I . Biographie Firmîn-Didot, Madame de Pompadour
i32 LES ADAM.
modèle en plâtre d'une Vierge figurée sous les traits et les attributs de notre première mère. « Elle foule aux pieds le serpent sur « le globe du monde. L'Enfant Jésus met un de ses pieds sur celui « de sa sainte Mère, et perce, par le bout de sa croix terminée en « lance, la tête du serpent. Il donne à la Vierge la pomme fatale « au genre humain; la sainte Vierge la reçoit d'une main et fait « entendre, de l'autre, que la vie ne peut rentrer dans le monde « que par la croix de son fils'. » Il exposait, en outre, le modèle en plâtre du crucifix acheté par le roi de Portugal.
Le Nécrologe de 1779, dans un article qui est consacré à N.-S. Adam, indique d'une façon générale différents ouvrages exécutés par lui à l'intérieur de la cathédrale de Beauvais. D'Argenville cite, entre autres, le baldaquin du maître autel et un Christ exécuté en bronze, qui est le même, écrit-il, que Germain a fait en argent pour le roi de Portugal". D'autre part, la Vierge qu'il exposait au Salon de 1742 servit de premier projet à la figure qui se voit aujourd'hui. dans cette église, et qui remplace une ancienne madone. Le chapitre de Beauvais avait fait commencer dans la basilique, en 1735, d'importantes réparations, qui nécessitèrent la destruction d'un certain nombre de sujets décoratifs du moyen âge. « Des placages de marbre, dit un auteur contempo- « rain', déshonorèrent les piliers du xnf siècle, et la madone qui a avait triomphé des Bourguignons devint une Vierge Pompa- « dour. » Ce jugement peut paraître sévère, quelle qu'ait été d'ailleurs la valeur de la statue primitive. En tout cas, Adam le cadet ne se montra point pressé de la livrer à la vénération des fidèles. Il mit quinze ans à en terminer le marbre, qui n'occupa, par conséquent, le lieu saint pour lequel il était destiné qu'en 1757. Entre
i . Mercure de France.