LA LANGUE ET LE STYLE DES ACTES DES APOTRES. CLXXXIX
nomie chrétienne : ἁγιάζειν, ἅγιος, ἀδελφός, ἀποστολή, ἀπόστολος, ἀπώλεια, ἄρτος, βαπτίζειν, βάπτισμα, βασιλεία, γλῶσσα, διακονεῖν, διαχονία, ἐχχλησία, ἐλπίζειν, ἐλπίς, ἐξουσία, ἐπίσχοπος, ἐπιστρέφειν, ἔργον, εὐαγγελίζεσθαι, εὐαγγέλιον, ζωή, θάνατος, ἱερεύς, καλεῖν, χαταλλάσσεσθαι,. χοινωνία, χόσμος, μετάνοια, ὑετανοεῖν, δὸός, πιστεύω, πίστις, πιστός, πνεῦμα, πρεσόύτεροι, συνείδησις, σώζεσθαι, σωτήρ, σωτηρία, ταπείνωσις, υἱὸς τοῦ Θεοῦ, υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου, χάρις, Χριστός. « Through greek words were used, dit Hatch, Essays in bibl. Greek, p. 11, they were the symbols of quite other than Greek idees. »
Sur l'influence de la Kow palestinienne sur les écrits du N.T., voyez A. Tauws, Die griechische Sprache im Zeïtalter des Hellenismus, p. 179, ss. Strassburg,
De Zwaan, op. cit., p. 64, conclut que le grec des Actes est essentiellement vivant : il combine les éléments divergents, grec littéraire, grec de la conversation, sémitismes, latinismes en une unité réelle. Cette unité cependant résidait finalement dans l'esprit de l’auteur. Il lui était naturel, et cette disposition l’a guidé à travers toute son œuvre, pour garder le côté élevé du langage populaire. Une légère addition de mots et de constructions plus ou moins littéraires rend témoignage de cette tendance, même dans les premiers chapitres, où elle était restreinte par la nature de ses sources et par une adaptation du style au lieu où se passaient les événements et aux personnes qui y participaient. On reconnaît aussi dans le style de l’auteur un grand pouvoir pittoresque et dramatique et dans le récit un mouvement qui se traduit quelquefois par sauts et par bonds. Ceci est peut-être dû non seulement au caractère individuel de l’auteur mais peut l'être aussi par une cause plus profonde, l'influence alexandrine. Afin de réagir contre un style narratif, compact et ininterrompu, des faits pathétiques et une composition épisodique donnaient à l'ensemble un mouvement dramatique. Plutarque présente ces mêmes caractères dans son histoire et Luc paraît être dans ce même courant. Cependant, tout bien considéré, son style était pour lui un sérieux désavantage (drawback). Il répondait à son dessein, car il était bien adapté aux lieux étrangers et à un sujet exceptionnel maïs, à moins qu’une prose plus narrative de cette technique vienne au jour, nous pouvons seulement témoigner qu'il alla assez loin en ce sens dans la première partie de son livre. Son style personnel se montre dans les discours et les parties narratives de la seconde partie, où il semble avoir eu la main libre, quoique même là il puisse avoir été sous l'influence de ses lecteurs chrétiens, laquelle le restreignait, et cela plus que nous ne serions capables de le savoir. Cependant, il est indubitablement dans son style le plus grec des écrivains néotestamentaires, peut-être aussi par ce fait qu'il a possédé un délicat sentiment d'humour et une certaine retenue de puissance.
Me Lachlan, (1) nous explique ce qu'est cet humour de Luc et comment 1] se montre dans ses écrits. « L'humour participe au mystère qui s'attache à toutes les formes de l'émotion humaine, dit J. Reid, art. Æumour, dans Encyclopædia of Religion and Ethics, Vol. VI. p. 872 s. L'opinion commune des psychologues modernes est que la perception de l’incongru et du contradictoire est la cause ou la source de l’humour. » L’humoriste saisit ou fait ressortir le manque de proportion entre les choses et les contradictions qu'elles présentent. I1 découvre
(1) St. Luke, the man and his work, Manchester, 1920, Ὁ. 144-160.
