‹ Les Adam et les Michel et ClodionChapitre 1 sur 32 · RÉSUMÉ BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ BIOGRAPHIQUE

a La vie des Adam, avant Jacob-Sigisbert Adam, est ignorée » , dit M. Thirion Oui, mais jusqu’à un certain point. On savait que Lambert Adam, fondeur à Nancy, père de Jacob-Sigisbert Adam, s’était marié avec Anne Ferry, dite Dauphin. Les fondeurs de Nancy n’exerçaient pas un simple métier, mais un art dans lequel s’illustrèrent les fameux Chaligny, les Cuny, les Lambert, les Doudenat.

Nous retrouvons plusieurs frères, sœurs et parents contemporains de Lambert Adam. En effet, ainsi qu’on pourra s’en rendre compte par les tables généalogiques ci-jointes, nous avons découvert les noms et qualités de Jean Adam, « entrepreneur des travaux du Roy » , parrain, en 1685, de François Adam, maître charpentier, père de deux enfants baptisés en 1671 et 1673, de Nicolas Adam, menuisier, çiëre de Jeanne Ada7)i, dont le parrain fut, en 1678, Christophe André, entrepreneur aux fortifications, et la marraine Jeanne Bagard, de la famille des fameux sculpteurs lorrains.

Voici encore les noms de Sigishert Adam sculpteur, frère de Lambert Adam le fondeur®, de demoiselle Adam, va&Trs\ne de plusieurs enfants de Lambert Adam, enfin celui de Nicolas Adam, maître serrurier.

Ils sont de la même paroisse de Saint-Sébastien de Nancy, où naquirent tous les enfants de Lambert Adam et d’Anne Ferry, dite Dauphin. Nous avons- relevé plusieurs erreurs reproduites par tous les auteurs, dans la lecture et la transcription des actes de paroisses de Nancy, concernant les familles qui nous occupent; il

> Les Adam et les Clodion, 1885. lmp. Quantin.

® M. Thirion dit (p. 21, les Adam, etc.) : « Jal confond évidemment avec Jacob-Sigisbert un oncle de celui-ci, Sigisbert Adam, maître sculpteur, frère du fondeur Lambert Adam. >

convient de les rectifier, et, en ce qui regarde les Adam et les Michel, nous joignons à notre étude les calquesmêmes de ces actes, comme preuves à l’appui de l’exactitude de nos rectifications.

On voudra Wen nous pardonner la sécheresse exigée par l’exposé de ces généalogies, mais aucun travail sérieux n’est possible s’il ne s’étaye pas sur des documents; nous disons donc brièvement que jusqu’ici aucun auteur n’a mentionnné d’autres enfants que Jacob- Sigisbert Adam, le sculpteur de mérite qui devint père de Lambert- Sigisbert Adam et oncle de Claude-Michel, dit Clodion.

Or, d’après nos recherches, nous sommes heureux d’avoir découvert les noms de douze autres enfants, issus du mariage de Lamhert Adam, fondeur, avec Anne Ferry, dite Dauphin.

C’est d’abord notre sculpteur Jacob-Sigisbert Adam, baptisé le 28 octobre 1670, premier enfant, seul mentionné. Nous trouvons Claude-Lambert Adam,, baptisé le 21 septembre 1672 (Saint-Sébastien); Jean Adam, 18 octobre 1673 ; Charlotte Adam, 25 avril 1676; Marguerite Adam, 21 juin 1679; Dominique I" Adam, 22 août 1681; Nicolas-François Adarn, qui devint plus tard avocat à la cour de Nancy, 23 septembre 1682; Dominique II Adam, 15 janvier 1684; Claude Adam, Il juin 1685; Aimé-Joseph Adam, 11 août 1686; Joseph I” Adam, 14avril 1689; Anne-Nicole Adam, 27 juillet 1690, et enfin Joseph II Adam, baptisé le 29 juin 1692.

Ceci nous permet naturellement de jeter un jour tout nouveau sur la famille Adam. 11 en sera de même pour la famille de Jacob- Sigisbert.

Celui-ci, né en 1670', avait épousé en 1699, le 23 juin*, à la paroisse d’Essey-lez-Nancy, ainsi que le témoigne l’acte découvert par feu notre excellent archiviste M. Lepage, SébastienneLe Léal, en présence de Pierre Adam, adjudant-major des bourgeois de Nancy.

Leur union fut des plus heureuses, et cinq fils et une fille naquirent depuis l’année 1700 jusqu’en 1710.

M. Thirion dit à ce propos® ; « Le 29 mars 1705, le préposé aux « registres de la paroisse Saint-Epvre inscrivait encore Nicolasa Sébastien Adam, dont la marraine n’est pas désignée, mais dont

' Paroisse Saint-Sébastien de Mancy.

® Lepage, Journal de la Société d'archéologie lorraine, février 1882.

® TaiHioN, les Adam et les Clodion, p. 22, 23.

