CHAPITRE XIV
Furbitij estant condamné à se dédire de ce qu'il auoit dict contre les Seigneurs de Berne, promet de le faire, et refusant en suite, est reconduit en prison, ou il demeure deux ans.
^rv\Es dispulcs finies, fust or- !^^ donné du grand Conseil que iJ^K. le Docteur Furbity eust à reuocquer ce qu'il auoit mal dict, et mal presché publicquement, au mesme lieu de S' Pierre, à la chierc ; veu qu'il ne le vouUoit ne pouuoit maintenir, combien que on luy aye asscs donné de licence et de liberté de dire et disputer si longuement, et ains que est contenu en sa sentence cy de soubz escripte. La sentence ieclée contre Furbity, il l'accepta, de laquelle fust fort iouieux, car -il pensoit qu'on le deust fayrc mourir, et que on ne deust iamais procéder de telle bénignité et doulceur enuers luy, veu les grandes iniures et oullraiges qu'il auoit dict contre Mess" de Berne, et tous les aultres Allemans qu'on appelle Lutberiens, mais fust mené doulcement, sans seullement luy dire vue iniure, à la grande Eglise S. Pierre, au mesme lieu , à se reuocquer, comme la sentence pour-
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toit cl qu'il auoit promitz. Mais quand fust en la chiere, n'en voullut rien fayre , ains voulloit pallier ou lloureler la sentence; car il scauoit bien que s'il l'auoit faict, on luy bailleroit incontinent congé et ne seroil iamais si bien tracté dans son conucnt, comme il estoit à Geneue ; à celle cause n'en voullut rien fayre, quoy qu'on sceut alléguer, et fust retourné en prison, non pas prison, mais en vne chambre en bon lieu^ qu'on appelloit l'Euescbé , bien tracté du Sodan , qu'on appelle lollier ou Carcellier, et de sa femme, lesquelz estoint encores de sa Loy Papalle : et puys bien dire tracté et nourry aussi bien , ou mieulx que bourjoix ne marchant de la ville : certes aussi ne tachoit guyeres à s'en sourtir : car sans dommaige de sa personne on luy voullut tousiours bien donner congé, en voullant acquiesser et mettre en exécution la sentence. Ce que ne voullut fayre, ains y a demeuré prisonnier iusques après la desliurance de Geneue enuiron de deux ans, iusques à ce que le Roy de France, à la sollicitation des Euesques et Prebstres, l'aye demandé à Mess" de Berne et de Geneue : ausquelz list grand playsir, car ne leur proffîtoit à rien, et ne sauoint que en fayre; et comme plusieurs disoint; y nous vauldroit mieulx nourrir vng bon cheual à l'estable que ne cousteroit pas tant et Ion s'en seruiroit que de nourrir ce grand asne, qui ne sert que boyre et à manger, comme pourceau dans vng estable. Ha certes, si ceulx qui ont procuré sa deliurance estoint si miséricordieux à ceulx qu'on appelle Luthériens, ou qu'on les tracta en telle
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sorle en France et es aultres lieux, que ceulx de Geneue ont tracté Furbily, cerles ilz ne les feroint pas ainsi mourir comme ilz font. Mais parauenlure ilz craignent que leurs prisons ne fussent assés grandes pour tenir tant de gens, et que ne leur cousta trop : car ic suys bien asseuré que si ainsi esloint tractés les poures prisonniers do l'Euangille, les reuenus des Eucsques de France ne seroint pas assés soufTisans pour les nourrir es prisons, tant y en auroit : mais les grandes oppressions cl maulx qu'on leur faict, les grandes tyrannies qu'ilz soultrent, les faysant brusier à petit feu, et tous les nombreux tourmens, les géhennes, et tourlures qu'on peult imaginer, les estonnent, en sorte qu'ilz sont contraincts de fayre ce que Icsus Christ conseille en son Euangille ; Si on le persécute en vng lieu, fuys en vng aultre.
Actes cl Gesks merueidcux