Fe EXCURSUS IX
s ἐπ - ὭΣ \ S 5 αἵματος χαὶ πνιχτῶν Kat πορνείας; ἐξ ὧν διατηροῦντες ἑαυτοὺς εὖ πράξετε, Ιρρωσθε. Ce texte
se trouve dans tous les manuscrits grecs majuscules, sauf le codex D, dans la
de
presque totalité des manuscrits minuscules collationnés, dans les manuscrits de la Vulgate, quelques manuscrits vieux latins, e, Gig, la Peschitto, les versions arménienne, arabe, sahidique, etc., dans Clément d'Alexandrie, Origène, etc. Cependant, d’après saint Jérôme (1), le mot a suffocatis (πνικτῶν) n’était pas dans tous les manuscrits.
B. Recension occidentale. Act. xv, 28, 29 : ἔδοξεν γὰρ... ἀπέχεσθαι εἰδωλοθύτῶν καὶ αἵματος καὶ πορνείας καὶ ὅσα μὴ θέλετε ἑαυτοῖς γίνεσθαι ἑτέρῳ μὴ moueiv ἀφ᾽ ὧν διατηροῦντες ἑαυτοὺς εὖ πράξετε" φερόμενοι ἐν τῷ ἁγίῳ Πνεύματι ἔρρωσθε. Ce texte se trouve dans le codex D, grec latin, dans Irénée, Cyprien, un minuscule du Mont Athos, Lawra
Nous possédons d’autres recensions qui paraissent un amalgame des deux précédentes : 1° décret avec trois prohibitions sans la règle de charité : εἰδωλόθυτα, αἷμα, πορνεία : Tertullien, Pacien de Barcelone, Augustin, Jérôme, Ambrosiaster, Fulgence de Ruspe, etc. 2° décret avec quatre prohibitions, comme dans la recension orientale et, en plus, la règle de charité du texte occidental : 10 manuscrits minuscules, les versions éthiopienne, sahidique, harkléenne, des manuscrits latins. Ces recensions composites ne peuvent prétendre être le texte original. La
question se pose seulement entre la recension orientale et l’occidentale.
Toutes les deux sont attestées par des témoins du n° siècle : la première par Clément d'Alexandrie, Origène et les ancêtres des manuscrits majuscules NA B, etc., et des anciennes versions; la seconde par Irénée, Cyprien et l'original du codex de Bèze, et, bien que l’occidentale ne soit représentée que par un majus-
cule grec, elle est presque aussi bien documentée que l’orientale. Nous renvoyons au
Commentaire, xv, 20, 21; 28, 29, les explications sur la signification des termes. Au point de vue interne, la recension orientale paraît être authentique. Elle est bonne au point de vue grammatical, ce que n’est pas la recension occidentale. Seule, elle répond à la question qui était posée au concile de Jérusalem. Les païens convertis ne seront pas obligés d'observer la loi mosaïque ; mais, pour faciliter leurs rapports avec les Juifs convertis, ils s’abstiendront de ce qui était le plus en horreur à ceux-ci: des viandes sacrifiées aux idoles, du sang et des viandes étouffées et, en outre, il leur est ordonné de ne plus commettre de fornication, ce péché si fréquent chez les païens.
La recension occidentale présente une sorte de petit catéchisme moral. Les païens devront s'abstenir de pratiques idolâtriques, de l’homicide, de l’impureté, et pratiquer la charité fraternelle. Ceci ne répond pas directement à la question posée à la conférence et à la situation. En outre, il est difficile d'expliquer comment le texte oriental proviendrait d’un texte primitif, tel que le texte occi-
. dental; il faudrait montrer comment un décret attribué aux apôtres, présentant un résumé systématique de la morale chrétienne, repris et retravaillé dans les
formules morales et les catalogues de péchés des livres du Nouveau Testament, basé directement sur les paroles de Jésus, aurait été changé en un décret obscur, en contradiction apparente avec les paroles de l'Évangile et avec les idées de l’âge apostolique. Au contraire, on peut supposer qu’au milieu du n° siècle on a
(1) In epist. ad Galatas, V, 2.
