἐν τῷ, avec l’infinitif, 32, 8; ἐξέρχομαι ἀπό, 13, 3; xat αὐτός, 41, 8; πλήν, 15, 4, etc.
D’autres mots fréquents dans les Actes sont rares dans le ITl° évangile. (Le
premier chiffre se rapporte aux Actes, le second à l'évangile) : βούλομαι, 14, 2; γνωστός, 10, 2; κατά, dans le sens de contre, en face de, 12, 3 ; κελεύω, 17, 1; μόνον, 8, 1; συνέρχομαι, 16, 2; φημί, 24, 7; διό, 10, 2 et 1 fois seulement dans r-xu, 2 fois dans le journal de route; υὲν οὖν, 16, 1; 5 fois dans x1r, Ὁ fois dans le Journal de
route ; τε est 8 fois seulement dans l’évangile et toujours sous la forme τε... καί, | tandis qu’il est 158 fois dans les Actes et employé sous toutes ses formes τε... ᾿ xal, τε καί... χαί τε, τε... τε...) ἐάν τε... ἐάν ve, ve... δέ; il est uniformément répandu dans toutes les parties : 45 fois dans 1-x1r, 16 fois dans le journal de route et 74 fois dans le reste des Actes. Lvwsro dans le IIT° évangile est appliqué seulement aux personnes tandis que dans les Actes il l’est seulement aux choses.
Si nous comparons 100 versets choisis dans les parties de l’évangile particulières à Luc, v, 1-27; xv, 11-32; xvr, 1-13; 19-31; xxiv, 13-33, et pour les Actes principalement dans le journal de route : xvr, 10-40; xx, 9-38; xxvir, 1-44, nous constatons l'emploi suivant des particules pour l'introduction des phrases : PL
al δέ τε autres partic. sans partic. ὍΝ Evangile : 50 36 1 6 7 ΩΝ PACIeS Nr: 16 51 9) 16
Les différences entre le II° évangile et les Actes sont, on le voit, assez peu Er: nombreuses et nous en expliquons plus loin l’origine. Signalons d’autres faits ὁπ particuliers aux Actes. On y a relevé un grand nombre d'expressions qui ne À sont pas classiques : ἔθετο ἐν τῇ ἰδία ἐξουσία, ἐλάχησεν μέσος, καθότι ἄν τις χρείαν εἶχεν, » ἔθεντο εἰς τήρησιν, ὃ λόγος ηὔξανε κατὰ τὴν οὖσαν ἐχχλησίαν, ἐπιστεῖλαι αὐτοὺς τοῦ ἀπέχε- js σθαι, etc. Remarquons encore l'omission de l’article : vu, 36; x, 10, 11, 12; xxr, 11; xxiv, 25; un arrangement des mots contraires à la grammaire, 1x, 36; x, 37; la concordance des temps non observée, 1x, 21; le datif mis pour l’ac- de cusatif, var, 11; xurr, 20; l’accusatif au lieu du datif, x, 3, 30, et d’autres irrégu- ‘4 larités. La phrase la plus bizarrement construite est certainement celle du 4 ch. xx11; 17 : ἐγένετο δέ μοι ὑποστρέψαντι εἰς ἱἱἹερουσαλὴμ. καὶ προσευχομένου μου ἐν τῷ ἱερῷ γενέσθαι με ἐν ἐχστάσει... μοι... χαὶ pou; un pronom, formant génitif absolu et se rapportant à quelqu'un déjà nommé dans la phrase à un autre cas, est une ano- | malie assez singulière. SE à
Les expressions non classiques sont relativement plus nombreuses dans les douze premiers chapitres, mais on en relève encore cependant un assez grand À nombre dans les seize derniers. En somme, la phrase de Luc trahit une lecture* Ἶ assidue des Septante, l'influence de Paul et surtout l'adaptation au langage 7 ordinaire des communautés chrétiennes. Jamais un Grec n'aurait compris les | phrases suivantes : ἤνοιξεν (6 Θεός) τοῖς ἔθνεσιν θύραν πίστεως, XIV, 27; ἄρα καὶ τοῖς ἔθνεσιν ὃ Θεὸς τὴν μετάνοιαν εἰς ζωὴν ἔδωχεν, χι, 18 ; ὅτι καὶ τὰ ἔθνη ἐδέξαντο τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ, χι, 1, pourtant très claires pour un chrétien. Les particularités de la langue des Actes sont étudiées plus en détail au chapitre x, p. cxLvi.
