‹ Les Actes des ApôtresChapitre 30 sur 92 · CONVERSION DE L'ETHIOPIEN · texte numérisé non relu

CONVERSION DE L'ETHIOPIEN

L'Esprit-Saint dit à Philippe:

« Approche près de ce char. »

Philippe^ suivant l'ordre de l'Esprit, accourut près du char et entendit l'Éthiopien lisant le Prophète Isaïe. Philippe lui dit:

« Comprends-tu bien ce que tu lis? »

L'Éthiopien répondit :

a Comment puis-je comprendre, si quelqu'un ne me l'explique? » et il pria Philippe de monter et de s'asseoir près de lui.

Jacques. Pourquoi lisait-il^ puisqu'il ne comprenait pas?

Grand'mère. Parce qu'il était pieux et que les livres des Prophètes étaient une sainte lecture très-recommandée aux fidèles de l'ancienne loi. C'est comme nous maintenant, lorsque par un bon sentiment de foi et de piété nous lisons l'Évangile.

Philippe monta dans le char et il vit que le passage que lisait l'Éthiopien sans le comprendre, était celui-ci: Il a été mené à la boucherie comme une brebis; et comme un agneau est sans voix devant celui qui le tond, ainsi, il n'a pas ouvert la bouchC;, etc. Et l'Éthiopien dit à Philippe :

a De qui, je te prie, le Prophète dit-il tout cela? »

Alors Philippe^ commençant à parler^ lui expliqua cet endroit de rÉcriture et beaucoup d'autres encore; il lui parla des mystères de Jésus-Christ^ et après qu'il eut parlé longtemps, ils vinrent à passer près d'une rivière et FÉthiopien dit :

« Voilà de l'eau. Qui empêche que je sois baptisé? »

Philippe répondit :

« Si tu crois de tout ton cœur, cela se peut.

64 LES ACTES DEb APOTRES.

— Je crois^ dit l'Éthiopien^ que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

Et il commanda d'arrêter le char; tous deux descendirent; ils entrèrent dans l'eau, et Philippe le baptisa.

Lorsqu'ils furent sortis de l'eau, l' Esprit-Saint enleva Philippe. L'Éthiopien, ne le voyant plus, remonta dans son char et continua sa route, le cœur plein d'admiration et de joie. Étant de retour en Ethiopie, il y prêcha l'Évangile de Jésus- Christ comme le lui avait appris Philippe.

Philippe, ayant été ainsi miraculeusement enlevé par le Seigneur, se trouva dans la ville d'AzoT. Ily prêcha, ainsi que dans toutes les villes où il passa, jusqu'à ce qu'il fût arrivé à Césàrée.

Louis. Qu'est-ce que c'est : Azot et Césarée?

Grand'mère, (tétaient deux, villes de la Palestine au bord de la mer; c'est Hérode qui avait presque entièrement bâti Césarée, et il l'avait nommée ainsi pour flatter l'empereur César- Tibère, le tyran de Rome et du monde.

Gra?jd'mère. Saul était toujours exaspéré contre les Chrétiens, disciples de Jésus. Il alla trouver le Prince des prêtres et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas.

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Akmand. Qu'est-ce que c'est : synagogues?

Henriette. Tu le sais bien, grand'mère nous l'a déjà dit

en racontant l'Évangile.

Armand. Non, je ne sais pas, j'ai oublié.

Henriette. Ah bien I si tu oublies tout, c'est ennuyeux à la fin.

Grand'mère. Ma petite Agnella, prends garde de perdre ce nom et de mériter celui de Lionette.

Henriette. Pardon, Grand'mère^ je me suis un peu impatientée; mais c'est la première fois, et Armand est si impatientant avec ses questions !

Grand'mère. Chère petite, pense qu'il a cinq ans. ] ?

Henriette.' C'est vrai, Grand'mère, mais pourquoi oubliet-il ce que^vous avez dit?

Grand'mère. Parce qu'il n'a que cinq ans comme le Petit- Louis.

Henriette. Je ne dirai plus rien, Grand'mère, je ne veux pas que vous m'appeliez Lionette.

Grand'mère. Très-bien, mon enfant ; reste la petite x\gnella, le bon Dieu t'en aimera davantage et moi aussi.

Henriette embrasse sa grand'mère, qui l'embrasse aussi et continue son récit.

