DIANE AU BAIN
Figure par François-Gaspard Adam. — Jardins di Potsdam.
étant dès lors acquise à son propre frère, Abel Poisson, l'autre titre, celui de contrôleur général, s'en allait à M. de Machault. Le ministre sortant avait prévenu de quelques jours cette disgrâce en donnant sa démission, et en quittant incontinent l'hôtel de Beauvais pour ses propriétés de Champagne, où il mourut le 9 septembre 1747- M. Orry était économe, M. de Tournehem fort dépensier ; le premier aurait résisté aux prodigalités de la cour, le second s'y conforma entièrement; on sait comment le pays a payé la complaisance de la nouvelle administration.
Nicolas Adam n'avait rien produit au Salon de 1743, et cependant il était loin de manquer d'ouvrage. Les jésuites de la rue Saint-Antoine formèrent vers ce temps le dessein de décorer une chapelle de leur église, parallèle à celle dite de Condé. Après avoir cherché dans les rangs de l'Académie les artistes capables de bien répondre à cette intention, ils arrêtèrent leur choix sur Vinache et le second des Adam. L'un et l'autre exécutèrent, de chaque côté de l'autel, un groupe ; celui de Vinache représentait un ange foudroyant l'idolâtrie; celui de Nicolas- Sébastien, la Religion désignée par une belle femme instruisant im jeune Américain qui, par son attitude, parait convaincu de la vérité de nos mystères et embrasse la croix qu'il adore. Ce morceau de sculpture, rapidement fini et mis en place, a disparu avec les autres objets d'art et l'église même qui les contenait. Mais un plâtre s'en est conservé, que l'on voit actuellement en l'église Saint-Paul-Saint- Louis.
En même temps que les jésuites, les prêtres de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré décidèrent d'orner leur portail d'un groupe et de médaillons; Nicolas-Sébastien fut encore chargé de ce travail. Pour son groupe, il choisit le sujet de l'Annonciation, et pour les médaillons, ceux de la Nativité et de Notre-Seigneur en prière au jardin des Oliviers. Il envoya les modèles en plâtre de ces deux
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sujets à l'exposition de 1746, avec le médaillon également en plâtre de l'Iris. Les curieux accueillirent -ils avec faveur ces ébauches? Nous ne saurions rien en dire; de même que nous ne pouvons donner notre appréciation personnelle sur l'ouvrage terminé. La Révolution est passée par là, arrachant impitoyablement tout ce qui faisait saillie sur le portail, maintenant nu et disgracieux de l'église de l'Oratoire. Toutefois, un critique compétent, l'abbé Le Blanc, a laissé une sorte d'indication sous forme de reproche, concernant ce travail. Dans une étude parue en lySS et intitulée « Observations sur les arts et sur quelques morceaux de « peinture et de sculpture (1748) », il écrit, au sujet du portail de l'Oratoire du Louvre : « M. Adam le cadet n'aurait pas dû « enfreindre la forme de ces bas-reliefs pour placer une Gloire, ce « qui forme une espèce d'agrafe et n'est pas de la manière qu'on « estime de ce sculpteur. » Et plus bas : « Les basses portes ont le « même défaut ; elles sont trop étroites pour la hauteur, et les « bas -reliefs qui sont au-dessus, quoique émanés d'une main (c savante, y font un médiocre effet. » Toutefois, d'Argenville leur accorde plus de considération; on admirait, selon lui, dans le second de ces bas-reliefs, l'expression touchante de l'anéantissement du Christ au jardin des Oliviers, où le lointain laissait apercevoir les apôtres endormis. Il a des éloges aussi pour le groupe de l'Annonciation, fort gracieux, quoique, ajoute-t-il, peu aisé à traiter.
Comme l'exemple est toujours contagieux, Nicolas Adam sortait à peine de ses pourparlers avec la fabrique de l'église de l'Oratoire, lorsqu'il reçut des Théatins la commande de Deux anges destinés à accompagner, au grand portail de leur chapelle, les armes de Sa Majesté.
Tandis que son cadet entamait tant d'entreprises diverses, Lambert Adam perfectionnait ses groupes de la Chasse et de la Pèche, qu'il ne parvint à livrer effectivement qu'à la fin de cette
année. On ne voyait, en conséquence, de lui, au Louvre que les marbres de ses quatre bustes, les Éléments, qui restèrent dans sa collection particulière jusqu'à sa mort.
Les vides se multipliaient, entre temps, dans les rangs des artistes, ses confrères. Déjà en 1743, le l'^'^juin, Le Lorrain', précédé par Frémin, par Thierry, par Bousseau, avait rendu le dernier soupir dans cette maison de la rue Meslay, voisine de celles des Allegrain et des Pigalle, qu'il habitait depuis vingt-deux ans. La Datte quittait définitivement la France pour rentrer dans le Piémont, sa patrie. Enfin le plus illustre de tous, l'auteur des Chevaux de Marly, du Passage du Rhin et de tant d'autres belles choses disparaissait à son tour, enlevé, à l'âge de soixante-huit ans, le 21 février 1746. Trois jours avant cette date et lorsque sa main pouvait à peine le servir, il réclamait encore à la Direction générale ^ le payement d'une somme de 20,000 francs pour subvenir aux nécessités les plus pressantes. Il laissait, tant comme ancien directeur de l'Académie que comme artiste en renom et persona grata aux yeux de la cour, une pension de 3, 000 livres. Son logement, plus considérable que les autres, vaquait aussi, et pour l'un et l'autre de ces bénéfices il s'organisa une campagne de demandes, de requêtes, de supplications, de compétitions sans nombre. Hutin, à peine revenu de Rome, Pigalle, Dumont le Romain, le fils de Coustou, les deux Le Moyne, Bouchardon, Francin se mettaient sur les rangs. Adam l'aîné n'oublia point de faire valoir à son tour ses droits, et, le 6 mars, il suppliait « M. le « Directeur général de vouloir bien lui augmenter sa pension au « moyen de celle que laissait M. Coustou; grâce à laquelle il croyait « avoir mérité de participer, étant celui des modernes qui avait « fait le plus d'ouvrages pour le Roi, à savoir : le grand groupe