DISPUTE ENTRE LES JUIFS ET LES PAÏENS
et qu'on devait leur imposer de garder toutes les cérémonies de la loi de Moïse.
Les Apôtres et les Anciens se rassemblèrent pour se consulter sur cette question.
Camille. Grand'mère^ je trouve que les Pharisiens ont été bien peu respectueux pour saint Pierre; ils devaient attendre ses ordres , avant de décider eux-mêmes une question si difficile.
Grand'mère. Sans doute^ chère petite ; l'esprit pharisaïque, qui est tout orgueil^ ne les avait pas entièrement quittés à ce qu'il paraît. Ils auraient dû^ comme tu le juges fort bien, attendre respectueusement l'avis de saint Pierre et ne pas donner le leur avant qu'on le leur eût demandé.
Leurs paroles donnèrent lieu à une vive discussion. Pierre alors se leva, et leur parla à peu près ainsi :
« Mes Frères, vous savez que le Seigneur m'a choisi pour parler le premier aux Gentils y afin que par ma bouche , ils puissent entendre la parole de Dieu, et connaître Notre-Seigneur Jésus. Ils ont cru en lui, et Dieu, qui connaît les cœurs, les a reçus parmi les siens, en leur envoyant l'Esprit-SainL comme à nous. Il n'a fait aucune différence entre eux et nous, purifiant leurs cœurs par la foi.
« Pourquoi donc voulez-vous faire ce que Dieu n'a pas fait? Pourquoi voulez-vous leur imposer une cérémonie qu'il n'a pas ordonnée? Nous croyons nous autres, que nous serons sauvés et eux aussi , par la grâce de Notre-Seigneur Jésus- Christ. »
Quand Pierre eut parlé, toute la multitude se tut.
Pierre. A la bonne heure! Voilà de la vraie obéissance.
Grand'mère. Sans doute; c'est ainsi qu'ont toujours fait depuis et que feront toujours les vrais catholiques. Dès que le souverain Pontife a décidé une question, ils se 'soumettent respectueusement; ils croient, et tout est fini.
Les fidèles assemblés écoutaient Paul et Barnabe qui racontaient combien de prodiges Dieu avait faits par leurs mains parmi les Gentils.
Saint Jacques parla ensuite et termina en disant que son avis était celui de saint Pierre , qu'il ne fallait pas inquiéter et repousser ceux des Gentils qui se tournaient vers le Seigneur et qui croyaient en lui. Mais qu'il fallait leur écrire qu'ils devaient persévérer dans la foi, et s'abstenir de tout péché.
Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent qu'on choisirait quelques disciples et qu'on les enverrait avec Paul et Barnabe à Antioche; qu'on écrirait, au nom des Apôtres et des Anciens, une lettre pour les rassurer et les affermir dans la foi. Qu'on ne leur imposerait aucune chose iu'Utile, qu'on ne leur ferait faire que les choses nécessaires, comme de s'abstenir de toute mauvaise action, de ne pas manger des mets consacrés aux idoles. Saint Pierre et les Apôtres ayant approuvé ce que disait Jacques, on écrivit la lettre et les envoyés partirent; étant arrivés à Antioche, ils assemblèrent les nouveaux Chrétiens, et leur remirent la lettre. L'ayant lue, ils se réjouirent beaucoup. Les envoyés des Apôtres leur parlèrent et les fortifièrent par leurs bonnes paroles.
Ces disciples restèrent quelque temps à Antioche; ils revinrent ensuite à Jérusalem auprès de saint Pierre.