‹ Les Adam et ClodionChapitre 13 sur 177 · I. D'Argenville, Vie des plus fameux sculpteurs · texte numérisé non relu

I. D'Argenville, Vie des plus fameux sculpteurs

nous pouvons dire enlevé par M. de Bornier*, trésorier des états de Languedoc, que ses progrès rapides avaient charmé. Il ne voulait point partir, disant qu'il ne trouverait rien à Montpellier qui fut capable de nourrir son goût pour l'étude ; mais des amis lui ayant représenté que dans cette ville il serait à moitié chemin de Rome et qu'un travail de quelque temps le disposerait à étudier avec fruit, il se laissa faire violence et en prit son parti. Installé pendant dix-huit mois dans le château de la Mosson, il y fut employé à l'exécution de quatre grands frontons et de toute la décoration en dehors de ce château '^. Nie. Adam, dont la réputation était assurément bien établie pour qu'on lui confiât de pareilles entreprises, possédait toute la fougue et le goût du changement propres à un garçon de vingt et un ans. Il avait terminé les modèles de ses frontons, et son amphitryon comptait sur lui pour les mener à bonne fin et en entreprendre de nouveaux à l'intérieur de cette résidence, lorsque, sans crier gare, il prit le chemin de l'Italie'.

Que de détails curieux à retracer à cette place, si nous avions le journal des voyages de tous ces artistes, pleins d'entrain, de confiance en l'avenir, de jeunesse, qui partaient ainsi le bâton à la main, le sac sur l'épaule, et traversaient la France et l'Italie, à pied, s'arrêtant à tous les gîtes et demeurant là où ils pouvaient travailler et refaire leur bourse de façon à continuer leur itinéraire! Malheureusement, aucun de ces renseignements ne nous reste, et nous nous contentons de signaler la présence de Nicolas-Sébastien à Rome, d'après une lettre du chevalier Wleughels du lo décembre 1728. « Le frère d'Adam, écrivait-il, est un jeune homme « qui a étudié dans son pays, qui a travaillé à Paris et en provjnce,

1. Le même M. de Bornier dont la belle collection se vendait en 1744.

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