Si nous tenons compte de toutes ces particularités de mots, d'expressions, de construction de phrases, le plus souvent identiques dans toutes les parties des Actes et le 1119 évangile, quelquefois cependant divergentes, nous devons conclure, pour expliquer les ressemblances et les divergences, que l’auteur de ces deux livres est le même, qu'il a imprimé à toutes les parties de son œuvre sa marque littéraire, comme rédaction, mais que, pour certaines sections, il a utilisé des sources orales ou écrites, dont il a conservé, à un certain degré, la phraséologie, tout en les retravaillant, surtout pour le style. Il est possible même qu'il ait cherché à imiter le style de ses interlocuteurs. Il reste donc établi que l’auteur du IIIe évangile et celui des Actes est le même, et que c’est Luc, le compagnon
ἼΧΧΙΙ INTRODUCTION
de cet écrit se rapprochaïent à un certain degré de la langue des épitres pauli-
employés par les deux ou l’un des deux écrivains : ἀπωθεῖσθαι, ἐπιμένειν, καταγγέλειν.,
Actes et les épîtres pauliniennes si l’on ne faisait pas entrer aussi en ligne de compte les mots que ces écrits ont en commun avec le 11} évangile. Ils sont δὰ nombre de 54. En voici quelques-uns : ἄδηλος, ἀναζάω, ἄνοια, ἀροτριᾶν, pa, διαυρεῖν, τ΄ ἔνδοξος, χυριεύειν, μεταδιδόναι, παγίς, etc. Il y ἃ donc 117 mots, qu’on ne trouve que
. ἀκαθαρσία, ἀκέραιος, ἀκματία, ete.; qu'il a seul avec Paul; Marc, 22 mots : 4664,
τοῦ νῦν, αἰνέω τὸν Θεόν, ἰδοὺ γάρ, τὰ περί, κατὰ πρόσωπον ; en voici quelques-unes qui
de Paul, le médecin, païen d’origine, probablement né à Antioche. L'étude des. Actes prouve l'exactitude de ces données traditionnelles, ainsi que nous allons le montrer. ᾿
Nous avons vu en étudiant le ITE° évangile (1) que la langue et la phraséologie
niennes, qu’on y retrouvait les doctrines caractéristiques de l’Apôtre; nous ferons les mêmes constatations pour les Actes; ce qui prouve une fois de plus M l'identité d'auteur du 1115 évangile et des Actes. Relevons d’abord seulement les. # mots qui sont communs et particuliers aux Actes et aux épîtres pauliniennes, en laissant de côté ceux qui sont communs à ces écrits et au [IT° évangile, à l’épitre aux Hébreux, à la première épître de Pierre, lesquels ont beaucoup de mots communs avec ceux-ci. Ce procédé restreint, il est vrai, les rapprochements entre les Actes et les épîtres pauliniennes, mais donne plus ον force ἃ l’argument.
Nous comptons 63 de ces ἅπαξ λεγόμενα. Citons les mots le plus souvent,
ἀκατοαντϑὶν, νουθετεῖν, παραχειμάζειν, παρρησιάζεσθαι, προορίζειν, στοιχεῖν, συμδιθάζω, σύνδεσμος, ταπεινοφροσύνη, χρῆσθαι, ζέων τῷ Πνεύματι, etc. On n'aurait pas cependant une idée exacte des aflinités de langue entre les
dans Paul et les écrits de Luc. Il y a enfin 175 mots communs entre Paul, le FI. évangile et les Actes, ou Paul et l’un des deux écrits de Luc; ce qui montre bien l’affinité de la langue de ces deux écrivains. Matthieu a seulement 39 mots :
ἀλαλάζειν, ἁμάρτημα, etc.; Jean 17 mots, ἀνατρέφειν, ἀνέρχεσθαι, διδαχτός, etc.
Cette affinité ressort encore davantage si l’on examine la phraséologie de leurs écrits. La plupart des tournures de phrase et des expressions déjà citées, comme particulières à Paul et au III évangile, se retrouvent dans les Actes : ἀνθ᾽ ὧν, ἀπὸ
sont communes à Paul et aux Actes seulement : ὃ λόγος τοῦ κυρίου. Céw τῷ πνεύματι, ἐπὶ πλεῖον, etc.
