‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 12 sur 77 · LIVRE DES COLLOQUES · texte numérisé non relu

LIVRE DES COLLOQUES

15. Depuis la sentence prononcée contre Monsr Michel De montescot dit De la Tour, qui fut lundi au soir 20e du mois, Les Freres assemblez au Colloque ont fait tout devoir de le prier et solliciter d’accepter la dite sentence, et se soumettre au Consistoire de l’Eglise de Londres, comme membre d’icelle. Premièrement Monsr Marie Ministre de la parole de Dieu en l’Eglise de Norwich, avec Maître Étiene Latelais Ancien de l’Eglise de Hamptonne, furent deleguez le 21e de Janvier de la part du Colloque, pour aler voir le dit Mr Michel De montescot autrement dit de la Tour, Ministre de Rouen, et l’exhorter a ce que dessus : Lesquels ne le peurent induire de se soumetre au dit Consistoire, ains usa de cette sentence, Par in parem non habet imperium. Le lendemain qui fut le 22e du dit mois, Messrs Morel et La Touche Ministres de la Parole de Dieu, l’un a la Rye et l’autre a Winchelsay, acompagnez du Sieur Miphane, Ancien de l’Eglise de la Rye, furent députez par la Compagnie des Freres du Colloque pour derechef le persuader d’accepter la dite sentence, et de se presenter encore une fois a la Compagnie des Freres du Colloque: Ils ne profitèrent autre chose, sinon qu’il leur fît promesse de se presenter derechef ; Car il disoit que jamais il ne se soumetroit au Consistoire, ains que plutôt il sortiroit du Royaume. Or ce jour même, comparoissant devant les Freres assemblez au Colloque, Il dît bien qu’il étoit prêt de reconoitre les paroles excessives dont il avoit usé, et ; confessoit en être marri ; Mais qu’il ne pouvoit accepter notre Sentence, et répéta la Sentence que dessus, Par in parem non habet imperium, et dît plusieurs autres choses par lesquelles il ; nous donna assez a entendre qu’il ne vouloit reconoitre le Consistoire pour s’y ranger J paisiblement.

Plus, le 23e du dit mois, Monsr De la Touche Ministre, et le Sieur Miphame, eurent charge i de la Compagnie de prier Messieurs Morel & Marie de prier Mess1'3 De la faye et Fenquerey et D’espoir a ce qu’il leur pleut s’employer envers le dit Monsr Michel De montescot dit de la Tour Ministre de Rouen, pour le persuader de ne refuser la reconciliation avec le Consistoire de Londres, proposée par les Freres assemblez au Colloque : Et iceus n’ayans rien plus avancé que les autres, Et les Freres du dit Consistoire demandans comment ils procéderont envers le susdit Michel De Montescot dit De la Tour, La Compagnie a ete d’avis, que puis que tant de remontrances et prières, tant des Freres Assemblez au Colloque que de ses Freres et compagnons Ministres, et ses amis réfugiez en cette ville, ne le pouvoyent amener a son devoir: Au cas qu’il ne se veuille reconcilier, et reconoitre l’authorité du Consistoire pour s’y ranger dedans la Cene prochaine, qu’il soit procédé contre luy comme contre un mutin et rebelle et infracteur de la Discipline Eclesiastique, Voire jusques a le suspendre de la Communion et de son Ministère. Pour laquelle chose luy dénoncer, le 24e du dit mois, Messrs Anthoine Lescaillet et Philip De la Mothe Ministres de la parole de Dieu, furent ordonnez et en firent leur devoir : Et neantmoins, ne leur donna non plus d’esperance qu’il avoit fait aus autres. Finalement a été avisé, que l’Eglise de Norwich demeurera, saisie des procedures et instructions du fait de Monsr Michel De montescot dit De la Tour Ministre de Rouen, pour les exhiber quand besoin sera.

16. Quant a la question proposée par les Freres de Londres, assavoir s’il est licite ou ; expedient a un Ministre de la parole de Dieu de contribuer aus frais et a, l’equipage des Navires de guerre, lesquels en ce tems on met sur la mer, et participer au butin des Prises qui s’y font ? A été avisé, sans préjudicier aus lois et reglements des Princes pour le fait de la guerre, Qu’atendu les grandes et injustes depredations qui se font dez long tems sous ce pretexte par lesquelles même plusieurs de ceus qui font profesion de Religion ont été grandement endommagez ; Et que l’honneur du Ministère doit être soigneusement conservé de toute aparence de difame, soit d’avarice, on de gain deshonnête, et mécontentement du troupeau ; Il n est nullement convenable és Eglises réfugiées en ce Pais, composées pour la plupart de Marchands et Artisans, que les Freres qui ont charge en l’Eglise, et notamment du Ministère, s’entremettent en tels equipages de Navires de guerre, ni prendre part au butin qui en seroit provenu : et pourtant que les dits Freres s’en doivent du tout abstenir.

17. L’Eglise de Cantorberi aura la charge de convoquer le Colloque prochain, au terme de

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