‹ Les Adam et ClodionChapitre 40 sur 177 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

Buste par Lambert-Sigisbert Adam.

l'article 3, au nom d'Adam laîné, méritent, quant à présent,

une

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mention spéciale, ainsi que la Clytie d'Adam le jeune. En effet, le chasseur terrassant un lion est celui de Grosbois; nous avons également parlé précédemment du groupe de Neptune et du basrelief de Sainte Victoire. Les figures des quatre éléments, cataloguées plus tard dans la collection de marbres dont Adam l'aîné voulait se débarrasser, furent acquises probablement à la mort du sculpteur par le roi de Prusse et firent le voyage de Berlin, où on les voit encore aujourd'hui.

Le modèle de la Clytie passa dans un certain nombre de collections particulières du siècle dernier. Quant à la figure originale, nous la retrouvons bien certainement dans les jardins de la Muette, où les Guides contemporains signalent une Clytie qu'on attribuait à Lepautre, et qui faisait pendant à la Chasseresse de L.-S. Adam.

L'auteur du livret de l'expositoin ajoutait au nom d'Adam l'aîné le titre de Lorrain, qui disparut aux expositions suivantes. Cette qualification n'avait plus dès lors de raison d'être, par le fait de l'annexion, pour ainsi dire définitive, de la Lorraine à la France. Le traité de Vienne, signé en lySô, donnait à Stanislas, roi de Pologne, beau-père de Louis XV, les duchés de Bar et de Lorraine, sous la condition expresse qu'ils reviendraient à la maison de Bourbon après le décès de celui-ci. Les Adam n'avaient pas oublié leur pays natal au point que cet événement cessât de les intéresser. Tout nous porte à croire que, depuis leur retour de Rome, aucun des trois frères n'avait fait à Nancy de séjour de quelque durée ; mais ils n'en restaient pas moins en communication constante avec leurs parents, avec Jacob-Sigisbert, avant que celui-ci vînt les retrouver à Paris, avec leur beau-frère Thomas-Michel, dont la famille agrandie comptait déjà sept enfants*.

I. Claude-Michel Clodion fut le dixième enfant issu de ce mariage et naquit seulement le 20 décembre lySS.

En outre des morceaux qu'ils avaient envoyés au Salon et des grands ouvrages ci-dessus mentionnés, les Adam produisaient dans leurs moments de loisir des figures de petite dimension destinées aux amateurs. C'est ainsi que l'on voit vendre, en 1772, parmi les autres objets si précieux, restes de la fameuse collection du baron Crozat de Thiers, une terre cuite qui parut au Salon de 1738, représentant une Enfant assise sur un cygne et lui donnant à manger un poisson. Le catalogue de cette vente ajoutait que ce morceau avait été exécuté par Lambert-Sigisbert Adam en 1737, et qu'il portait sept pouces de hauteur sur dix de longueur. Le nombre des petits ouvrages de ce genre devint plus considérable à mesure que les Adam se désintéressèrent de leurs grands travaux. Nous croyons que bien peu de ces créations sont restées dans les cabinets des curieux, ou tout au moins qu'elles n'y sont pas connues sous le nom de leur véritable auteur.

L'année. 1737 apporta en outre à Lambert Adam la nouvelle de la mort de son ancien directeur de Rome, le chevalier Wleughels, que la direction remplaça par François de Troy.

Nicolas terminait son travail de décoration à l'hôtel Soubise, lorsque, dans les premiers mois de l'année 1738, le ministre lui confia l'exécution d'un ouvrage considérable, en lui donnant à modeler deux statues de grandes proportions, pour la cour de la Sainte - Chapelle, à l'entrée de l'escalier de la Chambre des comptes. Elles devaient figurer la Justice et la Prudence. Il compléta plus tard cette première donnée par l'adjonction de deux Génies soutenant un cartouche. Il ne reste rien de ces sculptures, qui ont été détruites, en 1870, dans le grand incendie allumé par les insurgés, et dans lequel s'abîmèrent les anciens bâtiments de la Préfecture de police. L'ancienne entrée monumentale de la Chambre des comptes était, avec le temps, devenue l'entrée particulière du préfet de police. Tout cela a disparu, et l'on a reculé

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remplacement même de l'ancien édifice, qui touchait de trop près à la Sainte-Chapelle.

Lorsque le Salon de lySS fut organisé, Adam rainé et Adam le cadet y envoyèrent les compositions suivantes. Du côté de Lambert-Sigisbert : i" un buste de terre cuite dans le goût de Tantique ; 2° une jeune Nymphe badinant avec un cygne à qui elle donne un poisson, qui reparut, ainsi qu'on vient de le voir, à la vente Crozat de Thiers ; 3° le plâtre d'un bas-relief qu'il exécuta dans la suite pour la chapelle de Versailles, Sainte Adélaïde, impératrice, faisant son dernier adieu à saint Odilon, abbé de Cluny; 4° enfin, une figure bronzée de ronde bosse en terre cuite, qui représente Saint Grégoire donnant sa bénédiction au peuple. Du côté d'Adam le cadet : un plâtre du Prométhée attaché sur le mont Caucase et dévoré par le vautour, modèle du morceau de réception que l'Académie lui avait imposé.

Le bas-relief de la Sainte Adélaïde ne fut livré par Adam l'aîné qu'en 1742, et placé, le 16 décembre de la même année, dans la chapelle de Versailles, vis-à-vis celui de son frère. Rien de plus facile, par conséquent, que d'établir un parallèle entre ces deux productions, parallèle qui ne tourne point d'ailleurs à l'avantage de Lambert-Sigisbert. On peut trouver certainement de très beaux détails dans la Sainte Adélaïde, mais il y manque tout l'élan et toute l'élévation qui caractérisent le Martyre de sainte Victoire.

Une récapitulation de divers versements opérés entre les mains de Lambert-Sigisbert pendant la direction de M. de Tournehem établit qu'on avait estimé ce bas-relief à 8,000 livres, et qu'un crédit avait été, en 1746, affecté à cet article dans le budget général des bâtiments civils ' .

Nous avons déjà dit que Nicolas soumit seulement en 1763

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