‹ Les Adam et les Michel et ClodionChapitre 15 sur 32 · PIÈCES INÉDITES · texte numérisé non relu

PIÈCES INÉDITES

MARCHÉ PASSÉ AVEC LE COMTE d’oRSAY POUR l’eXÉCUTION d'uN MAUSOLÉE'

9 novembre 1772.

Première pièce inventoriée, cote cinq.

Nous soussignés comte d’Orsay, d’une part, et Michel Claudion sculpteur, d’autre part, avons fait et arrêté les marchés et conventions ci-après ;

1” Que moy Claudion promet et m’oblige de faire et exécuter dans l’espace de trois années à compter de ce jour un mausolée en marbre blanc de Kara du plus beau et du moins veiné qu’il me sera possible de trouver sur les lieux dans les blocs de la proportion de cinq pieds sept à huit pouces de hauteur sur quatre pieds de largeur et de trois pieds six pouces d’épaisseur qui doivent servir à faire ledit ouvrage dans la forme ci-après.

Ce mausolée représentera Madame la comtesse d’Orsay aussi ressemblante qu’il sera possible, étant obligé de faire un model en terre d’après le portrait de M. Drouais, elle paroitra s’elever d’elle-même et sortir légèrement du tombeau au son de la trompette d’un ange qui annonce le jugement dernier, sur le devant du tombeau sera un bas-relief en marbre blanc conformément à l’esquisse approuvé par M, d’Orsay et encadré

’ Pièces provenant de la collection de feu M. le baron Jérôme Pichon, président honoraire de la Société des bibliophiles français, et acquises par l’auteur du présent mémoire.

dans une bordurade plomb bronzé ou doré à la volonté de M. le comte d’Orsay. .A la droite du tombeau sera un enfant qui jette avec vivacité une draperie sur la moitié d’ua écusson double auprès duquel est une couronne renversée et quelques branches dispersées. Ce genie laisse éteindre un flambeau renversé à la gauche du tombeau; sur le même socle sera une cassolette antique accompagnée, de branches de cyprès entrelassées et d’où s’élève de la fumée, le tout placé sur un socle sur le devant duquel il y aura une table de marbre noir où sera gravée l’inscription à la mémoire de la deffunte.

2» Que je m’oblige d’exécutter ce mausolée dans la même intention et la même idée que l’esquisse approuvé de M. le comte d’Orsay excepté que l’ange sera un peu plus élevé dans la grande exécution qu’il ne l’est dans le petit model. La statue de la femme, celle de l’ange et du génie seront exécutées en marbre de grandeur naturelle.

3“ Le tombeau sera' exécuté en marbre de Postore le plus beau qu’il sera possible au S*" Claudion de trouver dans l’espèce de celui ou il y a plus de noir que d’autre couleur et plaqué sur un massif de pierre avec la solidité la plus grande. La table de dessus du tombeau sera de même marbre. La drapperie que l’enfant jette sur l’écusson sera d’un marbre riche pour imiter une étoffe et de la plus belle qualité. Les consoles du tombeau du-même marbre noir orné de feuillages de plomb doré dans les cannelures si cela est jugé nécessaire pour la perfection de l’exécution. Le socle du tombeau sera de marbre blanc veiné plaqué. Sur un massif de pierre avec la table de marbre noir marqué ci-dessus de grandeur proportionnée et sur laquelle sera gravé l’inscription.

4» Que moy Claudion m’oblige de faire exécutter la cassolette, l’écusson et les cyprès avec la couronne et généralement tout ce qui doit être en plomb avec la perfection que l’ouvrage exige. L’écusson et la couronne doivent être dorés ainsi que quelques ornements de la cassolette et ce qui sera nécessaire dans les branches de cyprès, le reste sera en couleur de bronze antique, des nuages qui portent l’ange seront de marbre blanc et imiteront la nature autant qu’il sera possible.