Je réponds d'abord à Armand que les synagogues étaient les lieux consacrés, chez les Juifs, à la prière et aux réunions religieuses. Saul demanda donc des lettres qu'il devait montrer aux magistrats et aux chefs de la synagogue de Damas, afin de pouvoir arrêter et faire mettre en prison tous ceux qui lui seraient signalés comme Chrétiens. Il avait le projet de les conduire enchaînés à Jérusalem.

Jacques. Quel méchant homme! J'espère que le bon Dieu l'en empêchera.

Gra>d'mère. Oui, tu vas voir comment le bon Dieu va l'en empêcher.

Il était en route, accompagné de beaucoup de soldats, et il approchait de Damas, quand tout à coup une éclatante lumière du ciel brilla autour de lui.

Jeanne. C'était un éclair?

Grand'mère. Oui, mais un éclair comme le bon Dieu seul

peut en faire et comme on n'en a jamais vu depuis. C'était

une lumière miraculeuse, plus brillante que le soleil. Saul

tomba par terre et entendit une voix qui lui^ disait en

hébreu :

a Saul^ Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il te sera dur de regimber contre l'aiguillon. » Ce qui veut dire : Il te sera difficile de lutter contre moi.

« Qui êtes-vous, Seigneur ? » dit Saul épouvanté.

La voix répondit :

K Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes. »

Saul, tremblant et effrayé^ dit :

« Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? »

Et le Seigneur lui répondit :

« Lève-toi, et va dans la ville; je t'ai apparu afin de t'établir l'apôtre et le témoin des choses que tu as vues et de celles que tu verras lorsque je t 'apparaîtrai de nouveau. Et je te délivrerai de ce peuple qui te persécutera, et des nations auxquelles je t'enverrai pour leur faire connaître la vérité, afin qu'elles se convertissent, qu'elles quittent le démon, qu'elles reviennent à moi. Par la foi qu'ils auront en moi, ils recevront

le pardon de leurs péchés et seront dans le ciel avec les Saints. Lève-toi donc, va à Damas. On te dira ce que tu dois faire. »

Armand, tristement. Mon Dieu^ mon Dieu, je ne comprends rien de ce que dit la voix.

Grand'mère, souriant. Mon pauvre petit, je vais te l'expliquer. La voix, qui était celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ^ dit à Saul qu'il va changer son cœur, qu'il fera de lui un grand Chrétien^ un Apôtre ; qu'il lui donnera la mission de convertir beaucoup de peuples, et qu'il le protégera contre tous les méchants.

Armand, joyeux. Ah ! merci^ Grand'mère^ je comprends très-bien.

Madeleine. Mais comment Noire-Seigneur est-il si bon pour Saul, qui était si méchant pour les Chrétiens?

Grand'mêre. Parce que Notre-Seigneur^ qui voit toutes les pensées des hommes, a vu que Saul, en persécutant les Chrétiens^ ne le faisait par aucun mauvais sentiment.

Henri. Comment? aucun mauvais sentiment. Ce n'est pas mauvais de mettre en prison et de faire souffrir de pauvres innocents ? de faire pleurer ceux qui restaient abandonnés?

Grand'mêre. Si fait, tout cela est mauvais, très-mauvais. Je veux dire seulement que Saul était un ignorant et pas un impie. Bien loin de là ! Saul était très-zélé pour la religion juive; il croyait que c'était servir Dieu que d'empêcher une nouvelle religion de détruire Tancienne. Il regardait les Chrétiens comme des sacrilèges^ et c'est pour cela seulement qu'il les poursuivait. En le faisant, il croyait de bonne foi remplir un devoir sacré.

Ce Saul est le même que le grand Apôtre saint Paul. Vous

verrez plus tard à quelle occasion il a changé de nom. Nous l'appellerons Paul à l'avenir. Maintenant, pourquoi le bon Dieu l'a-t-il choisi de préférence à tant d'autres pour en faire l'Apôtre des nations ? C'est le secret de sa Providence ; il choisit qui il veut, il est le maître de ses dons.

Les hommes qui accompagnaient Paul dans son voyage avaient entendu une voix, mais ils n'avaient pas compris ses paroles ; ils avaient vu la lumière, mais ils n'avaient distingué personne et ils restaient stupéfaits.

Paul se leva de terre, et^ quoiqu'il eût les yeux ouverts^ il ne voyait rien.

Jeanne. Pourquoi cela ?

Grand'mêee. Parce qu'il était devenu subitement aveugle; la lumière céleste l'avait ébloui, et Notre- Seigneur lui faisait ainsi sentir sa toute-puissance.

Les compagnons de Paul le prirent donc par la main et le conduisirent à Damas ; il y resta trois jours sans y voir, ne mangeant ni ne buvant.