LE DÉCRET APOSTOLIQUE. RER τς
pu modifier le texte oriental, qui était le primitif, pour l'adapter au temps, qui ὁ ne connaissait plus les observances légales ; on en a fait un petit code moral, tel que le donne la recension occidentale. : ἘΠ
Harnack cependant, qui tout d’abord avait admis l'originalité du texte orien= tal (1), soutient (2) maintenant, à la suite de Resch (3), que la recension occidentale est originale. Si l’on supprime πνικτῶν comme n'appartenant pas au texte. primitif, le décret, dit-il, s'adapte mieux à l'état des choses, ainsi qu’il essaye de le démontrer. En effet, πνικτῶν manque dans D d, un minusc. du Mont Athos, Lawra, Sah. Irén. Porphyr. Gig. Aug. Tertull. Cyp. Pacien, Jér. Ambrosiaster, Fulgence. Il est combiné avec αἷμα pour former une seule idée dans la Vulgate [sanguine suffocato] et par Cyrille de Jérusalem [αἵματος πνικτοῦ] et par Gaudeuce [a sanguine id est suffocatis]. De cette discussion, Coppieters conclut que le décret tel que l’auteur des Actes l’a inséré dans son livre, ne comprenait pas la regula aurea et renfermait quatre prohibitions. Il admet donc que la recension orientale est le texte original. Il ajoute que plutôt d'accepter le texte de la recension occidentale, il faudrait sacrifier l’historicité du décret et reconnaître que l’auteur des Actes s’est trompé en introduisant dans son histoire une décision que les apôtres n'avaient jamais prise.
IT. AUTHENTICITÉ DU DÉCRET APOSTOLIQUE. — La partie positive du décret, à savoir . que les observances mosaïques ne seront pas imposées aux convertis du paga-
nisme, n’est pas discutée au point de vue de son authenticité; reste à examiner
la partie négative, c’est-à-dire les prohibitions du décret qui sont seules en discussion. Partant de ce prétendu fait que ce décret dans sa partie négative était en opposition avec ce que Paul raconte sur la conférence de Jérusalem dans l’épitre aux Galates, divers critiques en ont conclu que ce décret n’avait pas été porté lors de la conférence de Jérusalem, ni de concert avec Paul et Barnabé. 1] l'aurait été par les judéo-chrétiens en l'absence de Paul et peut-être contre lui. Cette hypothèse avait été présentée par Ad. Ritschl, qui l’avait plus tard aban= donnée. Elle fut reprise comme probable par Weizsäcker, qui suppose que ce décret fut porté à Jérusalem après l'affaire d’Antioche. Mc Giffert le place après le départ de Pierre et de Paul de Jérusalem, mais avant l'affaire d’Antioche, qu’il aurait causée. Harnack (4), ainsi que nous venons de le dire, a récemment changé d'opinion. Mais 1] avait auparavant soutenu (5) que le décret avait été publié immédiatement avant le retour de Paul après son troisième voyage apostolique :. Jacques, xxr, 25, l'aurait annoncé à Paul comme une mesure récente que celui-ci ignorait. Quant aux païens qui ont cru, nous leur avons envoyé une lettre]
jugeant qu’ils devaient se garder des viandes sacrifiées aux idoles, du sang des
animaux étouffés et de la fornication, xx1, 25. ἃ. Sommer, H. Holtzmann, C. Clemen, E. Schürer adoptent des solutions analogues mais ne fixent pas la date du décret. À. Seeberg rejette seulement la prohibition du sang et des ani-
(1) Das Aposteldekret, Sitzungsberichte ἃ. K. Preuss. Akad. ὦ. Wiss., 1899, Berlin.
(2) Die Aposteigeschichte, p. 190.