5» Arrivant le décès dudit S. Claudion avant la position et perfection dudit ouvrage les modèles parfaits ou commencés et tous les marbres qui seront ébauchés seront remis à M. d’Orsay par les héritiers du S. Claudion, le tout pour faire par M. d’Orsay achever et poser ledit ouvrage par tel artiste qu’il voudra choisir. Le présent marché demeurera nul pour ce qui restera à en être exécutté. Et qu’il en sera de même pour moy 'comte d’Orsay que mes héritiers seront obligés de faire terminer ledit mausolée par led. S. Claudion sans pouvoir rien diminuer des conditions spécifiées sur le présent marché.

Si M. le comte d’Orsay se trouve en avance avec led. S. Claudion, les héritiers dudit sieur seront tenus de rembourser et rendre à M. d’Orsay les sommes qu’il auroit pu avancer aud. S. Claudion pour les ouvrages qui pourvoient n’être pas terminés à la déduction cependant de ce a quoy par experts nommés tant par M. d’Orsay que par lesdils héritiers dudit S. Claudion seront estimés les ouvrages faits ou commencés, et au contraire s’il se trouvoit qu’il fut dû au S. Claudion, M. d’Orsay sera tenu de payer et rembourser aux héritiers dudit S. Claudion le montant de 1 estimation qui sera faite comme est dit ci-dessus des ouvrages commencés.

Et moy éomte d’Orsay promet payer aud. S. Claudion pour l’exécution dudit mausolée la somme de vingt-deux mille livres en y comprenant les autres objets énoncés cy dessus, de laquelle somme je m’oblige à payer au S. Claudion quinze cent livres d’icy au premier janvier mil sept cent soixante treize. Quatre mille cinq cent livres en argent ou en lettres de change sur l’Italie à son choix d’ici au premier de may de la même année. Mille livres à l’arrivée des marbres à Paris. Sept mille livres en sept payements égaux de trois mois en trois mois dont le premier se fera au premier août mil sept cent soixante treize, le second trois mois après et ainsi de suite. Deux mille livres à l’instant de la position de l’ouvrage à Orsay et six mille livres six semaines après la perfection et exposition de l’ouvrage.

Les fondements de massif en pierre avec la solidité nécessaire seront ordonnés par M. Claudion et construits aux frais de .M. d’Orsay qui sera tenu comme il est d’usage de fournir les chevaux et les voitures nécessaires pour le transport des dits ouvrages en marbre depuis l’attelier du sculpteur jusqu à 1 Église d^Orsay et fournira les échafaudages nécessaires ; entendant neantmoins M. le comte d’Orsay entrer nullement dans les frais d aucuns ouvriers et n etre point garant des accidents qui pourvoient arriver aux dits ouvrages jusqu’au moment ou ils seront enlevés de 1 attelier du dit S. Claudion pour être transportés à Orsay ; mais il consent de supporter les risques de ce transport pour les événements qui pourvoient seulement résulter des voituriers ; il est convenu que le d. S. Claudion fera toute les réparations convenables en cas d’accidents sans pouvoir exiger aucune augmentation ny indemnité.

Les ouvrages ci dessus annoncés et compris dans les dits vingt deux mille livres sont un mode! en terre, cuite et un autre en plâtre d’un amour de grandeur naturelle déjà terminé, six petits models en terre cuite, dont trois sont déjà terminés sur des petits socles en marbre de hauteur convenable, le tout devant être fourny incessamment par le S. Claudion à M. d’Orsay, un model en terre désigné cy dessus d’un bas

relief pour un cabinet, le petit model en terre du mausolée et le model original qu’il fera pour la tête de Mad” d’Orsay.

Dans le cas où il arriveroit quelque accident au vaisseau, barque ou Bateau chargé des blocs de marbre nécessaires pour le dit mosolée, la perte qui en résultera à cause de la dégradation ou perte des dits marbres sera constaté par les états et mémoires en règle que le d. S. Claudion représentera et elle sera supportée par M. le comte d’Orsay et le d. S, Claudion chacun par moitié, a moins qu’il ne préfère de faire assurer lesdits vaisseau, barque ou batteau, et alors ils payeront égallement chacun par moitié le prix des assurances.

Fait double entre nous, moy comte d’Orsay assisté de M. Rabache avocat au parlement, mon curateur aux causes et mon tuteur aux actions immobiliaires le dix neuf novembre mil sept cent soixante douze.

