‹ Les Actes des ApôtresChapitre 89 sur 358 · CLXXXVII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXVII INTRODUCTION

il y a trois fois μέν (ouquatre fois d’après le texte occidental), mais ou il n’y a pas opposition ou elle est peu développée, sauf un exemple dans le texte occidental, ru, 17; enfin, le discours de Paul devant Agrippa offre trois ou quatre ἀλλά, un seul μέν, qui n’est pas contrebalancé par le δέ habituel. Cela ne veut pas dire

que les livres de Luc soient dépourvus de tout art rhétorique et qu’on n'y trouve

plus d'aussi belles phrases que celles de Zc. 1, 1-4 et Actes, xv, 24-26. Si cet art y avait été introduit, ces écrits auraient perdu beaucoup de leur simplicité native et la narration et le discours se recommanderaient moins aux lecteurs, car les rhéteurs eux-mêmes n’ignorent pas que pour les hommes il faut employer un langage simple. »

Simcon, The Writers of the New Testament, p. 22, conclut que la langue de Luc, ne cesse jamais d’être hellénistique, quelque effort qu'’ait fait celui-ci pour imiter la langue classique. Même lorsque le style reste grec, il est encore sous l'influence de la langue hébraïque.

Luc, a-t-on dit, s’est efforcé d’imiter la langue des Septante, qu’il considérait comme une langue sacrée. Il s'est inspiré aussi des enseignements chrétiens, de la prédication qu'il a entendue. Il en est résulté que sa langue est empreinte

. d'idées chrétiennes, c’est un grec chrétien. Certaines expressions en témoignent.

Le terme 650 est employé au sens de « religion » ou de « christianisme », 1x, 2; xx, 8, 25; χχιῖ, 4; xxIV; il peut être accompagné d’un nom qui le précise et en fixe Le sens : 600 σωτηρίας, xvi, 17; δδὸς τοῦ Θεοῦ, xxv, 26; 6006 τοῦ Κυρίου, xxv, 25. Sont d’origine chrétienne les constructions de πιστεύω avec ἐπί, 1x, 42; χι, 17; xvVI, 31; xx11, 19, où avec εἷς, x, 43; χιν, 23; χιχ, 4, au lieu du datif, v, 14; vit, 12; xvi, 34; xvint, 8; xx1v, 14; xxvi, 27. Ces constructions propositionnelles sont très rares dans les Septante : ὃ πιστεύων ἐπ᾽ αὐτῷ, /saïe, xxviir, 16; πιστεύσωσιν ἐπί σε, Κύριε, Ps. Lxxvir, 26. Cependant le datif n'est pas employé pour exprimer

simplement la confiance, mais il comporte avec lui un sens religieux : Dieu, un

apôtre, les Ecritures étant l'objet de la confiance ou de la croyance. L'emploi de εὐαγγελίζεσθαι, moyen de εὐαγγελίζω est moins marqué comme expression chrétienne,

car on la trouve chez les auteurs profanes, Aristote, Démosthène, Ménandre,

Longus. Le sens technique « évangéliser » comportait l’accusatif; le datif n'était employé que lorsque l’objet du message était déjà mentionné à l’accusatif vi, 35; le double accusatif de la personne et de la chose évangélisées se rencontre xu1, 32 : ἡμεῖς ὑμᾶς εὐαγγελιζόμεθα τὴν πρὸς τοὺς πατέρας ἐπαγγελίαν γενομένην.

L'absence de la construction courante avec τυγχάνω, au sens de : arriver,

rencontrer par hasard, obtenir par le hasard, indique peut-être l'influence

chrétienne sur la langue des Actes.

Outre les expressions chrétiennes qui impriment à la langue des Actes ce caractère de langue chrétienne, nous devons signaler aussi l'emploi de certains termes grecs qui ont reçu une signification chrétienne et ceux qui se rencontrent pour la première fois dans les Actes et qui ont un sens chrétien. Il en est cependant qui avaient déjà été employés dans un sens analogue à celui qu'ils ont reçu dans le langage chrétien, ἐπίσκοπος, βαπτίζειν, ἀρχιερεύς, προφήτης, σωτηρία, les expressions ἐν Χριστῷ, ἐν Κυρίῳ; πιστεύω avec ἐν, sis, ἐπί. On trouve aussi dans les inscriptions et les papyrus les termes θεός, υἱὸς θεοῦ, Κύριος, σωτήρ, appliqués aux empereurs, mais ils ont un sens tout différent dans les Actes.

Voici quelques-uns des mots qui impriment à la langue des Actes une physio-

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