CXVIII INTRODUCTION
dans les Actes. Durant sa vie terrestre, Jésus n'était pas encore le Messie, mais un ἀνὴρ ἀποδεδειγμένος ἀπὸ τοῦ Θεοῦ δυνάμεσι χαὶ τέρασι xal σημείοις, τι, 22. Il était celui que Dieu oïignit d'Esprit-Saint et de puissance, x, 37, prophète comme Moïse, πὶ, 22, guérissant tous ceux qui étaient au pouvoir du diable, parce que Dieu était avec lui, x, 38. En le ressuscitant des morts, Dieu a glorifié, nr, 13 s., son παῖς Ἰησοῦς, son saint serviteur, παῖς, qu’il a oint; que Dieu a fait et Seigneur et Messie, Χριστός. Mais les temps messianiques n'étaient pas encore arrivés sur la terre; on avait seulement la certitude que les temps de soulagement et d'accomplissement de la prophétie viendraient par l'envoi de Jésus qui est le Messie déjà désigné : ὅπως ἂν ἔλθωσιν καιροὶ ἀναψύξεως ἀπὸ προσώπου τοῦ Κυρίου xal ἀποστείλῃ τὸν προχεχειρισμένον (prédestiné) ὑμῖν Χριστὸν Ἰησοῦν, ὃν δεῖ οὐρανὸν μὲν δέξασθαι ἄχρι χρόνων ἀποκαταστάσεως πάντων, 111, 20 5. Que la résurrection signifiât l'investiture de la messianité, cela ressort du discours de Paul, x1, 33, où les mots : Tu es mon fils, je t'ai engendré aujourd’hui, se rapportent à la résurrection. Aucune trace de la christologie paulinienne ne se trouve dans les Actes ou dans le {Π19 évangile. Le serviteur oint de Dieu qui a obtenu par la résurrection le trône de l'univers est devenu ce qu'il est par Dieu qui l’a amené comme Sauveur, xur, 23, mais il n’est pas encore monté sur le trône de David — celui-ci sera possédé par Jésus seulement lors de sa seconde apparition.
Nous devons dire que Luc, écrit Harnack, en dépit de ses rapports avec Paul,
demeure bien au-dessous de l’Apôtre dans sa christologie, et en complète indépendance il professe une christologie derrière laquelle il n’y en ἃ pas en définitive de plus ancienne; — le caractère archaïque des discours de Pierre en est une preuve. — On peut en dire autant de sa conception de la mort du Christ; elle est, il est vrai, pour Luc d’une haute importance pour le pardon des péchés, ir, 18, mais sur ce point il n’a pas atteint les hauteurs de la doctrine paulinienne. Cependant, dans le discours de Paul aux presbytres d'Éphèse, xx, 28, la mort du Fils paraît comme le moyen nécessaire par lequel Dieu s’est acquis son Église. C'est une des réminiscences de la doctrine de Paul, si nombreuses dns ce discours. De cet état de la christologie des Actes, indépendante de celle de Paul, on doit conclure à la haute antiquité de ce livre. Il est impossible que dix ou vingt ans après la mort de Paul ce livre n’eût pas subi l'influence de la christologie paulinienne, si répandue alors dans l’ Église. Harnack trouve encore des preuves de l'ancienneté des Actes dans l'emploi qui y est fait des termes οἵ χρηστιανοί, of μαθηταί, ἣ ἐκκλησία, ὃ λαὸς τοῦ Θεοῦ, À παροιχία, πάροιχοι. Il remarque que le dimanche ny est pas encore appelé le jour du Seigneur, mais ἣ μία τῶν ca66druv, xx, 7. Bien que gentil, et écrivant pour des chrétiens, issus de la gentilité, Luc fixe les dates d’après le calendrier juif et se réfère aux coutumes religieuses juives, ce qui présuppose que ses lecteurs étaient au courant de toutes ces choses; cf. Harnack, Die Apostelgeschichte, p. 33.
Les objections contre cette ancienneté des Actes se réduissent à deux » le III: évangile, antérieur aux Actes, ἃ été composé après la destruction de Jérusalem ; il est difficile d'expliquer les légendes concernant les apparitions de Jésus ressuscité et l'ascension si l’on suppose qu’elles existaient avant la ruine de Jérusalem. Harnack établit que le II° évangile ἃ été écrit, ainsi que les Actes du vivant de Paul; cf. Neue Untersuchungen zur Apost. und zur Abfassungszeit der synopt. Évangelien, p. 81 s. Quant à la seconde difficulté,