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ON CHOISIT DES ANCIENS

Grand'mère. Le jour suivant, saint Paul et saint Barnabe partirent pour la ville de Derbe. Ayant prêché et converti beaucoup de gens^ ils revinrent à Lystra^ à Iconium et à Antioche. Saint Paul raconta le martyr qu'il avait subi à

Lystra^ enseigna et prêcha encore quelque temps dans chacune de ces villes ; il y établit des Anciens.

Marie-Thérèse. Qu'est-ce que c'est : des Anciens?

Grand'mère. C'étaient des Chrétiens pieux, plus sages et plus éclairés que les autres; ils formaient un Conseil; ils étaient comme des Juges. Là oii il n'y avait pas encore de prêtres, on s'adressait à eux quand on était embarrassé sur ce qu'on devait faire pour tout ce qui regardait la conduite religieuse.

Marie-Thérèse Sur quoi, par exemple?

Grand'mère. Par exemple, s'il y avait une persécution, les nouveaux Chrétiens pouvaient ne pas savoir s'il était permis de se cacher, de s'enfuir; ou bien s'il valait mieux se dénoncer soi-même, pour être martyrisé; ou bien encore si l'on pouvait, en conscience, continuera faire semblant d'être païens, pour ne pas attirer la persécution sur soi et sur sa famille. Dans toutes ces difficultés ils allaient consulter les Anciens, qui leur disaient ce qu'ils devaient faire.

Les Apôtres saint Paul et saint Barnabe partirent encore pour parcourir plusieurs villes et provinces de l'Asie-Mineure ; ils vinrent ensuite à Antioche, oii ils racontèrent aux frères, c'est-à-dire aux Chrétiens (car tous les Chrétiens vivaient entre eux comme des frères dans cet heureux temps de vraie charité), ils racontèrent donc à leurs frères tout ce qu'ils avaient fait depuis leur départ. Ils demeurèrent à Antioche assez longtemps.

DISPUTE ENTRE LES JUIFS ET LES PAÏENS CONVERTIS. LES APOTRES PRENNENT S. PIERRE POUR JUGE.

Grand'mère. Quelque temps après, Paul et Barnabe discutèrent vivement avec des Juifs convertis venus de Judée, qui prétendaient que, pour être chrétien, il ne suffisait pas d'être baptisé, il fallait encore être circoncis comme l'étaient tous les Juifs.

Plusieurs disciples juifs qui avaient conservé l'orgueil de leur nation....

Jacques. Pourquoi étaient-ils orgueilleux? Il n'y avait pas de quoi pourtant.

Grand'mêre. Ils se croyaient la nation la plus favorisée du monde et ils l'avaient été réellement, puisque leur nation avait été choisie entre toutes pourj donner au monde le Messie. Si les Juifs sont tombés si bas, c'est qu'ils ont méconnu et crucifié le Messie.

Quoi qu'il en soit, ces Juifs venus de la Judée voulaient que tous les Chrétiens fussent circoncis; et les nouveaux baptisés ne le voulaient pas.

Henriette. Pourquoi cela? Qu'est-ce que cela leur faisait?

Grand'mère. Parce qu'étant baptisés, étant parfaitement

chrétiens^ ils jugeaient inutile de mêler une cérémonie juive à une cérémonie chrétienne. D'ailleurs, ils n'avaient pas grande confiance dans des hommes qui leur disaient le contraire de ce que leur avaient enseigné Paul et Barnabe.

Saint Paul et saint Barnabe approuvaient et soutenaient vivement leurs disciples, ne voulant pas imposer aux païens convertis une cérémonie inutile et pour laquelle ils témoignaient de la répugnance.

Jacques. C'est très-bien à saint Paul et à saint Barnabe; j'aime bien mieux cela; ils avaient raison et ils ne devaient pas céder! Des mauvaises gens qui ne savent rien et qui veulent faire les maîtres !

GrajN'd'mèpe^ souriant. Tu as bien vite tranché la question, toi. Il paraît qu'elle n'était pas si facile puisque saint Paul et saint Barnabe n'ont pas pu les convaincre.

Elisabeth. Mais pourquoi ne demandaient-ils pas à saint Pierre? Ils auraient été bien vite d'accord, puisqu'il était leur maître à tous.

Grand 'mère. C'est précisément ce qu'ils ont fait plus tard. Après s'être bien disputés, personne ne croyant devoir céder^ on résolut de soumettre la question à saint Pierre. Il fut décidé que ce serait saint Paul, saint Barnabe et quelques autres qui iraient à Jérusalem.

Quand ils arrivèrent^ ils furent reçus avec une grande joie par Pierre et par tous les Chrétiens. Quand Paul et Barnabe rendirent compte de leurs voyages dans les villes de l'Asie- Mineure, et qu'ils parlèrent du sujet principal de leur retour^ quelques Pharisiens convertis à la foi de Notre-Seigneur, se levèrent, disant qu'il fallait que les infidèles fussent circoncis

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