Jeanne. Pauvre homme ! comme il devait être malheureux !

Grand'mère. Non, il était pénétré de repentir; la foi en Jésus-Christ remplissait son cœur ; la douleur d'avoir persécuté les fidèles serviteurs du vrai Dieu^ lui faisait accepter avec amour la punition que lui envoyait le Seigneur, et lui inspirait le désir de souffrir davantage encore pour être pardonné.

Or^ il y avait à Damas un disciple nommé Ananie....

Marie-Thérèse. Comment, celui qui était tombé mort?

Grand'mère. Non, celui-là était mort et enterré; c'était un autre disciple du même nom. Le Seigneur ^lui apparut et

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rappela : « Ananie ! — Me voici, Seigneur, » répondit Ananie. « Lève-toi, lui dit le Seigneur, va dans une rue qui s'appelle la rue Droite^ cherche dans la maison de Jude un homme nommé Saul^ de la ville de TarsE;, car il est là en prière. *

Et dans ce même moment^ Paul voyait en esprit....

Louis. Comment, en esprit?

Grand'mère. En esprit^ c'est-à-dire intérieurement^, par une vision surnaturelle, et non pas avec les yeux du corps. Paul vit donc en esprit un homme nommé Ananie qui entrait et lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue.

Ananie répondit au Seigneur :

« Seigneur, j'ai appris de plusieurs Chrétiens combien cet homme a fait de mal à vos fidèles de Jérusalem. Il a même reçu du Prince des prêtres le pouvoir d'enchaîner et d'emprisonner tous ceux qui invoquent votre nom. »

Le Seigneur lui répondit :

« Va, car cet homme portera partout la gloire de mon nom ; il est l'instrument que j'ai choisi pour me faire connaître et devant les peuples et devant les Rois et devant les enfants d'Israël.... »

Valentlne. Qu'est-ce que c'est > les enfants d'Israël?

Grand'mêre. Ce sont les Juifs^, qu'on appelait aussi Israélites.

« Et je lui montrerai, ajouta le Seigneur^ combien il faudra qu'il souffre pour la gloire de mon nom. »

Alors Ananie sortit et entra dans la maison où était Paul et, lui imposant les mains, il dit :

« Saul, mon frère^, le Seigneur Jésus^ qui t'a apparu dans le chemin par où tu venais^ m'a envoyé vers toi, afin que tu voies et que tu sois rempli de l'Esprit-Saint, w

Et aussitôt il tomba des yeux de Paul comme des écailles et il recouvra la vue.

Et Ananie lui dit que Jésus-Christ lavait choisi entre tous pour connaître sa loi et la faire connaître à toutes les nations.

« Et maintenant^ lui dit-il^ qu'attends-tu? Lève-toi, sois baptisé^ et purifie-toi de tes péchés en invoquant le nom du Seigneur. »

Paul se leva, fut baptisé, et^ ayant mangé^ il reprit des forces.

JEA^'NE. Je crois bien ! Il devait mourir de faim ; trois jours sans boire ni mans^er !

Grand MÈRE. Le bon Dieu lui avait donné des forces pour supporter ce long jeûne. Il demeura quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas ; aussitôt après, il se mit à parler dans les synagogues, disant hautement que Jésus-Christ était le Fils de Dieu. Tous ceux qui l'écoutaient étaient dans un grand étonnement et disaient : « N'est-ce pas là celui qui persécutait si cruellement, dans Jérusalem, ceux qui invoquaient le nom de Jésus ? et qui est venu à Damas pour les conduire, chargés de fers, au Prince des prêtres? Comment ce même homme prêche-t-il comme ceux qu'il persécutait encore tout dernièrement? »

Mais Paul ne faisait aucune attention à ces paroles, et réduisait au silence les Juifs qui étaient à Damas, leur démontrant que Jésus était le Christ, le Messie annoncé par les Prophètes.

Henriette. Comment les Juifs ne l'ont-ils pas arrêté et mis en prison, comme il voulait le faire lui-même pour les Chrétiens ?

Granu'mère. Parce que le bon Dieu n'a pas permis que dès le commencement de sa conversion Paul fut soumis à une si rude épreuve. Puis Paul se méfiait des Juifs plus qu'un autre ; irne se laissait pas prendre.

Après avoir passé quelque temps encore à Damas, Paul alla dans les déserts de l'Arabie.

Louis. Qu'est-ce que c'est : l'Arabie ?

Gra>'d'mère. L'Arabie est un pays voisin de la Judée.

