‹ Les Actes des ApôtresChapitre 26 sur 92 · PREMIERE PERSECUTION · texte numérisé non relu

PREMIERE PERSECUTION

Apôtres^ se dispersèrent hors de Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie.

Elisabeth. Pourquoi se sauvaient-ils? Ils n'avaient donc pas le courage de souffrir pour Jésus-Christ ?

Grand'mère. Tous ne se sentaient pas encore la force de braver les souffrances et la mort; mais la vraie raison pour laquelle ils se sont dispersés fut le commandement même qu'avait donné Jésus-Christ :

« Si les hommes vous persécutent dans une ville, enfuyezvous dans une autre. »

Comme le bon Dieu n'exige pas des hommes qu'ils recherchent les dangers et les souffrances^ ils se cachaient et attendaient que la fureur des Juifs fût calmée.

C'est ainsi que^ sans le savoir et sans le vouloir, les Juifs persécuteurs furent la cause que l'Évangile se répandit au loin, beaucoup plus rapidement.

Pierre. Est-ce que ce n'est pas un peu lâche de se sauver, Grand mère ?

Grand'mêre. Non, mon enfant ; ce n'est que prudent; la prudence n'empêche pas le courage. De même qu'on n'est pas coupable^ quand on est malade, de chercher à se guérir par des remèdes^ de même il est très-permis d'éviter une persécution ou un danger quelconque par la fuite. Ces mêmes Chrétiens qu'on pourrait soupçonner de lâcheté pour s'être sauvés, ont souffert la mort avec courage, plus tard, quand la persécution est devenue plus acharnée.

Louis. Mais pourtant les Apôtres sont restés ? Ils n'ont pas eu peur, eux ?

Gra>d'mère. C'est vrai ; mais les autres Chrétiens n'ont pas

fui parce qu'ils ont eu peur. Saint Pierre' et les Apôtres étaient les chefs de l'Église naissante. Tout en se dérobant le mieux possible à la fureur des Juifs, il était nécessaire qu'ils restassent à Jérusalem, où le troupeau de Jésus-Christ était le plus menacé. Jérusalem était alors le centre de l'Église; c'était naturellement le poste de saint Pierre, chef de l'Église.

Louis. Qu'est que c'est : centre?

Grand'mère. Le centre est le milieu d'une chose. Il fallait donc que le chef de la nouvelle Église restât au centre afm qu'on pût toujours revenir à lui et le consulter sur ce qu'on devait faire.

Marie-Thérèse. Et tous les autres Chrétiens se sauvèrent de Jérusalem ?

Grand'mêre. Non pas tous; quelques-uns même allèrent enlever le corps du premier martyr Etienne et l'ensevelirent; ils déposèrent ensuite son très-saint corps dans un endroit caché. On commença dès ce temps à l'honorer comme une précieuse relique. On a depuis transporté à Rome les ossements de saint Etienne^ premier martyr de la religion chrétiennC;, et ils y sont encore aujourd'hui.

O^SX

SIMON LE ilAGIGIEN.

Graind'mère. Saiil, le jeune homme qui avait gardé les habits des meurtriers d'Etienne, cherchait tous les moyens possibles de détruire le Christianisme naissant; il poursuivait partout les fidèles, entrait dans les maisons, en arrachait les hommes et les femmes qu'on lui dénonçait comme Chrétiens^ et les jetait en prison.

Pierre. Comment un jeune homme seul pouvait-il faire tout cela?

Grand'mère. Outre que Saiil n'était plus un tout jeune homme, car il avait alors environ trente ans, il était citoyen romain et d'une naissance distinguée. Puis, il était déjà connu par sa grande science; enfin, il était un des membres les plus influents et ks plus ardents de la secte des Pharisiens^ qui l'appuyaient dans toutes ces entreprises contre les Chrétiens,

Pour échapper à cette persécution^ les fidèles se dispersaient et passaient de ville en ville.

L'Apôtre saint Philippe^ étant allé à Samarie^, y prêcha; la foule accourait et voyait les miracles qu'il faisait; elle l'écoutait attentivement.

Beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris; beaucoup de possédés furent délivrés des démons qui les tourmentaient, ce qui excita une grande joie parmi le peuple.

Or^, il y avait dans la ville de Samarie un liomme nommé Simon^, qui y avait autrefois exercé la magie.

Louis. Qu'est-ce que c'est : la magie?

Grand'mère. La magie est une science et un pouvoir surnaturels qui viennent du démon ^ avec lequel certaines gens très-coupables ne craignent pas de se mettre en rapport. Il est inutile de vous dire que c'est un grand péché et quon perd son âme en s'alliant-au démon.

Jeanne. Qu'est-ce que c'est : surnaturel?

Grand'mère. Surnaturel veut dire qui est au-dessus des forces naturelles de l'homme. La magie est donc un pouvoir extraordinaire que de méchants hommes reçoivent du démon pour faire des choses extraordinaires. Ce ne sont pas des miracles^ mais cela en a Fair. Le démon^ en effet;, n'a pas le pouvoir de faire des miracles.

Louis. Quels sont les faux miracles que peuvent faire les démons et les magiciens?

Grand'mère. Ils peuvent;, par exemple^, faire apparaître des fantômes ou des flammes^, ou faire entendre de grands bruits, ou bien encore s'enlever dans les airs, et d'autres choses trèsmerveilleuses.

Henriette. Mais alors on pouvait croire que les Apôtres aussi exerçaient la magie?

Grand'mère. Aussi n'a-t-on pas manqué d'accuser de magie Notre-Seigneur et ses Apôtres, et en général tous les Chrétiens qui faisaient des miracles; mais les gens éclairés et de

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