P.' I FAUT
Messieurs, vous savez, comme moi, h quel point ont renclie'ri les bois de construction et le huis de chauffage... pour ne parler que de ce dernier, et vous soumettre des chiffres qui soient h la portée de tout le momie... la voie de bois revient ici de irente-sii a quarante francs... il y a des cantons en Bretagne ou elle revient a cinj francs, et même à trois francs.
DE KEUNO.NEK.
C'est vrai... je suis du pays.
Répertoire Dramatique.
( 37 ) trembliîi. basàMad. Desperriers et à L ab ourdi nier e. Ce monsieur qui dit toujours c'est vrai a l'air des'enteu Jre avec lui.
labourdinière , de même.
C'est possible.
mad. desperriers, vivement.
Du tout, messieurs... c'est mon frère , un riche propriétaire de la Bretagne.
TREMBLIN.
Pardon , madame.
PIFFART.
Frappé de cette différence , qui pouvait amener d'immenses bénéfices, j'achetais depuis long-temps par-dessous main, et à très-bon compte , tout ce qui se trouvait à vendre dans ce pays... les domaines deKerkado, de Kerkadek, de Versek, et de Lieusek.
DE KERNONEK.
Ah! mon Dieu'... tous mes voisins.
PIFFART.
Propriétés inconnues., de plusieurs milliers d'arpens... Il me manquait un point central qui servît de base et de cheflieu a mon exploitation... lorsque s'est présentée une occasion superbe que je me suis hâté de saisir... une terre qui vaut plus de deux millons, la superbe propriété de la Guichardière vient d'être acquise par moi pour sept cent mille francs.
DE KERNONEK.
Dieu! si je l'avais su.
tous.
Qu'est-ce donc?
DE KERNONEK.
C'est moi qui en étais propriétaire,
TOUS
• Vous, monsieur ?
DE KERTVONEK.
Eh oui, sans doute... C'est treize cent mille francs que j» mets dans la poche de monsieur.
PIFFART.
Pardon, monsieur, je ne vous ai pas forcé de vendre... C'est vous qui me l'avez proposé, et qui même étiez satisfait du prix.
DE KERNONEK.
Parce que je ne me doutais pas qu'il y eût spéculation.
Je n'étais pas obligé de vous le dire... et ce secret, même nécessaire h la réussite de mes projets, a donné naissance à mille bruits divers, induit en erreur plusieurs de ces messieurs, à commencer par M. de Labourdinière qui se croitsi fin et si habile.
TOUS
Ah! ah! ah!
Les Actionnaires G.
labourdiniere , affectant la colèrs.
Monsieur !
tremblin, à Labowdinière.
Il est de fait qu'il l'est plus que vous... (Chuchotement des actionnaires , qui ont Vair de se moquer de Labourdi-
nière.
LABOURDINIÈRE.
Un instant, messieurs, un instant; il faut voir... Je ne nie pas qu'au premier coup d'œil l'affaire ne paraisse magnifique et établie sur les bases les plus avantageuses... mais cela ne suffit pas. ( Nouveau mouvement.)
TREMRL1N.
Il a raison , cela ne suffit pas.
DESPERTHES.
Il faut voir la fin.
CLAIRENET.
Le produit clair et net... ce que nous appelons le dividende.
TOUS
Oui, oui, le dividende.
riFFART.
Il ne me semble pas, messieurs, qu'il puisse être douteux... Voicid'abord les sous seings-privés qui établissent mes droits à ces propriétés... l'estimation de leur valeur par experts, parle produit des impôts. {Montrant les papiers qui sont sur la table.) Voyez, examinez, ainsi que les prospectus lithographies qui v sont joints... et c'est comme acquéreur d'immeubles déplus de trois millions que je viens vous proposer de vous associera mes bénéfices... que je vous appelle comme actionnaires de la société en commandite dont je suis le ge'rant, et qui a pour but l'achat et l'exploitation générale des forêts de la Bretagne.
CRfFORT.
Cela me paraît fort beau. (Murmure de satisfaction.)
desperthes , de même.
A moi aussi.
LABOURDIMÈRE.
Attendons encore.
hardy , se levant.
Attendre pour que d'autres s'emparent de l'affaire... Qui ne risque rien n'a rien,
CRIFORT.
M. Hardy a raison.
En avant.
HARDY
TREMBLIN.
Prenons garde.
de kernoisek, se levant.
Oui, messieurs, prenons garde., car moi aussi je suis actionnaire. J'ai quarante actions, et de plus comme ancien proprie'taire, je connais le terrain... On vous a dit, messieurs, que la voie de bois, qui coûte à Paris quarante francs... ne revenait
(,'3g ) chez nous qu'à cent sous ou trois francs.» c'est vrai; mail pourquoi ?
tous.
Oui , pourquoi?
DE KERNONEK.
C'est qu'il n'y a aucun débouche... aucun moyen de transport... La ville la plus proche est a huit ou dix lieues... il faut donc consommer sur place; et comme il y a chez nous plus de bûches que de consommateurs... on ne peut jamais tout brûler, et le bois est à rien.
TOUS
Voilà.
PIFFART.
Parce qu'on ne sait pas ni tiliser , et c'est à quoi j'ai pense' d'abord. J'e'tablis au centre de l'exploitation une fonderie en fer dont les produits seront immenses, vu le bon marche' des combustibles et les besoins de la population.
CRIFORT.
Il a raison , c'est superbe.
HARDY
C'est une affaire magnifique.
CLAIRENET.
Dans le genre du Creuzot.
LABOURDINIÈRE.
Cela ne paraît pas encore prouve'.
hardy, se levant.
Parce que vous lui en voulez.
crifort , de même.
Parce que vous êtes son ennemi , et que vous voulez nuire à la socie'te'.
trembuin, de même.
Il y a toujours comme cela des faux frères.
TOUS
C'est indigne.
labourdiisière , criant.
Et les moyens de transport, puisqu'il n'y en a pas?
( Grand silence. ) piffart, à Labourdinièrc.
Comment, monsieur, que dites-vous?
LABORUDINIÈRE.
Les moyens de trausjDort... puisqu'il n'y en a pas.
piffart, de même.
J'e'tablis un chemin en fer qui ne nous coûtera rien, grâce à notre fonderie.
TOUS
Il a raison.
HARDY
Un chemin enfer... admirable.
CRIFORT.
C'est deux cents pour cent de be'ne'fice.
CLAIRENET.
Clairet net.
PIFFRÀT.
Clairet net, année commune:
TOUS
Année commune !
PIFFART.
Qu'avez-vous à re'pondre ?
LABOURDINIÈRE.
C'est différent... je n'ai plus d'objections.