He>ri. Pourquoi a-t-il été dans le désert?

Grand'mère. Pour y vivre dans une retraite plus profonde, pour y faire une pénitence plus parfaite et pour se préparej ainsi à son Apostolat. Après y avoir passé quelque temps, Paul revint à Damas et y fit un assez long séjour.

Valentune. Combien est-ce un long séjour?

Grand'mêre. On ne dit pas combien de temps au juste il y resta, mais je pense que c'est plusieurs années, car il est dit que trois ans après sa conversion, les Juifs ne pouvant plus le souffrir, à cause de sa bardiesse à prêcher la divinité de Notre-Seigneur, et aussi à cause des nombreuses conversions qu'il opérait, ils résolurent de le tuer.

Ils voulaient faire au disciple ce qu'ils avaient fait au Maître, De peur qu'il ne leur échappât, ils obtinrent du gouverneur qui gardait la ville pour Arétas, Roi des Arabes, de faire fermer les portes de Damas et d'y mettre des gardes.

Arétas, Roi des Arabes, était en guerre avec Hérode, Tétrarque ou gouverneur de la Galilée. Les Juifs de Damas allèrent donc dénoncer Paul comme un espion d' Hérode, et ils obtinrent facilement du gouverneur un ordre pour arrêter l'espion.

Mais Paul fut averti de leur mauvais dessein. Les disciples le prirent, le mirent dans un grand panier^ attaché avec une longue corde, et le descendirent par une fenêtre pendant la nuit, en dehors des murs de la ville ; car Damas était entourée de hautes murailles. Ainsi il se sauva et alla à Jérusalem.

Louis. "C'est bien fait d'avoir attrapé ces méchants Juifs. Mais pourquoi Paul alla-t-il à Jérusalem ? Celait là qu'étaient les plus grands ennemis des Chrétiens!

Grand'mère. Il y alla^ comme il Ta dit lui-même, pour voir Pierre et|pour conférer avec ^lui comme avec le Vicaire de Jésus-Christ. Il y alla pour lui rendre hommage comme au chef de l'Église, comme à celui auquel il devait respect et obéissance. Il n'avait pas besoin de s'instruire près de Pierre, car Dieu lui-même l'avait miraculeusement éclairé et instruit^ mais pour donner aux siècles futurs l'exemple de la déférence, de la soumission que tous, même les plus savants, doivent au Pape, chef de l'Église.

Grakd'mère. Quand Paul fut venu à Jérusalem, il chercha à se réunir aux autres disciples ; mais tous le craignaient et le fuyaient, croyant encore qu'il venait pour les persécuter et

les livrer au Prince des prêtres. Alors, saint Barnabe^ qui le connaissait, l'ayant pris avec lui, le conduisit aux Apôtres et leur raconta comment Paul avait vu le Seigneur, ce que lui avait dit Jésus dans son apparition, et comment à Damas, devenu fervent Chrétien, il avait enseigné publiquement et courageusement le nom de Jésus. — Pierre le reçut et Paul demeura chez lui pendant quinze jours, ne voyant aucun des autres Apôtres, sinon Jacques, cousin du Seigneur.

Henriette. Pourquoi ne vit-il pas les autres Apôtres ?

Grand'mère. Probablement parce que lesApôtres se réunissaient rarement, par prudence, pour ne pas attirer ^^sur eux l'attention des ennemis de Notre-Seigneur; et puis les Apôtres étaient tous très-occupés à prêcher^ à baptiser, à instruire les nouveaux Chrétiens et à soutenir les faibles qui n'étaient pas encore affermis dans leur foi.

Jacques. Il me semble que les Apures étaient un peu trop prudents ; ils auraient dû avoir plus de courage.

Grand'mère. Cher enfant, la prudence est une vertu qui n'empêche pas le courage.

Les Apôtres étaient prêts à tout souffrir et à mourir plutôt que d'abandonner leur foi; mais [en attirant sur eux-mêmes les persécutions des Juifs^, ils les attiraient aussi sur les nouveaux Chrétiens qui auraient peut-être faibli devant les tortures et la mort. Les Apôtres devaient protéger et ménager ces nouveaux disciples du Seigneur, qui^ un peu plus tard^ obtiendraient la force qui leur manquait encore.

Madeleine. C'est vrai cela. Si on avait tué les Apôtres, que seraient devenus les autres? 11 n'y aurait plus eu personne pour instruire et convertir.

Gra^d'mère. Ce qui est certain c'est que les x\pôtres étaient inspirés par le Saint-Esprit et qu'ils ont agi d'après cette inspiration ; nous ne devons donc pas blâmer leur conduite.

