‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 5 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Venue de Fromment dans Geneue quand Fromm,cnt y fust la première foys.

Eu de iours après que Farel et ses compagnons furent venus de Geneue Fromment s'y en alla, auec prières et oraysons, se commeUanl du tout à Dieu, luy remettant la cause, le priant qu'il la deust conduire veu qu'elle s^^^ estoit sienne, ne se fiant à nulle puissance humayne, scachant bien que par les petites choses foybles et debilles de ce monde qu'il vient à confondre les grandes, comme il a faict, car il n'estoit de l'eage que de 22 à 23 ans. Et plusieurs aultres de ses frères le recommandoicnt au Seigneur, le priant qu'il luy donna grâce de profiter à aduanccr la parolle, remettant son Eglise à vng aultre Pasteur, homme de bien. Or son premier despartement fut le premier

Si

de la Cité de Geneue. \3

iour de Nouembre 1532, et arriua dans Geneue, le 3®"® dut dit moys. Lequel n'y Irouua personne de cognoissance auec lequel se peult retirer seurement ou famillierement, en sorte qu'il ne sçauoit plus que faire sinon s'en retourner : car ne trouuoit nul moyen pour auoir quelque entrée à prescher la Parolle : Et ceulx qui sembloient auoir quelque seulement et vouUoir d'ouyr l'Euangille, les trouua tant froitz, tant crainlifz et si effarouchez de ce qu'on auoit faict à Farel et à ses compagnons, qu'ils ne se ausoyent magmanifester, et moins le recepuoir en leurs maisons. Qui fust grandement tenté de s'en retourner : toutetïbys reprint courage à louer, d'un nommé Le Patu, la grande salle de chez Boytet, auprès de la grande place du Mollard, et de mettre des billets par tous les carefours de la ville (qu'on appelle escripteaux) affin qu'il peult commencer à prescher dans Geneue ; l a

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