KE NOR PARONNT RIRE
Schürer soutient encore que le décret ne mentionnait pas les quatre défenses | relatées dans les Actes, puisque Paul affirme qu’à Jérusalem les apôtres ne leur imposèrent rien autre à Barnabé et à lui, sinon de se souvenir des pauvres de
Jérusalem : Gal. τι, Ÿ 6, ἐμοὶ γὰρ of δοκοῦντες οὐδὲν προσανέθεντο.., Ÿ 10, μόνον τῶν rt
χῶν ἵνα μνημονεύωμεν. Nous croyons fondée la réponse (1) que nous avons déjà : faite : προσανατίθεμαι peut signifier : faire des communications, sens qui s'adapte bien
au contexte. Paul veut démontrer aux Galates que son Évaigile est completetla
preuve qu'il en donne, c'est qu'après qu’il l’eut exposé aux apôtres ceux-ci ne lui ont rien communiqué de plus. D'ailleurs, en supposant qu'il faille traduire προσανέθεντο par : ils ne m'ont rien imposé, il n'est pas nécessaire de lui donner comme restriction μόνον τῶν πτωχῶν ἵνα μνημονεύωμεν, qui en est séparé par une dizaine de lignes, et qui se rattache naturellement à la phrase précédente : Les
- apôtres ont donné la main d'union à Paul et à Barnabé, afin qu’ils allassent ΘΕ ἢ ἘΝ
vers les païens, et les apôtres vers les circoncis; seulement, ils auraient à 56
souvenir des pauvres. On voulait par là qu’allant vers les païens ils ne se désin= ;
téressassent pas de l'église de Jérusalem et on leur en recommandait les pauvres.
Le décret, dit-on, n’a pas été porté par les apôtres à la conférence de Jérusa-
lem. Il est impossible de le placer, comme le soutient Me Giffert, avant la lettre aux Galates et après l'incident d’Antioche, car Paul parlant de celui-ci aux Galates devrait en mentionner la cause, ce qu'il n’a pas fait. On ne peut croire, non plus, qu'il ἃ été porté plus tard par les presbytres de Jérusalem et que Paul
en a appris l'existence par Jacques, lors de son dernier voyage à Jérusalem. On .
pourrait, en effet, se demander pourquoi les presbytres de Jérusalem, qui ne
s’occupaient pas de la conversion des païens, auraient porté un décret de cette
teneur et à cette occasion. De plus, Luc était probablement présent quand
Jacques a parlé de cette question à Paul. Comment alors aurait-il purapporter l'origine de ce décret aux apôtres et au concile de Jérusalem, et le dater d'au
moins dix ans plus tôt?
: Au témoignage de Harnack (2) aucune objection ne subsiste et le décret apossimplement un catéchisme moral. Paul n'avait aucune raison pour le rappeler aux Galates ou aux Corinthiens. Harnack présente les raisons que l’on a de penser que le décret imposait aux païens seulement des règles morales. On ne
tolique n'est plus en opposition avec l’épître aux Galates, πὲ, 1-10, si l’on y voit
comprend pas, dit-il, pourquoi la question des aliments est traitée, au concile de 4
Jérusalem, quand elle n'était pas en cause, ni pourquoi elle est mise en rapport … avec la fornication, ni pourquoi une défense, strictement juive, est imposée aux
païens. Enfin, toute l” Église occidentale a compris ainsi le décret.
Dans ces conditions il faudrait interpréter les prohibitions édictées dans ce décret autrement qu’on ne le fait d'ordinaire; cela ne nous paraît pas nécessaire | du moment que l'authenticité du décret peut être défendue d’une autre façon. Ainsi que le conclut Coppieters : « Entre le décret et l’enseignement du Christ ou la doctrine de Paul il n’y a pas d'opposition de principes; le silence de Paul sur le décret ne semble pas être un argument décisif contre son authenticité; d'autre part, si celle-ci est rejetée, il faudra bien trouver une origine probable au
(1) Histoire des livres du Nouveau Testament, 1, Ὁ. 217, Paris, 1908. (2) Die Apostelgeschichte, p. 190-198.