XIII. — Vase groupé d'un Triton, symbole de Peau
XIV. — Vase groupé d'un satyre, symbole du vin. Ces deux derniers sont en plâtre.
La plupart de ces petits sujets et de ces vases figurent de nouveau dans les ventes d'objets de curiosité du temps, où ils atteignirent souvent des prix assez élevés.
Malgré ce succès de l'admission à l'Académie de Saint-Luc, succès de peu de durée, puisque, quoique protégée par le marquis de Paulmy, l'Académie cessa de vivre à peine le sculpteur y eut pris place, en dépit de la faveur des curieux, en dépit de tout cela, Sigisbert Michel ne voyait cependant pas arriver les jours meilleurs. Il avait longtemps couru après la réputation, essayé de se faire un nom, tenté de percer. Il en vint, le découragement aidant, à répudier toute cette vaine gloriole et à chercher dès lors un métier qui pût lui assurer son pain. C'est pour cela qu'en 1778, s'appuyant du crédit de son frère, il sollicita avec une sorte d'acharnement la position très infime cependant de préposé à l'entretien des statues du parc de Versailles. Clodion épaula son aîné autant qu'il fut en son pouvoir, mais il n'avait ni l'âme ni le talent d'un solliciteur, et ses efforts aboutirent, en fin de compte, au plus complet insuccès. Sigisbert ne ménageait pourtant aucune démarche. Dans le courant du mois de septembre 1778, il présentait au Directeur général une longue requête, un verbeux rapport que les commis de la correspondance s'empressaient de réduire à sa plus simple expression en le formulant ainsi : « Le « sieur Cazanova, chargé de la restauration des figures des parcs « de Versailles, Trianon, Marly, étant à farticle de la mort, le « sieur Sigisbert offre ses services à M. le Directeur général, en sa « qualité de frère de M. Clodion, l'un des sculpteurs de l'Académie,
« et d'ami du sieur Cazanova, de qui il tient le secret de la compo-
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« sition du mastic qu'il emploie'. » Mais la place était déjà réservée au sieur Boucher, un neveu de l'ancien premier peintre du roi. Sigisbert Michel et Clodion en reçurent l'avis par une lettre adressée, le 3o septembre 1778, au principal intéressé : «Monsieur, lorsque « j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite concernant ''entretien « dont est chargé le sieur Cazanova, qui est à l'extrémité, j'avais « déjà pris des mesures pour cet entretien qui, à ce que je crois, « peut être fait et beaucoup mieux et plus exactement que par ce « sculpteur. Aussi, quoique persuadé que vous êtes en état d'être « chargé de cet ouvrage, je me trouve dans l'impossibiUté d'accé- « der à votre demande. Je ne dois d'ailleurs pas vous dissimuler « que je compte mettre cette entreprise sur un pied totalement dif- « férent et beaucoup moins dispendieux. » M. d'Angiviller feignait de connaître très exactement le personnage de son correspondant, mais il semble au fond qu'il manquait de renseignements bien précis sur son compte, puisqu'il écrivait en même temps les lignes suivantes à Pierre, premier peintre du roi et son intermédiaire auprès des artistes : « Le sieur Sigisbert, qui est sans doute le « même artiste que vous nommez Sigismond Adam, s'est « présenté à moi pour succéder au sieur Cazanova. Mais, indé- « pendamment que je n'avais aucune connaissance des talents du « sieur Sigisbert, il y a longtemps que j'ai destiné cette place au « sieur Boucher, dont je vous ai montré des ouvrages. Au reste, « le sieur Sigisbert paraît, tant par ce qu'il vous a dit que par ce « qu'il me marque dans sa lettre, avoir pour le nettoiement des « figures de marbre des procédés meilleurs que ceux qui ont été « employés jusqu'ici, et qui me paraissent devoir, en effet, peu à « peu détruire la finesse du marbre ^ ..
1. Archives nationales, O' 1209, Lettre du 3o septembre 1778.