‹ Les Adam et ClodionChapitre 155 sur 177 · DESCRIPTION DE LA MAISON DES ADAM · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA MAISON DES ADAM

C'est dans ce carré (carré de la Primatiale) que se trouve la maison la plus décorée en sculptures de toute la ville, n" 129 de la rue des Dominicains, Bâtie en 1718, appartenant maintenant (181 1) au sieur Tranquart, cafetier; mais, à l'époque de sa construction, la demeure et la propriété de J.-S. Adam, fameux sculpteur, né et baptisé à Nancy, le 26 octobre 1670, sur la paroisse Saint-Sébastien, qui alors était l'unique paroisse de toute la ville neuve. 11 était fils de Lambert Adam, fondeur, et d'Anne Féry Dauphine. Il apprit les principes du dessin chez César Bagard; il fut fait sculpteur du duc Léopold, etc.

Cette maison, qui n'a que deux croisées de face sur trois étages, toutes cintrées avec une mansarde couverte d'écaillés, a, au rez-de-chaussée, une petite porte, et tout le reste de son étendue est ouvert et rempli de deux châssis vitrés ainsi que la porte qui sert d'entrée à la boutique. La couverte de cette boutique, de toute la largeur de la maison, est ornée en bas-reliefs des quatre parties du monde désignées par les personnages et les animaux qui les distinguent ordinairement. Dans le trumeau du premier étage, sur une console fort saillante, est placée la Sculpture, représentée par une femme assise accompagnée de deux Génies et ayant à sa droite et à ses pieds une tète. Toutes ces figures sont en ronde bosse et d'un travail parfait.

Les croisées de ce premier étage sont surmontées d'un superbe pot de fleurs, accompagné, de part et d'autre, de Génies mâles et femelles qui tiennent d'une main une guirlande de fleurs et s'arrondissent en forme de gaine autour

des anses du pot de fleurs; ce qui fait rornement de la largeur du cintre de la croisée avec un plateau sur lequel repose le pot de fleurs, lequel est garni d'une draperie festonnée soutenue par deux autres Génies. Sur chacune desdites croisées ornées, sur la moitié supérieure de leurs jambages, des instruments des arts libéraux que ces génies représentent, savoir : de celle qui est au nord, d'un côté, de l'Architecture par l'équerre et le compas, et, de l'autre, de la Sculpture par le maillet et le ciseau ; et de celle qui est au midi, d'un côté, de la Peinture par la palette et les pinceaux, et, de l'autre, de la Musique par le livre de musique, la trompette, etc. ; enfin, encore dans le trumeau au-dessus de la sculpture et au plus haut de ce premier étage, est un superbe médaillon en ovale représentant une Vénus couchée, accompagnée de son fils Cupidon qui la caresse. Toutes ces figures, comme toutes les autres que nous allons décrire, sont en bas-reliefs et de la plus rare beauté.

Dans le trumeau du deuxième étage est le dieu Mars, avec son casque superbement panaché et environné d'un trophée d'armes, et, au-dessus, un autre médaillon, semblable au premier, représentant Saturne, dont un Génie supporte la faux. Les deux croisées ont leur cintre surmonté d'une rocaille ornée d'une tête fleuronnée en forme d'aile, et, à droite et à gauche sur celle du nord, des figures de Jupiter et de Junon, et, sur celle du midi, de Neptune et d'Amphitrite. Enfin, dans le trumeau du troisième étage est un Apollon avec sa lyre, et, tout en haut, un médaillon semblable aux deux précédents renferme un Bacchus couché tenant sa coupe. Les croisées sont embellies, de part et d'autre, par des cornes d'abondance dont les fruits et les fleurs font l'ornement de la partie supérieure des jambages desdites croisées. La corniche de la toiture a son premier boudin sculpté.

(Lyonnois, Histoire de la Lorraine, t. II, p. 4C2-63.)

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