XXII, 4-11 : PAUL À MALTE
ÿ 1) διασωθέντες, omis par Gigas et Pesch, Cf. xxvir, 48 ; terme employé par Josèphe, Vita, 3, à propos de son naufrage et de son salut, mais par Xénophon pour exprimer l’arrivée sain et sauf dans un lieu. — τότε ἐπέγνωμεν, aoriste 2 de ἐπιγιγνώσχω; il marque que tous reconnurent de suite, après qu'ils l’eurent atteinte sains et saufs, que cette . île s'appelait Mélité; ils l’apprirent probablement des habitants avec qui ils furent en rapport immédiat.
Μελίτη, nom punique, N À ΒΡ (6 H L{(P)614 Pesch. Vilg.; Μελιτήνη, B * Harkl. Gig., c'est une mauvaise lecture. Les Acta Petri et Pauli l’appellent Γαυδομελέτη, — Gozzo- Malta; cf. Iupsius, Apok. Apost. τι, 305. L'ile de Malte était alors, depuis deux siècles, sous la domination des Romains, qui l'avaient enlevée à Carthage; elle dépendait du préteur de Sicile. Elle a 255 km. carrés de surface, soit environ 28 km. de longueur sur 15 km. de largeur; c’est un vaste rocher calcaire. Divers exégètes de nos jours ont prétendu que la Mélita où avait échoué saint Paul n’était point l’île de Malte, mais l'île Mélita appelée aujourd’hui Méléda, sur les côtes de Dalmatie. Mais cette île ne réalise point les conditions hydrographiques dont parlent les Actes.
Ÿ 2) οἵ τε βάρδαροι : on appelait βάρδαροι ceux qui parlaient une langue inconnue. Si donc, dit Paul, dans sa première épître aux Gorinthiens, χιν, 11, je ne connais pas le
δ. 1 ACTES DES APOTRES, XXVIIT, 2-5.
«ὄοντο πάντας ἡμᾶς διὰ τὸν ὑετὸν τὸν ἐφεστῶτα χαὶ διὰ τὸ 5) ος, 3, συστρέψαντος δὲ v F χος. ὁ. στρξεαντῶς QE
sens de la langue, je serai pour celui qui parle un barbare, et celui qui parle sera pour moi un barbare. Luc appelle donc βάρδαροι les habitants de Malte, parce qu’ils ne parlaient pas le grec, et non parce qu'ils étaient incultes et non civilisés. C'était ainsi que les Grecs et les Romains appelaient tout peuple qui n’était pas de leur race et ne parlait pas leur langue. — Le terme « βάρδαροι » est caractéristique de la nationalité : Seul, un Grec et non un Juif et un Syrien, pouvait appeler ainsi le peuple de Malte, qui avait été en contact depuis plusieurs siècles avec les Phéniciens et les Romains. Les insulaires de Malte étaient d'origine phénicienne, et parlaient un dialecte sémitique, probablement le punique, la langue parlée par le peuple de Carthage avec qui ils étaient en rapports fréquents. Zahn. Æinleir. II, 422, a prouvé contre Mommsen que la langue phénicienne n'avait pas encore disparu de l’île au v° siècle après J.-C. Il est probable que, grâce à la parenté entre le phénicien et l’hébreu, Paul aura ! compris quelques paroles des habitants, qu'il a pu aussi parler avec quelques Maltais comprenant le grec ou le latin. — παρεῖχαν imparfait de παρέχω, montrer, exhiber. Les terminaisons de l’aoriste 1 sont transférées dans la langue vulgaire récente, même àl’imparfait, Rapernacuer, 77. οὐ τὴν τυχοῦσαν, ΧΙΧ, 11, φιλανθρωπίαν, XXVIII, 2; Tir. 11, 4. Ge terme se trouve dans les Septante et chez les classiques; il est employé par les écrivains médicaux : La φιλανθρωπία est la qualité du médecin qui à aime et pratique bien sa profession.
EL ἄψαντες, aoriste de ἄπτω, allumer, πυράν où πύρα; au milieu de novembre le premier soin devait être d’ allumer du feu. προσελάδοντο : aoriste moyen de προσλαμδάνω, prendre avec soi ou bien προσανελάμόανον N° réconforter : πάντας ἡμᾶς; ils nous reçurent tous chez eux et non auprès du feu. τὸν ἐφεστῶτα, participe de ἐφίστημι : la pluie était actuellement sur nous et non la pluie vint à fondre sur nous à ce moment. Cf. PoLysz, xvint, 20, 7. διὰ τὸν ὑετὸν τὸν ἐφεστῶτα χαὶ διὰ τὸ ψῦχος : au mois de novembre, il faisait 10 ce n’était donc pas, comme on l'a cru, le sirocco venu du sud-est, qui avait causé le naufrage, car même à cette époque de l’année il est chaud et n’est pas accompagné de pluie.
τς Ÿ 3) συστρέφαντος δὲ τοῦ Παύλου φρυγάνων τι πλῆθος : φρυγάνον sont des broussailles, du petit bois, des sarments. Il n’y avait pas de forêts, de bois près de la baie où Paul aborda, mais il put trouver dans les rochers de la côte de menues broussailles, ce qui explique d’ailleurs la présence de la vipère. — τὶ πλῆθος, certaine quantité, c’est-à-dire autant qu'il en pouvait porter.
