CV-t un double h^nh^ur
Je fii i s d'abord une excellente affaire, Et puis je p u\ f ire ■ nrageV u.a sœur. E*Nî I MBLK.
DEKERNONEK.
Ah! quel bonheur a peine il «n existe De con parab e à ce ni que je sensj J'. i mis dedan l<- grand capitaliste... J'aurais vendu pour cinq cui n.i.ie francs
P F FART.
Ah! que! Iionh'ii ! ap ine il en existe De e<" p rable à ce lui ne je sens*, L'orsq i'< n espo r onest capita i>tc , Ke^a tl- .-. n à «I ux cent nulle francs!
M\D DKSPKRR ERS.
Ali! qiel épil à e n" ii i n existe lîe c mparafeje à celui que j • s< ns! .. Quel honni eh ur.'iu! q el ,;ran I capitaliste! Donne; ain>i es sept cent mille francs!
Es TELLE.
Ah! quel bonheur! a peine i' en existe De compara Me à ce ni que je sens ; J'aime d -ja < c ,'jr nid capila isie. . J'aurui ma pa i e!e> sept c< nt mille francs.
&ccttc 10.
ESTELLE, pyiê GUSTAVE.
ESTEL! E.
Quel bonheur ! quel bonbeur ! et quel honnête homme que ce M. Piffart! { Apercevant Gustave. ) Ah ! M. Gustave , vous voila.
GISTAVE.
Oir, mademoiselle... Qu'avez-vous donc? quelle joie brille dans vos yeux.? '
ESTELLE
Jugrz si j'ai raison dYtre contente : mon perc vient enfin de vendre sa terre en Bretagne sept cent mille francs.
GISTAVE.
Je lui en fais compliment.
ESTELLE
Et h moi aussi , je vous en prie... car cet argent-là doit servir en parlic à ma dot.
CrSTAVE.
II parait qu'il est déjà question de votre mariage?
ESTELLE
Oui , monsieur... et de mon mari aussi.
ci STAVE.
Et vous pouvez m'annoncer nue pareille nouvelle avec joie ?
ESTELLE
Bien plus, j'espère que \ous la partagerez.
GUSTAVE
Moi!
ESTELLE
Oui , monsieur, sous peiiu; d'être ingrat.
Air : Unit.- o/i de rose.
Je me marie ,
Ft si mou cœur m est r.vi,
C'est (jm ■ uejoiir là. je parie ,
Vous, monsieur, vous direz ausii
Je ii e marie.
CL STAVE.
Que dites-vous?
ESTErLE.
Que cela vous regarde autant <juc moi; car il y a un homme immensément riche, un grand capitaliste, qui vous aime, vous protège, qui s'intéresse a notre mariage.
GUSTAVE
Pas possible.
ESTELLE
Il nous Fait cadeau de cent mille f.ancs... et peut-être même davantage.
GUSTAVE
À moi?
ESTELLE
Oui, monsieur... C'est Lieu comme s'il vous les donnait.
GUSTAVE
Et quel est cet être ge'ne'ivnx... ce dieu tute'lairc ?
ESTELLE
Vous êtes chez lui.
GUSTAVE
Piffart?
ESTELLE
Lui-même !. . ce financier... ce millionnaire. Ah! qu'il a raison d'avoir tant de fortune, puisqu'il en fait un si bon usage !
Gustave , se promenant avec agitation.
Que le diable l'emporte !
ESTELLE
Qu'est-ce cpie celi signifie?... parler ainsi de votre parent, de votre bienfaiteur! un homme si aimable !
GUSTAVE
Je ne dis pas que ce ne soit pas un l)On parent... un bon garçon... j<î lui accorde tout ce que vous voudrez 4 excepté de 1 argent... car il n'en a pas plus que moi...
ESTELLE
Laissez donc... lui qui est à ta tclc d une affaire superbe , où. mon père a pris des actions.
GUSTAVE
Que dites vous?
ESTELLE
Et ma tante aussi... toute la famille...
GUSTAVE
Les malheureux !
ESTELLE
Lui, qui vient d'acheter comptant la belle terre de la Guichardière.
O ciel! celui à qui votre père a vendu....
ESTELLE
C'est M. Piffrat.
GUSTAVE
Il a le diable au corps... il faut l'en empêcher.
ESTELLE
Je m'en garderais bien... mon père est enchante'... c'est une atFairc superbe.
GUSTAVE
C'est sa ruine... Il ne sera pas paye', je vous l'atteste.
