SIMON LE MAGICIEN
bonne foi ne pouvaient pas s'y tromper; les miracles des mauriciens n'amenaient aucun bien et n'avaient aucun caractère de sainteté; les magiciens liés aux démons, étaient des gens intéressés, avides, égoïstes, inhumains, ivrognes, etc., tandis que les Chrétiens menaient une vie très-innocente; ils étaient pleins de charité, d'abnégation, et vivaient dans l'amour de Dieu et de tous les hommes.
Pourtant ce Simon le magicien séduisait beaucoup de monde à Samarie et se faisait passer pour un homme j uste et annonçant la parole de Dieu. Tous l'écoutaient^ depuis les pauvres jusqu'aux riches. Les faux prodiges qu'il faisait les séduisaient et faisaieat croire à ses paroles.
Mais ayant entendu Philippe, ils reconnurent bientôt la différence de sa conduite et de ses enseignements avec ceux de Simon, et ils voulurent être baptisés, hommes et femmes,, au nom de Jésus-Christ.
Alors Simon, lui aussi, entrevit la vérité; ayant demandé à être baptisé, il suivait Philippe et ne le quittait plus; voyant les grands miracles qu'il faisait, il s'étonnait et admirait.
Camille. C'est singulier, Grand'mère, qu'un homme qui s'était donné au démon et à la magie se soit converti.
Grand'mère. Aussi sa conversion n'était-elle ni bien solide, ni très-sincère, comme tu vas le voir tout à l'heure ; il croyait plus avantageux pour lui de suivre Philippe, espérant qu'il lui en reviendrait de grands biens, mais saint Pierre découvrit le fond de sa pensée et la noirceur de son âme.
Les Apôtres qui étaient à Jérusalem, ayant appris les nombreuses conversions que faisait saint Philippe à Samarie, décidèrent que saint Pierre et saint Jean iraient le rejoindre.
Madeleine. Grand'mère^, comment les Apôtres ont-ils pu envoyer saint Pierre qui était plus qu'eux? Il me semble qu'ils n'en avaient pas le droit.
Graind'mère. Parmi les Apôtres tout se faisait dans Thumilité et la charité. Saint Pierre n'allait pas à Samarie^ comme un inférieur envoyé par son supérieur^ mais comme un Apôtre de Jésus-Christ qui ne cherchait 'en cela, comme en tout, que le salut des âmes' et la gloire de son Divin Maître. Dans nos missions, nos Évoques agissent encore avec cette simplicité; ils travaillent comme les plus humbles de leurs prêtres^, allant partout où on a besoin de leur saint ministère.
Saint Pierre et saint Jean arrivèrent donc à Samarie ; ils prièrent pour les nouveaux disciples afin qu'ils fussent dignes de recevoir l'Esprit-Saint; car il n'était encore descendu sur aucun d'eux; ils n'avaient reçu que le baptême au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils reçurent TEsprit-Saint visiblement.
Yalentine. Grand'mère, comment recevaient-ils visiblement le Saint-Esprit.
Grand'mère. Visiblement veut dire que toutes les personnes présentes le voyaient.
Louis. Et qu'est-ce qu'on voyait?
Grand'mère. On voyait une flamme céleste comme au jour de la Pentecôte.
Simon le magicien ayant vu que par l'imposition des mains des Apôtres, FEsprit-Saint était donné, il leur offrit de l'argent, disant : « Ytndez-moi la puissance que donne l'iin-