‹ Les Adam et ClodionChapitre 1 sur 177 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

l'obscurité qui entourait son nom et à détruire quelques-unes des erreurs les plus accréditées sur son compte.

Nous apons, du reste, troupe, pour nous aider dajis cette tâche, une obligeance extrême de la part de tous les érudits et des amateurs auxquels nous nous sommes adressé. Nous tenons à remercier tout particulièrement, et avant d'aborder notre sujet, MM. Barbedienne, Beurdeley et Delafontaine, qui ont bien voulu nous communiquer leurs itîtéressants modèles, ainsi que M. Vital Dubray, qui s'est tout particulièrement occupé du personnage de Clodion.

INTRODUCTION

UNE FAMILLE DE SCULPTEURS EN LORRAINE AU XVIII= SIÈCLE LES ADAM, LES MICHEL

La grande organisation monarchique qui s'était assimilé la France par une habitude de cinq siècles, et dont Louis XIV fut la plus parfaite incarnation, avait jeté de telles racines dans le pays que cent années encore remplies par les guerres les plus malheureuses-, le plus médiocre gouvernement, des revers et des misères de toute sorte n'en eurent que difficilement raison. Tout cependant conspirait bien vraiment contre son existence, et les efforts les plus dangereux pour la royauté venaient souvent de ceux-là même qui s'en trouvaient être les champions naturels. La machine gouvernementale ainsi rongée tint toutefois encore longtemps en dépit de ces attaques, et, jusqu'à la dernière heure, l'influence de la puissante direction qu'elle avait reçue entretint à l'intérieur du pays le simulacre au moins des grandes traditions, et à l'extérieur tout l'éclat du nom français. Assurément, le succès n'était plus avec nos drapeaux; mais, là où nos armes avaient cessé de dominer, notre langage, notre esprit et nos habitudes s'imposaient avec plus de force peut-être qu'auparavant. On sait avec quelle passion les gens éclairés dans toutes les parties de l'Europe soutinrent les

INTRODUCTION

querelles et accueillirent les triomphes de nos philosophes. A Berlin aussi bien qu'à Vienne, à Londres et à Saint-Pétersbourg, nos alliés, comme nos ennemis, vécurent presque exclusivement, au cours du xvin' siècle, des idées françaises et de leur expression, soit par la littérature, soit par le théâtre. Comment assez insister, d'autre part, sur le rôle tout à fait principal que le goût de notre nation et les artistes qui demeuraient chargés de l'entretenir ont joué à l'étranger durant cette même période : rôle si prépondérant qu'il arrachait à des critiques de la valeur de Winckelmann, à des hommes d'esprit comme Goldoni, les aveux suivants :

« Les Saxons sont, plus que tous les autres Allemands, les singes des Français et le demeureront pendant toute l'éternité'. »

« La mode a toujours été le mobile des Français, et ce sont eux qui donnent le ton à l'Europe entière : soit en spectacles, soit en décorations,, en habillement, en parure, en bijouterie, en coiffures, en toutes espèces d'agréments, ce sont les Français qu'on cherche à imiter*. »

N'est-ce pas le savant Busching, un Berlinois, qui, parlant de Paris, qualifie cette ville de « centre du bon goût et de la gaieté, de source et d'arbitre des modes pour la plus grande partie de l'Europe »? Puis, en 1768, le marquis d'Argens qui écrit : « Il paroît que bien des nations étrangères sont sorties du préjugé où elles étoient que les Italiens ont produit les seuls grands peintres. Elles commencent à rendre justice aux François, et si elles con-

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