‹ Les Adam et les Michel et ClodionChapitre 2 sur 32 · I.KS QUATRE ÉVANGÉLISTES · texte numérisé non relu

I.KS QUATRE ÉVANGÉLISTES

Le dernier des Adam, François-Gaspard Adam, émigra de Nancy, etse rendit à Rome en ,1729, où il travailla en compagnie de ses deux frères.

Nous ne ferons pas la biographie de nos. artistes après MM. Thirion, Guiffrey, Gonse, etc.; mais nous dirons toutefois que Lambert-Sigisbert ramena de Rome à Paris, en 1733, son jeune frère, François-Gaspard, précédant de quelques mois le retour de Nicolas- Sébastien.

On sait quels furent les succès des frois frères, et que le plus jeune, François-Gaspard, obtint en 1741 son prix de l’Académie, et peu après le titre de pensionnaire à Rome ; si les œuvres de ses frères aînés sont appréciées en France comme elles le méritent, les siennes font encore l’admiration des connaisseurs dans les jardins de Potsdam.

Le roi de Prusse avait nommé son premier sculpteur Nicolas- Sébastien ; ce fut François-Gaspard qui se rendit en Prusse.

On ignore si le subterfuge fut découvert, mais François-Gaspard demeura en Prusse pendant douze années avec le titre de premier sculpteur du Roi.

Nicolas-Sébastien, tenu un peu à l’écart par son frère Lambert- Sigisbert, qui s’était en quelque sorte intitulé intendant de la maison, fut, comme compensation, extrêmement flatté dans son amourpropre.

C’est à lui qu’écbut la commande du superbe mausolée à élever à Nancy, en 1747, à la mémoire de la reine de Pologne, duchesse de Lorraine, Catherine Opalinska. Il y mit réellement tout son talent.

D’après l’attestation formelle de d’Argenville, Adam témoigna au roi Stanislas que son ouvrage lui paraissait d’autant plus agréable qu’il devait orner sa patrie. A quoi le roi de Pologne répondit en lui prenant la main d’un air de bonté : « Travaillez avec cœur pour votre souveraine, u

Son voyage en Lorraine fut pour lui une source de satisfactions et de travail rémunérateur; en effet, ce fut lui que le prince Ossolynski chargea de sculpter les deux anges pleureurs du tombeau de sa femme. Il reçut, en outre, les commandes du Père Menou, confesseur du Roi, et celles des principaux seigneurs de la cour de Lunéville et de Nancy. Mais, hélas! la plupart des œuvres de notre artiste représentaient les personnages appartenant au monde aristo-

cratique, et lorsque la tourmente révolutionnaire arriva, elles ne purent trouver grâce devant le vandalisme. mtti li

Lambert-Sigisbert Adam mourut à Paris eji avril 1759, et son frère, Nicolas-Sébastien, qui avait été, ainsi qu’on le sait, reçu de l’Académie, avait fait pour sa réception son supevhe Prométhée qui figura au Salon de 1765. Cette œuvre est au Louvre.

IVicolas-Sébastien eut la douleur de perdre la vue. Il mourut à Paris, eu 1778 '. La décadence financière des deux frères commença, du reste, à la mort du duc d’Antin, leur protecteur éclairé.

François-Gaspard Adam, qui n’avait quitté Rome que vers la fin de 1746, était parti pour Berlin dans les premiers mois de 1747 et revint en 1759; il mourut à Paris, en 1761. Son neveu Sigisbert- Michel l’avait remplacé dans la capitale de la Prusse, en cette même année 1761 .

Au cours des recherches que nous avons faites à Bruxelles, à la Bibliothèque royale, notre attention fut appelée, grâce à l’excellent et distingué conservateur, M. Henry Hymans, correspondant de l’Institut, sur une publication allemande de M. Paul Seidel* concernant les Adam et Clodion.

Nous avons traduit ces renseignements et nous les ajoutons à notre étude, puisqu’ils sont postérieurs aux travaux cités précédemment.

K A Rome, le cardinal Polignac avait noué des relations avec « le sculpteur Lambert-Sigisbert Adam, un élève de l’Académie « française à Rome, trouvant tant d’agrément à ses travaux, qu’il « l’employa principalement à la restauration de ses statues antiques.