Un jour que Paul priait dans le Temple^, il fut ravi en extase....

Yalentine. Qu'est ce que c'est : ravi en extase?

Graxd'mère. Ravi en extase veut dire que son âme se trouva tellement absorbée par le bon Dieu, qu'elle était au Ciel pendant que son corps seul était sur la terre. 11 vit Jésus, qui lui dit :

« Dépêche-toi^ et sors vite de Jérusalem^ car les Juifs ne croiront pas à ton témoignage sur moi. »

Paul répondit : « Mais^ Seigneur, ils savent tous que c'est moi qui mettais en prison et qui faisais fouetter dans les synagogues ceux qui croyaient en vous. Ils savent que lorsqu'on répandait le sang de votre premier martyr Etienne^ j'étais présent, que je consentais à sa mort^, et que je gardais les vêtements de ceux qui le lapidaient. )>

Louis. Comment? Je ne comprends pas ce que veut dire saint Paul.

Gra>'d'mère. C'est comme s'il disait : Ma conversion est tellement inexplicable sans votre apparition et votre Divinité, qu'ils seront forcés de croire à mon témoignage.

Mais le Seigneur lui dit :

a Va, car je t'enverrai bien loin, vers des nations étrangères. »

En effet, les Juifs-Grecs présents à Jérusalem, contre lesquels Paul disputait pour les faire croire en Jésus-Christ, cherchaient à le faire mourir. Les fidèles, l'ayant su, le conduisi-

rent à Césarée, d'où ils l'envoyèrent à Pierre en Cilicie. De là, il revint en Syrie. Les Chrétiens de Judée ne le connaissaient pas de figure, mais ils savaient qu'il avait autrefois persécuté l'Église, leurs frères les Chrétiens, et que maintenant il prêchait la même foi qu'il s'était efforcé de détruire.

Vers ce temps, les persécutions contre les Chrétiens cessèrent....

Marie -Thérèse. Quel bonheur! Et pourquoi cela ? Est-ce que tous les Juifs se sont convertis ?

Gra>'d'mère. Non, malheureusement pour eux. Mais il arriva que Pilate, suivant la coutume des gouverneurs de la Judée, avait envoyé à Tibère, Empereur des Romains, l'histoire de Notre-Seigneur et de tout ce qui avait rapport à lui. Après avoir lu cet écrit, Tibère, considérant Jésus-Christ comme un Dieu, proposa au Sénat....

Arma:s^d. Qu'est-ce que c'est : le Sénat ?

Grand'mère. Le Sénat était une réunion de personnages importants, que les Empereurs nommaient Sénateurs pour récompenser leurs services.

Tibère proposa donc au Sénat de déclarer que Jésus était Dieu. Mais le Sénat refusa pour plaire à Tibère.

Jacques. Comment cela? Puisque Tibère le proposait luimême?

Gra>'d'mère. C'est vrai, mais peu de temps auparavant, le Sénat avait déclaré que l'Empereur Tibère était un Dieu. Tibère avait refusé d'accepter la Divinité proclamée par le Sénat, et on craignit qu'il ne fût pas content de voir Jésus proclamé Dieu, tandis qu'il avait refusé de l'être lui-même.

Tibère n'insista pas pour la Divinité de Jésus-Christ, mais

il persista dans son idée qu'il méritait les honneurs Divins et il défendit sévèrement de tourmenter ses disciples. Voilà pourquoi les Chrétiens vivaient en paix dans ce temps.

Pierre. C'est dommage que le bon Dieu n'ait pas fait défendre plus tôt qu'on persécutât les Chrétiens.

Grand'mêre. Le bon Dieu permit la persécution dès le commencement du christianisme^, pour répandre dans les pays qui environnaient la Judée, la connaissance du vrai Dieu et la foi nouvelle.

Marie-Thérèse. Comment cela?

Grand^mère. Parce que les premiers Chrétiens et les disciples fuyaient la persécution en se dispersant dans les pays voisins de la Judée ^ et à mesure que la persécution les poursuivait^ ils allaient se réfugier plus loin encore. Tu vois que ce mal a produit un grand bien, puisque partout où arrivaient les Chrétiens^ ils convertissaient beaucoup de monde. Et saint Luc dit^ dans les Actes des Apôtres , qu'on bâtissait partout un grand nombre d'églises et que les fidèles Chrétiens y accouraient en foule et s'y remplissaient de grandes forces et consolations données par le Saint-Esprit.

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