‹ Les Adam et ClodionChapitre 120 sur 177 · VASE · texte numérisé non relu

VASE

Exécuté sur un dessin de Clodion ou de Sigisbert Michel. — Musée d'Orléans.

même l'espoir d'une position tranquille aux appointements très raisonnables de 4,000 livres. Il entra dès lors plus avant que

jamais dans la combinaison qui réunit longtemps, ainsi que nous venons de l'indiquer, les frères de Clodion et le sculpteur luimême dans une association dont ce dernier avait la conduite, où chacun apportait son contingent de travail, afin de fournir au commerce ces modèles charmants qui ont aujourd'hui tant de vogue dans le monde des amateurs, et pour lesquels des commerçants, l'orfèvre Dubois, le joaillier Aubert, servaient d'intermédiaires jusqu'à l'heure de la dissolution de la société, en lySS.

Cette année 1779 portait malheur aux recommandations de notre artiste. A mesure que sa fortune s'affermissait, les parents pauvres affluaient à sa porte. 11 lui fallait nourrir lun, recommander l'autre, les appuyer tous. Après Sigisbert, après Pierre et Michel Michel, c'était un cousin de province, un prêtre qui venait éprouver le crédit du sculpteur. Il lui persuadait de chercher à Paris, en son nom, quelque bon bénéfice. Après plusieurs mois d'attente, une occasion se présenta. L'aumônier de la Savonnerie demandait, disait-on, à résilier sa charge, et Clodion d'écrire aussitôt pour réclamer sa succession. « M. Clodion, de l'Académie « de peinture et de sculpture, ayant appris que M. Bourillon, « aumônier de la Savonnerie, veut donner sa démission de cette « charge, supplie M. le Directeur général de vouloir bien recevoir « à sa place un abbé, son parent, en qui il prend intérêt et « qui, par suite de cet arrangement, se trouverait rapproché de « lui. »

L'Administration désirait satisfaire un artiste à la mode; aussi transmettait-elle aussitôt cette requête, tout particulièrement apostillée, à M. Joly de Fleury, chargé de ces nominations. L'affaire paraissait en bon train et déjà les félicitations pleuvaient, lorsqu'une fâcheuse nouvelle vint rompre les négociations. L'abbé Bourillon entendait conserver son office. Il n'avait jamais pensé à laisser là son aumônerie, et, suivant les termes mêmes qu'employait

xM. Joly de Fleury dans sa réponse, « Tabbé ne quittait pas' ». Ces insuccès ne décourageaient que fort peu Claude Michel. Il aurait eu bien d'autres sujets de se plaindre de ce qu'il pouvait considérer comme des injustices personnelles, des passe-droits qui le visaient directement. Nous ne parlons pas du titre d'académicien, que la grande majorité de ses anciens condisciples possédait déjà, quand il en restait toujours au titre d'agréé, mais des faveurs plus appréciables et plus recherchées, du logement aux frais de l'État, des pensions, des gratifications, de cette manne dorée que la Direction générale laissait tomber de temps à autre sur la masse des solliciteurs. Cars, le graveur, meurt en 1771', c'est Le Bas qui hérite de sa pension de 5oo livres; puis, lorsque Vassé disparaît ',. Monot et Lecomte prennent ses ateliers, Amédée Vanloo sa rente de 5oo livres. Vient le tour de Francin*; Gois s'installe à sa place au Louvre ; Pajou reçoit 200 livres d'augmentation de sa pension, Lagrenée 3oo livres. Au décès de Saly% Mouchy entre en possession de son logement. Mais que Natoire et Le Moyne payent aussi leur tribut, qviel afflux de demandes, de protestations et de supplications! Allegrain aura, sur leurs dépouilles, 5oo livres d'augmentation; Jeaurat, 5oo livres; Bachelier, 5oo ; Vernet, qui sollicite toujours, 5oo encore à ajouter à ce qu'il a déjà; Le Prince, 5oo livres", etc.

Clodion se consolait encore de ses déconvenues dans le travail. Il n'avait pu cependant rien donner à l'exposition de 1777, où les sculpteurs s'étaient fort distingués. Les grandes statues faisaient leur rentrée à ce Salon, grâce à la généreuse initiative du

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