Duchesse d'Abrantcs, Salons de Paris
2. « Aujourdhui samedi lo janvier 1778. Lecture a e'té faite d'une lettre de « M. Pahin de la Blancherie, auteur d'un nouveau journal qui a pour titre -.Nouvelles « de la République des lettres et des arts. M. de la Blancherie a présenté à l'Aca- « demie, comme un hommage, le modèle de son ouvrage et le plan en forme de pros- « pectus. Il y a joint un nombre d'exemplaires suffisant pour chacun des membres de <( cette Compagnie, et lesdits exemplaires ont été distribués à chacun d'eux. »
3j8 CLODION.
d'un Salon, sorte d'exposition permanente, qui occupa, sous le nom de Salon de Correspondance générale pour les sciences et les beauxarts, divers locaux, et entre autres l'hôtel Villayer, rue Saint-Andrédes-Arcs'. L'idée n'était pas mauvaise en soi et rallia en peu de temps un certain nombre d'adhérents. Des amateurs prêtèrent quelques objets de curiosité distraits de leurs collections; des peintres et des sculpteurs à la mode y firent porter de leurs œuvres, mais les inconnus et les dédaignés surtout s'empressèrent de mettre à profit une bonne occasion de ce genre. Sigisbertet Michel Michel étaient de ces derniers, du nombre, par conséquent, des Lorta, des Surugue, des Deseine et de tant d'aiitres, qui, par le fait des circonstances, ne pouvaient arriver à percer.
Dès le 23 mars 1779, Sigisbert Michel y paraissait avec un buste du roi de Prusse, de l'an 1762, « exécuté, dit le catalogue, en « talc, et un petit modèle en terre cuite, les Trois Grâces ». Il aurait été difficile de se mettre moins en frais d'imagination, ces deux morceaux, que l'ancien sculpteur rapportait en 1770 de Berlin, ayant déjà paru au Salon de l'Académie de Saint-Luc, en 1774. De même pour une statue de l'Amour échauffant un trait, qu'accompagnaient deux copies de l'antique : une Vénus de Médicis et une Vénus sortant des eaux'-. Michel Michel n'exposa que plus tard au Salon de la Correspondance, mais il lui demeura plus longtemps fidèle que son frère et en devint un des favoris. Le journal de La Blancherie'' lui consacre, pour la première fois, un assez long paragraphe, le i5 août 1781. 11 énumère d'abord ceux qu'il a signés : a 1° une Naïade en terre cuite ; 2° une Femme satyre tenant « un petit chien qui veut s'échapper et un thyrse; 3" Iris enlevant c( r Amour, bas-relief; 4° un Satyre portant une bacchante qui s' ap-