ἔχιδνα : les Grecs appelaient ainsi la vipère pour la ce des autres serpents, car ce terme ne désigne pas toute espèce de serpent, mais un serpent venimeux cf. PLatow, Symp. 218, À. On ἃ fait observer que la vipère n'existait pas dans [116 de Malte. C'est possible au temps actuel, bien que Lewin, δὲ Paul, II, 218, croie avoir vu une vipère près de la baie de Saint-Paul, en 1853. Mais on a fait remarquer que par Suite du changement de l’état de 1116, de son déboisement la vipère a pu disparaître. ἀπὸ τῆς θέρμης en raison de la chaleur ou ἐχ τῆς θέρμης, hors de la chaleur. θέρμη, dans Luc seulement est souvent employé par les médecins au lieu de θερμότης. La vipère était engourdie par le froid; la chaleur du feu la ranima. Mêlée aux broussailles, elle avait été jetée dans Le feu; elle en sortit : ἐξελθοῦσα, N ABC, ou elle se glissa ποιὰ du
qu'il faisait et du froid. 3. Alors Paul ayant ramassé une certaine quantité de broussailles et l'ayant mise au feu, une vipère en sortit par l'effet
de la chaleur et s’attacha à sa main. 4. Et quand les barbares virent la .
bête suspendue à sa main, ils se dirent les uns aux autres : Assurément cet homme est un meurtrier, puisqu'après avoir été sauvé de la mer, la Jusüce n’a pas permis qu'il vécût. 5. Mais lui, ayant secoué la bête dans le
feu, le long des morceaux -de bois, διελθοῦσα, HLP. — χαθήψεν, aoriste de χκαθάπτω attacher et à l'intransitif, avec le génitif, s'attacher; ici seulement dans le N. T.; fréquent chez les classiques, au moyen; ici au sens du moyen. 614 ἃ καθήψατο, aoriste moyen, usitatius, BLass. Momento temporis hoc factum est, priusquam Paulus manum retraxisset, BLass. χαθῆψε : quam vocem explicant Theodoretus, ἐπ Cat., Orc. ΤΉΞΟΡΗ. : τῇ χειρί τοὺς ὀδόντας ἐμδαλοῦσα, manui mordens adhaesit, Bee, momordit, PArrizzt, FELTEN, Brass, Wgiss et eo modo certe etiam Melitenses id quod viderant concipiebant, quamvis vox de se solum dicat : apprehendit. Atque ex narratione Lucae quoque colligitur morsum manui esse infixum; nam ὃ 5 explicite dicit : postquam bestiam
excussisset in ignem, nihil mali passus est, idquod sane esset valde supervacaneum, :
si vipera solum se circa manum ejus cireumvolvisset, quam sententiam aliqui tenent, qui viperam a Deo cohibitam esse ne morderet existimant. Pariter a narratione abest quod alii proponunt, viperam aut non fuisse venenatam etsi Melitenses eam pro venenata habuerint, vel si fuerit, sese solum insinuasse manui Pauli non autem morsum infixisse, KNABENBAUER. 1
ÿ 4) τὸ θηρίον, la bête : animadversum est Lucam ex arte medica θηρίον appellare
viperam ; quo nomine quoque utuntur Hippocrates, Dioscorides, Aelianus, Aristoteles,
Plutarchus, Nicander in Theriacis, unde et illi qui a viperis admordentur θηριόδηκτοι,.
θηριώδεις audiunt et remedium adversus viperinos morsus θηριαχόν seu ϑηριαχὴ ἀντίδοτος nomem est sortitum, ICNABENBAUER. — χρεμάμενον : participe présent moyen de χρεμᾶμαι, se suspendre; ἐκ, avec le génitif, construction classique. La vipère était suspendue par sa bouche à la main de Paul et non entortillée autour de sa maïn. πάντως : dans Luc et Paul; affirmation énergique. φονεύς... oÿroçs : un meurtrier; il est peut-être employé ici au sens général de criminel. Les insulaires avaient vu que Paul était lié par une chaîne à un soldat; à peine sauvé des flots, il est mordu par une vipère. Ils en concluent que Paul avait dû commettre des crimes atroces puisque la justice n'avait pas permis qu'il vécüt.
h δίχη : la déesse Justice, la justice vengeresse. La justice était personnifiée chez les Grecs : Hésione, Théog., 902; Sopnocze, Antig. 538; Sag. 1, 8; x1, 20. Cf. Kna- BENBAUER, p. 443. Les Maltais avaient dû entendre ce nom des Grecs ou des Romaïns, ou ils adoraient une déesse, dont Luc représente le nom par à δίχη. — à Δίχη (appell. II Thess. 1, 9) dea Justitia ap. poetas Graecorum omnes inde ab Hesiodo celebrata, a quibus non alienum se hic quoque (cf. ad xxvn, #1) Lucas prodit, BLass. — οὖχ εἴασεν :
aoriste de ἐάω, permettre; le verbe est au passé parce que les assistants tiennent Paul. pour déjà mort. Vig. sinit au lieu de sivit. La justice ἃ déjà frappé sa victime. La
Providence n'était donc pas inconnue aux Maltais, de sorte qu’ils étaient plus philosophes que les philosophes eux-mêmes. Ces derniers refusent à la Providence toute action sur les choses de ce monde; ces barbares croyaient que Dieu était présent en tout lieu, et que, parût-on s'être soustrait à son atteinte, on finirait toujours par tomber entre ses mains. CHRYSOSTOME, om. ταν, 1.
Ÿ 5) ἀποτινάξας, seulement dans Luc; cf. Ze, var, 5. — ἔπαθεν οὐδὲν χαχόν : cf. Le. x, 19.
ACTES DES APOTRES, AXEL 2-B, À 0 0 Τὰ nt
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