Ibid., 1209, juin
gouvernement de Louis XVI, qui, reprenant l'idée du feu roi, avait commandé à quatre sculpteurs, les plus dignes de cette distinction, des statues d'hommes illustres. Le choix de la Direction générale s'était porté, en cette occasion, sur Gois, Mouchy, Pajou et Lecomte, et la critique, qui avait accueilli avec faveur la décision de la Surintendance, se montrait également fort bienveillante pour les modèles qu'on lui présentait. On avait chargé Gois de la statue du chancelier de L'Hôpital, Mouchy de celle de Sully ; l'exécution d'un Descartes et d'un Fénelon revint à Pajou et à Lecomte. Ces morceaux furent universellement loués, ainsi d'ailleurs que d'autres ouvrages considérables de CafReri, de Bridan, de Houdon, de Foucou. Chacun de ces artistes avait envoyé à ce Salon de 1777 des productions remarquables. CafReri y poursuivait la série de ses beaux portraits par un buste du maréchal de Muy, un autre buste, en marbre, de Corneille, qui devait être placé dans le foyer de la Comédie-Française, et celui de Franklin. Bridan exposait le modèle en plâtre d'un Vulcain de grandes proportions, dont il termina le marbre pour le Roi. Foucou, nouvel agréé, paraissait pour la première fois au Salon, avec une intéressante figure de Nymphe portant un petit Satyre sur son épaule et une belle tête de Bacchante en marbre, fort habilement traitée. Mais Houdon surtout se révélait comme un artiste de premier ordre, du talent le plus varié; il avait là des bustes superbes, celui de Gluck notamment, de Monsieur, de Madame, de Madame Adélaïde, de Madame Victoire, un Morphée, dont on connaissait déjà le plâtre, une Naïade, des études, et surtout cette Diane, légère et svelte, bien plutôt Nymphe ou Vénus que Diane, mais belle et pleine de séductions dans sa nudité sans voiles. AUegrain montrait aussi une Diane, mais plus réservée et plus classique. Le morceau capital du Salon, le Mausolée du Dauphin et de la Dauphine, qui passait par le Louvre avant d'aller orner définitivement le chœur