Nouvelles Archives de l'Art français
i3cr LES ADAM.
de rochers, assise et appuyée sur sa conque en forme de char. — « Elle se mire dans l'eau, dit le Mercure, tirant d'un vase rempli « de parfums une éponge pour s'en servir en sortant du bain. Les « cygnes, qui sont dételés du char, se promènent sur les eaux; la « déesse est accompagnée de l'Amour pudique, de l'Amour pro- « fane et de l'Hymen. Celui-ci est monté sur le char, soutenant (( d'une main le vêtement de la déesse et de l'autre le flambeau « de l'amour. Ces trois jeunes divinités gardent chacune une « avenue de ce bain. Cet ouvrage, qui est parfaitement au goût des « plus grands connaisseurs, doit s'exécuter de proportions natuft relies pour être placé au point de vue d'un bosquet où se terce minent trois allées du jardin de Choisy. » Ce grand projet, où le sculpteur se rappelait évidemment le beau groupe de Girardon et de Marsy au bain d'Apollon, n'eut pas de suite; du moins on n'en retrouve nulle part la trace dans les ouvrages spéciaux de l'époque. 11 dut être cependant pris au sérieux et poussé bien près de son exécution; c'est ainsi que, dans l'état général des ouvrages de sculpture dressé en 1760, on lit, à propos d'un ouvrage commandé à Lambert-Sigisbert, la figure de V Abondance, cette note : « La >:< figure ci-dessus est une des quatre qui doit accompagner le (c groupe destiné pour orner les jardins de Choisy V » De quel groupe pourrait-il être question, sinon de celui dont nous venons de parler, surtout lorsqu'on songe qu'une des quatre autres statues de cet ensemble, celle d'Iris, était demandée à Adam le cadet?
Les temps, il faut le dire, ne se montraient point favorables aux entreprises de cette importance. La politique a toujours réagi d'une façon plus particulière sur la fortune des artistes, qui attendent tout du calme dans l'État et de la prospérité des particuliers.