‹ Les actionnaires, comédie-vaudeville en un acteChapitre 13 sur 14 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Aie : Amis, voici le jovr gui vient de naître.

Avant qu'ailleurs le bruit ne s'en réponde , Dépèchons-nous, prenons des aclions; A cent pour cent , il se peut qu'on les vende, Nous pouvons tous gagner des millions.

HARDY

Où les prend-on ?

PIFFART.

C'est en bas, à ma caisse.

CMFORT.

Vous le savez , j'en ai trente.

P1FFAET.

Oui, j'entends.

CLAIRENET.

Mo:. cent.

DESPERTHES.

Deux cents.

LABOURDINIÈRE.

Moi j'ai votre promesse , Il m'en faut vingt.

1IAD. DIÎSPERRIERS.

Que n'en ai-je trois cents- CHOEUR.

Avant qu'ailleurs le bruit ne s'en répande, Dépèchons-nous, prenons des aclions; A cent pour cent, il se peut qu'on les vende, Nous devons tous gagner des millions.

( Us entrent tous dans le câliner dj Piffari qui y entre avec eux. Après la sortie des actionnaires deux dynastiques emportent la tabla.)

fkckm IG.

Mad. DESPERRIERS, pas GUSTAVE.

mad. desperriers , suivant Piffart.

Mes aclions, monsieur., je garde mes actions... je les veux... (Revenant) Laissons passer les plus presses... Ce qui me fâche à présent c'est de n'en avoir que vingt-cinq quand mon frère en a quarante... cardes demain, dès ce soir même elles vont monter... (apercevant Gustave qui entré. pâle , endêsordrc, et va sa jeter dans unfauteiul) Ah ! notre jeune caissier... Il n était pas à lase'anco... Si jepouvais. . M. Gustave.,.

GUSTAVE

Qui êtes-vous ?... Que voulez-vous?

MAD. DESPERRIERS.

Ah ! mon Dieu! comme il est pâle ! Calmez-vous... c'est moi qui de's itérai s...

Gustave , se levant.

Quoi', madame., vous'. (A pnrt.) Ah! je n'ose lever les yeux.

MAD. DESPERRIERS.

Vous avez deux cents actions re'mune'ratoires... je l'ai vu dans le prospectus... il faut m'en vendre quelques-unes.

Gustave. , égaré.

Jamais... C'est impossible.

MAD. DESPERRIERS.

Comment... pour la tante d'Estelle...

Gustave , à part.

D'Estelle... Ah ! malheureux !..

MAD. DESPERRIERS.

Combien m'en ce'dez-vous?

CUSTAVE.

Non, madame , non... qu'il ne soit plus question de cela.

MAD. DESPERRIERS.

Et pourquoi ?

GUSTAVE

Air de VEcu de six francs.

Vous êtes sans doule abusée.

C'est vous exposer, je le croi.

MAD DESPERRIERS.

Et si je veux être exposée!

GUSTAVE

Il ne tient qu'à vous, sur ma foi ; Mais ce ne sera pas p; r moi.

MAD. DESPERHIEaS.

Et quels scrupules sont les vôtres?

GUSTAVE

C'est vous tromper.

MAD DESPERRIERS.

C'est mon désir.

Êlre trompée est un plaisir , < Surtout quand on le rend aux autres.

Et je revendrai à be'ne'fice... Mais je vois ce que c'est, vous voulez gagner dessus.

GUSTAVE

Moi , madame ?

MAD. DESPERRIERS.

C'est tout naturel... combien on voulez-vous? parlez...

GUSTAVE

Je vous répète, madame , que je n'en veux rien... que je les garde... et que vous ne les aurez à aucun prix.

MAD. DESPERRIERS

A aucun prix... qu'est-ce que je disais ? Il faut donc que ce soit monte' à taux...

Sccuc 17.

Les Mêmes, LABOURDIÈRE.

ladourdiisière, paraissant a laporte.

Eh bien ! Mm<,Desperriers , vos actions... vous y renonces ?

MAD. DESPERRIERS.

Hein ! qui est-ce qui vous a dit cela?

LABQURDIiNIÈRE .

Vous ne venez pas retirer vos coupons? et déjà tout le monde les veut... elles sontaux enchères.

MAD. DESPEIUUERS.

0 ciel! mes actions !... c'est une indignité'... M. Gustave, je retiens toujours les vôtres, entendez-vous ?... Mais d'abord, je cours sauver les miennes.

LABOURDINIÈEE.

Nous» n'avons pasune minute à perdre. {Ils sorten'^)

^CCttC 18.

Gustave se jette dans un fauteuil, absorbé dans sesréf lexions Quai-je fait ?... où me suis-je laisse entraîner i

^cène 19.

GUSTAVE , PIFFART.

piffart , sortant de son cabinet.

Victoire! la fortune est sauve', et l'honneur aussi.

glstave , se jetant dans ses bras.

Ali ! mon ami !

PÏFFART.

Eh bien... eli bien... qu'est-ce que cela veut donc dire?

GUSTAVE

Pour te tirer d'embarras... j'avais joué.

( PIFFART.

Moi aussi.

GUSTAVE

J'ai perdu... tout...

PIFFART.

Moi , j'ai gagné.. .tout le monde ne pouvait pas perdre... l'affaire est enlevée toutes... nos actions sont prises... elles sont payées, et qui plus est, par le plus grand des hasards l'opération estsuperbe... elle est excellente , je t en réponds.

GUSTAVE

Il serait vrai !

PIFFART.

Il y en a tant de mauvaises... il faut bien que sur la quantité... les actions gagnent déjà , il y a dans ma cour une banque... un agiot... on dirait l'entrée du temple de Plutus, ou du café Tortoni... Tiens, les entei;ds-tu ?

5?ccnc 20 jcî betrutéve»

Les Précédées, DEKERjNOjNEK, Mad. DESPERRIERS, ESTELLE , tous les Actionnaires.

CBÛEUft.

Àm : Ami, voici le jour qui vient d ? naître. Honneur à lui I que Plulus le bénisse! Je vois déjà doubler nos actions.

J'ai cent pour cent déjà de bénéfice ; Quand vous voudrez, nous recommencerons.

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