I. Archives nationales, O^ 1934 b
'Distribution de la suite des tableaux et sculptures ordonnés par Sa Majesté pour l'encouragement des arts :
Sculptures : ,
Berruer, M. d'Aguesseau; Pajou, M. Bossuet; Clodion, M. de Montesquieu; Caffieri, M. Corneille; assises.
Les figures seront dans la proportion de 5 pieds 7 pouces, sans compter la plinthe qui sera comme ceux des quatre dernières figures.
3io CLODION.
des sculpteurs que le nombre des figurants paraissait beaucoup moindre ; mais l'excellence des morceaux présentés rachetait largement cette insuffisance. L'attention du public ne s'arrêtait que peu devant les œuvres des académiciens; elle allait surtout aux nouveaux, à Julien, à Monnot, à Clodion, à Foucou, et en premier lieu à Houdon, qui progressait d'une façon inquiétante pour tous ses concurrents, et donnait cette admirable statue de Voltaire, du foyer de la Comédie française. Au milieu de toutes ces œuvres, du Gladiateur mourant de Julien, des bustes de Caffieri, des terres cuites de Boizot et de Pajou, au milieu des basreliefs, des groupes finis et précieux du charmant Triomphe d'Amphitrite notamment, qu'il avait lui-même envoyés, le Montesquieu de Clodion, exposé, vu ses grandes proportions, dans le jardin de l'Infante, ne fit qu'une petite impression sur les curieux. Un incident parfaitement indépendant de sa volonté, mais qui causait en même temps une infériorité, le manque d'un bloc de marbre de dimension convenable, l'avait empêché de l'exécuter en marbre. Il ne savait même, au dernier moment, s'il enverrait ce plâtre, lorsqu'une note de la Direction générale du 22 juillet lui apprit que M. d'Angiviller désirait qu'il exposât quand même'.
L'artiste représentait le sévère auteur de l'Esprit des Lois suivant la coutume des anciens, non seulement sans toge, mais sans aucun vêtement. Disons tout de suite que l'impression dernière ne lui fut pas favorable.
Le correspondant de l'Année littéraire donnait bien, selon nous, la note du sentiment général :
« Que ne puis-je, écrivait-il, prodiguer à la figure de Mon- « tesquieu les mêmes éloges qu'aux bas-reliefs de M. Clodion! « Dans ceux-ci, l'esprit, la finesse et les grâces animent toutes les