Car le cœur de ce peuple est engraissé
Ils ont entendu dur de leurs oreilles
Et ils ont fermé les yeux,
De peur qu'ils ne voient des yeux
Et qu’ils n’entendent des oreilles,
Qu’ils ne comprennent du cœur et qu'ils ne se convertissent. Et je les guérirai.
) 25) Il est probable qu’il y eut une discussion entre les Juifs sur la valeur des preuves que Paul apportait sur la messianité de Jésus : C’est ainsi que les choses s'étaient passées à Antioche de Pisidie ; les opposants exprimaient leur dissentiment, ἀσύμφωνοι : ils n’avaient pas la même voix, ils étaient en désaccord; il y eut une rixe.
δέ marque nettement la marche des choses. ἀπελύοντο, à l’imparfait, étant en désaccord, ils se séparaient, discedebant, Vlg.; le temps indique que l’action eut lieu au moment
où Paul parlait encore. εἰπόντος τοῦ Παύλου : les paroles de Paul ne furent pas la cause du départ des Juifs; Paul leur parle au moment de leur départ, ἀπελύοντο. — ῥῆμα ἕν, emphatique; une seule parole en opposition avec les nombreuses paroles qui venaient : d’être prononcées par les Juifs. Il exprime en un mot ce qui se dégageait de la discussion, καλῶς χτὲ est hoc extremum dictum Pauli in Actis, neque fortuito esse videtur; totius enim fere libri summam continet, ad gentes evangelium a Judaeis jam translatum esse, quippe spretum ab his. Brass.
xaX& exprime l’indignation de Paul : c’est avec justice, avec vérité que le Saint- | Esprit a dit de vos pères et par conséquent de vous. τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον : l'appel à l’Esprit- Saint intensifie la valeur des paroles d’Isaïe : ce n’est pas un homme qui a parlé, c’est le Saint-Esprit, c’est-à-dire Dieu. — πρὸς τοὺς πατέρας ὑμῶν, N B À Pesch. Paul se sépare des Juifs car il n’est pas de ceux à qui s'adressent ces paroles; il ne veut pas être l'héritier de ceux-ci. La leçon ἡμῶν, H LP 614 Vilg. Gig. est contraire à cette idée. — λέγων est la leçon de N BL P, s’accordant avec ’Hoaias, accord d'idée : λέγον, leçon de. AH 614, s'accorde avec Πνεῦμα. ἢ
ÿ 26-27) Cette citation est littéralement empruntée aux Septante, Zsaïe νι, 9, 10. Elle est répétée dans les évangiles : Mt, xur, 14, 15; Me. 1v, 12, 13 ; Jn. χιι, 40. Pour l’explication de ces paroles cf. KNABENBAUER, in Isaïam, p. 138-142; Mt. 1, Ὁ. 538; Mec. Ὁ. 117; Jn. p. 393; LaGrance, Mt. p. 240; Me. p. 101. ;
Le texte hébreu est légèrement différent : « Ecoutez bien, et ne comprenez pas; voyez bien et ne connaissez pas. Endurcis le cœur de ce peuple, et bouche ses oreilles, et colle ses yeux; de peur qu’il ne voie de ses yeux, et n’entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne, qu’il se convertisse et sois guéri. »
In hoc textu, Zs. vi, 9 s. bene nota parallelismum membrorum, Ne intelligatis, ne
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760 ACTES DES APOTRES, KXVIiT, 28234.
ru Po by ἔστω ὑμῖν ὅτι τοῖς ἔθνέόδιν ἀπεστάλη τοῦτο τὸ σωτήσιον τοῦ Θεοῦ"
29-30. Ἔνέμεινεν δὲ διετίάν ὅλην ἐν ἰδίῳ polar καὶ ἀπεδέχετο πάντας τοὺς εἰσπορευομένους πρὸς αὐτόν. 31. χηρύσδων τὴν βασιλείαν τοῦ Θεοῦ at διδάσχων τὰ
perspiciatis : vult Deus ut non intelligant, quia, ut ait in hebraeo, ipse impingaet cor illorum ne intelligant (hic sensus exprimitur Me. 1v, 12 et Le. vu, 10). Hoc eodem sensu
. sumendum est quod Deus dicitur induräre, excaecare, tradere in peccatum, Rom. 1, 24; ΠΥ 18: ΧΙ, 7. Vlad ÿ 27.