. K Parmi ces restaurations la plus célèbre fut celle d’un petit a faune pour laquelle il dut refaire la tête, les bras et les mains, et K la restauration ou plutôt la réfection de la soi-disant famille de K Lycomède pour laquelle il a refait un certain nombre de torses a que Rauch a restaurés à nouveau, ain.si qu’un Apollon et quelques « Muses.

' A la mort de Lambert-Sigisbert Adam, nous voyons figurer dans facle mortuaire, parmi les parents, les deux sieurs Desgrands ; or, nous avons relevé . ^

l’existence de ces parents des Adam et des Michel, par la découverte, en 1759, (J>9 C ' dans les Archives paroissiales de Mancy, des actes de baptême de trois des fils de Jacques Desgrands et d’Elisabeth Adam, fille de Pierre Adam, charpentier.

Un de ces fils eut pour parrain, le 6 mai 1708, Lambert Adam, le fondeur.

° Jahrbuch der K. Kunstsammlungen, collection artistique du prince Henri de Prusse, n"‘ 1-3, etc., 1892. Berlin.

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«Par bonheur, une slatue est notée sans changement, la partie « antique se serait trouvée insignifiante et aurait pu être exposée « avec raison, de nos jours, dans la section de la sculpture moderne.

«Comme réparation de l’antique, le travail n’a, aujourd’hui, «aucune valeur, mais comme travail caractéristique d’Adam, il y « a un grand attrait, et nous ne pouvons que regretter que la restau- « ration de l’autre figureait été retirée, sans qu’on eût pris, semble- « t-il, la peine de prendre en considération le travail d’Adam.

« En dehors des œuvres citées par Tliirion, je mentionne encore « le buste de porphyre bien connu du duc de Brasciano, dans le « parc de Sans-Souci, etc. »

Et plus loin : « Pour Frédéric le Grand, l’art de Lamhert-Sigis- « bert Adam et de ses deux frères (|ui l’avaient, pendant des « années, aidé dans ses travaux, était donc pris comme terme de « comparaison, et la bonne opinion qu’il avait d’eux ne put qu’être «renforcée, lorsqu’en 1752 il reçut, en cadeau de Louis XV, deux « de ses principales œuvres, la Chasse et la Pêche, qui sont « exposées près de la Grande Fontaine dans le parc de Sans-Souci.

« En même temps furent envoyés, comme présent au roi de « Prusse, le Mercure et la Vénus de Pigalle, de même qu’une copie « des Ares Ludovici de Lambert-Sigisbert Adam. Les lettres des « Archives secrètes de l’Etat à Berlin, concernant ce riche cadeau, « et ce que Thirion a publié à ce sujet, n’indiquent pas qu’il ait « été fait pour des raisons particulières, mais simplement par amitié, K et que le cadeau avait été fait sous cette forme parce que Louis XV « devait avoir appris avec quel empressement Frédéric le Grand « faisait acheter des œuvres d’art françaises à Paris. Les statues, « elles-mêmes, n’arrivèrent à Berlin qu’en 1752, mais un rapport « du marquis de Piiysieulx en fait déjà mention en 1748 '.

« Un rapport adressé à la Direction générale^ de 1750 dit : « Que la Vénus de Pigalle doit être terminée fin août et mentionne « que chacune des deux figures de Pigalle et le Ma7's d’Adam seront « du poids de 2,500 livres.

B En ce qui concerne les cinq statues elles-mêmes, l’ouvrage « déjà cité de M. Thirion nous fournit une série de communica-

1, Voir cette lettre dans les Pièces justificatives, a Thirion, les Adam et les Clodion..

« lions sur 1 historique de l’origine des trois groupes faits par Lambert-Sigisbert Adam. La copie des Ares Ludovici d’Adam était prêle vingt ans auparavant qu’elle fût envoyée, à Frédéric le “Grand par Louis XV, et cela pouvait expliquer que Louis XV « croyait donner une plus grande preuve de courtoisie envers le n roi de Prusse. Il est de règle pour les pensionnaires de Rome a qu ils adressent un de leurs meilleurs ouvrages au Roi. Dans « cette conjoncture, il adressa cette œuvre, de Rome, au Roi, dans «les environs de 1726 à 1730, en même temps qu’il adressait B à Paris le modèle A' Ulysse se sauvant du naufrage.

