‹ Les Actions Dynamiques du Psychisme sur le Physique: Essai de Confrontation des PsychothérapiesChapitre 16 sur 17 · LUE · texte numérisé non relu

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de toutes les autres méthodes (influence personnelle du médecin, du guérisseur, action des remèdes surnaturels) se ramène à un phénomène de transfert affectif, Ce qui fait toute la différence des méthodes susdites avec la psychanalyse, c'est que, dans les premières, l’action s'exerce bien sur l’inconscient du malade, mais à l'insu de celui qui porte remède. Le médecin est à peu près ignorant du transfert du malade sur sa personne. Il ne sait pas utiliser ce transfert, parce qu'il ne le voit pas. Le psychanalyste, lui, étudie le transfert, il l'utilise pour la guérison d’une façon consciente. Bien plus, l'ayant provoqué, il sait le moyen, la guérison obtenue, de détacher de lui son malade, de dissocier le transfert, de rendre à son malade l’indépendance.

C'est ce que ne parviennent pas à faire nombre de médecins qui se cuident spécialistes des maladies nerveuses, et qui traînent dans leur sillage une fidèle clientèle de névropathes, allachés à leur personne parce qu'ils se sentent esseulés s'ils perdent le contact.

Certes, la psychanalyse n’est pas une méthode thérapeutique applicable en série. Mais aucune méthode psychothérapique ne l’est. Chaque malade doit être étudié longuement et isolément.

Le grave inconvénient de la psychanalyse, c’est sa longue durée. Elle exige de la part du malade un lourd sacrifice de temps et d'argent. Aussi doit-on la réserver aux cas compliqués, relativement jeunes, dans lesquels nulle autre thérapeulique ne pourrait être utile.

Une psychothérapie active, fondée sur la connaissance des mécanismes psychiques et sur l'interprétation psychanalytique des attitudes et des symptômes névrotiques, peut rendre des services au plus grand nombre. Cela saute aux yeux, quand on voit des cas de névroses, même graves apparemment, guéris d'une façon durable en une heure de conversation (ce sont là réussites tout à fait exceptionnelles), parce que le psychanalyste, au cours de sa première prise de contact

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avec un malade, à fortuitement mis le doigt sur le noyau de la névrose. Tout psychanalyste a eu un de ces bonheurs au cours de sa carrière.

Pour conclure, ne craignons pas de dire que la formation psychologique des médecins est autant dire inexistante. Ceux qui sont doués d’intuition psychologique sont aptes à rendre des services aux névropathes. [ls en rendraient de beaucoup plus grands, et dont ils retireraient beaucoup plus de satisfactions intellectuelles et affectives, s'ils savaient doser leur action, si l'intelligence de ce qu'ils font était à la mesure de leur cœur. Les autres sont rivés à leur médiocre ritournelle thérapeutique et à leur illusoire arsenal médicamenteux.

Il faut donc faire, dans le *programme des études médicales, à l'étude des mécanismes psychiques que nous a révélés la psychanalyse la part qu’elle mérite: C’est la très grande part, puisque le psychisme joue un rôle prépondérant dans toute maladie. Alors, et seulement alors, on ne verra plus ces affligeants, ces humiliants défilés de névropathes qui courent toute leur vie de consultation en consultation.

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