Hoc Isaiae oraculum, quod pro more suo, Lucas secundum versionem 70 Interpretum fere iisdem verbis recitat, quodque pluries adducunt Evangelistae (v. gr. Mt. χπὶ, 14 et in loc. parall. Mc. τν, 12 et Le. vi, 10; dein Jn, x, 39 s.) sensu littérali refertur ad antiquos Judaeos, Isaiae aequales. ἃ Christo autém ét ab Apostolo ad Judaeos contumaces suae aetatis, qui majorum malitiäm imitabantur, merito accommodatum fuit; nimirum sensu typico, ut videtur, quatenus veteres Judaei perversi figuram quamdam
seu typum prae se ferunt, cujus antitypus in Judaeïs impiis tempore Christi exprimitur.
In isto autem loco Deus, juxta vim hebraei, praedicit fore ut populum suum pervicacem induret et excaecet!; et quaeres quomodo hoc cum Dei sanctitate conciliari valeat. Et respondetur : Ütique, Deus sanctus non potest intendere peccatum seu culpabilem résistentiam gratiae et impoenitentiam. Sed bene potest — offerendo dona sua gratiae sufficientis quibuscum possént quidem credere et se convertere — nihilominus, in poënam praecedentis ineredulitatis, subtrahere uberiora auxilia, ita at sic decidant in obsfinationem et obcäecationem, hanc obstinationem Deus impedtre posset, sed jam
__impedire non vult adeoque permittit. Hrgo ipsimet Judaei culpa sua sibi occludentes
fontem gratiarum efficacium et resistentes gratiis sufficientibus quas accipiunt, ipsi sünt qüi oculos suos comprimunt, ipsi seipsos in malo obdurant, prava sua voluntate, neque ad poenitentiam per quam sanarentur volunt se convertere. Ut si aliquis claussisset ipse fenestram domus et diceretur ei : tu non potes videre quia privaris lumine solis. Verum hoc non essét ex defectu solis, sed quia ipse sibi lumen solis interclusisset. Deus ergo revera est causa obcaecationis tantum negativa, deserendo et non adjuvando; causa positiva finaliter est apud Judaeos incredulos, CAMERLYNOK.
Ÿ 28) γνωστὸν οὖν : cf. 11, 14; 1v, 10; xt, 36. τὸ δωτήριον, Ps, Lxvii, 2; cet adjéctif émployé substantivement, comme dans le grec classique, se dit du salut messianique, Le. n, 80; πὶ, 6; Eph. νι, 17; on a'la même expression xrir, 26. τοῦτο, emphatique : ce message de salut qüé jé vous transméts. αὐτοὶ χαὶ ἀχουσόνται : eux aussi l’écoutéront. L'Apôtré πὸ
constate pas seulement que le message à été envoyé aux gentils et χὰ ’eux aussi l'écou-
téront, mais il veut diré que nôn Seulémént οὐ message a été énvoyé aux gentils, mais
qu’ils l’ont écouté. καί indique que pendant que les Juifs ont entendu et n’ont pas
compris, les gentils non seulement ont entendu mais ils ont compris. IL y a dans ces dernières paroles une assurance triomphale : l'avenir du ministère de Paul est assuré.
Ÿ 29) Ce ÿ, χαὶ ταῦτα αὐτῶν εἰπόντος ἀπῆλθον οἱ ᾿Ιουδαῖοι, πολλὴν ἔχ ὀντες ἐν ἑαυτοῖς συζήτησιν,
se trouve dans Η L P 614 Harkl, Pesch, c* Gig. Par. Tol. Vig. : et cum häec dixisset exiérunt ab eo Judäei, multain habeñtes intér se quaëstioném, maïs ne se trouvé pas
dans N À BE13 40 61 68 Pesch. (quelques codéx) Harkl. (quelques codex). Il est difficile dé croire ce ὃ authéntique: c’est uné répétition de paroles antérieures de Paul, Ÿ 24 ss, De plus, il n’est pas dans là manière ordinaire de Luc, πὶ pour le stylé ni pour là présentation. KNABENBAUER admet cependant cé ἡ et l'explique.
nr ENS ee PP) TAC
28. Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens et eux l’écouteront.