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les bizarreries et les contradictions de la vie, signale l'existence de ce qui est inattendu et absurde et extrait de la joie de ce qui pourrait être une cause de tristesse. " \
Mc Lachlan a retrouvé des traces de l’humour dans le troisième évangile : Parabole des invités récalcitrants, xiv, 16-24; Parabole de la visite à un ami pendant la nuit, χι, 5-8. Il en trouve aussi dans les Actes : L’émeute des ouvriers à Éphèse, χιχ, 23-41; le séjour de Paul à Athènes, xvur, 16-30; le discours de Tertullus xxiv, 1-8; la réponse de Paul au chiliarque Lysias, xx, 24-29; les paroles de Paul aux Juifs de Rome, xxvur, 22.
Dans l'émeute d'Éphèse le récit de Luc est sarcastique et méprisant; les ouvriers croyaient rendre leurs hommages à la déesse par leurs acclamations; Luc n’y voit que des cris et non des prières. Il décrit le tumulte d’une façon humouristique : Et donc, les uns criaient une chose, les autres une autre, car l'assemblée était en confusion, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils étaient réunis, xix, 32. Tout en étant conciliant, le Grammate se moque un peu de ses auditeurs et les rappelle à la réalité des choses.
A Athènes, quelques-uns des philosophes traitent Paul de σπερμολόγος, assembleur de mots, discoureur; pour eux il n’était pas un philosophe original, mais un pilleur de fragments de philosophie, xvir, 18. L'amour des Athéniens pour la nouveauté est spirituellement décrit : Tous les Athéniens et les étrangers domiciliés [chez eux] ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter ce qui [était] le plus nouveau, xvir, 21. Îls étaient δεισιδαιμονέστεροι, extrêmement religieux, très dévots, ᾧ 22, pour ne pas dire bigots. Paul rend hommage à la piété des Athéniens, mais avec une certaine ironie.
L'auteur des Actes se complaît à rapporter le discours pompeux et embrouillé de l'avocat Tertullus au procurateur Félix : Que d'une grande paix nous jouissions par toi et que des réformes aient été faites pour cette nation par ta prévoyance, en tout et partout nous les accueillons, très excellent Félix, avec une entière gratitude. Mais pour ne point trop te retenir, je te prie de nous écouter un instant selon la bonté. Et ensuite, il expose l'accusation en quelques mots, XXIV, 2-8.
Teintée d'humour est aussi la réponse de Paul au chiliarque lui disant : Moi, j'ai acheté fort cher ce droit de cité; et moi, dit Paul, je l’ai de naissance. Il en est de même de la réponse des Juifs à Paul : Quant à nous, ni nous n’avons reçu lettre à'ton sujet de la Judée, ni aucun des frères n’est venu qui nous ait rapporté ou dit quelque mal de toi. Mais nous voudrions bien apprendre de toi ce que tu penses ; car de cette secte nous savons que partout on y contredit, xxvinr, 21.
Le colloque de Paul et du roi Agrippa laisse percer aussi une certaine pointe d'humour : Crois-tu, roi Agrippa, aux prophètes? [dit Paul] Je sais que tu y crois. Et Agrippa [dit] à Paul : Pour un peu, tu me persuades de me faire chrétien. Et Paul : Qu'il plaise à Dieu que, pour un peu et pour beaucoup, non seulement toi mais aussi tous ceux qui m'écoutent aujourd'hui, vous deveniez tels que je suis, à l'exception de ces chaînes, χχνι, 27-28.
La réponse de Paul aux licteurs qui lui annoncent que les préteurs de Philippes ont ordonné son élargissement et celui de son compagnon ne manque pas de saveur humouristique : « Après nous avoir fait battre de verges publiquement et sans jugement, nous qui sommes Romains, ils [nous] ont
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