(3) Das Aposteldekret nach seiner ausserkanonischen Texkgestlalt, Leipzig, 1905.
(4) Die Apostelgeschichte, p. 190.
(5) Das Aposteldekret, dans Sifsungsberichte de l'Acad. de Berlin, 1899, p. 168-169 et dans: Lukas der Arzt, p. 91.
7 EXCURSUS τα. ie
maux ice Oort (1 (1) croit que le del ἃ. διό porié par une communauté juive, vivant en terre païenne, en Asie Mineure, à Alexandrie, ou à Corinthe. D’après Goguel, le décret apostolique est postérieur à l'époque à laquelle le
Jérusalem et le décret qui en a été le résultat sont une invention des temps post- apostoliques (120-150) pour établir la position des convertis du paganisme par rapport à la Loi mosaïque.
Passons rapidement en revue les diverses objections qui ont été présentées contre l'authenticité du décret apostolique.
Ce décret dans ses prescriptions légales est incompatible avec l'esprit du Ε christianisme. Dans ses discussions avec les Pharisiens et dans ses enseignements à ses disciples, Notre-Seigneur affirme nettement que tous les aliments sont purs, Mc. vir, 18-21. Paul, de son côté, enseigne que les aliments sont chose indifférente au point de vue religieux, [ Cor. vin, 8; 23; Rom. xiv, 14, 17; que ces défenses de goûter à tel ou à tel aliment sont des enseignements d'hommes, Col. τι, 21, 22. Cf. 1 Tém. 1v, 1 ss. — Observons que Notre-Seigneur posait un principe général, auquel ne s'opposent pas des prescriptions tempo- raires, édictées dans un but de charité. De même, Paul constate que la manducation detel ou tel aliment ne peut être une affaire de conscience, même si l’animal a été sacrifié aux idoles, mais que le fidèle doit s'abstenir de manger des idolothytes si, par cette action, il scandalise un de ses frères, 1 Cor. x, 28, 32. C'est la solution même qui est donnée par 16 décret. Dans l’épître aux Colos- siens il n’est pas question des défenses légales, mais des Ro judaïsantes ou encratites.
᾿ς L'incident d’Antioche n'aurait pu avoir lieu, dit-on, si la question alimentaire avait été réglée par un décret apostolique. En fait, il ne s’agit pas dans l'affaire
convertis de continuer à observer la Loi mosaïque en s’abstenant de manger avec des non-Juifs. D'après les gens qui étaient venus de Jérusalem, les chrétiens d’origine juive ne pouvaient pas participer aux repas des païens convertis. C’est contre cette opinion que s'élève Paul.
Si le décret a été porté, comment Paul n’en moe pas dans son épître aux Galates ou dans ses autres lettres à des communautés, composées en majorité de convertis du paganisme ? Le décret indique que ce qui était imposé aux paganochrétiens ne l'était pas comme un conseil, mais comme un ordre : ce qui était imposé était nécessaire, ἐπάναγχες. Pour expliquer le silence de Paul sur ce décret, observons qu'il a communiqué aux communautés, qu’il a fondées, ce qui était l'essence même du décret, à savoir que les païens convertis n'étaient pas assu- jettis à l'observation de la Loi mosaïque, xv, 28. Quant aux défenses, la dernière était d'ordre moral, et Paul l’a souvent répétée dans ses épitres; pour les trois autres, d'ordre alimentaire, il en a redit le principe, qui était un motif de charité, T Cor. vur, 9-13; x, 23, 25, 28. D'ailleurs, le décret ne visait que les communautés de Syrie et de Cilicie, Paul n'avait donc pas à le mentionner dans toute sa teneur des communautés où la situation était toute différente, vu le petit nombre de à Juifs qui s’y trouvaient.
- (1) Op. cit., p. 112.
rédacteur des Actes en place la promulgation. Pour Hilgenfeld la conférence de
d'Antioche de la situation des païens convertis, mais de l'obligation pour les Juifs