MADAME UGALDE S
n était temps, car elle allait partir pour rétranger.
Elle débuta dans le Domino noir; ensuite elle joua successivement V Ambassadrice ^ le Catd, le Toréador, la Fée aux roses et enfin les Montértégrins, Le public dilettante l'adopta bien vite... ^
Trois ans se passèrent, et puis... et puis un jour elle perdit sa voix.
Oh I c'est affreux, n'est-ce pas, après tant et de si beaux succès!...
L'instrument était cassé.
Vous croyez peut-être que là-dessus elle renonça au théâtre, la vaillante artiste... Ah ! bien oui I
Elle fit contre fortune bon cœur et « il ne me reste plus assez de voix pour chanter l'opéra », se dit-elle, « mais j'en ai encore plus qu'il n'en faut pour dire les couplets de vaudeville ! »
Et comme elle est comédienne jusqu'au bout des ongles, elle ne dédaigna pas, elle, la prima-donna acclamée, d'entrer modestement aux Variétés, où elle joua les Trois Sultanes^ de Sedaine.
Mais la nature en elle n'avait pas dit son dernier mot ; elle partit pour l'Italie et revint avec toute sa voix ; elle l'avait retrouvée en route...
Le 23 décembre 1834, elle rentra triomphalement à l'Opéra-Comique et y chanta Galathée^ le Songe d'une nuit