Collection de M. Beurdeley
2. Cette belle collection n'est pas cite'e par M. Charles Blanc dans son Trésor de la Curiosité.
lante qu'elle avait pu paraître pendant un temps, avait rapidement tourné à l'état le plus misérable. Le spectacle que lui offrait l'intérieur de la rue du Champfleury, qu'il avait encore connu gai et vivant, n'était en aucune façon de nature à" réjouir son esprit. En 1762, il y laissait son parent occupé, recherché et confiant par cela même dans son avenir, rajeuni par son entourage, escomptant déjà les joies de la paternité. Il trouvait à sa place un homme fatigué, vieilli, malade, que les chagrins et les soucis avaient entièrement désabusé. Le Prométhée, qui devait être un triomphe, que le sculpteur avait soigné, repris sans cesse, poli jusqu'à l'ongle, ce Prométhée sur lequel il fondait de si grandes espérances, qu'il affectionnait tout particulièrement, son chef-d'œuvre en vm mot, provoqua plus de critiques que de louanges.
Assurément, lorsqu'il parut au Salon de 1763, l'impression générale lui fut favorable. Du Mercure de France au journal de Fréron, à P Année littéraire, en passant par le Bachaumont et les Affiches, tous les salonniers lui consacrèrent une remarque plus ou moins bienveillante. Wille, le graveur, mieux à même de juger cette figure, avait déjà écrit, le 24 juin 1762 : « J'allai à l'assemblée « de l'Académie; M. Restout, directeur, fut continué dans la « même dignité et M. Adam fut reçu. Son morceau de sculpture « est un marbre de toute beauté. C'est un Prométhée attaché au « rocher, à qui l'aigle déchire les entrailles*. »
Les princes eux-mêmes ajoutèrent leurs compliments ou des offres plus sérieuses à ce concert flatteur. « Le roi de Prusse, « nous apprend d'Argenville, ayant entendu parler de cette figure « avec les plus grands éloges, en fit offrir au sculpteur 3o,ooo livres, « et même plus, s'il voulait la lui vendre; mais Adam, doué d'un « parfait désintéressement et plein d'honneur, répondit à l'agent