29-30. Or Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu’il avait louée et il recevait tous ceux qui venaient vers lui, 31 prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus-Christ, en toute liberté, sans empêchement.
) 30) ἐνέμεινεν' δὲ διετίαν ὅλην. Paul demeura deux ans entiers; l'emploi de laoriste implique qu'à la fin de ces deux années sa situation changea. Paul devait done, au moment où Luc ἃ écrit ou être en liberté ow être mort. Si sa situation n'avait pas changé, Luc aurait employé le présent ou le parfait. Il est vraï que ce changement d'état peut avoir été le transfert de Paul de son domicile particulier au lieu où il devait être jugé. δυετίαν ὅλην, xxiv, 27, seulement dans Luc. Cette expression non classique est dans Philon, Drissmanw, N. Bibelst. p. 84. Paul passa ces deux ans à prêcher, à écrire, à recervoir de nouveaux amis, cf .Ramsay Paul, 350. ἐν ἰδίῳ μισθώματι : μισθώμα,, salaire dont on: se sert pour louer, ou qui est loué au moyen d’un salaire. Paul avait loué un domicile, soit au moyen de l'argent gagné par son travail particulier, soït au moyen de l'argent qu’il avait reçu des Philippiens, rv, 10, 14, 18. D’après la version arménienne du Com mentaire de saint Ephrem sur les Actes l’argent de la location provenait de la vente È qu'avait faite Paul de son manteau et de ses livres. — ἀπεδέχετο : il reçut volontiers ses De: amis et ceux qui venaient entendre la prédication de l'Évangile; il était cependant ; toujours enchaîné, Philip. 1, 18, 17. πάντας, tous, Juifs et Gentils qui venaient vers lui. ᾿ Après πρὸς αὐτόν 614 Harkl. C* Gig. Pesch. Par. ajoutent (χαὶ διελέγετο πρός) Ἰουδαίους. * τε xt Ἵλληνας. Gig. Par. ajoutent et disputabat cum Judaeiïs et Grecis. re
ÿ 34) τὰ περὶ τοῦ Κυρίου Ἰησοῦ Χριστοῦ. — Χριστοῦ est omis par δ Harkl. μητὰ πάσης: παρρησίας, particulier à Luc. ἀκωλύτως ici seulement dans le Ν. T., sans empêchement, siné intermissione, Gig., de la part de l'autorité romaine; elle était très libérale à l'égard des prisonniers soumis à la eustodia militaris. ἀκωλύτως, PLato. Crat. 415 D. Eadem plane dicuntur in ep. ad Phil. Roma data, 1, 12 sqq. : inerementum factum esse: magnum religionis Christianiae; scire totum praetorium reliquosque omnes propter quam causam in vinculis sit; alios multos ejusdem evangelii praecones exsistere, cum videant Paulo eam licentiam tribui. Cur autem per tantum temporis in vinculis retentus neque ab imperatore auditus sit, neque Paulus neque Lucas indicat; multoque minus docemur, quid post biennium illud factum sit, BLass.
Knabenbauer s’est demandé pourquoi le procès de Paul a-t-il été différé si longtemps. La principale raison qu’il en donne, c’est que probablement les accusateurs de Paul devaient être convoqués et que ceux-ci demandaient un délai pour établir pleinement. les crimes dont ils accusaient Paul, cf. p. 453.
χηρυσσῶν... ἀχωλύτως d’une cadence et d’un rhytme élégant, digne de cette sentence Ê finale.
Après ἀκωλύτως Blass reconstruit ainsi le texte d’après Harkl. Demid. Al. Par. Wern. Prov. : λέγων ὅτι οὗτός ἐστιν ὃ Χριστὸς ὁ υἱὸς τοῦ Θεοῦ, δι’ οὗ μέλλει πᾶς (58. ὅλος) ὃ χόσμος. φινέσθαι, Gette addition n’est certainement pas authentique; elle n’est pas appuyée par les bonnes autorités textuelles, et elle est d’une lourdeur de tenue étrangère à la manière ordinaire de Luc. à
Sur la raison pour laquelle Luc a terminé ici son récit, cf. INTRopucTIoN, p. vu. Ve
L'histoire subséquente de Paul ne peut être décrite qu’en joignant ensemble les
notices extraites de deux groupes d’épîtres écrites pendant sa première et sa seconde captivité à Rome et en utilisant les données de chacune d'elles.
