‹ Les Adam et ClodionChapitre 14 sur 177 · Dom Calmet, Bibliothèque lorraine · texte numérisé non relu

Dom Calmet, Bibliothèque lorraine

« où il a gagné passablement et sachant que ce pays (Fltalie) abonde (c en belles sculptures et qu'il pouvait beaucoup y profiter; il a « apporté tout ce qu'il a gagné et le consume petit à petit en étudiant. « Ce qui me semble être beaucoup pour un jeune homme de vingt- « trois ans. » Ce document est précieux, en ce sens qu'il m et en relief la qualité dominante et caractéristique de Nicolas-Sébastien, qui était et fut toujours le labeur. Il a souvent dans la suite fait preuve d'une trop grande recherche du fini et de maniérisme dans les ouvrages qui sont sortis de son ateUer; mais on y trouve toujours une remarquable intensité d'application. Nicolas-Sébastien fut certainement associé à toutes les entreprises de son frère aîné à Rome.

Il y a cependant un ouvrage de ce dernier dont il faut lui rapporter tout l'honneur : une figure de Mars qu'il ébauchait pour Louis XV dans le milieu de l'année 1726.

Les pensionnaires de Rome conservaient encore à cette époque la coutume, depuis lors disparue, d'exécuter à leurs frais et pendant leur séjour en Italie une figure destinée au Roi. Lambert-Sigisbert avait été chercher ses inspirations dans l'antique, ainsi que nous le montre un passage de la correspondance de Wleughels, du 26 juin 1726. « Nous attendons l'arrivée de la mar- « quise Piombina, pour avoir la permission de copier un très beau « Mars antique' qui est dans une maison de plaisance qui lui apparc( tient'. » Diverses commandes d'importance retardèrent l'achèvement de cette figure jusqu'en 1729. A cette date (février 1729), elle était prête à sortir des mains du sculpteur. « La figure du « Mars sera bientôt terminée et je me flatte qu'elle plaira à Votre « Grandeur (le duc d'Antin). C'est le sieur Adam qui l'a faite et on

1 . Ce marbre provenait de la collection Ludovisi (Dussieux, Artistes à l'étranger).

2. Académie de Rome, Correspondance des directeurs, Archives nationales et Lecoy de la Marche. (Académie de France à Rome.)

« est, à Rome, fort content de son ouvrage '. (Correspondance de « Wleughels.) » Cette statue, connue sous la dénomination du Mars au repos, orne aujourd'hui le palais de Sans-Souci. En lySo, Lambert-Sigisbert la faisait adresser de Rome par l'entremise de son directeur au Roi, et il écrivait en même temps au duc d'Antin pour en annoncer l'envoi accompagné du modèle d'un Ulysse-. Elle fut offerte ' en présent par Louis XV au grand Frédéric et partit pour Berlin en 1752 avec d'autres morceaux, pour la plupart de notre sculpteur. Les Archives nationales, si riches en documents authentiques sur les deux premiers frères Adam, nous fournissent à ce sujet des indications précises, celle-ci entre autres : « Les prince cipaux ouvrages de peinture et de sculpture en marbre que Sa « Majesté doit envoyer au roi de Prusse sont un jeune Mars qui « se repose, un Mercure qui attache des ailes à ses talons, et une « Vénus qui semble lui donner des ordres. Le jeune Mars est une « très belle copie faite par le sieur Adam l'aîné d'après l'antique ; « cette statue est de grandeur nature. Le Mercure et la Vénus « sont du sieur Pigalle; ces figures, un peu plus fortes que nature, « sont d'une rare beauté ; l'auteur travaille encore à la Vénus, qui « ne pourra être terminée qu'à la fin du mois d'août. Le Mars « pèse environ 2,5oo livres, le Mercure environ 2,5oo et Vénus est « à peu près du même poids. Ces trois figures doivent être accom-

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