K l£ parrain, Nicolas-François Adam, possédait une charge d’avott cat à la Cour. »

Or, nous avons retrouvé le nom de cette marraine, et il est

important de dire que c’est Anne Ferry, la femme de notre fondeur,

Lambert Adam, grand’mère paternelle de l’enfant, ainsi qu’on peut s’en convaincre par notre calque. De plus, nous voyons que Nicolas-François Adam, avocat à la cour de Nancy, parrain, est l’oncle de l’enfant ; nous prouvons également que notre avocat, Nicolas-François Adam, est ce Nicolas-François, fils de Lambert Adam, fondeur, et d’Anne Ferry, baptisée le 23 septembre 1682.

M. Thirion ajoute : a Dans cet intervalle de cinq années (1705 K à 1710) Jacob-Sigisbert eut probablement d’autres enfants et tt notamment une fille, Anne Adam, la mère de Claude Michel, Cloi'.dion; mais les registres de l’état civil n’en font pas mention. »

Effectivement, ni M. Lepage dans ses Archives de Nancy, ni M. Thirion, ni aucun auteur n’a jamais trouvé d’acte de naissance concernant Anne Adam.

Nos efforts se sont donc portés dans ce sens, et après de longues recherches dans les registres de l’état civil de Nancy, nous avons été enfin assez heureux pour retrouver cet acte dont nous donnons un calque.

Anne Adam, sœur du sculpteur Lambert-Sigisbert Adam et de Nicolas-Sébastien, fut la mère du célèbre Claude Michel, dit Clodion.

Voici cet acte ; « Anne, fille légitime de Sigisbert Adam, sculp- « teur et de Sébastienne Le Léal, son épouse, est née le 29“ et « baptisée le 30' May 1707, le sieur François Noël, marchand, « parrain et D“' Anne Adam, marraine.

a Anne Adam. F. Noël. »

Les noms des parrain et marraine sont aussi précieux à retenir; cette Anne Adam, marraine en 1707, était ou sa tante, fille du fondeur Lambert Adam, ou même sa grand’tante, la sœur de Lambert.

D’autre part, dans le Journal de Nancy opic mentionne Courbe*, un acte (tableau des hypothèques) du 7 novembre 1785 nous apprend que : « D*'” Adam veuve du sieur Thomas Michel, sculp-

> Promenades historiques dans Nancy, p. 183.

à Nancy, a vendu pour 1,600 livres. M* Berment, notaire. »

Nous reviendrons sur ce sujet lorsqu’il sera question de Thomas Michel; en attendant, nous sommes encore assurés de l’existence d’une Anne Adam en 1785, elle était donc âgée à ce moment de soixante-dix-huit ans et habitait Nancy; elle était veuve et s’était mariée, si c’est de la femme de notre Thomas-Michel, père de Clodion, qu’il s’agit, à l’âge de dix-huit ans et cinq mois, le 13 octobre 1725; toutes choses que l’on ignorait jusqu’ici.

Ajoutons, afin de définir la famille issue du mariage de Jacob- Sigisbert Adam avec Sébastienne Le Léal, qu’ils eurent six enfants, trois fils et trois filles : Lambert-Sigisbert, baptisé le 10 octobre 1 700 ; Nicolas Sébastien, 22 mars 1705, et François-Gaspard, 23 mai 1710; tous trois devinrent des sculpteurs distingués, des illustrations de Lorraine, avec leurs neveux les Michel et Clodion. Les filles se nommaient Marguerite-Françoise, Barbe et Anne Adam.

On attribue volontiers à Jacob-Sigisbert Adam bien des œuvres qui ne paraissent guère lui appartenir, et nous sommes disposé à nous rallier à l’opinion de M. Thirion, en admettant que ce sculpteur a dû se confiner dans les sculptures sur bois ou de terres cuites, représentant le plus souvent des sujets religieux de petites proportions'.

Dom Calmet, du reste, en parlant de cet artiste, dans sa Bibliothèque lorraine, définit bien son genre; c’est lui qui a fait construire la charmante demeure que nous admirons encore aujourd’hui à Nancy*. Ce fut là le berceau de Lambert-Sigisbert, de Nicolas- Sébastien, de François-Gaspard ses fils, peut-être de ce Thomas Michel, personnage énigmatique, et assurément de Claude Michel, dit Clodion, et de ses frères Sigisbert, Pierre et Nicolas Michel ou Michel Michel.

Don Calmet affirme* que Lambert-Sigisbert Adam se rendit à Metz pour y travailler pendant l’hiver de 1718. L’année suivante, il partit pour Paris, où son frère Nicolas-Sébastien, élève de son père, alla le rejoindre plus tard Celui-ci s’était rendu auparavant, en 1724, à Montpellier, et de là à Rome, où on le retrouve en 1728.

‘Voir, ci-après, fig. 1.

® Cette maison est située dans Ja rue des Dominicains.

® Bibliothèque Lorraine.

* D’Argenville, Vie des plus fameuse sculpteurs. „ *

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