. 4° Pendant les deux années mentionnées ÿ 30 Paul écrivit des épîtres aux Colossiens,
aux Éphésiens, à Philémon et aux Philippiens. De celles-ci nous apprenons que, Gate Luc et Aristarque, ses compagnons de voyage, il fut rejoint à Rome par Timothée, Philip. 1, 1, par Tychique, Epaphras, Jésus Justus, Marc et Onésime, Col. 1v, 7-11, par Démas, Col. iv, 14, et par Epaphrodite, l'envoyé des Philippiens, Philip. π, 25. Les épîtres montrent un grand développement dans l'Église au point de vue de Dante et de l'union dans le Christ, et quoiqu'il ne soit pas question de controverse, Paul parle amèrement de l'hostilité des Juifs envers lui, Philip. m, 2, 3. Sa position de prisonnier . l’'empêcha de tenir un rang élevé dans l’église romaine, mais son influence s’étendit à la maison de César, Philip, 1v, 22, et l'Évangile fut connu dans tout le prétoire, Philip. τ, 13, c'est-à-dire par la garde prétorienne. Après deux ans de captivité son procès fut jugé et il fut probablement mis en liberté.
2° Après sa mise en liberté Paul a écrit les épîtres pastorales, la 19 οἱ la 2° à Timothée τ
et celle à Tite. De celles-ci nous apprenons que Paul après avoir quitté Rome, visita
la Grèce, 1116 de Crète, Éphèse, Troas et la Macédoine; cf. 1 Tüm. 1, 3, 20; mt, 14; . IT Tm.x, 15-18; n1, 9; 1v, 6, 27; Tüte τ, 5; nt, 12-15. Est-il allé dat cet roll
en Espagne, ainsi qu’il en avait l'intention, Rom. xv,24-28? Dès 16 milieu du deuxième siècle, le fragment de Muratori et les ue apocryphes de Paul mentionnent le voyage
en Espagne comme un fait notoire. Et lorsque le pape saint Clément, trente ans après
la mort de l’Apôtre, affirme qu’il est parvenu aux confins de l'Occident, est-il possible de soutenir qu'il veuille désigner Rome par cette expression emphatique ? Les confins de l'Occident, surtout pour un Romain, ce n’est pas l'Italie mais l'Espagne, où se dressent les εὐ ἢ d'Hercule. Saint Cyrille de Jérusalem, saint Épiphane, saint Chrysostome, saint Jérôme et Théodoret croient que Paul est allé en Espagne.
Pourquoi, quand et où Paul a-t-il été arrêté une seconde fois, nous l’ignorons ; ce fut
probablement en conséquence de la persécution de Néron. Nous savons seulement que
prisonnier à Rome il écrivit sa seconde épître à Timothée. De noires pensées assombrissaient l’âme de l’Apôtre. À la tristesse de l'isolement se joignait le souci des églises éprouvées par la persécution. Tous l’ont abandonné; il n’a plus avec lui que Luc, le bien aimé médecin. Condamné à mort, il fut décapité, ainsi que nous l’apprend la tradition à trois milles de Rome, près de la Via Ostiensis, à l'endroit appelé autrefois Aquae Salviae, actuellement Trois-Fontaines,
‘En quelle année Paul a-t-il été mis à mort, est-ce en 64-65 ou en 67 ὃ La majorité des historiens s'accordent pour cette dernière date; cf. Histoire des livres du -N,T. 1, Chronologie, p. 19.
EXCURSUS I
Au premier siècle de notre ère, des sectes, surtout religieuses, jouent un certain rôle dans les événements que nous avons à raconter, les Pharisiens et les Sadducéens. Il existait, chez les Juifs, une troisième secte, les Esséniens, mais nous n'avons pas à en parler, car nous ne les rencontrons jamais mentionnés dans les Actes des Apôtres (1).