ESTELLE
Que me dites-vous ?
GUSTAVE
Pardon... c'est faire du tort à un ami! c'est ruiner toutes mes espe'ranees... mais vos intérêts avant tout.. Prévenez votre père qu'il rompe le contrat... et quant a cette entreprise... j'ai pris désinformations auprès d'honnêtes gens, des gens habiles... elle n'est pas posjiblc.
ESTELLE
0 mon Dieu! que m'appreue/.-vous.
GUSTAVE
Je dc'truis vosrêvesde fortuiieJjj
EST El LE.
Ah! ce ne sont pas ceux 1 .1 que je regrette le plus.
Estelle ! il serait vrai !
ESTELLE
Ou vient . on sort de ce cabinet. Je cours là-haut près d< ma tante, près de mon père .. Je profiterai pour eux de vo g-ei e'jeux a\is... Adieu, M. Gustave. . adieu. ( Elle sort r,a \efuud.)
Se CtlC 11.
GUSTAVE , puis M U F ART.
GISTAVE»
Ah! malheureux que je suis !
( *8 ) piffart.
A merveille... voilàcc que j'app die une affaire tel mi \ re... C'est loi , Ou tave... j ai fait bei-. des choses depuis v^. je t'ai vu... j'ai acheté' une leire magnifique.
ci stave.
Il est doue vrai... celle In ré de ft£ de Kcrnonék ?
PFFART.
Ah ! tu le sais déjà... les hoïin< s nouvelle; se répandent vte... tëli bicu! mon ami , ee iiost rien encore... j'achète en même temps tous les biens cn\ironnans....le \icns d envoyer pour cela chez le notaire charge' de la \cutc.
G l STAVE.
Y penses-tu?
PIFFART.
Pendant que j'y ttais... et puis l'amour de la propriété' me gagne,.. Vois-tu, mon atnt, le* chance.*) de l'agiotage sont trop incertaines... il n'y a de s dicl : que les biens fondj.
Il a perdu la tete , c'est sur.
PIFFART.
Par exemple , cela me coûte un peu cber... La Guic'ardière à elle seule me revient à sept cent mille francs... dont cinquante mille francs payables comptant aujourd'hui même.
GUSTAVE
0 ciel!
p:ffart.
M. de Kernonek l'a veulu ; et c'est toi qui est cat £C de cela.
GUSTAVE
Moi!
PIFFART.
Oui, il veut être en argent comptant pour le mariage de sa fille.
GUSTAVE
Que veux-tu dire ?
PIFFART.
Que je tai marie, que tout est arrange.. De plus je te dote., je te donne deux c lit mille livres comptant.., dès ce soir...
GUSTAVE
Et où les prendras -tu ?
FirFART.
Je l'en reponds , car maintenant m'en affaire est sûre... ce n'est plus ceile de ce main.
Air : Vandcri le de la Chanson.
M en cher an i c en est i n -, < n, loi I en croi sui.t e- lu a;, Nw< ('cviii.s i.iiiv forn ne ; Il lui-n;ru e < q loi. viendra, lès (p c lu !.-i , onn .tiras Tout hénéBce... et d'avance 1 e i\ je |Vj ruuvi i i...
Fiasque ii. v< \> (j ulle cumiftenco |K.r e h. ulietir ifui. aa.i.
Répertoire D/amatique.
GUSTAVE
Grand Dieu!
piffart , avec chaleur.
Oui, cousin , je viens de changer à la hâte l'acte de société... j'ai vuLabourtliuièrc "a qui j'ai donne' mes nouvelles instructions : car cet imbécile avait déjà parle' a vingt personnes de la plaine desSahlons; et j'ai en bas cinq expéditionnaires à qui j'ai donne de la besogne... Eu affaires il faut de l'activilé. .D'un autre côte' , la liste de> souscripteurs augmente... j'ai neuf cents actions dem indJes et promises... Il s'agit maintenant de décider nos gens a les prendre et à. les payer.
GUSTAVE
Peux-tu l'espérer encore ?
PIFFART.
Plus que jamais... J'attends, nos principaux actionnaires et, grâce a cette acquisition qui doublera leur confiance, tout doit maintenant nous réussir.
GUSTAVE
C'est ce qui te trompe... on t'a trahi...
Et qui donc?
GUSTAVE
Un malheureux qui , n'écoutant que son amour , s'estrendu indigne de ton amitié'.
PIFFART.
Y penses-tu?... Silence !
&ccuc 12.
