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II. — Lieu de composition des Actes

Les critiques s'accordent sur un seul point, à savoir qu'on ne peut fixer d’une ᾿ façon certaine le lieu de composition des Actes. On propose Antioche, Jérusalem, Éphèse ou Rome. Voici quelques-uns des arguments qu’on fait valoir en faveur de ces différentes villes.

Antioche. La tradition la plus ancienne, rapportée par Eusèbe et lui venant probablement de Jules l'Africain, a uni Luc à Antioche, peut-être parce qu'il y était né, ou parce que dans les Actes il s’intéressait beaucoup à cette ville (οἵ. vi, 6; x1, 22, 24, 26; x1, 25, 28-30; xv, 1 s.; 36-39), qu’une partie de ses documents en venaient, et qu'il connaissait bien la façon dont cette ville avait été évangélisée, x1, 20, l'initiative qu'elle avait prise dans l’œuvre des missions évangéliques, x, 1 5. Mais cela prouve seulement que Luc, originaire probablement d’Antioche, a pu être instruit sur tout ce qui concernait l’église de cette ville, mais non qu’il y a écrit son œuvre. Si cet argument eût été valable, ‘il était plus probant pour Jérusalem. +

Jérusalem. Luc paraît, en effet, bien connaître cette ville et ses diverses organisations politiques, civiles et religieuses. Une grande partie de ses documents se rattachent à Jérusalem et il y ἃ trouvé plusieurs des renseignements qu’il transmet dans la première et aussi dans la seconde partie des Actes. Mais on ne voit pas que Luc ait jamais vécu longtemps à Jérusalem et qu'il ait pu y écrire son livre après la première captivité de Paul à Rome.

Éphèse. Cette ville a été proposée parce que Luc s'étend beaucoup sur le

ministère de l'Apôtre dans cette ville, qu’il connaît bien ses institutions civiles et religieuses, ce qui fait le caractère spécial de cette ville. Mais il a pu être

au courant de tout cela, sans avoir composé les Actes à Éphèse. Il semble que s’il les avait écrits dans cette ville, il aurait parlé des dificultés qu'a eues Paul

avec l’église de Corinthe pendant son séjour à Éphèse. On a fait remarquer (2).

que la tradition synoptique qui se décèle dans le ΠΥ évangile est celle de Luc, ce qui rattacherait celui-ci à Éphèse, où vivait l'apôtre Jean.

Rome. Les derniers événements racontés par les Actes se passent à Rome et l'on dirait bien que l’auteur les a écrits sur les lieux. La tradition depuis Jérôme y a fixé la composition des Actes, car Luc paraît les avoir écrits pendant la captivité de Paul et avant que celui-ci ait été jugé. Zeller et plus tard Loisy

(1) The composition and date of Acts, p. 65 ss. (2) Hozrzmanx, Die schriftstellerische Verhällniss des Johannes zur dem Synoptik : Zeit.

für wiss. Theol., 1869, p. 62 88.

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INTRODUCTION

EXX

adoptent Rome pour lieu de composition ou de remaniement des Actes parce qu'ils y découvrent une préoccupation ecclésiastique dominante et, d’après Loisy, le dessein de promouvoir la suprématie de l’église romaine. « L’argumentation, dit Goguel (1), perd beaucoup de sa force s’il faut, comme nous le croyons, faire abstraction d'une préoccupation consciente et systématique pour ne retenir que la projection toute spontanée dans le passé de l’état de fait que l’auteur trouvait autour de lui. Nous ne voyons pas d’ailleurs quels traits, dans les conceptions ecclésiastiques que reflète le livre des Actes, pourraient être spécifique-

ment romains. » — L'opinion la mieux appuyée est, nous semble-t-il, celle

qui admet que les Actes ont été écrits à Rome. III. — Les destinataires des Actes.

Luc a-t-il écrit les Actes pour des lecteurs encore païens ? C’est improbable, vu qu'ils contiennent bien des détails que des païens n'auraient pas compris ou les a-t-il écrits pour des lecteurs judéo-chrétiens, ce qui paraît peu probable, vu que rien n'y est en leur faveur? « Rien, dit Goguel, 56., n'indique que l'auteur ait éu en vue un cercle défini de lecteurs et qu’en même temps qu'à Théophile ce ne 5010 pas à l’ensemble des chrétiens qu’il ait songé. » Il écrivait donc pour les chrétiens, issus de la gentilité, probablement pour les chrétiens de l’église de Rome.

(1) Le Livre des Actes, p. 356 8.

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