COLLOQUE IX. CANTORBERY
Les Actes du Colloque tenu a Cantorbery , Van 1590, le 27^ jour de Juin : auquel sont comparus, les Députez des Eglises de langue françoise réfugiées en ce Royaume.
Apres l’invocation du nom de Dieu, Monsr Robert Le Maçon dit La Fontaine a été choisi pour présider en l’Action, et Philipe De la Moihe pour écrire.
1. Suivant les reservations en l’Article premier du Colloque tenu a la Rye, et pour témoigner la liberté des Eglises, La présente Compagnie a aprouvé la Convocation présente des Députez des Eglises en cette Ville de Cantorbery, Les raisons ouïes lesquelles ont été aleguées par les Freres.
2. Apres avoir ouï l’avis de chaque Consistoire en particulier, sur l’Article 7e du dernier Colloque tenu a Londres, Les Freres sont d’avis, que doresnavant en la fin des Colloques sera administrée la sainte Cene du Seigneur, es Eglises ou ils sont assemblez, pour tant plus témoigner l’union des Eglises tant en la Doctrine qu’en la Discipline, et pour plus grande edification et consolation des Eglises, en confirmant la concorde entre les parties, si d’aventure quelque dissension etoit avenue, et auroit été pacifiée par le dit Colloque : En quoy l’Eglise ou se fera le dit Colloque s’acommodera, pour le regard du tems, aus Freres qui y seront assemblez.
3. A été proposé, si quelque Pere vouloit presenter son enfant au Batême, sans aucun Parrein ou Marreine, savoir s’il pourroit être admis : A été répondu, qu’il etoit bon d’observer l’ordre de tout tems établi aus Eglises ; Et toutefois si quelque Pere, nonobstant toutes remontrances a luy faites, persistoit résolument a vouloir ainsi seul presenter son enfant, La Compagnie est d’avis de le soufrir, notamment quand il aparoitroit en cas de refus quelque danger de trouble en l’Eglise.
4. Quant a ceus qui se soustrairont de nos Eglises, pour se ranger aus Eglises Angloises, Les Freres ont jugé qu’il sera expedient que tels soyent déferez tant aus Magistrats qu’aus Pasteurs des dites Eglises Angloises, Et iceus avertis que tels n’êtans plus de notre Communion, ne sont plus aussi tenus pour nôtres, Et nous nous estimons délivrez et excusés du soin et charge tant de leurs âmes que de leurs nécessitez corporelles d’eus et de leurs enfans.