‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 62 sur 84 · CHAPITRE LIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX

La forteresse de Geneue principalle.

LusiEUHS se pourroynt esmerueiller de telles forteresses de ces pays circonuoysins et principallement de ce que l'Euangille a este premièrement planté en ces pays de montaignes Saiioysiennes et comme les Francoys les appellent gens rudes. Mais n'en fault pas estre trop esmerueillé, car si venons considérer de près, nous dirons que Dieu s'est voullu monstrer en ces pays rudes de montaignes que sa puyssance soyt mieulx congnue des hommes. Auec ce a voulu eslire vng peuple rude, vng pays fort el difficile d'entrée aux ennemys, pour en fayre vng bouleuard contre le Pape et les siens. Car s'il estoit question de parler

de pays forlz, certes il fauldroil parler des pays d'icy circonuoysins : car les Valleysians, voysins et amys de Geneue ont les deux passaiges de l'Ytallie, assauoir S' Bernard et le mont S' Pion , qui sont pays si estroiclz qui ne fault (ju'vng dizeine d'hommes pour empescher tant qu'on en sçauroit admener. le laysse les aultres lieux difficiles pour entrer dans Geneue du couslé de la Bourgongne. Qui plus est ont dans Geneue vng Cappilayne qui les conduict, auquel seul ont leur fiance, qui a plus de puyssance que tous les Roys et empereurs de la terre, qui les a preserué iusques à présent de tous leurs ennemys ; C'est Icsuchrist leur Saulueur et Rédempteur et leur principalle forteresse.

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