De plus nous soussignés sommes convenus le 4 mars 1775, 1“ que moi Clodion exécuterai deux figures de pierre de Tonnerre dont Mon dit sieur C'* d’Orsay me fournira les blocs représentant un Egyptien et Égyptienne de la hauteur de sept pieds et demie supportant un dé de même pierre ou seront gravés des caractères égyptiens et destinés à porter la tribune qui doit être construite en face du mausolée pour le prix et somme de douze cents livres, convenant que les dites figures seront terminées et posées dans le temps convenu pour ledit mausolée.

2“ Que. j’exécuterai une petite figure en marbre blanc de la plus belle qualité représentant un Amour et destiné pour une pendule, et à servir de portrait, et de même l’autel destiné à porter le vase qui renfermera la pendule, lequel sera d’albatre au choix de mon dit S. et trois marches de serpentine de la proportion nécessaire pour porter ledit autel pour le prix et somme de douze cent livres, M. le comte d’Orsay se réservant de faire exécuter à ses frais le vase, et généralement tous les bronzes destinés à orner et enrichir la dite pendule et se réservant de disposer des modèles concernant les dits objets.

Les dits articles et ceux mentionnés cy dessus arretés et faits doubles entre nous à Paris le quatrième jour du mois de mars mil sept cent soixante et quinze.

Au citoyen Claudion, 33, rue Neuve des Mathurins.

CnoYEx,

Paris, ce 25 fructidor.

Tirou. Guillou.

La liquidation des créances sur les émigrés ne se faisant pas aussi promptement que je me l’étais imaginé, et les rentrées par conséquent étant plus éloignées que je ne Pavois cru, je me trouve obligé de vous demander un peu d’argent ; vous devez sentir que mes moyens ne sont pas suffisants pour continuer une œuvre aussi considérable que celle qu’il m’a fallu faire pour mettre vos affaires et toutes celles dont je suis chargé en état d’être liquidées. Il faut donc que mes clients se prêtent un peu à la circonstance et j’espère que vous ne vous refuserez pas â me faire remettre au premier moment une somme de 50 livres, dont je vous donnerai quittance et dont je vous tiendrai compte sur vos liquidations.

Salut et fraternité,

Guillou.

Huitième et dernière pièce inventoriée, cote cinq.

Rue Montmartre, n® 263, près celle de la Jussienne.

Au citoyen Clodion, sculpteur, rue Neuve des Mathurins, chaussée d’Antin, n" 33.

Septième pièce, cote cinq.

4’ Division, domaines nationaux. Section du passif, 2» bureau liquidant.

LIBERTÉ [timbre] ÉGALITÉ Préfecture du département de la Seine.

Citoyen,

Paris, le 27 germinal an IX de la République française.

Vous êtes invité à passer le 2 ou le 5 ou le 9 d’une Décade, depuis 10 heures jusqu’à 2 au bureau de la liquidation des émigrés, place Vendôme n» 18, pour y conférer sur votre créance contre l’émigré Grimod d’Orsay.

JuLLiEN, liquid'.

Rapporter un certificat de la municipalité et des notables d’Orsay (légalizé par la municipalité du canton), attestant que le mausolée de marbre pour la feue dame Grimod d’Orsay, et que l’émigré Grimod d’Orsay, son mary, avait chargé le C'“ Clodion, sculpteur à Paris, d’ exécutera été réellement effectue et a été amené conduit et transporté après sa perfection dans celte commune pour laquelle il étoit destiné, en foy de quoy, etc.

Sixième pièce, cote cinq.