Les Pkécédkns, DEKERNONEK.
de keknonek, d'un air ému.
Je suis enchante', monsieur, de vous trouver encore ici.
PIFFART.
Vous me trouverez toujours a vos ordres.
DE KEHNONElv.
En ce cas, monsieur , je vous prie de me rendre ce papier qui ne signifie rien.
PIFFART.
Que voulez-vous dire ?
DE KERNONEK.
Qu'il ne f tut pas croire, parce qu'on vient de province , parce qu'on est gentilhomme hieton, quo'11 se laissera duper comme uu Limousin,
piffart avec fierté.
Monsieur.
DE KE!t\0\EK.
Je sii> toit., j'ai tout appris... Vous avez acheté ma terre sans avoir un sou pour la paver.
Qai a ose' vous dire?...
DE KKRNONEK.
Ma fille elle-même... qui le tenait d'une personne qu'elle l^es Actionnaires. 5
n'a pas voulu me nommer... mais cette personne vous connaît certainement.
piffart, bas et d'un ton de reproche, prenant la main do
Gustave.
Àh ! Gustave !... pendant que je travaillais pour toi. Gustave , à part , détournant la tête.
C'est fait de moi.
piffart , froidement y et se retournant vers M de Kernonek.
Vous vous destinez aux affaires, monsieur... Je me permettrai , malgré1 vôtre âge , de vous donner un conseil ; c'est de ne pas traiter aussi légèrement ni le.> hommes, ni les choses... L'affaire est terminée, vous le savez bien.
DE KERNONEK.
Oui, mais comme le contrat n'est pas encore signe'...
PIFFAl.T,
Il y a sons seing-privé', ce qui revient au même.
DE KERNONEK.
Eh bien , monsieur , puisque vous ne voulez pas rompre ce marche', vous aurez la honte' d'en remplir les conditions... Il est dit que, sur les sept cent mille francs , vous m'en paierez cinquante sur-le-champ.
Ociel!...
DE KERNONEK.
Il me les faut, h l'instant même... ou je vous attaque... en résiliation d'un marche' frauduleux.
piffart, froidement.
Monsieur, il suffit, je v.iis vous les donner.
DE KERNONEK , étonné.
Que dites-vous?
piffart , à Gustave.
Mon caissier... Qu'avez vous là en portefeuille?
GUSTAVE*
Moi... ces six mille f ancs a vous.
piffart, les prenant.
Donnez-les moi... c'est bien... ( Les remettant à Kernonek.) Voici d'abord six mille francs... Pour le reste , vous allez l'avoir à l'instant.
de kernonek , étonné.
Il serait possible !
riFFART.
Le temps d'envoyer à ma caisse.
Gustave , à demi-voix.
Comment faire?
piffart, de même.
Ils y sont... Mme Desperriers les a envoye's. (Haut.) Holà ! quelqu'un..
ÂCCUC 15.
Les Précédens, MAD. DESPERRIERS.
Gustave , à part.
Ciel ! M Desperriers.
mad. deeperriers froidement.
Pardon, mon frère... je vous dérange peut-être ; mais j'ai à parler a monsieur en pari icu lier.
riFFART, à M. d? Kernonek Monsieur veut il bien permettre , et attendre jusqne-la?
de KEitisorsEK . s° retirant.
Comment donc? {A part. ) Est-ce que ma fille se serait trompée.*.
mad. despe rriers , bas à Piffare et V e m manant au bord du
t'iéâtrt.
D'après ce que ma nièce vient de m'apprendre , monsieur.. t vous vous doutez bien que je renonce âmes actions,
piFFAUT-, à part.
Grand Dieu !
MAD. DESPERRIERS.
Et comme heureusement vous ne les avez pas encore de' livre'es... je vous prie de vouloir bien me remettre les quarante-quatre mille francs que mon agent de change vient de vous donner sur votre reçu.
PIFFART.
Madame , j'ignore la cause... dune pareille de'fiance... d'un pareil procède'... mais vous êtes bien la maîtresse.
Gustave , bas* Je sens une sueur froide qui me saisit.
piffart , à part. Et moi donc... ( Haut à Mmc d^sperriers.) Puisque vous l'exigez , je vais à l'instant... Ciel! tous mes actionnaires.
SCCUC 14
Les précéder, LABOURIUMÈRE, HARDY ,TREMBLIN, CRIFuRT, GLAIRKi\1:T,DESPERTHES , autres Actionnaires, lin Domestique.
Air : Chantons gaîment la barcarolle.