îode r, 3, Ue épiscopis et riericis
cial (révoque) ne, mettait pas obstacle à Taction populaire, dont il est facile de saisir toute Topportunilé, dans le cas prévu par le décret.
C*est dans des hypothèses de cette nature que Taction rétablie pourra donner d'excellents résultats : il arrive, en effet, que dans les organisations sociales les plus parfaites, les magistrats chargés de défendre les intérêts du peuple, ne font pas leur devoir : « errare humanum est », et, toiU magistrat que Ton soit, on n'en est pas moins homme ; nous avons malheureusement des exemples trop fréquents de cette triste vérité. Eh bien, dit M. Luchini, pourquoi refuser au peuple une sorte de contrôle sur les actes de ses représentants, lorsqu'il s'agit de l'intérêt public? Pourquoi refuser à tout citoyen d'assumer, à ses risques et périls, le rôle de défenseur des droits de la communauté ?
En matière de bienfaisance publique, par exemple, le peuple ne participe pas à la nomination des administrateurs : n'est-il jTas bon de le charger de veiller à la bonne gestion des intérêts des pauvres ?
Il ne s'agit pas, bien entendu, pour lui, de se substituer à l'autorité légalement constituée : mais il peut intervenir sans que l'ordre public soit troublé, et sans que les pouvoirs divers soient confondus : on en revient simplement au vieil adage d'Ulpien : « interest reipiiblicœ quamphirirnos addefendendam suam causam admittere, » Tout le monde y trouvera son compte : l'Étal, qui aura de meilleurs fonctionnaires, car chacun d'eux, se sentant l'objet d'une surveillance minutieuse, sera moins enclin aux tentations que peut faire naître sa situation ; les agents intègres, qui n'ayant rien à craindre, n'auront rien à cacher ; le peuple enfin, qui, se sentant mieux assuré de ses droits, n'aura pas à redouter Toppressio:! d'une classe
privilégiée, dont les incorrections seraient couvertes par un pouvoir trop indulgent.
Telle est, dans son ensemble, la théorie de M. Luchini. Son projet de loi, déposé en 1885, a été renvoyé à une commission parlementaire : depuis celte époque, de nombreux travaux antérieurement commencés, la préoccupation résultant d'expéditions lointaines, l'état d'effervescence où se trouve TEurope, depuis quelques années, divers traités internationaux de la plus haute importance, ont absorbé Tattention du peuple et du Parlement, qui, tout entier aux luttes politiques et aux soucis de ses alliances, amis au second plan Tétude de ce projet. L'honorable député Luchini a bien voulu me faire part de ses in" tentions, dans une correspondance extrêmement courtoise, dont je le remercie tiès-vivement. 11 se propose de reprendre, celte année même, son projet initial quelque peu délaissé, en élargissant beaucoup la conception primitive, et il a Tespoir de faire adopter à ses collègues le principe de Taclion populaire, dans un grand nombre de ca>, auxquels il n'avait pas songé, tout d'abord. Si Ton se rappelle la faveur très-marquée avec laquelle sa première tentative avait été accueillie, on peut espérer que iM. Luchini, malgré ses adversaires, restera maîlre du champ de bataille, et que le droit romain, grâce à lui, poussera de nouveaux bourgeons dans la terre qui fut >on berceau.