« Le travail porte : Lamh. Sigisbertus Adam nanceianus Fecit Romœ, Anna MüCCXXX. Frédéric donna à la statue la place « d’honneur de l’entrée du château de Sans-Souci.

« Les deux groupes de Lambert-Sigisbert Adam, la Chasse et la « Peche, de plus grande valeur, furent faits tout de suite après son « retour de Rome à Paris. Ils furent destinés à la décoration du chà- « teau de Choisy. Les modèles en furent exposés au Salon de 1739.

, « Lambert-Sigisbert Adam mourait le 1 3 mai 1759, le Mars fut Il achevé par Coustou le jeune. Cependant ses héritiers touchèrent « 1,200 livres pour le travail commencé.

Il L explication de ces déplacements est encore rendue plus Il difficile par cela même que François-Gaspard Adam, le plus Il jeune frère de Lambert-Sigisbert, quitta également Rerlin ,« en 1760, en laissant un Mars inachevé, qui fut terminé plus tard Il par Sigisbert Michel, et qu’après sa mort, survenue en 1761, sa « veuve réclama plusieurs fois, de Frédéric le Grand, le payement Il du travail inachevé de son mari.

Il Mais, dans toutes ces réclamations, on ne nomme toujours que Il les statues de IVinterfeld et de Schwérin, qui furent également .'1 terminées par Sigisbert Michel. Les lacunes et la dispersion de « la correspondance et les documents conservés ne paraissant pas « clairs sur ce point, tout cela ne renseigne pas ceux qui cherchent « la solution de cette question »

N’oublions pas de mentionner la description que M. Havard a consacrée à Ypres, dans la Flandre à vol d’oiseau

‘ Voir aux Pièces justificatives la lettre de Coustou, Paris, 18 octobre 1764. ’ Chronique des arts et de la curiosité.

Il y est question des monuments de cette ville, en particulier de l’Hôtel Merghelynck.

Parmi les artistes qui décorèrent cette demeure, nous relevons le nom de Grégoire-Joseph Adam. M. Henry Hymans dit à ce sujet :

il Vientalorsun artiste de Valenciennes dont le nom et la manière il donnent à réfléchir, Grégoire-Joseph Adam, qui sculpte dans un H des salons les médaillons de Louis XV et de Marie Leczinska,

Il plus un médaillon de Voltaire. Cet Adam, qui naquit en 1737 et «mourut en 1820, serait-il d’aventure de la souche des Clo-

dion? -ft

Nous n’avons pas rencontré, dans nos recherches aux Archives de Nancy et de Aletz, de prénoms pouvant se rapporter à ceux du sculpteur de Valenciennes.

Avant de terminer, signalons les deux beaux Groupes d’enfants qui se trouvent à la porte d’entrée de l’École foreltîére actuelle de Nancy, et qui paraissent être de la main d’un Adam. Claude Mique, architecte du roi de Pologne, auteur de deux plans de la ville de Nancy, avait fait construire cette maison; il s’était marié à Barbe Michel, le 23 novembre 1727 '. Enfin, nous possédons en plus de la slatuete de saint Roch un mécMlon représentant un très beau ^ portrait (THômm^qui a beaucoup dVrèssemblânce avec cèluTqïIF^ lorTconnait de Mique, uîTbüsIèjl’Apôtre ,"^es quatre Èvânse^

lîster(egTA77ïïn busteJl^fiIandî-r(iigr¥),‘^ôù^^ ■

qui sont certainement de la main d’un des Adam.

Revendiquons en terminant, pour un de ces célèbres sculpteurs, pour celui qui a été le plus modeste, s’effaçant toujours, pour Nicolas-Sébastien, la part de gloire qu’il mérite et émettons un vœu.

Puisque la ville de Nancy a consacré au souvenir de Lambert- Sigisbert Adam le nom d’une de ses nouvelles rues, en la désignant simplement « rue Sigisbert Adam », pourquoi n’augmente— rait-elle pas ce tribut de reconnaissance, tout en apportant à ce vocable une précision utile, en la nommant « rue des Adam » ?

Récemment, du reste, n’a-t-on pas désigné une nouvelle voie en l’appelant « rue des Concourt » ?

' Archives de Nancy, Sainl-Sébaslien.

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