‹ Les Actes des ApôtresChapitre 44 sur 358 · DATE ET LIEU DE COMPOSITION DES ACTES, LEURS DESTINATAIRES.. CXVIE · texte numérisé non relu

DATE ET LIEU DE COMPOSITION DES ACTES, LEURS DESTINATAIRES.. CXVIE

Paul avait quitté son logement. On ne comprendrait pas que Luc, après avoir intéressé le lecteur aux poursuites dirigées contre Paul, au progrès de son: procès n’en ait pas raconté l'issue si celle-ci s'était déjà produite au moment où ilécrivait.

| Dans tout le livre des Actes, où l’on relève diverses prophéties ou allusions aux événements futurs, jamais il n'y a une prophétie ou une allusion au martyre de Paul; il est parlé de sa captivité, des mauvais traitements que lui feront subir les Juifs à Jérusalem, jamais sa mort n’est prédite ou il n'y est fait allusion,

sauf quand Paul dit aux fidèles rassemblés autour de lui à Milet, qu'ils ne

devaient plus voir son visage, xx, 38. Mais faisait-il ici allusion à sa mort?

Harnack conclut : « Les versets de la fin des Actes et l’absence de toute indication dans le livre des Actes du procès de Paul et de‘son martyre rendent très vraisemblables que le livre Le écrit quand le procès n'était pas encore terminé » 1b., p. 69.

fl n'est pas fait allusion non plus dans les Actes aux grands événements de l’année 70, de la fin de l'État juif, de la prise de Jérusalem et de sa destruction par les Romains. Les Juifs y sont encore en pleine activité, persécuteurs et non : persécutés. Le silence absolu de Luc sur tout ce qui s’est passé entre les années: 64 et 70 prouve que les Actes ont été écrits avant l’année 64.

De ces arguments plutôt négatifs et même subjectifs, Harnack passe à des: preuves d'ordre positif, parce que basés sur le dictionnaire. Pour désigner Notre-Seigneur, Luc emploie dans les Actes les termes : Ἰησοῦς, ὃ Κύριος, ὃ Χριστός. Mais pour lui Χριστός n’est pas un nom propre comme ’Insoÿs; il désigne un état particulier : « Pour Luc, dit Harnack, 1Ὁ., p. 72, Χριστός n’est pas un nom propre, comme ᾿Ιησοῦς, mais possède encore toute sa signification de Messie. L’attitude de Luc à ce sujet est plus ancienne que celle de Paul. » Cette façon de s'exprimer est tout à fait primitive et suppose un cercle de lecteurs qui connaissait les idées juives ou plutôt elle caractérise un auteur qui n’était pas forcé: dans l'intérêt de la majorité de ses lecteurs de se servir du terme « Christus » comme d’un nom propre; en d’autres termes le terme Χριστός est employé au sens de Messie et n’est pas un nom propre; ce qu'il devint plus tard. L’em= ploi que Luc fait aussi de la qualification de Jésus, comme 6 παῖς Θεοῦ, indique de même une époque primitive, car elle n'est employée que dans les écrits anciens, Didachè, épître de Clément Romain; ce terme ἃ aussi un sens messianique.

Harnack s'appuie ensuite sur la christologie des Âctes pour établir qu'ils ont. été écrits très anciennement. Fondée sur une doctrine de la messianité de Jésus. qui ne ressort pas d’une saine interprétation des documents, son argumentation: ne peut fournir des résultats certains. On en jugera par le résumé que nous en donnons.

« La venue prophétisée du Messie n'a pas été accomplie pendant la vie terrestre de Jésus; il est encore à venir. Jésus fut à la vérité déclaré Messie par la résurrection, mais même cela ne l’a pas fait le Messie actuel pour ce bas-monde (quoiqu'il le gouverne et cela du haut du ciel). Par une seconde nouvelle apparition dans la gloire sur la terre, Jésus deviendra le Messie actuel (glorifié) pour son peuple. » Or, dans aucun des écrits de la littérature chrétienne primitive ces points de la foi des premiers chrétiens ne sont exposés aussi clairement que

Es καρ. a Σ RM PORT NE UE] ἐς PANNE SAT LE TOR NCA La à ἢ Ὥς RATE Le ὃς ΞΜ

Page 1