Nous retrouvons aussi dans les Actes les doctrines caractéristiques des épiîtres pauliniennes : l’action du Saint-Esprit, l'élection gratuite, l’universalisme du salut, la justification par la foi. « Sachez-le donc, hommes mes frères, dit Paul aux Juifs d’Antioche de Pisidie, que c’est par Jésus que la rémission des péchés vous est annoncée, et que c’est par lui que tous ceux qui croient sont justifiés de toutes les choses dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse », xim, 38. ΤΙ faudra Hs que ces idées, développées plus tard par Paul, ne sont dans les Actes qu’à l’état d'ébauche, telles qu'elles pouvaient être à leur maissance. Jésus-Christ les avait enseignées, les apôtres les avaient répétées et Paul 165 systématisa et en tira les conséquences ultimes. Luc n'a emprunté à son maître que l'extérieur de la doctrine, si l’on peut parler ainsi. En d’autres termes, il l'a
(1) Histoire des livres du N. T., IT, p. 462 s.; 489 5.
xprimée, sans l'approfondir, ce qu’il n'avait pas d'ailleurs à faire dans un écrit
son étude sur le paulinisme de Luce. « Le paulinisme de Luc est donc ce qu’il devait être et pouvait être dans l’évangile. Comme historien, Luc n'avait pas à y introduire les controverses plus récentes, et qu'il n'y en ait pas trace, cela rouve son objectivité. Pour lui il est clair que les gentils sont affranchis de la Loi; ils n’ont même pas à s'occuper des subtilités rabbiniques. Luc n'invente
silence. »
| Mais cette connaissance de la théologie paulinienne et cette parenté de langue avec les épitres ne peuvent provenir d’une étude par laquelle l’auteur des Actes se serait assimilé les épîtres pauliniennes pour le fond et pour laorme, car nous démontrerons que l’auteur des Actes n'a probablement pas connu les premières épîtres de Paul. Une conclusion s'impose donc : L'auteur du {Π’ évangile et des Actes a été un compagnon et un disciple qui a vécu longtemps dans la société de. Paul. Cela était nécessaire pour qu’il se fût pénétré à ce point des doctrines et surtout de la terminologie et de la phraséologie pauliniennes. Nous reconnais sons qu’on ne trouve pas dans les discours de Paul, dans les Actes, les doctrines spécifiquement pauliniennes, sauf xur, 28; xxvr, 18. Maïs ces doctrines étaient des questions particulières que l'Apôtre n'avait pas expliquées suffisamment dans son exposé de l'Évangile et qu'il développait dans ses épitres ou bien c'était des controverses soulevées par les attaques de ses adversaires. Dans ses discours des Actes qui traitent surtout de questions générales, Paul n'avait pas à parler de ces controverses ou de ces développements qui exposaient des doctrines spéciales parmi ses enseignements. |
On ἃ cependant soutenu que l’auteur des Actes n’avait pas été un compagnon de Paul; cette conclusion s'impose aux critiques qui rejettent au commencement
du m° siècle la composition et la rédaction définitive du livre des Actes. Nulle part, dit-on, il n’y est fait mention des épitres de Paul ct, assez souvent, il ya contradiction entre celles-ci et le récit des Actes, Act. xv et Gal. τι. Le portrait de Paul, tel qu’il ressort de ceux-ci, n'est pas semblable à celui que nous nous formons d’après les épitres. Nous avons déjirelevé et discuté (2) les principales
divergences que l’on signale entre les Actes et l'épitre aux Galates, et nous en
parlerons de nouveau plus tard. Celles qu'on pourrait encore présenter seront résolues plus loin quand nous étudierons la valeur historique des Actes. Observons seulement que, pour avoir une connaissance complète de Paul, on ne doit pas s’en tenir aux quelques épîtres que nous possédons de l'Apôtre, épitres de circonstance, écrits polémiques présentant quelques aspects seulement de la personnalité de Paul; il faut tenir compte aussi des Actes, qui relatent d’autres circonstances de la vie de l'Apôtre et complètent, sans la modifier, l'idée que nous nous sommes faite de celui-ci. Harnack a fait observer avec raison que les critiques ont fait Paul plus paulinien qu'il ne l'était en réalité; Schürer ἃ adhéré à cette observation de Harnack (3).
(1) Évangile selon saint Luc, p. GXLVIT, 8.55. (2) Histoire des livres du N. T.,t. 1, p. 213. (3) Theotogische Literatuzeilung, 1908, col. 176.
historique. C’est à cette conclusion qu’aboutit aussi le P. Lagrange (1), dans
jen pour soutenir sa manière de voir; on peut la deviner quelquefois à son