L’an mil sept cent quatre vingt treize le trois octobre à la requête de dame Marie Antoinette de Caulaincourt veuve en premières noces de M. Pierre Grimoard Dufort et en secondes noces de M. Jean Jacques le franc de Pompignan demeurant à Paris, rue Cassette faux bourg Saint- Germain créancière de Pierre Gaspard Marc Grimaud d’Orsay de quatre cent seize livres détail qu’il lui a complété par acte passé devant M' Omlat et sou confrère notaires à Paris le 7 août 1787 dont il luy est dû quatre années et demie au premier juillet dernier et opposante à la vente de ses meubles et effets inv. les mains de M“ Piguier huissier Priseur qui a fait lad. vente et pour laquelle d. dame de Pompignan domicile est élu en la maison de M' Aubacbe homme de Loy Rue du Pot de fer Paroisse Saint Sulpice. J’ai Jean François vaquez n" averge aux ider Châtelet econd"' nu tribunal de Paris en la section de la Croix Rouge de Paris, cy devant rue des fossés S‘ Germain des Prez n” 15.

Soussigné fait sommation au sieur Claude Michel Surnommé Clodion sculpteur de l’Académie demeurant à Paris rue Neuve des Mathurins, Chaussée d’Antin, au domicile par luy élu chez M. Olivier avoué, rue des Massons n» 27 audit domicile parlant à un clerc qui n’a pas dit son nom de ce sommé.

De comparoitre et se trouver mercredi prochain cinq octobre de présent mois dix heures du matin par devant Messieurs composant le bureau de Paris près le tribunal du septième arrondissement du département de Paris séant à la cy devant abbaye Saint-Germain des près comme étant juges du domicile de M. d’Orsay,

Pour être entendu et concilier si faire se peut sur la demande que Ma d. Dame de Pompignan eût d. février contre le susnommé formée à l’égard dud. M' Piguier huissier priseur qui a fait la vente des meubles et effets appartenant à ce dit Sieur d’Orsay; rendre compte du prix provenant de lad. vente et en représenter le reliquat et en ce qui concerne les sieurs Deschamps, Godin et aultres opposants à la vente, représenter leurs titres pour pouvoir contribuer à l’amiable le prix de lad. vente et donner main levée de leurs oppositions à M. d’Orsay partie saisie concentir auxd. contributions et paiement sinon et à faute de ce faire je luy ai déclaré qu’il sera donné défaut et que Mad. Dame de Pompignan se pourvoiera ainsi et de la manière qu’elle avisera et afin que le susnommé n’en ignore je lui ay a son d. domicile élu et parlant comme dessus laissé la présente copie P. M. Clodion au domicile de M. Ollivier rue des Maçons n“ 57.

Sommation Æ exécuter. Cinquième pièce, cote cinq.

L’an mil sept cent quatre vingt onze le vingt sept" jour de septembre, à la requête du S. Claude Michel surnommé Claudion, sculpteur de l’Académie demeurant à Paris rue Neuve des Mathurins chaussée d’Antin et pour lequel domicile est élu en la maison de Anne Louis Ollivier avoué dans les tribunaux de Paris y demeurant rue des Maçons paroisse S'" Geneviève, J’ai Didier Jourdfaeuil huissier averge au cy devant Chatellet de Paris demeurant rue de la Harpe paroisse S' André des Arts Soussigné. Signifie et laissé copie au S. Grimod d’Orsay demeurant à Paris rue de Varennes Hôtel d’Orsay audit domicile parlant à une femme qui n’a dit son nom de ce sommé.

D’un acte passé devant Audelle et son confrère notaires au Chûtelet de Paris le dix huit décembre mil sept cent quatre vingt deux entre le requérant et le S. Pierre-Jean-Nicolas de Grandmaison fondé de la procuration spéciale dudit S. d’Orsay à ce qu’il n’en ignore et ait à se conformer et en vertu dudit acte même requête et élection de domicile que dessus j’ai huissier susdit et soussigné sommé et interpellé le S. d’Orsay de fournir au requérant dans vingt quatre heures pour tous delai les echaffaudages necessaires pour mettre en place les figures et accessoires

du Mausolée énoncé audict acte lesquelles figures et accessoires sont depuis longtemps transportées à Orsay, plus de payer au requérant lors

et à l’instant de la position dudit Mausolée la somme de deux mille livres

le tout conformément audit acte, protestant de prendre le silence du S' d’Orsay pour refus d’exécuter ledit acte et de se pourvoir pour l’y faire contraindre, et j’ay audit M. d’Orsay en son dit domicile en parlant comme dessus laissé copie tant de l’acte ci énoncé que du présent.

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