A LA « DÉROUTE DE L'ATOMISME » DE
PAR
M. Ch. FRIEDEL
SIEMBRE DE l'institut, PROFESSEUR DE CIIIMIE ORGANigU
Lorsqu'une théorie a fini de triompher de Top] faite au nom des idées antérieurement reçues, € blie victorieuse sur les ruines des systèmes qi naturel que des esprits inquiets ou novateurs v brèche à son tour. Il est même bon qu'il en soit vent que ses partisans, en particulier ceux qui i à son établissement et qui la reçoivent toute fait prédécesseurs, oublient la part d'imperfectioi donnent une valeur exagérée aux hypothèses qu dément, ou prennent pour des réalités objec destinés à représenter un ensemble de faits.
Mais s'il est utile que les bases de la science so samment à un examen critique qui fait la part € et les théories discutables, préparant ainsi qu'elle devra subir par une connaissance plus ( mènes et des liens qui les rattachent les uns serait pas moins fâcheux que la critique allât jusi
(') Préface du Traité de Chimie organique^ d'après les M. A. BéHAL.
ACTUAUTéS CHIM.
RÉPONSE A LA « DÉROUTE DE l'aTOMISME » 71
constituer et ceux-là seulement. Dans Tétat actuel de nos connaissances et avec les moyens dont nous disposons, nous ne pouvons retirer d'une combinaison que ce que nous y avons mis, non seulement comme masse, mais aussi comme matière. Affirmer le contraire, c'est tomber dans la faute que M. Ostwald reproche à ceux qui admettent « le principe de la conservation de la matière, axiome métaphysique dans lequel a dégénéré la loi physique de la conservation de la masse ». La métaphysique, nous semble-t-il, consiste plutôt à faire abstraction d'un fait aussi important que l'existence de corps simples non transmutables les uns dans les autres et dont l'expression se trouve précisément dans la loi de la conservation de la matière.
Est-il utile d'ajouter, en ce qui concerne les modifications apportées aux propriétés, dans la combinaison, que ces modifications se comprennent, ou plutôt — puisque comprendre est un mot trop ambitieux et que nous sommes déjà satisfaits en quelque mesure quand nous avons trouvé des analogies entre un certain nombre de phénomènes, — ou plutôt que nous en connaissons de semblables pour un môme corps simple, qu'il s'agisse soit des transformations allotropiques qu'il peut subir, soit simplement de celles qui correspondent à ce qu'on appelle les divers états de la matière. Il ne viendra à l'idée de personne de dire que le phosphore n'existe plus dans le phosphore rouge; il n'est plus à l'état de phosphore blanc, sans doute ; il a changé de propriétés, mais ces propriétés, il peut les reprendre en absorbant une certaine quantité de chaleur, ou d'énergie, si vous aimez mieux ce mot moins précis. Le fer, dans l'oxyde de fer, n'est plus du fer métallique, pas plus que l'oxygène n'est de l'oxygène gazeux ; tous deux, en s'unissant, ont dégagé de la chaleur et ont subi des transformations qui ont fait de la réunion des deux corps une matière nouvelle, constituée suivant certaines lois que le but de la chimie est d'étudier, ayant ses propriétés à elle qui sont fonctions de celles du fer et de l'oxygène, et toute prête à se résoudre en ses constituants, et en ceux-là seulement, lorsqu'on lui restitue l'énergie perdue, dans l'acte de la combinaison ou qu'on la soumet à une réaction appropriée. La manière la plus simple d'exprimer ces relations est celle employée par tous les chimistes, et l'on ne sait pas trop comment la science de l'Energie pourrait y réussir sans s'appuyer sur des considérations analogues à celles des atomistes.
es CHIMIQUES
5 semble-t-il, exprimer tout ce que 3 a conduit à ajouter à l'hypothèse le a été formulée par Dallon : la qui nous montre les atomes non lais comme ayant des formes géosnt certaines propriétés, ou plutôt liées par des images géométriques éréochimie, cette branche déjà si mie.
ème repose donc sur une hypo- \ n'est ni démontrée ni démon- 3lhèse, et une hypothèse est peu n*est pas suivie de vérifications onséquences de l'hypothèse sont ;elle-ci prend rang dans la science acquiert d'autant plus de valeur ; se trouver démontrée par ces sente comme renfermant tout au
ère de cette vérité, mais c'est une nce nous montre que c'est Thypo- ;randes découvertes, et que, dans L marche la plus naturelle du prohypothôse conduisant à Toxpérilissant les lois du phénomène, et ession finale de ces lois qui sera s lois sont elles-mêmes parfaitelîomplète si l'expérimentateur a st à l'expérimentation, dans les •tient le rôle capital ; mais bien li n'ont pas besoin d'ôtre stimulés i est de tels, ce ne sont pas, peut- 3arés à tirer de leurs expériences ent.
lotivant un jugement sans appel
l'univers ce fait qu'une consé-
n'a jamais pu ôtre vérifiée, môme
le cette conséquence que les phé-